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Les lectures d'Antigone ...
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Ardoise magique

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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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24 janvier 2008

Badenheim 1939, Aharon Appelfeld

  heart

L'histoire (quatrième de couverture) : "A badenheim, l'été est un moment de transition : les ombres de la forêt battent en retraite, la lumière se répand d'une place à l'autre et les rues s'animent en prévision de la saison estivale. Mais en cette année 1939, tandis que les premiers vacanciers déposent leurs bagages à l'hôtel, que Papenheim et son orchestre arrivent pour le festival de musique, que Sally et Gertie, les prostituées locales, flânent dans l'avenue, deux inspecteurs du service sanitaire passent devant la patisserie couverte de fleurs. [...] Ainsi commence ce récit d'une sinistre métamorphose : celle d'une station thermale fréquentée par la bourgeoisie juive en antichambre de la "délocalisation" vers la Pologne."

Avis d'Antigone : Ce roman est un chef d'oeuvre !

Dès le départ, en quatrième de couverture, l'éditeur compare l'auteur à Kafka, comparaison que je ne comprenais pas au début de ma lecture, comparaison que j'ai mieux comprise alors que la transformation de la station balnéaire se met en place et que les acteurs de ce "drame" se rendent compte du piège dans lequel ils sont enfermés.

Plusieurs éléments se métamorphosent tranquillement jusqu'à donner au lecteur un sentiment de malaise attentif. Il y a notamment l'existence de ce service sanitaire, discret puis tentateur, vantant tout d'abord un voyage salvateur vers la pologne, puis obligeant chaque juif à s'inscrire sur ses registres. Et ce festival qui bat son plein, engourdissant les consciences, tandis que les estivants se gavent de patisseries et flânent au bord de la piscine, et qui se termine en pagaille désorganisée.

La ville est fermée, devient un ghetto, l'étau se resserre. L'intrigue avance doucement, sûrement, inconsciemment, inexorablement vers un wagon à bestiaux sale qui mènera certainement "où l'on sait". Et cette phrase terrible du Dr Papenheim : "Si les wagons sont aussi sales, c'est signe que nous n'irons pas loin."

Je vous recommande cette lecture, chaudement ! Doucement ennivrant, puis terriblement angoissant, ce roman là ne vous laissera certainement pas indifférent.

Extrait (début du roman) :   "Le printemps était de retour à Badenheim. On entendait carillonner les cloches de l'église du village proche de la ville. Les ombres de la forêt battaient en retraite. Le soleil dispersait les vestiges de l'obscurité et sa lumière se répandait dans la grand-rue, d'une place à l'autre. C'était un moment de transition. Les estivants se préparaient à envahir la station. Deux inspecteurs passèrent dans la ruelle pour contrôler le bon foctionnement des canalisations. La ville dont la population s'était beaucoup renouvelée au fil des ans conservait sa beauté, une beauté discrète."

La lecture de Clarabel

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7 janvier 2008

Les adolescents troglodytes, Emmanuelle Pagano

    heart  Livre de la sélection de l'"Eté des Libraires" 2007

Résumé (extrait de "Page des libraires" de juin-juillet 2007) : "Adèle est conductrice de bus scolaire dans une région perdue du côté de l'Ardèche. Contre vents et congères, elle conduit son bus et prend soin des enfants. Le temps d'une moitié d'année scolaire, elle raconte. Elle se raconte. Adèle est comme la nature de cette région retirée, tourmentée, oubliée mais forte et combative. Petit à petit, nous faisons connaissance avec "ses" enfants, du plus petit aux plus grands, leurs tracas, leurs premières amours... Petit à petit, nous apprenons à comprendre Adèle en découvrant son secret, bien caché dans son corps de femme. Adèle est revenue dans cette région dans laquelle elle est née mais où personne ne la reconnaît parce qu'elle était alors un autre, parce qu'elle était alors un petit garçon. Elle est née dans un corps d'homme, dans un corps qui n'était pas fait pour elle. Le combat d'Adèle et de sa navette scolaire contre la nature hostile, est à l'image du combat d'Adèle contre cette erreur de la nature qui l'a fait naître femme dans un corps d'homme"

Avis d'Antigone : Quel roman magnifique ! J'ai été surprise, étonnée, chamboulée par ce récit étonnant et subtil. Car malgré l'aspect un peu "téléréalité" du secret de l'héroine, ce livre n'a rien d'indécent ou de voyeur, il n'est que finesse et grandeur. Le personnage principal, Adèle, est tout de suite sympathique, forte et touchante. Nous la suivons avec plaisir dans ses déplacements quotidiens. Nous craignons, avec elle, que la neige entrave la route et que les enfants arrivent en retard à l'école. La montagne devient belle, sous les mots d'Emmanuelle Pagano, dure et inquiétante, comme ses habitants, et puis, tout à coup, douce et enveloppante, rassurante. Je vous recommande ce livre, chaudement, vous y trouverez beaucoup de force, et de respect !

Extrait : "La navette qui fait ma vie depuis dix ans, c'est un petit fourgon, portes coulissantes, quatre roues motrices, neuf places. C'est la première année que toutes les places sont prises. Huit enfants, huit ados, matin et soir.

Avec eux un trajet - parfois des écarts l'hiver, le détour des congères. Le trajet des grands n'est pas tout à fait celui des petits. Si beaucoup de grands ont des petits frères et soeurs, certains grands sont les petits derniers. Et certains petits sont les tous premiers, mais ne seront pas, sûrement pas fils uniques, ici je n'en connais pas, même dans les familles rapportées.

Quand j'étais petit, y'en avait bien une, mais ses parents l'avaient eu très en retard, c'est pour ça. Elle sentait mauvais.

Les derniers et premiers des nouvelles familles, il faut les prendre à d'autres hameaux, d'autres fermes. Mon circuit change à chaque fin de fratrie, à chaque début.

Aujourd'hui pas d'engueulade. C'est la rentrée, c'est normal."

La lecture enthousiaste de Clarabel

Le blog d'Emmanuelle Pagano

18 décembre 2007

L'homme de septembre, Francis Dannemark

heart Illustrations de Chris de Becker et Photos de Yves Fonck

Il s'agissait d'oublier la chaleur et d'oublier que le matin, dans le miroir, il se demandait qui il était et ne trouvait plus la réponse. Il s'agissait de ne pas penser à la solitude. Alors il fixa son esprit sur la statue en forme de chat dans le jardin, être ce chat-là lui aurait plu, définitivement serein, traversant les saisons sans sourciller.

Résumé : Nous sommes au mois d'août. Philippe, éditeur et écrivain fauché, profite de l'hospitalité d'un couple d'amis et de l'obligation de veiller sur leurs animaux et plantes pendant leur absence, pour se poser dans leur agréable maison et tenter de se soustraire à la canicule ambiante. Il passe ses journées à regarder des films d'hitchkock découverts dans la vidéothèque de ses hôtes, et à se poser des questions sur sa vie. Sa rencontre avec des voisins amicaux va changer sa vision de l'avenir et Philippe va s'apercevoir qu'il peut être un homme de septembre, différent.

Avis d'Antigone : Après quelques livres entamés et vite reposés, ce petit livre, ce bel objet, m'a permis de passer un moment agréable, poétique et presque féérique. Je vous recommande donc chaleureusement cette lecture, sorte de récit qui s'articule presque, entre photographies et dessins, comme un minuscule carnet de voyage, le voyage d'un homme en questionnement. Détail symbolique : à la lecture, cette maison-refuge dans laquelle Philippe se love et regarde des films d'Hitchkock, semble épaisse et dense, et entourée d'une forêt labyrinthique dans laquelle le héros se perd constamment...jusqu'à trouver un chemin, inattendu.

Extrait (pour une fois, une photographie) :

collage33 http://www.estuaire.be

18 novembre 2007

Le secret

Je crois qu’il est temps de parler de toi, du souvenir que j’ai conservé de toi.

Je crois qu’il est temps de sourire, aussi, à cette photo de classe où je me tenais bien droite, assise, les mains posées sur les genoux, sage, une frange épaisse couvrant mon front. J’avais le sourire timide à l’époque, rempli de fossettes, des yeux immenses, naïfs et doux.

Et toi, là, un peu plus à gauche, avec ton regard malicieux, tes airs de garnement et tes cheveux en bataille, tu étais,sans le savoir,mon plus grand secret.

Je t’aimais, comme on ne peut aimer qu’à neuf ans, en te laissant croire que je te méprisais, que je ne te voyais pas.

Et tu demeurais, à chaque seconde, ma préoccupation absolue.

Mes battements de cœur auraient du faiblir, avec le temps…

Alors, il est temps de parler du temps, justement, qui n’efface rien. Pauvre sagesse populaire !

Il est temps de parler du cœur, aussi, qui se meurt, et puis qui repart, toujours.

Mon coeur s’est arrêté, pour la première fois, à l’aube de mes seize ans, lorsque je t’ai vu embrasser cette fille brune, aux cheveux courts.

Il est temps de te dire…je t’aimais.

Tu ne l’as jamais su.

le_secret

30 octobre 2007

Mes hommes

meshommes  Je les aime hésitants, différents, un peu cassés par la vie. Lorsque je sens en eux le coeur faillir, se pencher et se rendre, j'aime être l'épaule qui console, le sourire qui encourage et l'oreille qui écoute.

J'aime être là...pour eux...un moment.

Et puis, quand ils lèvent les yeux vers moi, à leur tour, qu'ils me prennent dans leurs bras, qu'ils me serrent à m'étouffer, je voudrais qu'ils m'évitent la peur...

...pour toujours.

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29 octobre 2007

Mes bras vides

couveuse Lorsque je viens te voir, le soir, un peu tard, tout le service semble apaisé. Les lumières se font plus douces. Seuls, les moteurs des couveuses ronronnent tranquillement, à peine dérangés par l'alarme des biberons automatiques.

Lorsque je viens m'asseoir ainsi près de toi, j'aimerais pouvoir laisser les larmes couler sur mes joues, en silence. Mais nous ne sommes pas seuls ! Je garde en moi, coincé dans la gorge, cette boule d'angoisse qui ne me quitte plus.

Je tire sur le fil de ta peluche musicale et laisse les quelques notes mélancoliques s'égrener jusqu'à la fin. Tu ouvres les yeux, tu souris presque.

"Maman te dit bonne nuit. Je dois partir."

Te prendre délicatement dans ton berceau. Te poser contre ma peau nue. Ton petit corps fripé doux et chaud.

Sortir de ces couloirs. Fuir les lumières crues. T'envelopper dans mes bras de maman kangourou. Te kidnapper.

Ma blouse blanche enlevée, je ferme délicatement la porte du service des prématurés. Je ferme les boutons de mon gilet. J'ai un peu froid. Je prends l'ascenseur, le ventre et les bras vides.

27 octobre 2007

Tiens ! (petite ritournelle)

tiens

Tiens, je te laisserais bien là,

Comme tu me laisses à chaque fois,

Sur le bord du chemin, sans rien.

Tiens, je te ferais bien faux bond.

Tu regarderas l'heure, étonné,

A peine inquiet de mon retard.

Tu te diras "Ca ne lui ressemble pas".

Oui, tiens, aujourd'hui, c'est décidé,

Je ne viendrai pas,

J'irai ailleurs.

Tu auras rendez-vous avec personne, avec mon souvenir.

20 octobre 2007

Si je devais...

passage_pommeraye...écrire un roman, je commencerais par fermer les yeux, un moment.

Je sais qu’il apparaîtrait presque aussitôt, mon personnage.

La jeune fille se tiendrait d’abord de dos. Je ne verrais d’elle que ses cheveux châtains, souples et longs, son lourd manteau brun et sa main, nerveuse et blanche tenant une clé. Elle fermerait alors la porte de son appartement, au cinquième étage, dévalerait l’envolée de marches qui mène dans la rue et je verrais enfin son visage, dissimulé sous une frange épaisse. Je déciderais de noter cette expression sur mon carnet à spirales : « ses yeux, grands et changeants, lui mangeaient le visage ».

Il y aurait des ruelles pavées, Nantes, le quartier Bouffay, le vendeur de marionnettes. Il y aurait de la pluie, fine et légère, comme une évidence. Les rues grises s’habilleraient de parapluies colorés. Elle mettrait sa capuche, mon héroïne, se souciant peu de son image. Elle serrerait ses bras autour de son torse, peut-être un peu trop maigre. Elle aurait froid mais elle se sentirait bien.

Elle s’engouffrerait alors dans le passage Pommeraye. Les miroirs lui renverraient son reflet, par mégarde. Elle ouvrirait une autre porte et disparaîtrait, sans prévenir, dans les entrailles de la ville.

19 octobre 2007

Elle écrit

Elle écrit le matin. Elle écrit le soir.

tasse15Elle écrit, pour conjurer le silence. Elle écrit, pour oublier la pluie.

Elle écrit, pour survivre, pour que chacun de ses mots éloigne la douleur, pour poser sa douce pierre sur le chemin étroit du bonheur.

Elle écrit des mots tendres, pour faire taire les voix assassines, pour panser ses blessures et fermer les portes du malheur.

Elle écrit malgré le temps qui court, sans savoir où elle va.

Elle écrit au présent, pour cadenasser le passé.

Elle écrit pour ses enfants, pour apprendre à les regarder, pour leur enseigner la vie.

Elle écrit pour elle.

Elle écrit pour demain.

22 novembre 2016

Au programme

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Prendre une année de plus aujourd'hui et la commencer par quelques projets très doux. Cette quatrième saison de House of Cards par exemple. Le kit à pompons sur lequel je lorgnais. Le concert de Julien Doré le 8 mars à Nantes. Et puis mes enfants qui m'offrent des bijoux qui brillent et me prennent pour une maman star !! Depuis le temps que je grandis avec ce blog, et eux aussi. Merci à ma petite famille de m'aimer comme ça, telle que je suis ! Et merci pour tous vos mots doux d'anniversaire sur facebook. Ils étaient très très nombreux. J'en suis toute chose. Merci.

23 octobre 2016

Tête de PAL

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Une petite PAL qui monte qui monte qui monte... et là de plus, je vous montre ce que je regarde quand je lis. ;) Un peu de pression ? Vous croyez ? N'oubliez-pas, bientôt, en Novembre, il s'agira chez moi et chez Anne, et pour ceux qui se sont déjà inscrits, de faire baisser cette PAL, justement, en posant chez nous, ou sur le groupe facebook dédié, vos lectures. Des petites surprises à la clé à gagner !! En attendant, n'oubliez pas de vous inscrire ici [clic].

12 septembre 2016

Ma rebelle ~ Atelier d'écriture

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Tu avais décidé de prendre de la hauteur, de t'en moquer un peu de la solitude, d'enfreindre les règles non écrites, celles qui ressemblent vite à des habitudes de célibataires. Ces soirées pyjama qui s'éternisaient sur le canapé et qui te laissaient groggy, insatisfaite. Tu avais revêtu ce blouson en cuir que tu ne mets jamais, remisé depuis son achat dans un creux de ta penderie. Il sentait bien un peu mauvais, le bois, le neuf et le renfermé. Mais avec ta jupe fleurie, il te donnait cet air de rebelle dont tu avais besoin ce soir. Accord parfait. Ta liberté tu la trouvais dorénavant dans tous ces gestes anodins, ces petits pas de côté, ces manières d'être différente, de dire non, plus tard, peut-être, ou jamais. De ne jamais être là où l'on t'attendait. Une lutte continuelle. Tu ne cherchais pas la provocation. Non. Plutôt à faire entendre ta voix dans le brouhaha du monde, ta différence, ton identité. A ne jamais te laisser engloutir par cette norme que tout le monde cherche. Ce graal moderne. Être une Antigone. Partout. A la sortie de l'école, en prenant les mains de tes enfants. Au travail, en cherchant au-delà des fenêtres quelque chose, un détail, qui te ferait sourire, et t'extraire. A la maison, en laissant des tâches de côté pour attraper un livre, en pensant à une phrase au milieu du ménage, en laissant refroidir l'eau de la vaisselle pour vérifier une pensée. A donner un sens à tout. De l'air à ton esprit. Surtout depuis que tu savais combien ta vie t'appartenait. Surtout depuis qu'elle t'avait parue si fragile. Tu avais décidé que ce soir était le bon soir pour aller sentir le vent dans tes oreilles Place de la Concorde et peut-être monter sur la grande roue. Apprivoiser Paris la nuit. Même seule. Tes enfants chez leur père. Tu imaginais leur visage bleuté, reflétant la lumière de la télévision. Disney pour un soir. Le sucre et le miel qu'accordent les parents esseulés pour palier l'absence de l'autre. Et là, pour toi ce soir, le cuir sur ta peau nue. Tes cheveux pour une fois attachés en un chignon défait. Le tissu de ta robe frôlant tes cuisses. Et puis ce regard que tu te lances dans le miroir de l'ascenseur, souligné de noir. Le sourire que tu t'adresses. Encore un moment de gagné sur la course du monde, cette sortie. Encore un jour de gagné pour la joie. Oublié le temps des pleurs, de la séparation douloureuse, et du confinement qu'amène cette certitude de ne plus jamais être heureuse. Comme tu te trompais. Comme le temps arrange bien des choses, et surtout l'amour que l'on se porte à soi-même. Le couple, la famille, cet autre enfermement dans lequel tu t'étais laissée piéger. L'autre qui t'étouffe au point de ne plus savoir qui tu es. Alors que l'amour c'est seulement respirer mieux, plus fort, à deux. Et comme Paris allait être magnifique ce soir vu d'en haut. Comme tu te sentais belle, libre, enfin, ma rebelle.

Un texte écrit pour l'atelier d'écriture de Leiloona [clic ici]... une photo, quelques mots. 

8 octobre 2016

L'Objectif Pal est de retour !!

objectif pal

Et oui ! ;) Mais avec lui quelques changements...

1) Tout d'abord, je pars dans cette aventure avec Anne de Des mots et des notes que je remercie pour sa proposition et surtout de continuer chez elle le challenge, pour elle-même, depuis que je l'ai délaissé, faute de temps. Je suis ravie de cette collaboration.
2) L'Objectif Pal n'aura lieu cette fois-ci que sur un mois, nous avons choisi Novembre, après le flot de la rentrée et avant l'effervescence des fêtes.
3) L'inscription au challenge, validé par le premier lien déposé pour l'Objectif, vous permettra de jouer pour un petit colis surprise, une sorte de Trophée de Lecteur de PAL

Allez, c'est parti ! Je prends officiellement avec ce billet les inscriptions pour l'Objectif Pal de Novembre 2016. Vous pouvez également déposer votre inscription chez Anne sous son billet [clic ici]. Nous essaierons que chaque blog reflète autant que possible l'avancée du challenge. Un groupe dédié a été créé sur Facebook [clic ici]. Dans la mesure du possible, merci de déposer vos liens dans le document Facebook. Si vous n'êtes pas sur FB et ne voulez pas l'être, déposez vos liens soit chez moi soit chez Anne, et nous nous chargerons de les inscrire sur le document. Les mises à jour seront faites en fonction de nos emplois du temps respectifs.

Notre proposition pour ce challenge - qui a déjà fait ses preuves - est de prélever un titre de sa PAL ("Pile A Lire" pour les petits nouveaux). Il s'agit donc, pour que le challenge puisse garder tout son sens, de ne pas prendre des titres acquis après janvier 2016, empruntés en bibliothèque, les nouvelles acquisitions. Merci de respecter ce principe.

affichehergeok

Nous mettrons en place prochainement un autre billet sur lequel vous pourrez poster, en commentaire le titre et le nom de l'auteur de votre lecture de Pal de Novembre, ainsi que le lien vers votre billet, à tout moment et à votre convenance. J'aimerais également beaucoup que vous rajoutiez à tout ceci un petit commentaire tel que "coup de coeur", "déception", "bonne surprise", etc... à vous de voir, merci !! Le billet sera réédité fin Novembre avec vos liens et en une sorte de petit bilan. Quelques jours plus tard nous effectuerons le tirage au sort dont je vous parlais plus haut.

Le challenge peut tout à fait être ouvert aux non-blogueurs, et lecteurs de nos blogs, si ils le souhaitent. Dans ces cas là, merci de bien vouloir être un peu plus prolixe en commentaire en ce qui concerne votre avis sur le livre concerné (2-3 lignes), pour que votre participation au tirage au sort puisse être validée !!

L'exposition Hergé au Grand Palais du 28 septembre 2016 au 15 janvier 2017 m'a inspiré ce retour. Bon Objectif !!

Participants : Eimelle - Tiphanie - Aifelle - Kathel - Maryline - Sylire - Estellecalim - Jostein - Gambadou - Arieste - Lady Double H - Florence - Mimipinson - Chantal -  Mrs Pepys - Enna - CK - Anna - Dominette - Virginie - ...

14 septembre 2016

Challenge lecture Hugo Boris

hugoboris-001

Bonjour chers blogueuses et blogueurs !! Comme nous sommes quelques un(e)s à avoir envie de lire les titres de cet auteur pendant cette rentrée, je vous propose de regrouper ici vos lectures futures (et même anciennes), si le coeur vous en dit. Pas besoin de mettre le logo, c'est juste pour le fun. Je vais personnellement essayer de lire tous ses titres (après mon coup de coeur pour Police). Il suffit de mettre le lien vers vos billets en commentaires ci-dessous. Chers lecteurs, vous accéderez aux billets de lecture en cliquant sur le nom des blogueurs.

police   troisgrandsfauves   jenaipasdansedepuislongtemps 

ladelegationnorvegienne lebaiserdanslanuque 

Police (2016) - Antigone - Alex - Yv - Eimelle - Sandrine - Anne - Zazy - Sébastien - Kathel - Enna - Tilly - Une comète

Trois grands fauves (2013) - Sébastien - Anne - Jostein - Kathel - Sophie - Zazy

Je n'ai pas dansé depuis longtemps (2010) - Sébastien - Sophie - Antigone

La délégation norvégienne (2007) - Sébastien - Alex

Le baiser sur la nuque (2005) - Antigone - Sébastien


Pour aller plus loin (un grand merci à Sophie) :
Cinq questions à Hugo Boris [clic ici] et Pourquoi écrivez-vous Hugo Boris ? [clic ici]

20 juin 2016

Le pont des aventures de mon enfance

... et un peu plus loin ce joli lieu, La maison de la rivière et du pêcheur à Saint Georges de Montaigu (85). Tout l'été, exposition de photographies Land Art, petits ateliers et promenades en barques [clic ici pour plus de détails].

Pictures15

Sinon, pendant ce temps, je lis Comme neige de Colombe Boncenne, et je me sens bien dans ce livre... Un billet bientôt ! 

1 novembre 2015

Livre #5

laurentBDvignette1
Il n'est pas simple à assumer mon silence. Je sens parfois ton regard peser sur moi, rempli d'interrogations. Et plus le temps passe et plus je te suprends à me contempler ainsi. Hier, tu as aggripé mon bras, alors que je m'apprêtais à partir au terme d'une journée plutôt calme, une journée pendant laquelle nous avions travaillé l'un à côté de l'autre sans se parler. Tu voulais savoir pourquoi je passais mon temps à te fuir. Que se passe-t-il ? J'ai hésité à tout déballer à tes pieds, la vérité, mais si je te disais tout ce que mon coeur contient, ma colère serait telle qu'elle envahirait l'atelier, qu'elle te clouerait sur place, n'est-ce pas ? J'ai préféré dégager mon bras, te murmurer que tout allait bien, que ce nouveau travail me stressait un peu, qu'il fallait recommencer à zéro, que pour Marie qui me faisait confiance je préférais rester concentrée. Rien sur notre amitié. Rien sur ces mails que je ne t'envoie plus. Rien non plus sur ta présence si étonnante sur ce projet, une présence qui me questionne et qui me blesse. Commences-tu à ressentir quelques regrets ?

A la maison, mes cahiers et photographies ont finalement trouvé refuge dans mon antre. J'ai pris l'habitude de me terrer après le dîner au creux de mon lit, un crayon au coin de la bouche. J'ai repris l'écriture avec constance. Tom en profite pour regarder ses émissions bruyantes à la télévision. J'entends au loin les voix assourdies d'animateurs hystériques. Il vient ensuite me souhaiter bonne nuit, un oeil sur ce que je fais, un autre sur mon visage. Tout va bien maman ? Je sais qu'il s'inquiète. Lui aussi s'étonne de ton absence soudaine, et de ma nouvelle lubie. Je le rassure avec un baiser bruyant au creux de sa joue, un baiser qui le ramène instantanément à l'enfance, je le sais. Son gloussement amusé l'emporte avec légèreté vers sa chambre et vers le sommeil, tant mieux. Chaque soir je plonge dans mes souvenirs, j'extraie les scènes marquantes, je pose sur le papier des atmosphères, des moments. Tu n'y es pas. Et l'espace que je crée ainsi, qui existe et devient vivant sous ma plume, me permet de tenir le coup, de maintenir à distance l'angoisse de perdre de nouveau mon travail, me permet de te garder au loin. 

La librairie de Marie ouvre ses portes dans quelques semaines. Il est prévu que nous passions les prochains jours à monter des étagères, les livres commencent à arriver. J'ai reçu de gentils messages d'encouragements de la part de représentants que je connais bien. La confiance réciproque sur le travai fourni auparavant, la personnalité de Marie, son réseau, notre trio, tout semble aller dans le bon sens, aller de soi. Je vois des badauds commencer à s'arrêter devant la devanture pimpante de notre future lieu de travail, devant l'affiche colorée annonçant avec emphase l'ouverture prochaine. Tout est en place. Je me demande si Marie sait pourquoi tu es là, pourquoi tu ne m'as rien dit, et si elle se rend compte qu'elle bâti une forteresse sur des sables mouvants.

(Les épisodes précédents ici :  Livre #1 - Livre#2 - Livre#3 Livre #4)

Un texte écrit sur une vignette dessinée par un ami, Laurent J, que je remercie. Il élabore en ce moment une BD... J'ai très envie qu'il réussisse à la terminer, et qu'il puisse trouver un éditeur.

laurentpage

 

19 mai 2015

Je vous écris dans le noir, Jean-Luc Seigle

jevousécrisdanslenoir

 "Je m'appelle Pauline Dubuisson et j'ai été condamnée pour meurtre en 1953. Ce n'est qu'une petite phrase, grammaticalement correcte, qui ne vaut rien d'un point de vue littéraire et qui pourtant a plus d'implication que n'importe quelle phrase écrite par le plus grand des poètes."

Pauline Dubuisson, condamnée pour meurtre, puis relachée, fuit le pays en 1961 alors que passe sur les écrans un film inspiré de sa vie, La Vérité, avec Brigitte Bardot. Le film met en avant grossièrement sa culpabilité. Et en effet, elle a effectivement tué son ex-fiancé, mais personne ne peut deviner les raisons intimes de son acte, ce qu'elle peut aujourd'hui reprocher à son père, la violence qu'elle a subi à la libération, la perte de ses frères. Réfugiée au Maroc, devenue médecin, Pauline connue sous le prénom d'Andrée, file le parfait amour avec Jean. Mais celui-ci la demande en mariage, et Pauline voudrait qu'il connaisse sa vérité, qu'il ignore. Alors, elle lui écrit son histoire, sur un cahier. Ce sont ces pages que Jean-Luc Seigle a imaginé.

J'ai eu l'honneur, le bonheur et l'avantage de passer une soirée avec Jean-Luc Seigle il y a peu [clic ici], bien avant que ce livre-ci sorte. Il a surtout été question à l'époque de son titre En vieillissant les hommes pleurent, qui a été pour moi un gros coup de coeur de lecture. Je rentrais donc à tatons dans ce nouveau roman, avec l'envie qu'il me plaise, et la crainte qu'il me déplaise. Mais il fallait juste avoir confiance, car la plume de Jean-Luc Seigle sait, dès les premières pages, nous faire oublier que c'est un homme qui écrit. Nous entendons seulement la voix de Pauline, son envie que Jean comprenne, et son désarroi de porter en elle à vif cette réalité d'avoir tué. Ce roman est très beau, à la fois douloureux, doux, rythmé et juste. J'enchaîne en ce moment les merveilleux coups de coeur, en voici encore un à rajouter à mon escarcelle, avec émotion ! A lire, bien moins pour le fait divers qu'il relate que pour le troublant destin de femme qu'il décrit.

Editions Flammarion - 18€ - Janvier 2015 - Merci ma bibli !!

Un coup de coeur pour Sylire - Clara a été dans l'empathie... et n'en sort pas indemne !

12 avril 2015

Chroniques de la débrouille, Titiou Lecoq

chroniquesdeladebrouille

 "Je suis de semi-bonne humeur. D'une bonne humeur mitigée qui ne demande qu'à basculer vers l'outre-noir."

Avant tout, pour comprendre le sujet de ce livre, il s'agit de savoir que Titiou Lecoq tient un blog (toujours alimenté) depuis des années (http://www.girlsandgeeks.com/), connu pour sa verve, sa non langue de bois, et sa fraîcheur insolente. Je la suivais très régulièrement à une époque, quand je fonctionnais encore avec un agrégateur de flux, et que mon temps semblait s'étirer lentement comme un chew-gum mâché toute la journée. La lire était revitalisant, parfois une expérience un peu incongrue et décalée, mais toujours un plaisir. En 2011, Les Morues sont sorties en librairie [clic ici] et Titiou Lecoq est devenue auteure. Puis, quelques temps plus tard, elle est devenue maman. 

Les Chroniques de la débrouille (sorti aux éditions Fayard sous le titre Sans télé, on ressent davantage le froid) sont la retranscription retravaillée des chroniques de son blog jusqu'à sa première maternité. J'ai reconnu certains passages que j'avais lu en direct. On y reconnaît cette jeune-fille de son temps, arrimée à internet toute la journée, bardée de diplômes inutiles et coincée dans un petit boulot qui la nourrit à peine, pleine de désirs, d'envies de devenir ce qu'elle souhaite devenir, et puis aussi maladroite, avec ses histoires d'amour un peu ratées, ses amis présents. Mais malgré ses hésitations et ses listes, sa volonté de devenir écrivaine, elle ne s'en sort pas si mal la jeune Titiou, puisque de pigiste, elle devient presque journaliste et finit par être invitée sur les plateaux de télé.

J'ai pris ce petit poche comme une parenthèse de bonne humeur. Je ne me souviens pas avoir autant ri avec un livre depuis longtemps. Car les aventures de Titiou Lecoq sont désopilantes, son regard sur son quotidien souvent juste et désarmant. Le langage est gouailleur et sans filtre, direct, mais j'ai aimé cette lecture, elle m'a fait du bien. Elle donne en filigrane beaucoup d'espoir, celui assez ténu qu'on peut avancer dans la vie, même avec ses fragilités en bandoulière, du moment qu'au fond de soi vit une certaine volonté. 

Editions du Livre de Poche - 6.90€ - Avril 2015

26 avril 2015

Un dimanche sous la pluie

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Se réveiller un dimanche matin de pluie, les yeux cernés, après avoir bricolé la veille au soir jusqu'à pas d'heure... Voilà à quoi s'occupent en effet mes mains quand elles ne tiennent pas un livre en ce moment. Je suis charmée depuis quelques semaines par les propositions de ce site là [Chouette Kit], et retrouve ainsi les gestes de l'enfance, ceux qui font du bien, qui ouvrent l'imagination et vident la tête. J'ai quelques lacunes, je me suis rendue compte que le crochet n'était décidément pas mon truc, j'ai transformé l'idée du doudou de laine en pochette pour ma fille, mais ce n'est pas grave, tant que je m'amuse (et ma fille est ravie).
Sinon, pendant ce temps, je lis quand même... A venir, ma lecture de Le roi disait que j'étais diable de Clara Dupont-Monod et de Kinderzimmer de Valentine Goby. Bon dimanche !
(Exceptionnellement, pas de texte demain pour l'atelier d'écriture de Leiloona, mais ce n'est que partie remise)

22 avril 2015

Mon gros dico des monstres à ratatiner, Catherine Leblanc et Roland Garrigue

mongrosdicodesmonstres

"Parfois, de gros ou de petits monstres viennent nous embêter. [...] Certains sont plutôt gentils et juste un peu gênants, d'autres sont méchants, et quelques uns sont... très méchants !
Ils vivent sur terre, dans l'air ou dans l'eau. Ils sortent le jour ou la nuit. Ils peuvent être microscopiques ou géants. Ils changent de forme et de couleur. Ils font des bruits étranges et sentent plus ou moins bons. En tout cas, plus on les connaît, moins ils font peur !"

A la maison, nous connaissons depuis quelques temps déjà les albums de Catherine Leblanc et Roland Garrigue, car ils rencontrent un succès certain auprès de petit dernier depuis de nombreuses années. En effet, le bac des Comment ratatiner... était bien souvent le premier passage obligé en bibliothèque quand il était plus petit, et la déception était grande quand il était vide. La preuve [ici], et [ici aussi]. (Catherine Leblanc écrit également pour les adultes, et les adolescents. J'en profite pour vous remettre en mémoire l'excellent L'avenir [clic ici].)

Lors du Printemps du livre de Montaigu [clic], nous avons donc été ravis de rencontrer Catherine Leblanc. C'était d'ailleurs une surprise car je n'avais pas repéré son nom dans la liste des auteurs. La discussion a été trop brève, et j'espère mieux gérer mon temps l'année prochaine. Cependant, petit dernier, quelque peu décontenancé de se retrouver tout à coup devant tous ces Comment ratatiner convoités depuis si longtemps a du faire un choix... Il a choisi ce Dico des monstres car ce qu'il préfère dans ces albums est l'humour de Catherine Leblanc, l'inventivité qu'elle déploie pour créer des monstres du quotidien, et le foisonnement des dessins de Roland Garrigue. Mon fils s'empresse d'ailleurs souvent après lecture de créer ses propres monstres, tout aussi improbables et burlesques, et nous devons ensuite les approuver en élisant notre préféré.  

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Ci-dessus, vous pouvez voir les deux pages que petit dernier a choisi de vous montrer : la coupe transversale d'un monstre, et le Timidator, celui qui habite le plus souvent à l'école, et qui fait les gros yeux pour nous faire rougir et nous rendre muets quand on veut parler. Vous ne serez pas étonnés de retrouver quelques monstres qui hantent aussi nos vies d'adultes. Un album à lire avec nos enfants, donc, pour partager un peu nos peurs, et en rire beaucoup.

Editions Petit Glénat - 15.90€ - Septembre 2013

http://catherineleblanc.blogspot.fr/

11 mars 2015

"En revenir

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Commencer par le titre, la désillusion et y aller. N'en pas revenir encore, faire marche arrière, en avant toute. Question de survie. La surprise est passée, la sidération reste. S'arracher de là. Soulever les pieds de pierre et pesamment scander le point de non retour. Ebranler les alentours, les [in]certitudes, le corps et sa mémoire, le temps - à en appeler à l'orage, à en attirer les foudres. Etre plus fort que cela, regarder, ça bouge, ça gronde, ça auréole d'éclairs. Avancer. La terre tremble, réjouissances, lever la tête, et marcher droit. N'en être pas moins lourd mais regarder ailleurs. N'attendre plus rien mais savoir comment tout a commencé et comment tout finit. Parce que revenir de ce loin. Etre presque mort mais plus fort que l'enfermement. Peser maintenant le silence. L'alléger en en portant les chaînes. Et bientôt savoir où les déposer. Creuser."

Extrait de Avec dessus dessous de Jany Pineau, éditions Gros Textes, 2015

Ouvrir le livre d'une amie. Avoir attendu le bon moment pour le faire, d'être un peu plus apaisée dans son quotidien... Et puis trouver avec émotion dans ces pages juste les mots qu'il faut à poser sur aujourd'hui. Etre heureuse de cela. Et des post-it égrenés sur d'autres textes... comme L'Indicible ou La Parenthèse. Bravo Jany ! Et merci pour ta poésie. [Pour commander c'est par ici]

 

9 mars 2015

Mon père (atelier d'écriture)

ateliermarion-pluss

De toi, je ne vois qu'un torse, celui contre lequel je rêve de me blottir dès que la vie sort ses couteaux. Peu importe alors que tu sentes l'alcool, la cigarette ou la transpiration. Pour moi, tu sens bon, tu sens la maison, tu sens l'homme. Je suis une petite fille qui aime irriter ses joues à ta barbe, qui aime se blesser aux clous de ton blouson, qui aime quand tu prends ma nuque doucement pour me rapprocher de toi.
Ce serait tellement mieux cependant si tu ne m'envoyais pas ensuite très vite jouer, d'un mouvement toujours trop brusque. Les adultes ont tellement de préoccupations, d'affaires sérieuses à régler, besoin d'espace, ouf laisse moi tranquille, leur vie à mener. 
Tu sais, les enfants sont rudes, surtout entre eux, et je ne suis pas la plus forte. Tu n'as pas idée des trésors qu'il me faut déployer pour survivre parmi mes semblables. Et puis je suis si malhabile, avec mes tresses, ma blondeur, la candeur dans laquelle vous m'élevez, mes vêtements de travers, et les mondes que je me fabrique tout bas. Heureusement, les livres sont là, et lorsque je plonge dans l'un d'entre eux je peux enfin devenir quelqu'un d'autre, ce garçon courageux qui découvre une île mystérieuse, ou bien cette jeune fille orgueilleuse et têtue qui tient tête à plus riche qu'elle. Et il y a tellement de pays à découvrir dans leurs pages, de vies à vivre, d'énigmes à résoudre, de rôles à jouer, que je ne me sens plus seule, mais entourée, protégée. Certains personnages de papier m'accompagnent parfois sur le chemin de l'école, je les laisse avec regret à la grille. Les cris de la cour de récréation les dispersent violemment.
Je vois bien cette moue courroucée dont tu couvres ton visage lorsque tu me découvres plongée dans un de ces volumes que j'emprunte avec gloutonnerie à la bibliothèque. Tu aimerais que je sorte plus, que je m'amuse, tu me voudrais entourée de poupées, tu ne comprends pas. Tu ignores ce que je picore dans mes livres. Tu ne peux pas savoir que j'y puise un espoir insensé, combien j'y attends impatiemment et avec avidité la fin de l'enfance, comment je m'accroche à eux. 
Un jour, je glisserai mes bras dans les manches de ton blouson. Un jour, je pourrai appuyer mon front contre le tien et te donner à mon tour de la force. Un jour, je serai grande. 

Une photo (de Marion Pluss), une inspiration, beaucoup d'imagination, et au final un texte... tout ça pour l'atelier d'écriture de Leiloona [clic].  Et comme un petit écho à ce texte là... [clic]. J'ai fait des progrès. ;)

1 mars 2015

Skim, Tamaki et Tamaki

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 "Aurais préféré plâtre noir, mais ai dû prendre blanc de base à la place.
Trouve points de suture carrément plus classe que fracture.
Aurais dû tomber sur bouteille de bière."

Le ton est donné d'emblée pour cette BD que je voulais découvrir absolument après mon coup de coeur pour Cet été-là, des mêmes auteures. Et je n'ai pas été déçue par cette seconde découverte, et ce nouveau duo amical et adolescent. Il manque peut-être de la grâce, celle qui m'avait profondément touchée dans l'autre album, les dessins sont peut-être moins beaux aussi, mais quel talent ! 

Nous retrouvons ici Kim et Lisa, deux collégiennes, à la fois un peu coincées et gothiques, intéressées par la sorcellerie et les arts divinatoires. Elles regardent de loin le chagrin de Katie, délaissée par un petit ami qui finira par se suicider. Son désespoir les atteint peu tant elles sont elles-même déjà perdues dans leurs propres émotions. Et puis, pour Kim, il y a cette relation étrange avec Melle Archer, le professeur de lettres, qui ne veut rien dire, et puis tout à la fois, et qui donne des remous dans le ventre. Est-ce que c'est ça l'amour ?

Un album doux amer à découvrir.

Casterman - 14.50€ - 2008 - Merci ma bibli !!

Cuné la tentatrice ! 

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16 février 2015

Ceux qui me restent, Damien MARIE et Laurent BONNEAU

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 "J'ai quitté la terre ferme..."

Florent, à 39 ans, se retrouve seul pour élever sa fille Aurélie. Sa femme vient de mourir, et il se sent désarmé d'être désormais l'unique refuge d'une petite fille de 5 ans. Sur le bateau qui les ramène en France, l'enfant échappe soudain à la surveillance de son père et l'angoisse de perdre également la petite Lilie monte en lui... Mais cette course poursuite dans les allées du ferry n'est sans doute que le cauchemar d'un vieil homme à qui les souvenirs font de plus en plus défaut. Car Aurélie jeune fille vient voir toutes les semaines son père qui ne la reconnaît plus et la cherche dans ses rêves...

Voici une BD qui arrive à propos après ma lecture de Nous ne sommes pas nous-mêmes, hasard des lectures. J'avais par ailleurs déjà lu sur le sujet, la maladie d'Alzheimer, dans On n'est pas là pour disparaître, l'excellent titre d'Olivia Rosenthal. Cette manière, comme il est souvent dit de "mourir aux autres de son vivant", est toujours assez impressionnante et remue. Ici, le dessin en noir et blanc, magnifique, parfois seulement réhaussé d'une couleur, traite avec justesse du thème, sans pathos... avec densité, poésie, mais aussi légèreté. Une réussite.

Editions Bamboo Grand Angle - Août 2014 - 21.90€ - Merci ma bibli !!

Une idée de lecture trouvée chez Stephie !! - Lu aussi par Noukette et Jérome !

9 février 2015

Ton amitié (atelier d'écriture)

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 Si j'avais choisi l'amitié, tu serais resté. Si la neige n'avait pas recouvert tout ce matin, brisé net toute effervescence par son silence, quelque chose aurait pu être sauvé. Collée à ma fenêtre, j'ai peur que tu ne reviennes pas. Les deux mains sur le verre froid, je laisse ma crainte embuer l'image de ton départ. Levée après toi, je t'ai vu disparaître au coin de la rue, là en bas de mon immeuble. J'ai vu ton dos pressé, tes pas sombres, encore visibles, créer une guirlande de traces de toi sur le trottoir. Où es-tu allé ? Entre nous deux, cela a toujours été un peu fou, évident, des rires sous cape partagés. Tu étais enfant mon double masculin, ma moitié fraternelle, mon moi plus affûté. Je me souviens comme nous aimions ensemble plonger nos deux mains dans la rivière, chercher des bestioles, nous taire, et puis marcher entre les arbres, essayer le cloche-pied. Hier, tu as toqué à ma porte, parce que tu étais loin de chez toi, que je pouvais être le bon plan d'une nuit canapé pour dormir, et parce qu'il y avait eu autrefois l'amitié. Comme d'habitude, j'ai sauté dans tes bras, et tu m'as rattrapé, même taille, même bouclettes sombres, et presque le même visage. Je n'ai pas compris à quel moment ma main a caressé ta joue, à quel moment exactement nous nous sommes embrassés, à quel moment l'évidence a encore fait sa loi. Je n'avais pas défait le canapé. Je crois qu'au bout de la nuit nous étions simplement un peu plus heureux et saouls, plus désinvoltes. Et puis la lumière crue du jour n'était pas encore là. Tout à l'heure, elle a j'imagine tout aplati, tu as vu nos verres sales, mon chez moi de fille, notre amitié par terre. Je ne suis pas forcément celle dont tu as envie de croiser le regard brouillé au petit déjeuner, après l'effervescence. Si c'était cela, je pourrais comprendre, je crois, le silence tout autour, et puis le blanc et le froid.
Je n'ai pas entendu la porte de mon appartement s'ouvrir, mais soudain j'entends tes pas, je sens tes bras entourer ma taille, et aussi ton haleine se perdre dans mon cou. Tu es revenu, tu es là. Pourquoi avoir douté de nous ? Je sens l'évidence coller ton corps contre le mien, mêler tes boucles aux miennes, je pourrais même deviner ton sourire et ton étonnement de me surprendre le nez contre la vitre, auréolée de buée. Je me retourne, et je crois mon chéri que pour la première fois de notre vie je suis en train d'éclater de rire dans ta bouche.

Une photo (de Romaric Cazaux), une inspiration, et au final un texte... tout ça pour l'atelier d'écriture de Leiloona [clic]. J'avais envie d'être très Saint Valentin cette fois-ci. ;)

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