Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Les lectures d'Antigone ...
Publicité
Ardoise magique

Ce blog a dorénavant une page Facebook...
https://www.facebook.com
/antigone.lectures

Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

Newsletter
90 abonnés
22 novembre 2010

En cours de lecture...

pluie_extrait"A présent, il court vers moi et, cette minute, je la savoure. Je me l'approprie. Le drap argenté de l'eau frémit autour de lui tandis qu'il s'approche, s'élançant vers moi dans l'air léger. Je pousse un cri - un son, pas de mots. Mon plus jeune frère, mon plus petit frère... Pendant cinq ans il a occupé ma vie, ses mouvements incessants, ses rares paroles, tout cela était à moi. La courbure ravissante de ses membres délicats, voilà ce dont je rêvais pour mon propre corps, cette légèreté et cette insouciance, cet élan perpétuel et irrépressible, libéré du poids du discours et de la pensée. Aujourd'hui encore j'ai la conviction que mon frère jaillissant de ce nuage laiteux dans son short en coton rouge formant au loin une tache indistincte, ne fait qu'un avec moi. Il dure une éternité cet instant où il revient vers moi. Son être tout entier, le mien, est contenu dans cette combinaison particulière de muscles, d'os, de peau et de cheveux. Or, chose curieuse, malgré la complexité du phénomène, malgré toute l'énergie concentrée dans sa course, j'eus, quand il me rejoignit, l'impression qu'il venait d'apparaître brusquement à mes côtés.
"Hou hou !" fit-il en me prenant la main."

Extrait de Pluie Par Kirsty Gunn, Points

Publicité
17 novembre 2010

American Express, James Salter

james_salter"Gloria ne pouvait admettre que Truus, maintenant plus mince, était invitée à des soirées, s'asseyait dans l'éclat de restaurants bondés avec son teint toujours aussi laid sous son maquillage et sa morale de mouche. L'idée qu'il pût y avoir un bonheur immérité auquel certaines personnes pouvaient accéder la rendait presque malade."

James Salter est pour moi personae incognita. J'ai choisi ce livre barriolé exclusivement pour l'attrait de sa couverture et sa référence vague - en résumé - d'une ressemblance éventuelle avec l'univers de Nabokov (après lecture, rien n'est certain, une certaine mise en lumière de la dépravation peut-être).
Ici, se cotoient onze nouvelles, onze univers parfois glauques, souvent confus, de temps en temps opressants qui donnent de l'humanité une image un peu désespérante et froide. Je n'ai jamais eu auparavant une telle sensation, qu'un être humain pouvait être un ou un autre peu importe, qu'il pouvait être interchangeable, un produit consommable. J'ai aimé la nouvelle Autres rivages (titre emprunté sans doute à un des beaux romans russes de Nabokov) qui met en scène une baby sitter, son amoureux sulfureux, un petit garçon tendre et sa mère dépassée. Les autres nouvelles sont une déception. Quelle dommage ! Malgré une très belle écriture et des fulgurances de phrases, magnifiques, le tout ne m'a pas semblé une découverte à la hauteur de mes espérances.

Pour remettre les choses à leur place, James Salter a tout de même reçu pour ce titre le Prix Pen Faulkner en 1988.

bouton3 Note de lecture : 2/5 - Editions Points - 6€ - Août 2010

21 octobre 2010

Objectif Pal d'Octobre ~ Les mains nues de Simonetta Greggio

lesmains_nues"Tout ce que je peux dire à ma décharge, c'est qu'à un moment donné c'était devenu moins impudique, moins malhonnête de coucher ensemble que de se regarder dans les yeux. "

Emma est vétérinaire, à la campagne. A quarante ans passés, elle est fière de son métier, appris auprès d'un maître dont elle conserve un souvenir affectueux. Elle s'enorgueillit d'accoucher les animaux à mains nues. Ses mains elle les a hérité de sa mère, pianiste de talent. Elle a choisi cette vie rude et solitaire, et tente comme cela d'oublier son grand amour de jeunesse, Raphaël, mais aussi sa défaite devant une rivale plus rusée et tenace, Mico. Un jour, le fils de son ancien amant, Gio, un garçon qu'elle a vu naître avec émotion et tendresse, débarque chez elle du haut de ses quatorze ans presque quinze, en fugue. Elle lui ouvre sa maison, sa chaleur et un peu plus...

Voici une lecture d'une grande douceur, malgré son thème inconvenant, tabou. Je n'ai rien trouvé d'impudique dans les pages de ce roman à l'écriture agréable et limpide. On comprend assez rapidement combien Emma ne cherche ni à s'absoudre ni à s'excuser. On goûte avec elle la paix de son quotidien. On vit l'intrusion de Gio dans sa vie comme une évidence heureuse, le scandale qui s'ensuit comme une injustice ignorante... Mais à quinze ans, est-on encore un enfant ou un jeune adulte maître de son devenir ?
J'ai aimé lire ce roman fluide et beau, mais j'aurais voulu que la romancière aille peut-être plus loin dans le traitement de son sujet, qu'elle en approfondisse les thèmes, les émotions. Je conserve un petit sentiment de pas assez au terme des pages de ce récit qui restait enfoui dans ma PAL depuis que je l'avais pioché en bouquinerie, mais aucune déception, non ...

bouton3 Note de lecture : 3.5/5 - Editions Stock - 16€ - Fév 2009

Un très joli billet chez Clarabel - Un très beau livre, pas racoleur, pour Alice - Il a manqué "quelque chose" à Papillon malgré son avis positif - Lily a aimé aussi - Anne pointe du doigt la retenue de l'écriture ...

objectif_pal_le_retourObjectif Pal : 3/12

Pour déposer vos billets d'Octobre, c'est par ici

 

 

18 juillet 2010

Famille, tracas et Cie, Laurie Colwin

famille_tracas_et_cie"Sa vie intérieure était divisée en trois parties : elle était maintenant une femme mariée, et avec son mari, Theodore Cornelius Parker, elle créait une entité connue sous le nom "le Couple". C'était comme un musée rempli de conversations au petit déjeuner, de disputes sur l'endroit où a été rangé le trousseau de clés supplémentaire, de dîners, de séances de cinéma, de douches prises ensemble, de projets communs. Pour le meilleur et pour le pire, et pour l'embarras général. Il fallait prendre des décisions : essayer de concevoir un bébé au début de l'été - décision commune. En fin de compte, un bébé apparaîtrait, et Jane Louise aurait une section mentale supplémentaire, un quart de son esprit consacré à "l'Enfant". Ils auraient alors une entité à eux appelée "la Famille"."

Jane Louise vient d'épouser Teddy. Et même si son mari est le plus charmant des conjoints, elle ne cesse de se poser des questions existentielles sur leur couple, son travail dans une maison d'édition, leurs familles, leurs amis. Il faut bien dire que malgré des apparences lisses, Jane Louise est entourée de personnages rocambolesques comme ce collègue Sven, obsédé par les femmes, ou son amie Edie, traiteur, confectionneuse de gâteaux mirifiques, qui voudrait bien imposer à sa famille l'homme de sa vie. Malgré ses doutes, la vie de Jane Louise suit un cours assez limpide. Peut être était-il simplement nécessaire d'accepter l'inattendu et la joie de la vie ?

Voici un livre à l'attrait irrésistible qui a bien répondu à mes attentes dès ses premières pages, même si j'ai fini - à la longue - par m'ennuyer des tergiversations de Jane Louise et de ses inquiétudes. Et pourtant, il y a beaucoup à picorer dans les histoires de Laurie Colwin, encore une fois. Ici, le voile des illusions est soulevé et il apparaît enfin à Jane Louise en fin de roman que le bonheur peut être là où on ne l'attend pas, que ce n'est pas forcément nécessaire de tant y réfléchir, qu'il peut exister en dehors de la norme et des conventions, dans la simplicité des actes et des sentiments. Vous y trouverez également beaucoup de réflexions judicieuses sur la famille, belle-famille, relations amicales, etc...

Une lecture qui vaut par la galerie de ses personnages, son ambiance élégante et sa causticité fine.

bouton3 Note de lecture : 4/5 - Le Livre de Poche - 6.50 € - Mai 2009

Comme moi, Clarabel est accroc au style Colwin mais ce titre n'est pas son préféré - Une petite bio/biblio-graphie de l'auteure chez Florinette

objectif_palObjectif Pal : 50-10

(Préparez vos calculatrices, si tout va bien, à date anniversaire, en août, L'objectif Pal fera ses comptes !!)

30 septembre 2010

Mon tour du monde des animaux

Mes_images31... par Anne-Sophie Baumann et Laurence Jammes.

Etre blogueuse, c'est aussi cela, faire sans le savoir  extrêmement plaisir à ceux qui nous sont proches...

Lorsque j'ai reçu ce titre des éditions Tourbillon, Mon tour du monde des animaux, je me doutais qu'il intéresserait beaucoup petit dernier (5 ans) - très gros consommateur de documentaires animaliers de toutes sortes - mais je ne pensais pas que l'enthousiasme serait aussi énorme !!

Car en allant au-delà de sa couverture traditionnelle, c'est un ouvrage magnifique auquel nous avons affaire. Après ouverture de l'enveloppe je n'ai entendu que des Oh et des Ah étonnés. En effet, le petit plus de ce très bel album que vous présente au-dessus mon fils, très sérieux dans le rôle, est de nous livrer des pages graphiques de qualité, jumelées avec des volets remplis de détails informatifs mais surtout de la photo "en vrai" des animaux dessinésle_tour
(dixit ma grande fille qui l'aurait bien voulu pour elle... je vous épargne la comédie du il est à moi non à moi qui a suivi, aucun intérêt, c'est toujours un plaisir que de les voir s'étriper pour un livre, non ?). C'est ce rapport imaginaire/réalité qui a beaucoup plu à mes enfants, un parallèle que l'on ne voit pratiquement jamais dans la plupart des autres documentaires et qui est ici extrêmement bien fait et passionnant.

Nous suivons dans ces pages le voyage de Gaé, fou de joie à l'idée d'accompagner Sylvain son père, photographe animalier pour un tour du monde en quête des plus beaux spécimens de la terre, de la gerboise tapie dans son terrier à l'orque majestueux, en passant par la fourmi coupeuse de feuilles de la forêt amazonienne.

Mon fiston a aussitôt adopté ce grand livre comme nouvel album doudou à transporter partout et à consulter sans se lasser... "C'est le plus beau de tous les livres !" m'a-t-il dit en grand connaisseur, et je trouve quant à moi que le rapport qualité/prix de cet ouvrage en fait une idée cadeau vraiment pas bête... Une bien jolie surprise d'automne !

mon_tour_du_monde_des_animaux

Merci encore à Ines des éditions Tourbillon !!

12.90 € - Septembre 2010 - Conseillé à partir de 4 ans !!

Publicité
25 septembre 2010

Vous n'étiez pas là ...

albanlefranc... J'ai assisté, mardi soir dernier, à une lecture partielle de ce texte d'Alban Lefranc. Une lecture partagée entre l'auteur et Rodolphe Burger, musicien, qui accompagnait ce moment de musique et de voix.
Cette soirée a sonné le début d'une nouvelle saison littéraire dans ma ville, auquelle je compte bien assister le plus possible et dont je vous parlerai très certainement de temps en temps.

Vous n’étiez pas là est en quelque sorte une biographie, une tentative de dresser le portrait de Nico (1938-1988), cover-girl, égérie entre autres des films de Warhol, liée au Velvet Underground, femme fatale et junkie, célèbre dans les années 60/70.

« On s’est bien foutu de votre gueule toutes ces années, de vos grands yeux ahuris, de votre indéracinable accent teuton, un peu moins les derniers temps où votre main s’armait promptement d’un tesson paraît-il, Queen of the bad girls enfin, parvenue au but. »

Présentation de l'éditeur : "Apostrophant son héroïne sur un ton tendre et grinçant, Alban Lefranc s’approprie les tendances à l’affabulation de Nico, tord ici et là le bâton des faits et finit par la mentir vraie. Partant de ce rapport décalé, elliptique et dissonant, il l’exhume des ruines du IIIe Reich, la confronte à l’absence d’un père, autopsie les zones d’ombre de son ascension fulgurante, remet en perspective ses frères de chaos, ôtant un à un les masques d’une intériorité mouvante pour réinventer quelques-unes de ses vies possibles."

J'ai réussi à piocher dans cette écoute quelques phrases intéressantes, une atmosphère. J'ai aimé comment Alban Lefranc pointait de la plume la capacité toute impertinente de Nico de faire de sa vie, à chaque instant, une aventure différente, un no man's land maîtrisé.
Cette lecture publique est pour moi une première approche à approfondir...

Vous n’étiez pas là, Alban Lefranc, éditions Verticales 2009.

Un article complet sur Remue.net

3 février 2010

Sous l'Oeil d'Oedipe...

sousl_oeild_oedipeHier au soir, j'étais au théâtre pour assister à la représentation de Sous l'Oeil d'Oedipe, une version du mythe orchestrée par Joël Jouanneau. 2h30 en compagnie de la maison des Labdacides, et plus particulièrement du personnage d'Antigone, comment manquer cela ?!

L'intérêt de ce spectacle est de brosser l'ensemble de l'histoire sanglante de cette famille maudite, auparavant éparpillée en plusieurs écrits, et de partir de la révélation de la souillure suprême (Oedipe coupable d'inceste et de parricide) pour clore le drame par la mort d'Antigone.

J'ai apprécié ce spectacle malgré sa longueur. Je suis seulement un peu chiffonnée que l'amour qu'Antigone porte à son frère Polynice soit transformé ici en amour incestueux...mais cela donne une structure logique à l'ensemble (donc passons)...et que son combat soit dans la pièce sommairement et rapidement brossé (ici Oedipe garde la vedette, c'est ainsi).
Jacques Bonnafé (Oedipe), Hedi de Clermont-Tonerre (Tirésias) et Mélanie Couillaud (Euménide) m'ont particulièrement bluffée, j'ai été moins séduite par les autres acteurs, mais on se fait toujours une image personnelle et physique des personnages de papier, alors cela me semble aller de soi.

sousl_oield_oedipephoto

Ce spectacle est en tournée.

"Sous l'oeil d'Oedipe n'aurait pu s'écrire sans Sophocle et Euripide. N'entendant rien au grec ancien, je n'ai pu les rencontrer que par leurs traducteurs. Ce sont eux qui ont guidé les premiers pas de mon voyage intime au coeur du mythe, je tiens donc à tous les remercier. Il reste que plus de vingt-cinq siècles me séparent des deux poètes grecs. C'est très peu, certes, cela donne du moins le temps de lire." Joël Jouanneau

29 janvier 2010

Des coeurs en poche

lesann_esDes années 50 à nos jours, Annie Ernaux parle d'elle, de son histoire personnelle, de ses parents, de ses enfants, de ses amants, et du monde, un monde vu par le petit bout de la lorgnette, mais un monde réel dans lequel nous avons vécu nous aussi. On se dit sans cesse, au fil de notre lecture "Ah oui c'est vrai", et on se surprend à sourire de nos paroles, à se souvenir des objets à présent délaissés du quotidien, à adhérer (ou pas) aux réflexions de la romancière sur les évènements de l'actualité.

Un roman magistral, peu lu dans la blogosphère, mais qui mérite largement qu'on s'y arrête. J'y ai puisé beaucoup d'émotion et d'enthousiasme !

(Ma lecture coup de coeur)

quitoucheMarie G. attend dans sa cellule l'heure de son exécution. Elle est une "faiseuse d'anges", une des dernières femmes guillotinées.
Lucie L. attend que son enfant sorte d'elle car rien ne doit toucher son corps. Elle procède à son deuxième avortement clandestin, loin d'un mari qui l'aime...sans doute, loin de l'amour de sa mère. Nous sommes en 1943.
Henri D., lui, est le guillotineur, celui qui va tuer la femme fautive, celui qui pense avoir déjà tué sa propre mère...par trop de fatigue et dépuisement. "Vous faites tellement de bruit les enfants. Tu m'épuises, Jules-Henri, tu me tues."

Chaque protagoniste du récit de Valentine Goby suivra le fil de son destin jusqu'au terme d'une histoire qui ne dure que 24 heures et qui oscille sans cesse entre la vie et la mort...
Un roman terrible et poignant qui transforme inévitablement son lecteur.

(Ma lecture coup de coeur)

27 août 2010

Le coeur régulier, Olivier Adam ... Rentrée littéraire

lecoeurr_gulier"Longtemps après avoir quitté Louise j'avais repensé à cette conversation. "Il s'occupe de nous". Et moi, avais-je songé, qui s'occupe de moi ? Qui me retient si je tombe ? Qui posera sa main sur mon épaule ?"

Sarah a une vie parfaite (insipide ?), un travail, un si gentil mari et puis deux enfants, adolescents. Elle a également des parents, une famille où la retenue tient lieu de tendresse et d'affection. Elle a aussi un frère, Nathan, presque son jumeau tellement ils sont proches, ou l'étaient en tous les cas autrefois. Car autant Sarah est finalement entrée dans la norme, autant Nathan l'a toujours fui cette norme, prétextant l'écriture d'un livre, de hautes idées sur la vie, et s'abrutissant bien souvent de boisson.
Alors que Nathan décède dans un accident de la route, c'est toute la vie de sa soeur qui prend l'eau. Elle ira chercher l'âme de ce frère tant aimé jusqu'au Japon, sur ses anciennes traces. Elle y fera la rencontre d'un homme qui sauve des vies, en posant simplement sa main - doucement - sur des épaules...

On a déjà tellement parlé de ce livre un peu partout... Qu'en dire donc de plus ? Et bien que je n'ai pas du tout été enthousiasmée par les premières lignes de cette lecture. L'écriture d'Olivier Adam m'a semblé effectivement se chercher beaucoup, à renfort d'images un peu creuses et d'une multitude d'adjectifs. Son Japon semble superficiel, presque un Japon de manga, voilà qui est étrange si comme il l'a dit en radio il y a passé du temps, à observer...
Cependant, après une cinquantaine de pages, mon intérêt s'est soudain éveillé. J'ai aimé connaître enfin Sarah, sa vie française monotone, ses doutes et ses aspirations. Car à ce moment là, il me semble que l'auteur, oubliant enfin une prose trop poétique et superlative, délivre tout son talent de conteur. En tous les cas, c'est ainsi que je l'aime mieux. Et c'est là que Sarah m'est apparue définitivement très humaine, proche, et qu'en toute fin de roman tout cela a réussi à m'amener quelques larmes aux yeux.

Malgré tout, Des Vents contraires restera un bien meilleur souvenir de lecture, c'est évident.

bouton3 Note de lecture : 4/5 - Les éditions de l'Olivier - 18€ - Sortie le 19 août 2010

challengerentr_elitt_raireChallenge 1% rentrée littéraire 2010 : 5/7

Cuné n'y pas cru - Amanda a ressenti aussi ce stade des 50 pages - Cathulu est restée sur sa faim - Un gros coup de coeur pour clara - Véro l'a lu avec émotion - ...

31 août 2010

En Août, dans vos PALs

palbigil y avait toujours beaucoup de livres en attente.

Mais vous avez lu...

10 ans 3/4 de Fred Paronuzzi (lu par Patacaisse) - Hush Hush de Becca Fitzpatrick (lu par Petite Fleur) - Jennyfer's Body de Audrey Nixon (Lu par Vilvirt) - L'amour comme par hasard de Eva Rice (Lu par Tiphanie) - Jenda, Jiendé par Laurence Lacour (Lu par Aifelle) - Nuit d'été de Dan Simmons (Lu par Petite Fleur) - En l'absence des hommes de Philippe Besson (Lu par Clara) - Pauline de Dumas (Lu par Vilvirt) : - Nanne a beaucoup lu : Le livre des morts de Glenn Cooper - Lettre à Delacroix de Tahar Ben Jelloum - Souffles coupés de Gérald Tennenbaum - Billard Blues de Maxence Fermine - L'invention du bronzage par Pascal Ory - Une éducation libertine de Jean-Baptiste Del Amo ...
-
La femme de trente ans de Honoré de Balzac (Lu par Ptitlapin) - Il faut qu'on parle de Kevin par Lionel Shriver (Lu par L'encreuse) - Des oignons dans la soupe de Betty Mac Donald (Lu par Ptitlapin) - Voyage au bout de la nuit de Céline (Lu par Petite Fleur) - Seule Venise de Claudie Gallay (Lu par Aifelle) - De chaque côté des cimes de Claire Mazard (Lu par Typhania) - Par un matin d'automne de Robert Goddard (Lu par Enna) - LadyScar a lu les trois premiers tomes de la Saga Twillight - Livre de sang de Clive Barker (Lu par vilvirt) -  La voix d'alto de Richard Millet (Lu par l'encreuse) - La formule préférée du professeur de Yoko Ogawa (Lu par Aifelle) - Trois maîtres de Stefan Zweig (Lu par Vilvirt) - Parfum de glace de Yoko Ogawa (Lu par George Sand) - La formule préférée du professeur de Yoko Ogawa (Lu par Sofynet) - Le jardin de lierre de Setsuko Katoh (Lu par Alexiel) - Le carré de la vengeance par Pieter Aspe (Lu par Petite Fleur) - Ludwig revoltion tome 1 de Kaori Yuki (Lu par Setsuka) - Pensée magique de Augusten Burroughs (Lu par Cinna) - Ca aurait pu être le paradis de Camilla Grebe et Asa Träff (Lu par Emmyne) - Le tueur des tornades de Alice Blanchard (Lu par livresque) - Le mec de la tombe d'à côté de Katarina Mazetti  (Lu par Lystig) - Le roi d'Afghanistan ne nous a pas mariés de Ingrid Thobois (Lu par Anne) ...

Des trouvailles ou des déceptions... Quant à moi, j'ai lu Fugitives d'Alice Munro et c'est un coup de coeur !

Je retiendrai ce mois-ci...

Le commentaire de Vilvirt, pour Pauline de Dumas : "Enfin ! Me voilà rassurée car j'avais très mal débuté mon challenge "Objectif PAL". Heureusement j'ai bien vite repris le dessus, en découvrant cette petite perle sous un gros tas d'autres ouvrages, en attente dans ma PAL depuis plusieurs mois... Alexandre Dumas, grâce à Pauline, m'a fait soupirer, trembler, palpiter, bref, j'ai éprouvé toute la palette des sentiments qu'inspire un grand roman d'aventure, en dévorant ce chef d'oeuvre méconnu !"

Une jolie couverture chez Clara... En l'absence des hommes de Philippe Besson

Une petite vieillerie amusante chez Ptitlapin - Des oignons dans la soupe de Betty Mac Donald

Yoko Ogawa, très présent dans vos PALs et lu grace au challenge de Pimprenelle

Le nombre de lectures de Nanne - 6 livres lus

Rendez-vous en septembre, pour découvrir encore une fois les trésors cachés de vos PALs !

Au final, et après conciliabule avec moi-même, j'ai décidé qu'il n'y aurait pas de bilan mensuel systématique, l'expérience s'est révélée bien trop chronophage et je veux conserver le plaisir de bloguer, j'y tiens... J'essaierai simplement de suivre vos lectures de loin en loin. De toutes manières, vous êtes tous sur mon google reader. Merci à vous tous pour votre enthousiasme et votre motivation !!

Pour ne rien râter, vous pouvez suivre le challenge sur ma liste de partage ici [clic] car tous vos billets y seront conservés, ou aller rendre visite aux participant(e)s sur ce billet [clic]. Je vous souhaite un excellent Objectif Pal 2010-2011 !!

objectif_pal_le_retour

(N'hésitez pas à me signaler toute erreur ou oubli en commentaire en joignant le lien éventuel vers votre billet...)

2 juin 2010

Fables amères, Chabouté

fables_am_resJ'avais déjà lu, et beaucoup aimé, Tout seul, cette histoire de solitude et de mer qui fait fondre le coeur. Je voulais donc enchaîner le plaisir avec cet opus là dont on entend beaucoup parler, mais je ne me doutais pas du goût si amer de ces fables qui ne sont pas tant que cela de tout petits riens...

Il y a cette petite fille qui se fait rabrouer par ses parents un dimanche matin alors qu'elle leur apporte le petit-déjeuner au lit, cette caissière qui se laisse houspiller et humilier sans rien dire gavée de chagrin, ces locataires d'un immeuble qui se parlent avec douceur via internet mais se méprisent dans la réalité, et tous ces laissés pour compte de la vie qui semblent avancer comme des fantômes du quotidien...
Que de raisons de se révolter et de s'indigner.

Une lecture pas si légère donc, un peu plombante même pour mon goût. Peut-être est-il préférable de découvrir tout d'abord Tout seul, pour continuer à croire un peu en l'humanité. Cela dit, Chabouté est un excellent auteur, il a réussi encore une fois à me chambouler.

Vents d'Ouest - 12€ - Mars 2010fablesam_res

L'avis de Choco - Bellesahi l'a lu aussi

9 août 2010

Shutter Island, Christian de Metter et Dennis Lehane

shuter_island"Rachel était pieds nus. Comment aurait-elle traversé cette forêt, grimpé ces rochers et escaladé la falaise ?"

Dans les années cinquante, sur une île au large de Boston nommée Shuter Island, débarquent deux agents fédéraux, le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule. L'île abrite un hôpital-prison psychiatrique et une des patientes, Rachel Solando, a étrangement disparue de sa cellule. Les deux hommes mènent l'enquête mais plus ils avancent plus le mystère devient opaque et l'atmosphère du lieu inquiétante...

Vous connaissez peut-être le roman éponyme de Dennis Lehane, ou la version filmée de cette histoire, avec Leonardo Di caprio dans le rôle titre. J'ai pour ma part décidé d'ouvrir cette bande-dessinée qui a eu le prix des libraires de BD en 2009... et j'ai bien fait, car elle m'a beaucoup plu. Outre la couleur des vignettes qui sont très sombres, oscillant entre le jaune et le marron-vert, j'ai admiré l'intelligence du scénario, comme vous sans doute. Ouah, quelle histoire !!

Editions Rivages Casterman Noir - 18€ - Septembre 2008

27 juillet 2010

En cours de lecture...

untemps"Je me suis levée. J'ai marché, pieds nus, jusqu'au salon. J'ai ouvert la fenêtre. La nuit était tiède. J'ai senti, sur mon visage, le souffle de l'air, et c'était comme une caresse, longue, et lente, et apaisante. J'ai pensé à vous qui n'aviez jamais pris mon visage entre vos mains. J'ai pensé à votre bouche, à vos yeux, à vos mains. J'ai essayé de les revoir. Je n'y parvenais pas : vos traits se dérobaient à moi. C'était douloureux."

Extrait de Un temps fou de Laurence Tardieu, Editions Stock
(Pour l'instant, malheureusement, je ne retrouve pas dans ce roman le style tant aimé auparavant, dans Puisque rien ne dure et Rêve d'amour...)

7 juillet 2010

Si par hasard, Jean-Baptiste Destremau

si_par_hasard"Décider, c'était exister. Si elle était partie, si elle avait tout quitté, n'était-ce pas justement pour pouvoir continuer à exister par elle-même, parce que vivre parmi les autres, mais sans les siens, n'avait plus de sens ? Ce projet la poussa à réfléchir plus calmement et, ayant épuisé ses larmes, elle parvint à raisonner. Non, elle n'était pas vraiment coupable de la mort de sa famille. Juste un peu idiote et égoïste. Juste absente au bon moment. Non, elle n'avait pas tué son petit frère en n'étant pas à sa place dans le canyon. C'étaient les dés qui avaient décidé. Les dés... Le hasard... Si le petit cube de plastique bleu avait roulé sur le 3 au lieu du 5, elle serait descendue avec eux dans le canyon, elle ne serait plus là à se plaindre d'être en vie."

Claire et sa famille sont en vacances dans l'Ouest américain. La jeune-fille et son frère s'ennuient un peu, adolescents ils font les fous dès que leur parents ont le dos tourné. Finalement, Max et elle jouent une punition aux dés, elle perd. Ainsi, tandis que ses parents et son jeune frère s'enfoncent dans un canyon pour une balade, Claire rumine dans la voiture de location. Aucun d'entre eux ne peut se douter du drame qui va suivre, une vague énorme déferle dans l'anfractuosité, les parents de Claire n'avaient pas vu le panneau interdisant l'entrée de la faille pour la journée...
Seule survivante, désespérée et honteuse de n'avoir pu sauver les siens, la jeune-fille prend la fuite, s'enfonce dans le désert, prend le parti de n'être plus qu'un fétu de paille ballotté par le hasard. Elle fera ainsi des rencontres dangereuses et d'autres heureuses, jusqu'à atterrir au japon et se donner ainsi le courage du pardon.

Si par hasard est un road movie prenant - à l'écriture et au style fluide impeccables - qui ne perd pas le nord et ne laisse pas en repos. Même s'il est parfois difficile d'imaginer qu'une adolescente de seize ans puisse faire tout ce que Jean-Baptiste Destremau a imaginé pour son héroïne, j'ai été séduite par la volonté de cette jeune-fille perdue que la culpabilité ronge. Nous parcourons avec elle le désert, redoutons le passage à Phoenix, jouons à Las Vegas, espérons pour elle à San Francisco et prenons enfin l'avion pour l'Asie.
Une lecture distrayante, qui fait battre énormément le coeur, à ne pas laisser de côté.

bouton3 Note de lecture : 4.5/5 - Max Milo - 19.90€ - Mars 2010

J'avais acheté mon exemplaire ici, et mon choix avait été aussi celui du hasard (un heureux hasard en l'occurence)...

Le site de l'auteur : http://jeanbaptistedestremau.blogspot.com et ici la genèse du roman.

3 juillet 2010

Ca n'arrive qu'à moi, Didier Tronchet

ca_n_arrive_qu___moi"Prunelle Naturopathie à l'écoute !"

Prunelle est gaffeuse. Ca n'arrive qu'à moi conte d'ailleurs ses mésaventures. Mais Prunelle est également une jeune femme attachante qui a le souci de la nature et prône le tri sélectif, voyage en bicyclette. Elle vient d'ouvrir un cabinet de naturothérapie. Tous les soirs, elle distrait sa mère au téléphone avec les péripéties de sa journée. Tout irait bien si un sitcom à succès à la télévision ne semblait copier son quotidien dans les moindres détails. Mais quel est donc ce mystère ?

Je connaissais les aventures truculentes et caustiques de «Jean-Claude Tergal». Didier Tronchet nous livre ici une comédie beaucoup plus tendre, lissée et sociale, tout public. Alors, bien entendu, le trait est toujours épais, les visages  lourds, mais il y a un talent indéniable, celui de présenter sans jugement des personnages un peu naïfs et décalés, sympathiques. Je suis déjà fan et j'attends avec impatience le deuxième tome !

Futuropolis - 16€ - Mai 2010

29 mai 2010

Transat, Aude Picault

transat_aude_picault"Il paraît que, pour s'épanouir, l'individu a besoin de transcender sa modeste existence à travers un idéal, un "grand tout". Moi, je me transcende dans le grand fourre-tout de la communication visuelle. J'alimente l'immense fleuve d'images inutiles et superficielles...et ça ne m'épanouit pas du tout."

Aude, jeune graphiste parisienne trentenaire, ne supporte plus son quotidien surfait. Surtout, il faut bien le dire, depuis que trotte dans sa tête son projet, se retrouver quelques temps seule sur une île pour écrire, et effectuer cette équipée en transat qui s'avérera un bol d'air salvateur...  transat1

D'un trait de crayon, vif, alerte et plein d'humour, Aude Picault sait croquer des attitudes, des expressions, des mouvements. Ce n'est pas réellement l'aspect "vie de trentenaire" qui m'a intéressée ici mais la personnalité du personnage, son expérience maritime, et ses questionnements existentiels, cette peur de se conformer qui agite ses pensées... Comme quoi s'accorder une pause de temps en temps est un bien nécessaire.

"Eh bien moi, avant de partir, j'étais dans l'état [...] où chaque geste me semblait vide de sens. Tu sais, cette angoisse qui te prend, pollue ton regard, rendant tout négatif et vain. La peur de se figer dans une vie trop étroite."

Editions Hachette - Collection Shampooing - 14.95€ - mai 2009

19 mai 2010

Marie-Jeanne Durry

toupie"Dans un vide rempli de mots que je ne trouverai jamais tourbillonne le chaos où chacun ressemble à tous et ne ressemble qu'à lui-même. Les choses dont je m'empare avec les mains, avec les yeux, sont la vie séparée que je ne puis rejoindre. Incroyable première feuille au bout d'un tordion de vigne, je te perds si ne te saisit ma parole. Flocons de neige rouge que le vent chasse des pêchers, un langage pour vous recueillir dans mon coeur ! Mais lourde près de toi, et closes mes lèvres sur l'amour que rien n'exprime, quel cri m'ouvrira où je me délivre enfin ?"

in Soleils de Sable, ed. Seghers, 1958

5 novembre 2009

Une fois deux, Iris Hanika

unefoisdeux"De toute manière, c'était un tissu de mensonges, dès le début un tissu de mensonges. Simplement parce qu'il avait l'air débile, que par-dessus le marché il louchait, uniquement pour ça j'ai osé m'imaginer qu'il était celui, celui que j'aimerais comme aucun autre et lui moi de même. Mais c'était un tissu de mensonges, un mauvais rêve, cruel et mauvais de la part de ce rêve, de me laisser supposer, envisager que - il y en aurait un, un pour moi toute seule et pour personne d'autre."

Deux personnes se rencontrent, que tout semble opposer, Senta et Thomas. Tous deux ont la quarantaine, l'une tient une galerie et le second est ingénieur système. Coup de foudre dans un café. Evidence. Fusion totale.
Puis, parce que la vie n'est pas si simple, les doutes, la confusion des sentiments, l'éloignement, les quiproquos entrent dans la danse. Jusqu'à briser ce qui avait pourtant si bien commencé ?

"Le chapitre merdique sur l'amour, elle le considérait clos ; elle pensait en avoir fini une bonne fois pour toutes avec ça. On peut bien être heureuse sans homme, ou au moins sans un homme en particulier ! En outre, il y a suffisamment d'autres choses avec lesquelles s'occuper.
On peut aller au ciné, par exemple, ou lire un livre.
On pourrait finir sa maîtrise et avoir son diplôme.
On pourrait aussi aller chez le coiffeur ou apprendre le polonais.
On peut tout faire !
Telle était sa pensée, et elle ne pleura que le samedi chez Alina, mais alors à torrents, quoique sans sangloter."

Racontée brièvement cette histoire d'amour peut sembler banale, déjà vue, monotone. Mais il n'en est rien. En fait, ce livre est tout bonnement jubilatoire.
L'auteure, d'une langue alerte, jamais en repos, nous propulse dans les émois d'une relation amoureuse naissante, inattendue, et nous promène en nous ménageant des petits temps de pause, des digressions, des à-côtés flamboyants, et quelques pleurnicheries désopilantes.
Bien entendu, tout n'est pas parfait. Je lui ai trouvé parfois quelques longueurs à ce récit (explications informatiques obscures sur le métier de Thomas par exemple) et je me suis perdue dans les rues d'un Berlin moderne que je ne connais pas. Cependant, il serait dommage de dénigrer ce petit joyau d'écriture et de passer ainsi en lisière d'un roman foisonnant à la verve légère et tonitruante, espiègle, irrésistible, pleine de surprise. A vous de voir, enfin...de lire ! ;o)
Voilà un voyage bien agréable dans les méandres de l'amour !

Une fois deux a figuré sur la sélection finale du Buchpreis 2008, prestigieux prix littéraire allemand.

bouton3 Note de lecture : 4.5/5

ISBN 978 2 922868 95 1 - 24€ - AOUT 2009

livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com ...et comme toujours, le hasard a bien fait les choses. Merci Babélio !

Cuné l'a lu aussi, et nous dit "c'est une histoire d'amour, mais jamais aucune n'a été écrite comme ça."
C'est vrai.

Le billet d'Ecaterina

16 janvier 2010

PICO BOGUE

J'ai découvert PICO BOGUE...et vous ? Pas encore ?

picobogue

Alors si ce n'est déjà fait, je vous conseille vivement d'aller fureter dans la vie de ce petit garçon vif et blagueur. J'ai personnellement rarement autant ri.
La vie croquée intelligemment et ironiquement par deux enfants bourrés de répartie, ça vaut le détour.

Tombée en extase devant... La Vie et moi et Situations critiques. Ce que c'est bien.

(Trois tomes sont actuellement disponibles) - Dargaud - 10,40€

27 octobre 2009

Mademoiselle Chambon...au cinéma

mademoiselle_chambon

Jean est un maçon sans histoires, un homme marié, le père d'un jeune garçon, mais également un fils respectueux, prenant soin avec ferveur de son père âgé.
Dans sa vie, le quotidien se déroule sans à-coups, sans grandes émotions non plus. Un jour, alors que sa femme est alitée, il rencontre Mademoiselle Chambon, l'institutrice de son fils. Elle lui demande de l'aide pour des travaux. Il se rend chez elle et ils se croisent, dans le silence, par le regard. Ils vont se heurter assez vite à l'évidence de leurs sentiments.

Il n'est pas si facile de parler de ce film peu bavard car tout se tient dans le jeu subtil des acteurs, dans leur capacité à exprimer des émotions via le durcissement de leurs pupilles, le relâchement de leurs traits ou ces larmes qui coulent en silence soudain sur leurs joues.
J'ai aimé la simplicité des décors, réalistes ; la qualité de ce moment de cinéma, lent, doux, fragile, et terriblement émouvant.
Je gardais un souvenir très précieux du roman de Eric Holder. Ce film en est une adaptation plutôt réussie et un hommage délicat. A voir, et à revoir.

Je vous livre un extrait d'un article de l'hebdo ELLE, qui m'avait intrigué, déjà...
"Un film modeste sur des gens modestes, qui n'ont pas grand chose à dire mais beaucoup à éprouver, peut-être plus émouvant que beaucoup d'oeuvres grand genre et virtuoses, dont on nous rebat les oreilles. Pas de grands effets dans "Mademoiselle Chambon" mais une attention aux personnages et aux acteurs telle que jamais Vincent Lindon n'a été aussi bon. [...] Il n'y a ni méchant ni idiote dans "Mademoiselle Chambon", les personnages sont à égalité et leurs émotions passent par la musique. Le mélo pointe, mais il n'y a pas de larmes. Et c'est en douceur que le spectateur ne s'aperçoit pas qu'il a franchi un interdit : s'identifier sans jugement moral à l'homme qui va peut-être quitter sa femme alors qu'elle est enceinte."
Anne DIATKINE, 9/10/2009

12 avril 2010

Les lieux sombres, Gillian Flynn

les_lieux_sombres"La plupart des partisans de Ben sont des femmes. Oreilles en chou-fleur et dents longues, permanentes et tailleur-pantalon, lèvres serrées et crucifix autour du cou. De temps à autre, elles se présentent sur le pas de ma porte, l'oeil trop brillant pour être honnête. Elles m'expliquent que mon témoignage était faux, qu'on m'a induite en erreur, contrainte, qu'on m'a convaincue d'un mensonge quand j'ai juré, à l'âge de sept ans, que c'était mon frère qui avait commis les meurtres. Souvent, elles me hurlent dessus, et elles ont toujours plus de salive qu'il n'en faut. Il y en a plusieurs qui m'ont carrément giflée. Ce qui les rend encore moins convaincantes : une mégère hystérique au visage écarlate se discrédite très facilement, or je cherche toujours une bonne raison de les discréditer.
Si elles avaient été gentilles avec moi, j'aurais presque pu me faire avoir.
"Non, je ne parle pas à Ben. Si c'est de ça qu'il s'agit, je ne suis pas intéressée.
- Non, non, non, ce n'est pas ça. Il vous suffirait de venir à...cette espèce de convention, pour ainsi dire, et nous laisser vous poser quelques questions. Vous ne pensez vraiment pas à cette soirée-là ?"
Zonedombre.
"Non."

Libby Day a sept ans lorsque sa famille, mère et soeurs, est sauvagement massacrée dans la ferme familiale. Elle réchappe de justesse au drame en se sauvant, y perd quelques doigts de pied et de main, mais surtout la chaleur d'une famille et la chance de croire un jour en elle. En effet, persuadée d'avoir entendu son frère aîné ce soir-là hurler dans la maison, elle le désigne comme le meurtrier et perd ainsi le dernier des siens.
Vingt cinq ans plus tard, c'est une jeune femme qui survit grâce aux dons et à de menus larcins que nous retrouvons. A court d'argent, elle accepte à contre-coeur de participer à une réunion spéciale, organisée par un comité de fans obnubilés par les meurtres mystérieux. On lui demandera de reprendre l'enquête, de chercher à nouveau la vérité. De guerre lasse, attirée par l'argent facile, elle accepte.
Finalement, reprendre ainsi le film de cette nuit-là, résoudre une fois pour toute l'énigme des zones d'ombre du passé, lui permettra peu à peu de reprendre le fil de sa vie...à elle, enfin.

Voici un thriller qui tient son lecteur en haleine, c'est certain, malgré le volume imposant de ses pages. L'écriture est superbe, les doutes sont entretenus savamment jusqu'à la fin, et les personnages attachants. Comment résister aux souvenirs de cette marmaille enfantine, et féminine, que l'on sait devoir s'éteindre quelques heures plus tard ? Comment ne pas compatir, et ne pas s'énerver en même temps, de l'immobilisme et du découragement de la mère, Patty, engluée de fatigue et de soucis ? Beaucoup de talent, donc, dans ce roman et comme il est souligné en quatrième de couverture, pas "de clichés", ni de "manichéisme". Cependant, pour la lectrice que je suis, peu encline à nager trop longtemps dans l'horreur, peut-être beaucoup trop de misère, trop de désolation. J'ai retrouvé quelques impressions ressenties à ma lecture du Château de verre. Parfois, c'est ainsi, mon coeur de maman prend toute la place, et se serre. Et pourtant, il est honnête et émouvant, ce tableau d'une amérique de dernière zone, terriblement net et humain ; il prend en compte la complexité de nos comportements.
Un moment de lecture, en définitive, rempli d'émotions contradictoires, de plaisir et de retenue.

bouton3 Note de lecture : 4/5 - Edititions Sonatine - 22€ - Février 2010

Un grand merci à Solène ! - Amanda pinaille mais l'a lu également avec avidité - Cathulu n'avait pas lu de roman aussi palpitant depuis longtemps - Tous les autres avis sont regroupés chez Bob !

13 avril 2010

Corinne Bailey Rae

Découvrez la playlist Corinne Bailey Rae avec Corinne Bailey Rae

Une voix, soul, à découvrir...mon son du moment. Son deuxième album, The Sea, vient tout juste de sortir.

Son site : http://www.corinnebaileyrae.net/

Une info trouvée sur le blog de Muze (http://blog.muze.fr/petites-news-culturelles/), car pendant que la revue fait une pause, les news continuent... Bonne écoute !

20 février 2010

Partir... en DVD

partir"Suzanne a la quarantaine. Femme de médecin et mère de famille, elle habite dans le sud de la France, mais l'oisiveté bourgeoise de cette vie lui pèse. Elle décide de reprendre son travail de kinésithérapeute qu'elle avait abandonné pour élever ses enfants et convainc son mari de l'aider à installer un cabinet. A l'occasion des travaux, elle fait la rencontre d'Ivan, un ouvrier en charge du chantier qui a toujours vécu de petits boulots et qui a fait de la prison. Leur attraction mutuelle est immédiate et violente et Suzanne décide de tout quitter pour vivre cette passion dévorante." (Synopsis par allociné)

J'avais de ce film une impression douce, sans doute due à cette affiche tendre, que sa vision a particulièrement chamboulée.
Partir, tout quitter, cela semble logique pour Suzanne, cette femme qui a consacré une grande partie de sa vie à élever ses enfants, s'occuper de sa maison, de son mari... Elle rencontre l'amour, elle veut être honnête avec elle-même, avec les autres, assumer. Mais rien n'est simple, justement, dans le fait de partir, même si beaucoup de couples se séparent autour d'eux. Le mari de Suzanne ne veut rien admettre, entendre, devient violent. Sans argent, difficile de gérer le quotidien. La vie ne se nourrit guère d'amour et d'eau fraiche...

Beaucoup de violence, donc, dans ce film, dans cette histoire d'amour contrariée, de passion et de douleur. Partir est un film émouvant et terrible dans lequel Kristin Scott Thomas donne beaucoup et excelle, comme souvent. Chapeau bas également à Yvan Attal, très crédible dans le rôle du mari intransigeant, lui qui paraît si doux habituellement en interview m'a étonnée ici par sa puissance et sa densité dérangeante.

(Si la vidéo ne part pas tout de suite, cliquer sur "rejouer")

28 octobre 2009

Eluard

bobinesLe front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin
Ciel dont j'ai dépassé la nuit
Plaines toutes petites dans mes mains ouvertes
Dans leur double horizon inerte indifférent
Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrin
Je te cherche par-delà l'attente
Par-delà moi-même
Et je ne sais plus tant je t'aime
Lequel de nous deux est absent.

Extrait de L'amour La poésie - 1929

24 mars 2010

Elle a dit...

marina_fo_s"Au petit de 18 mois, j'ai raconté l'autre jour : "Toi et ton frère, vous êtes les deux seules personnes à avoir squatté mon corps." A l'aîné, j'ai ajouté : "Tu sais, je t'avais mis des petits bouquins pour que tu ne t'ennuies pas." Il m'a répondu : "Oui, et une petite lampe !"."

(Marina Foïs dans le Elle du 19 mars 2010)

Publicité
Les lectures d'Antigone ...
Publicité
Les lectures d'Antigone ...
  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Visiteurs
Depuis la création 697 115
Publicité
Derniers commentaires
Publicité