Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Les lectures d'Antigone ...
Publicité
Ardoise magique

Ce blog a dorénavant une page Facebook...
https://www.facebook.com
/antigone.lectures

Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

Newsletter
90 abonnés
13 août 2009

Parades, Bernard Souviraa

parades"Une partie de moi, Gabriel. Voilà. La véritable définition du mot frère, c'est : une partie de soi. J'aimerais savoir s'il vous manque aussi parce que cela arrive, des gens qui traversent votre vie, comme ça, rapidement, et qui reviennent, la nuit, dans les rêves, chargés d'affection bouleversante, et ces gens dont vous pensiez qu'ils n'avaient pas eu tellement d'importance, vous vous apercevez qu'ils vous hantent, que leur image en tout cas vous hante, et cela suffisamment pour creuser un vide à l'intérieur de vos rêves. Un manque." (extrait)

Sébastien et Gabriel se sont connus dans les années 80, alors qu'ils se rêvaient tous les deux comédiens. Portés par l'enthousiasme et l'insouciance de la jeunesse, ils quittent d'ailleurs à l'époque Bordeaux pour Paris, et continuent de suivre des cours de théâtre, mêlant amitié et illusions. Sébastien ignore alors ostensiblement les sentiments de Gabriel. Il est pourtant fasciné par le charisme évident et fragile du jeune acteur.
Les deux jeunes gens suivront finalement des voies différentes et la jalousie les éloignera inexorablement l'un de l'autre. Gabriel sera repéré et brillera dans un premier rôle au cinéma, tandis que Sébastien sera professeur de français dans un collège, muselant par découragement ses désirs d'écriture.

Vingt ans plus tard, Sébastien cherche à retrouver celui qu'il n'a jamais réussi à oublier. Quelqu'un aurait vu Gabriel dans un café de Porto...

Assez étrangement, et malgré une lecture parfois fastidieuse, j'ai aimé l'ambiance particulière de ce roman-ovni au charme suranné - en quête de Gabriel-, qui nous parle de l'amour, de la jeunesse, de l'identité, de l'ambition, du talent, des désirs et de l'homosexualité, des années 80. Sous des faux airs de film à la Almodovar ou d'une Mort à Venise optimiste (que nous auraient rejoué au Portugal des acteurs vieillissants) l'intrigue de Parades ne peut qu'interpeller sur le sens de la vie, du destin de chacun, et de la place que l'on donne au courage et aux choix dans notre existence.
La morale de l'histoire se tient finalement dans cette réplique, que Gabriel lance à Sébastien en fin d'ouvrage, comme un conseil, ou une bénédiction, c'est selon...
...
"Écris. Pour le reste, va te faire foutre. J'ai sommeil."

bouton3    Note de lecture : 3/5

ISBN 978 2 87929 6012 - 18€ - 1/2008

venise3Alamauvaise_ducation

© Mort à Venise/Visconti - La mauvaise éducation/Almodovar

Une lecture de l'auteur à trouver par ici en vidéo (voir interview)

Une fiche de lecture sur Livres-Addict

Publicité
11 mai 2009

Antigone 256, Jacques Cassabois

antigone_256Ce titre des éditions Hachette Jeunesse est une petite curiosité à laquelle je n'ai pas pu résister...

Il s'agit cette fois-ci encore de la retranscription du mythe d'Antigone, mais ici sous forme de prose.
Jacques Cassabois se place dans la lignée de ses illustres prédecesseurs, vingt cinq siècles après sa création (seule explication que j'ai trouvée au nombre 256 étrangement accolé au prénom, en titre). Il cite notamment et en préambule Jean Anouilh, Bertolt Brecht, Jean Cocteau, Jacques Derrida, Eschyle, Euripide, Robert Garnier, Robert Graves, Goethe, Hegel, Hölderlin, Jung, Kierkegaard, Bernard-Henri Lévy, Conor O'Brien, Charles Maurras, Jean Racine, Karl Reinhart, Sophocle...mais semble oublier Henry Bauchau (?!).

"Deux frères s'affrontent et s'entretuent. L'un a le droit à des obsèques, l'autre est livré aux bêtes sauvages. Ainsi en a décidé leur oncle, le roi Créon. Mais leur soeur, Antigone, refuse cette loi. Elle se dresse, seule, fière, fragile. Antigone ! Fille d'Oedipe ! L'héritière ! La petite."

Bien évidemment, je n'ai rien appris de neuf en parcourant cette nouvelle version d'Antigone, et l'écriture de Jacques Cassabois m'a semblé relativement exempte d'émotions. Cependant, ce texte ne m'a pas pour autant laissée de marbre. Il a un intérêt, celui de bien expliquer les tenants et aboutissants du choix d'Antigone : permettre à Polynice de bénéficier des rites funéraires que son oncle lui refuse. Il met également en perspective la politique de dureté de Créon.
Thèbes est l'enjeu. La ville a été le théâtre de l'inceste d'Oedipe, de sa fuite, de la bataille fratricide des ses fils pour le pouvoir. Pour Créon, Thèbes a besoin d'un maître, à la poigne ferme, sans concessions. La tragédie s'accomplissant, il ne pourra que s'en mordre les doigts...

"Un piège...marmonne-t-il. Je suis tombé dans un piège. Vouloir l'ordre, le bien public, et se laisser entraîner, choix après choix, par fidélité à un projet, à répandre le désordre, jusqu'au chaos dans sa propre famille... Vanité de l'ordre... vanité des projets et des conquêtes... vanité suprême du bien... Gouverner, décider, imposer le respect des lois pour que vogue le navire de la cité... et payer son exigence avec son propre sang... vanité, vanité..."

J'ai été un peu surprise que l'affrontement entre Antigone et son oncle soit reproduit sur une très courte durée, et que ce soit Hémon, fiancé de l'héroïne, qui porte devant lui le drapeau de l'opposition, mais quelques scènes sont assez fortes et l'ensemble plutôt une bonne approche du mythe...

ISBN 978 2 01 201203 5 - 12€ - 08/07

Une lecture chez Ricochet-Jeunes - C'est un livre "non lu" pour Nulle et je comprends son énervement ;o) - Lionel Labosse en fait ici une lecture très érudite...et pointe du doigt quelques erreurs.

25 juillet 2009

Le dîner de moules, Birgit Vanderbeke

led_nerdemoules"[...] là, nous avons raconté pas mal d'histoires, assis tous les trois autour de la table pendant qu'il n'arrivait pas ; nous nous sommes aussi demandé pourquoi nous supportions tout ça. Cette question, mon père se la posait souvent aussi quand il était d'une humeur pourrie, il disait la plupart du temps je ne peux pas supporter ça ; tout de même, c'est de la tyrannie, on préfère ne pas avoir de vraie famille que d'en avoir une comme celle-là [...]."

Le ton vous est donné. Tout, pourtant, démarre assez doucement dans cette histoire, par la préparation familière d'un plat de moules, censé être l'apothéose d'une journée réussie. Le père va rentrer tout à l'heure, fier de la promotion qu'il a obtenu. La mère, et ses deux grands enfants, un garçon et une fille, l'attendent. On sent très vite une certaine opression à suivre le fil des pensées de l'aînée, celle qui raconte les évènements. Le style est vif, rapide, bourré de virgules, assez peu pourvu de points. Le souffle de la lecture est tendu, presque difficile à tenir mais colle parfaitement à ce qui est de moins en moins sous-entendu : le père attendu, mais dont on espère finalement qu'il n'arrivera pas, fait régner sur son foyer une tyrannie implacable, au nom de cette sacro sainte idée qu'il s'est faite, une réalité qui n'existe pas, celle d'une "famille parfaite".

"Ce qui manque à l'un, l'autre en a à revendre, disait-il, et tout compte fait, ce n'était pas si grave que ça pour moi, mais pour mon frère, qui était aussi le plus jeune, c'était plutôt grave. Mais c'était peut-être pour ma mère que c'était le plus grave, parce qu'elle devait veiller à ce que nous soyons une vraie famille, et ce n'était sûrement pas facile, car l'idée que mon père se faisait d'une vraie famille était précise, mais imprévisible parce que impénétrable, et aucun d'entre nous, surtout pas ma mère, ne comprenait cette logique [...]."

Ce roman de Birgit Vanderbeke est sorti en Allemagne en 1990. Il traite avec un humour féroce, et un détachement douloureux, de ce qui se terre parfois au sein des foyers, derrière les facades lisses du paraître, de la violence. Il remet en question l'idée que l'on peut se faire nous aussi, bien souvent, d'une "vraie famille" idéale, cette idée enfermante en soi, peu constructive. Une lecture qui remue, qui questionne et qui ne nous laisse en repos qu'avec les dernières lignes ! Pfiou...

"[...] seule ma mère a quelquefois dit vous devez aussi voir le bon côté des choses, vous devez voir aussi ce que votre père a de bon, et ensuite elle a dit, il faut quand même avoir de la compréhension ; mais ce soir-là, notre compréhension nous a quittés, elle est partie et n'est jamais revenue, nous avons dit, pourquoi toujours nous, et qui a de la compréhension pour nous [...]"

bouton3 Note de lecture : 4.5/5

ISBN 2 234 05239 4 - OCT 2000

Un grand merci à Anne !

19 juillet 2009

Vue sur mer ~ La vie d'avant, Annie Lemoine

vue_sur_mer"Comment sait-on qu'une histoire d'amour est morte ? Quand l'un est mort. Ou avant. Pas toujours lorsqu'on le dit. Lorsque l'un le dit. Pas toujours lorsqu'il y en a une autre. Seulement, quand il n'y a plus d'amour, d'amour fait à deux, fait de deux amours mêlés.
Je vais t'aimer longtemps. J'espère qu'il me reste un long temps de vie. J'ai une ambition d'immortalité pour cet amour tout neuf." (Vue sur mer)

Un homme, une femme, un hôtel. Une histoire qui commence sans amour puis qui se termine avec.
Un homme dont l'épouse l'attend, chez lui, avec son enfant. Une femme, peut-être incapable de vivre l'amour, ou pas. On ne sait pas, on devine que cette fois-ci, pourquoi pas...

Annie Lemoine écrit avec son ventre, ou semble en tous les cas le faire. Difficile - donc - de rester insensible au charme de son récit malgré les quelques étrangetés stylistiques qu'elle se permet (une focalisation externe, un choeur, commente les faits et gestes des protagonistes, comme si l'on était au théâtre). J'ai aimé découvrir son univers littéraire par le biais de ce court roman. Il m'a semblé y déceler l'influence de Marguerite Duras, ou en tous les cas une similitude d'ambiance et d'effet recherché...

lavied_avant

"Pamela, je me demande si je ne joue pas contre moi, si je ne roule pas vitres ouvertes, insouciant et gai, vers la souffrance. [...]
Pamela, je suis comme tout le monde. L'amour provoque les mêmes effets secondaires à tous.
L'euphorie, la légèreté et, très vite, le manque quand on n'a plus sa dose. Quand l'image a disparu. Quand les sens ne sont plus repus. Quand on ne peut plus tendre la main et serrer une cuisse, un bras ou déposer un baiser au coin des lèvres.
Pamela, je ne t'ai jamais vraiment embrassée mais je sais exactement comment nous nous embrasserions et le souvenir de ce baiser qui n'a pas encore eu lieu m'anéantit." (La vie d'avant)

Elle, elle est fidèle. Elle s'appelle Pamela. Lui, il lui envoie des messages, des coups de téléphone, des propositions, il l'attend. Il n'attend qu'elle. Elle, elle tente de mettre fin à ses jours, pourquoi ? Lui, il est là, pour elle, il sera toujours la pour elle, il le sait, il l'aime. L'autre, celui avec qui elle vit lui a demandé, comme un service - à lui - de passer du temps avec elle. Comment refuser ?

L'écriture de ce roman-ci m'a beaucoup touchée, plus que celle du précédent. Annie Lemoine se met ici dans la peau d'un homme, un homme qui aime, avec une certitude absolue, qui a toutes les patiences, et les impatiences, d'un amoureux transi. Et la manière de l'auteure de lisser le récit dans ce texte, de le faire avancer, est assez émouvante et forte. Un joli récit.

bouton3 Note de lecture : 3.5/5

Ces deux romans sont également disponibles dans une version poche, unique, la version dans laquelle je les ai lus, pour tout vous dire, mais la couverture est tellement moins belle que j'ai lui ai préféré celles-ci pour illsutrer mon propos aujourd'hui... Mon exemplaire a été dédicacé lors de cette journée là - un excellent souvenir ;o) - et nous y avions rencontré, Anne et moi, une Annie Lemoine agréable et souriante, sensible, toute à l'image de son écriture...finalement.

ISBN 978 2 290 00157 8 - 5.60€ - 2007

Ce qu'Annie Lemoine dit de La vie d'Avant

7 mai 2009

Laver les ombres, Jeanne Benameur

laver_les_ombresDécidément, me voici en ce moment -et ce depuis Café Viennois - dans des lectures qui mettent en avant des relations mères-filles idéales...mais aussi des moments de communions féminines intenses - à l'instar également du Coeur cousu, lu plus tôt.

Dans ce roman-ci, le personnage principal, Léa, danse.
Perfection des mouvements, maîtrise des muscles...elle jette tout dans une exigence du corps qui l'éloigne du reste, de son enfance, mais aussi de ces histoires d'amour dans lesquelles elle n'arrive jamais à se perdre... En pleine tempête, elle fuit l'homme qui l'aime et part retrouver la femme qui l'a mise au monde. " Sa mère a murmuré [au téléphone] qu'elle avait des choses, importantes, à lui dire". Léa veut savoir, mais elle ne se doute pas du pouvoir des mots...

"Romilda se tait. La vieille dame se lève, sans rien regarder. Elle marche les yeux à terre, va à la cuisinière. Elle a fait du pain. C'est un rituel de bienvenue entre elles deux. Pourtant elle ne savait pas que sa petite viendrait.
Elle ne se doutait pas quand elle pétrissait la pâte que c'est ce soir qu'elle parlerait.
Dire tout ? à son propre enfant ?
Le coeur est déjà empesé. Depuis si longtemps. Comment laisser des mots rassembler la honte ?
Comment une langue peut-elle articuler ce qui pèse ce qui broie ?
Le souffle de la parole peut-il donner forme à la mort ?"

Ce roman de Jeanne Benameur m'a touché. J'ai envié ce qui lie Léa à Romilda, cette compassion qui les jette l'une contre l'autre dans la tempête, cet amour sans jugement, ce pansement mis si aisément sur le passé. Cependant, avoir lu ce livre là après Le coeur cousu, lui a valu une lecture plus mitigée de ma part qu'elle ne l'aurait sans doute été par ailleurs... J'avais envie de plus...plus d'émotions, de sentiments et plus de péripéties !! Deviendrais-je bien exigeante ?
Et pourtant, ce livre là est encore un roman, dense de féminité, à se transmettre sans réfléchir de main en main...féminine.

bouton3 Note de lecture : 4/5

ISBN 978 2 7427 7701 3 - 15€ - AOUT 08

Lu dans le cadre du  prix_biblioblog_2009 - La lecture de Yohan sur le site

Des lectrices en pagaille : Lily, Sylire, Clarabel, Alice, Bellesahi, Leiloona, ...

J'avais lu, du même auteur, Présent ?

Publicité
25 avril 2009

Café viennois, Michèle Halberstadt

caf_viennoisClara part en voyage avec sa mère Frieda, mais pas n'importe où, à Vienne.
Leur séjour est un retour vers l'enfance de cette dernière, vers le passé, un avant-guerre enchanteur où petite fille juive elle parcourait les rues de la ville. C'est également un moment de reconstruction pour les deux femmes. Clara est venue pour ne pas laisser sa mère seule, mais on ne sait pas réellement qui est là pour soutenir l'autre, quel bras est le plus fort...
Vienne, accueillante et froide, Vienne versatile et grande, Vienne et ses cafés protecteurs...conduira chacune à la rencontre d'elle-même.

Café viennois est un roman qui chemine tout doucement entre des éclats de souvenirs... La fuite de Vienne de Frieda et des siens, l'extermination des juifs, tout est évoqué sans pathos.
Le présent panse un passé où se mêlent mélancolie et amour des siens. Le passé panse des blessures à vif, plus récentes, en les placant en perspective...
J'ai aimé l'atmosphère de ce livre, ses personnages, la manière très prosaïque de Frieda de vivre les grands moments de l'Histoire. J'ai aimé partager la douleur de Clara et la manière profonde dont elle arrive à l'annihiler, la transcender.
Michèle Halberstadt a une jolie écriture, érudite et simple, sans grands effets de style, pleine de charme. Un roman qui ne laisse pas indifférent et qui, mine de rien, inscrit des traces en soi...

"Partir avec sa mère. Quelle drôle d'idée. Clara voyageait toujours seule. Une interview. Une valise. Une chambre d'hôtel. Un entretien à faire, un papier à écrire. Une journée à passer pour se sentir en vie.
Partir avec sa mère. Faire l'égoïste. Se comporter comme si elle était seule, célibataire. Oublier mari et enfant. Tenter de se défaire un instant du poids qui l'étouffe. Essayer de trouver les mots. Avoir le courage de se mettre à nu devant le seul être au monde qui ne la jugera pas."

bouton3 Note de lecture : 4/5

ISBN 978 2 253 12388 0 -5.50€ - 01/08

Un grand merci à Nanne pour le prêt !! - La lecture de Sylvie - Celle de Clarabel

25 juin 2009

Celle de ma vie - Celle de mes rêves...

celledemavie"Tomas est écrivain. Il attend désespérément la sortie de son premier livre. Pour l'heure, il transpire sur un scénario de bande dessinée pour un ami. Elsa, sa femme, est peintre. Pour "réussir", elle estime devoir fréquenter la faune artistique locale et son lot de critiques, galeristes et petits marquis de cocktails d'expos, milieu qu'exècre Tomas. Il trouve refuge dans le fantasme d'une femme idéale et inspiratrice, forcément splendide... Elle lui apparaît en rêves depuis qu'il s'est offert une curieuse petite plante verte rabougrie." (quatrième de couverture)cellede

Depuis quelques temps, j'essaie de renouer avec le genre bande dessinée, délaissé par moi depuis longtemps déjà, par je ne sais quel hasard, et je me rends compte avec plaisir que l'offre a bien évolué. J'aime beaucoup les petits opus oniriques tels que celui-ci qui fleurissent dans les bacs actuellement, ils ont un petit quelque chose de poétique et de charmant qui me plaît énormément.
Ici, à l'aide d'un graphisme en noir et rouge, très évocateur, on nous parle de création, de la difficulté d'être en couple, de l'art moderne...
Il y a beaucoup d'humour, d'air et de mouvements dans cet album, qui a reçu le prix de la meilleure bande dessinée portugaise en 2001 au Festival d'Amadora.

ISBN 978 2 35212 004 9 - 16.50€ - FEV 2008

La fiche du livre sur bedetheque.com

11 juin 2009

Denise Jallais ~ Les couleurs de la mer (extraits)

lescouleursdelamer"L'hiver est comme une orange ouverte
Et je suis assise au fond de l'hiver
A manger des pépins
Toi, tu lis le journal
Et son ombre sur le mur
Est comme une feuille de Yucca
Dans un jardin"

"Assise sur la dune
Je regarde les feux du carrefour

Rouges pour arrêter ton coeur
Jaunes pour t'ensoleiller
Verts pour te permettre

Et les voitures roulent sous la pluie
Comme dans une brume jaillissante
Vers l'odeur mêlée de la plage et des chênes verts

Je regarde les feux du carrefour
Sages comme des phares de mer
Et ton ombre changeante
Qui grandit lentement
Du fond de la route"

"Mon corps dans tes yeux
Allume de petits poignards verts
Tu aimes mes cheveux et mes jambes
Mon coeur et ma bouche
Mais moi je n'aime plus t'aimer"                     
          

(Seghers, 1956)

9 juin 2009

L'argent, l'urgence, Louise Desbrusses

l_argent_l_urgence"On est ce qu'on fait. On le fait. Puis on le devient. Vous allez chercher ce travail. Vous acceptez ce travail (vous détestez ce travail). Quand il s'agit d'être raisonnable, jamais vous n'hésitez. (N'hésitez-vous pas ?) Non. Tenir. L'argent, l'urgence. Vous tiendrez, croyez-vous  (croire, vous aimez). Tiendrez-vous ? Vraiment : tiendrez-vous ? Tenir. Ne pas tenir. N'existe-t-il pas autre(s) chose(s). Pensez-y. (Y pensez-vous ?) Vos rêves, égoïstes, fantaisistes, irréalistes (qu'ils disent. Tous). Vos rêves. Laisserez-vous vos rêves. Agir."

Anne, qui commence à me connaître assez bien...m'a prêté ce livre, qu'elle avait elle-même beaucoup aimé, en se disant qu'il pourrait me plaire ! Et elle n'a pas eu tort. Je ne vais pas vous raconter ma vie ici (cela manque de discrétion) mais ce roman, qui déroule son écriture de la manière dont l'extrait ci-dessus est fait, a en effet fait largement écho à mon propre vécu, m'a ému. Il entre de plein pied dans la catégorie des livres "qui font avancer", "réfléchir" et "se poser les bonnes questions". Merci beaucoup Anne, encore une fois !!

L'histoire ? Elle est toute bête. Une femme, affublée d'un "homme-à-élever" (ce qui n'est pas le cas de M Antigone, je précise), propriétaire d'un atelier (lieu de tous les rêves, et de toutes les créations) se voit contrainte de chercher et d'accepter un poste (bien payé) afin de subvenir aux besoins matériels du couple (l'argent-l'urgence). Mais accepter ce travail, l'habiter un tant soit peu, exister plusieurs heures par jour dans une tour de verre (au nom de fleur), obéir à des codes qui lui étaient jusque-là étrangers, acquérir ce fichu badge qui donne le sourire à la fille de l'entrée (près du pot de fleur), c'est aussi se renier petit à petit, glisser vers quelque chose qui ressemble un peu à la mort. Alors, viennent les choix, entre résister ou continuer de glisser...

Ne vous fiez pas au pessimisme sous-jacent de mon petit résumé car il y a une sacrée dose d'espoir et de force dans ce livre, que je vous recommande à mon tour !

bouton3 Note de lecture : 4.5/5

ISBN 2 84682 124 0 - 16€ - 01/2006

La lecture très enthousiaste d'Anne - Laure a lâché le livre avant la fin - Un très bel article de Sylvie (passion des livres) qui a beaucoup aimé aussi...

2 juin 2009

Une pause de quelques jours

temps"[...] le temps n'est jamais perdu, il est en avance, il se cache, se liquéfie, fait des boucles..., mais il n'est jamais perdu, c'est nous qui le sommes."
Antonio Tabucchi

Cette phrase est tirée d'un article du Monde des livres du 28/5/9
qui traite du dernier roman de l'auteur "Le temps vieillit vite".

Le temps de retrouver le fil de mon temps, je vous dis à très bientôt !

PS : En sus, je vous fais un petit point "livres voyageurs"...
Le Alice Munro est en ce moment chez Martine, il ira ensuite rejoindre Liliba avant de rentrer à la maison...
Pardonner est chez Leiloona...suivront Nanne, Saxaoul, KLoelle, Tristale et Bel Gazou...
Dis oui Ninon est chez Nanne...puis se rendra successivement chez Gambadou, Alex, Thaïs, Odilette, Stéphie, Liliba, Saxaoul, Karine...
Sont également partis Le goût des abricots secs, en lice pour le prix Biblioblog 2009 (en ce moment chez Virginie), et Cochon d'allemand qui a repris la route pour faire une halte chez Liliba !

19 mai 2009

L'arbre d'ébène, Fadélà Hebbadj

l_arbre_d__b_neNasser, petit garçon malien de 10 ans, raconte. Il raconte le Mali, le bateau qui les a emmenés un jour vers la France, fausse terre d'asile, la violence, le squat, les marabouts, l'amour imparfait des blancs. Nasser raconte aussi sa découverte de la lecture, des livres, la solitude peuplée de cauchemar, la construction difficile d'un jeune esprit livré à lui-même, abondonné des adultes. Nasser raconte la peur.

J'ai étrangement beaucoup aimé lire ce récit, pourtant très dur, peuplé de visions difficiles et de terreurs d'enfants. Malgré quelques petits détails pratiques qui m'ont semblé parfois invraisemblables, ce roman où retentit la voix d'un jeune garçon est très fort, lumineux, et donne pour une fois la parole à ceux qui arrivent vers nous, remplis d'espoir. Quelques reportages vus sur le sujet me sont revenus en mémoire, et leurs images se sont alors interposées entre le texte et ma lecture... Notamment, ces coups distribués par des passeurs cruels sur des corps fatigués et hébétés, ces "sans papiers" assis dans une église, ou encore de grosses larmes d'enfant glissant sur une joue...
Un texte à découvrir, il me semble, malgré ses imperfections...

Un extrait...
"J'ai pleuré sur le sable. Il m'a caressé le corps toute la nuit. Le sable chaud du Sénégal... Le sable chaud et le bruit des vagues consolaient mes pieds. J'ai pleuré sur le sable mouillé et sur ce matelas moelleux je me suis endormi.
J'avais six ans sur le sable et la pirogue, six ans dans les odeurs qui font pleuvoir des images à déchirer les souvenirs. J'avais six ans sur le sable froid de Marseille où les hommes se sont séparés pour quitter leur village, six ans dans une tunique tâchée de sang que Mama portait sur son dos. J'avais six ans aussi quand j'ai connu Yvonne, après le maudit voyage sur le cayuco."

bouton3 Note de lecture : 3,5/5

ISBN 978 2 283 02352 5 - 14€ - Juin 08

Lu dans le cadre du  prix_biblioblog_2009 et ce grâce à Amanda, qui a eu une lecture moins convaincue que la mienne pourtant, merci pour le prêt !!

La lecture "coup de coeur" de Laurence sur Biblioblog - L'avis de Cuné, enthousiaste...

9 mai 2009

Seize nouvelles

SEIZENOUVELLESCe recueil de "nouvelles", ou plutôt textes courts, a été édité à l'occasion des dix ans du Prix Wepler-Fondation la Poste, chez les éditions Thierry Magnier.
Lié a la création de la librairie des Abbesses à Paris, le "Prix Wepler-Fondation la Poste" vise à offrir à des auteurs contemporains une renaissance et une visibilité que l'instigatrice du projet considère comme figée par les autres prix littéraires.

Ce prix ne vous dit sans doute pas grand chose mais sachez que le dernier a été attribué à Emmanuelle Pagano pour Les mains gamines et qu'il y a du beau monde dans ce petit livre, tous primés un jour : Thierry Beinstingel, François Bon, Eric Chevillard, Florence Delaporte, Louise Desbrusses, Brigitte Giraud, Pavel Hak, Hélèna Marienské, Laurent Mauvignier, Marcel Moreau, Richard Morgiève, Yves pagès, Olivia Rosenthal, Alain Satgé, Vincent de Swarte, Antoine Volodine.

J'ai lu ce petit ouvrage coloré, et joliment illustré, avec curiosité et force a été de constater que les textes édités sont de qualité relativement inégales. Il ne faut pas s'attendre à y trouver "des nouvelles" à proprement parler mais plutôt des réponses à un défi, ou à une commande, celle d'une "recette secrète" à dévoiler. Chacun a donné sa version du thème, comme dans un atelier d'écriture. On peut les imaginer tous réunis autour d'une table... Les résultats sont souvent plutôt amusants. Une mention spéciale pour le texte d'Olivia Rosenthal que je vais reproduire ci-dessous, qui m'a beaucoup plu, et pour celui de Vincent de Swarte, intitulé "je suis mort", très fort en émotions.

"Recette pour ne pas

Pour ne pas, c'est très simple. Il suffit de. On peut s'en tenir là. Il faut se. Mais pas trop toutefois. Sinon, ça prêterait à. On pourrait être qualifié de. Si du moins on. Donc ne pas. Se réjouir. Ne pas. Courir. S'élancer. Ne pas briser. Garder sa place. Son calme. Etre furieux mais dans l'ordre. Ne pas. Faire de vague. Ne pas. Prendre le large. Ne pas. Rugir. Suffoquer. Ne pas attirer les regards. Ne pas bousculer. Ne se fier à personne. Sourire. Ne pas s'énerver. On pourrait être contraint de. Ne pas. rester uniforme. Seul. Très. Lisse. Très. Dur. Très opaque. Impénétrable. Absent. Ne pas s'adonner à. Ne pas désirer. On pourrait vous le. Ne pas. Ne pas s'exposer. Etre constant. D'une constance à toute épreuvve. Et presque sans limite. Presque. Mais toutefois ne pas. Etre poli. Ne pas. Donner prise. Ne pas. Penser. Parler. Eprouver. Ne pas posséder. Trop dangereux. Etre non violent. Ne pas. S'éloigner. Ne pas y croire. Ne pas. S'aventurer. Les autres en profiteraient pour. Ils s'accrocheraient à. Ils auraient raison de. Vous seriez foutu. Ne pas. Ne pas leur donner raison. Faire en sorte que. Ne pas. Etre là. Ne pas. Demander. Ne pas. Dire je voudrais. Dire je souhaiterais. Dire je préfèrerais. Dire je pourrais. Ne pas préférer. Ne pas souhaiter. Ne pas vouloir. Ne pas pouvoir. Ne pas manquer. Ne pas avoir. Ne pas espérer. N'être pour rien. Pour personne. Pas même pour soi. Ne pas."

ISBN 978 2 84420 705 0 - 13€ - 2008

3 avril 2009

L'autre moitié du soleil, Chimamanda Ngozi Adichie

l_autremoiti_dusoleil"Le monde s'est tu pendant que nous mourions"

L'autre moitié du soleil déroule sa trame durant la guerre Nigeria-Biafra qui eut lieu entre 1967 et 1970. Les faits sont réels mais les personnages fictifs. Apparaît tout d'abord dans le récit de Chimamanda Ngozi Adichie Ugwu, jeune boy de treize ans, venu servir un maître intellectuel aux idées engagées, Odenigbo. Puis, nous suivons le destin de deux soeurs jumelles, pourtant dissemblables, Olanna, belle et amoureuse de Odenigbo, et Kainene, plus sèche et ironique, qui nourrira une liaison secrète avec un journaliste blanc, Richard. C'est le parcours de ce groupe, à l'avenir privilégié tout tracé, que l'auteure nous conte, un parcours que l'indépendance du Biafra (symbolisée par un demi-soleil jaune cousu sur les manches des soldats) et la guerre viendront foudroyer...

J'ai eu de la peine à entamer ce lourd roman puis je me suis laissée happer avec force par ses personnages, habilement peints, et une intrigue savamment menée. Bien entendu, il est question de la guerre, de ses exactions, de ses horreurs. Bien entendu, il est question de la mort, dans ce qu'elle peut avoir de plus injuste et de plus sordide. Mais ce n'est pas ce que je retiendrai de ce livre. Je retiendrai le portrait de deux femmes fortes aux caractères différents, Olanna et Kainene, qui m'ont semblées à moi terriblement vivantes, bien que fictives. Je retiendrai la richesse du personnage d'Ugwu, sauvé par les mots, la lecture et l'instruction. Je retiendrai la tendresse qui lie chacun d'eux, entre eux, précieuse. Un roman qui nous parle avec subtilité des guerres oubliées du monde, mais aussi de la fragilité de la vie. Un livre avec de l'émotion au bord de la lecture.

Un extrait...
"Edna avait un rire doux. Elle enseignait la musique, passait des disques de jazz un peu trop fort, faisait des côtes de porc bien tendres et parlait souvent de l'homme qui l'avait quittée une semaine avant leur mariage à Montgomery et de l'oncle qui s'était fait lyncher quand elle était petite.
"Tu sais ce qui m'a toujours stupéfaite ? disait-elle à Olanna comme si elle ne lui avait pas déjà raconté la veille. Que des Blancs civilisés mettent leurs jolies robes et leurs chapeaux et se rassemblent pour regarder un Blanc pendre un Noir à un arbre."
Et elle riait de son rire doux en tapotant ses cheveux, qui avaient le brillant gras du fer à défriser. Au début, elles ne parlèrent pas d'Odenigbo. Ca faisait du bien à Olanna d'être avec quelqu'un qui n'ait aucun rapport avec le cercle d'amis qu'elle avait partagé avec Odenigbo. Et puis, un jour, alors qu'elle accompagnait en chantonnant la chanson de Billie Holiday, My Man, Edna demanda :
"Pourquoi tu l'aimes ?"
Olanna leva la tête. Elle avait l'esprit vide.
"Pourquoi je l'aime ?"
Edna leva les sourcils en articulant muettement, sans les chanter, les paroles de Billie Holiday.
"Je ne pense pas que l'amour ait une raison, dit Olanna.
- Bien sûr que si.
- Je crois que l'amour vient en premier et que les raisons suivent. Quand je suis avec lui, j'ai l'impression que je n'ai besoin de rien d'autre." Olanna fut surprise par ses propres paroles, mais cette troublante vérité lui donna soudain envie de pleurer."

bouton3 Note de lecture : 4/5

Un livre lu dans le cadre du grand prix des lectrices de BOOKPAGES 2009
Catégorie Roman

ISBN 978-2-07-077610-8 - 25 € - 09/2008 

La lecture d'Amanda -

31 octobre 2008

Pour une fin

PourunefinAlors voilà,
C'est ce que tu seras

Ma muse
Mon énergie créatrice
Un tendre secret

C'est décidé

Un cercle pour chacun de nous
Infranchissable
Autour de nos corps

La chute
Pour celui qui transgresse
Qui effleure du bout des doigts
L'impossible

Du mensonge
Invité à nos tables
De l'amertume
Glissé sur nos sourires

Mais peu importe
N'est-ce pas ?
Il faut figer ce qui peut l'être

Pas le choix

Notre inconscience est à ce prix

13 novembre 2008

La petite cloche au son grêle, Paul Vacca

lapetiteclocheausongr_leOu comment Marcel Proust peut changer la vie d'un jeune garçon de treize ans, de sa mère, de son père, et de tout un petit village du Nord de la France...

On ne peut parler de ce roman qu'avec une infinie tendresse... La majeure partie de l'intrigue se déroule dans un café de province. Se côtoient des parents d'origine italienne, cafetiers de profession, une cloche qui ponctue les entrées de chacun, un adolescent amoureux de Proust, d'Eglantine, et de Garance aussi, un professeur de français revêche, Pierre Arditi (si si), des personnages hauts en couleur, le parfum des fleurs, la maladie, une pièce de théâtre...
Plonger dans cet univers doux a été pour moi un bien agréable moment de lecture, printanier. J'en ai aimé la saveur. Moi qui ne suis pas toujours friande de bons sentiments en littérature, je me suis laissée embarquer sans soucis dans cette histoire qui mêle amour des livres et amour maternel.
Un roman qui nous rendrait presque un peu meilleur, ce n'est pas à négliger.

Un extrait...
"- Oui, oui, y a du style, c'est sûr ! Mais...c'est juste que...on doit tout le temps revenir en arrière pour comprendre où on en est de l'histoire...
- L'histoire ? rebondit Martine. Quelle histoire ? J'en suis à la page 63 et il ne s'est toujours rien passé !
- Ouais, ça manque peut-être un peu d'action. Remarque, il ne fait que dormir au début, il attend sa mère, il faut reconnaître que c'est pas très engageant...
Touchées par le dépit que trahit ta mine, tes deux amies tâchent de se ressaisir.
- Oui, mais attention ! C'est très beau, poétique, et tout et tout !
- Oh oui ! Il a du vocabulaire ! Au fond, je crois que c'est le genre de livre à emporter pour les vacances, pour bien le savourer, quand tu as le temps, beaucoup de temps...
- C'est peut-être pour cela que ça s'appelle la
Recherche du temps perdu, non ?"

bouton3 Note de lecture : 4/5

ISBN 978 2 84876 112 1 - 16€ - 03/08

Un grand merci à Paul Vacca !!!

La lecture de Cuné, celle de Cathulu, celle de Bellesahi, celle d'Arlette, de Beatrix et celle de Clarabel...

1 novembre 2008

Brooklyn follies, Paul Auster

brooklyn_folliesNathan Glass emménage à Brooklyn. Après une carrière dans les assurances, un cancer (aujourd'hui en rémission), un divorce, il s'apprête à vivre une nouvelle page de sa vie, mais il ne le sait pas encore. Il tombe un jour sur son neveu Tom, dans une bouquinerie. Ce dernier ne ressemble plus tellement au jeune homme prometteur qu'il avait connu autrefois, et pourtant... cette rencontre marquera le début d'une kyrielle d'autres rencontres étonnantes et chaleureuses, et la naissance d'un rêve, celui de "l'hôtel Existence".

J'ai commencé ce roman de Paul Auster avec le sentiment "étrange" de l'avoir déjà lu, quelques bribes retrouvées de "Brooklyn Boogie" sans doute, et puis j'ai vite oublié ce sentiment car non je n'avais jamais lu "Brooklyn follies".
J'ai aimé les personnages de ce récit, de bien jolis caractères que l'auteur sait brosser avec sa tendresse et son respect habituels, j'ai aimé l'ambiance de ce quartier, qu'il décrit comme un "village", j'ai aimé son héros, ce soixantenaire de Nathan Glass bousculé par des péripéties qui l'aident à revivre, j'ai aimé les belles rencontres, hasards et heureux dénouements du récit.
Pourtant, mon avis reste mitigé sur ce livre, car il me semble avoir lu du bien meilleur chez Paul Auster, le style adopté ici peut-être. Le narrateur ne cesse de nous dire "vous allez voir ce qui va se passer, après" et j'ai eu le sentiment que l'écrivain n'avait lui même aucune idée de ce qui allait se passer après, que le roman s'écrivait au fur et à mesure des pages, sans fil conducteur, au hasard des idées, sans plan préconçu et que les évènements annoncés n'étaient en général pas si fantastiques que l'on voulait bien nous le faire croire. Je crois, en fait, détester prodigieusement ce procédé d'écriture là !!
Sans faire ma fine bouche, voici tout de même de l'agréable Paul Auster, et si vous avez aimé "Brooklyn boogie" et "Smoke", vous serez ravis d'y retrouver toute l'ambiance de ces excellents opus.

Un titre lu dans le cadre du blogoclub

bouton3 Note de lecture : 4/5

Un extrait...un monologue de Tom (là où le projet prend forme)
"Je voudrais vivre autrement, c'est tout. Si je ne peux changer le monde, je voudrais au moins essayer de me changer, moi. Mais je n'ai pas envie de faire ça seul. Je suis déjà bien assez seul comme ça et, que ce soit de ma faute ou non, Nathan a raison, j'ai le cafard. Depuis que nous avons parlé d'Aurora l'autre jour, je n'ai pas arrêté de penser à elle. Elle me manque. Ma mère me manque. Tous ceux que j'ai perdus me manquent. Je suis d'une telle tristesse parfois, qu'il me paraît incroyable de ne pas mourir écrasé sous tout ce poids. Mon hôtel Existence à moi, Harry ? Je ne sais pas ce que c'est, ça aurait sans doute à voir avec le fait de vivre avec d'autres, de foutre le camp de cette saleté de ville et de partager la vie de gens que j'aime et que je respecte."

Pour le plaisir...le trailer de Smoke.

Les autres avis du Blogoclub : Papillon a lu Mr Vertigo (de même que Chimère), Sylire a lu La nuit de l'oracle (et nous parle aussi de Brooklyn follies), Katell s'est retrouvée dans son Scriptorium,
Anjelica s'est plongée dans Broolyn follies, ainsi que Alice, Clochette, Florinette, Karine, GSM et Cathe,
Amanda, pour sa part, s'est perdue avec bonheur dans les méandres de Moon Palace.

9 novembre 2008

Ta place

p_reSi toi aussi,
comme les autres,
de ce que je suppose,
tu m'avais parfois, prise contre toi,
serrée, embrassée.
Aurais-je été différente ?

Si tu m'avais
seulement
regardée.
Si tes yeux s'étaient levés sur moi,
rien qu'une fois,
bienveillants, protecteurs.
Serais-je ce que suis aujourd'hui ?

Cette femme bancale, écorchée,
pelée jusqu'à la trame,
qui s'accroche,
et se retient
aux doigts de toute sollicitude.

(Ressasser est une fausse piste,
je le sais
un écueil.
A force de tirer sur les fils
de son être,
on s'emmêle, on se prend les pieds dedans,
on tombe,
tête en avant.

Ouste les émotions !
Dehors ! Partez !
On vous a assez vues !)

Si tu avais été là,
hors de cette présence fantomatique,
inconsistante
que j'ai simplement connue.
M'aurait-elle tuée ?

En aurait-elle eu la force ?

7 septembre 2008

Jusqu'à ce que mort s'ensuive, Roger Martin

jusqu___ce_que_mort_s_ensuive

Douglas Bradley, jeune homme de la communauté noire d'Atlanta, ignore tout du passé, et de la famille de son père. Elevé dans une "certaine idée" de l'Amérique par un homme devenu cadre chez Coca-Cola, il est surpris lorsque la prestigieuse académie militaire de Colorado Springs refuse - contre toute attente - sa candidature, pourtant exemplaire. Menant l'enquête, il apprend bien vite qu'on lui cache depuis toujours l'existence d'une grand-mère et d'une tante, mais surtout la fin tragique de son grand-père paternel, pendu en France pendant la seconde guerre mondiale, et accusé de viol et d'agression sur une jeune normande...

Malgré quelques longueurs en début de récit, j'ai lu avec intérêt les aventures de ce jeune homme, parfois un peu naïf, souvent courageux, qui part en quête de vérité sur les traces d'un passé qu'il n'imaginait pas. Il nous permet de découvrir un autre "versant" de l'amérique, entre ségrégation et secrets d'Etat. J'ai, en fait, particulièrement aimé suivre Douglas Bradley en France, sur les lieux du débarquement des alliés, vision touchante des français et de leurs manies vus par un jeune américain. J'ai aimé craindre qu'il tombe aux mains du DIA. J'ai aimé ce roman d'aprentissage palpitant qui mêle faits réels et héros fictifs, avec dextérité. Il m'a laissé rêveuse... Il séduira très certainement les férus d'Histoire.

Un extrait (début du roman)...
"Il était quatre heures précises, ce matin du 14 août 1944, lorsque les pas retentirent dans le couloir de l'école primaire de Derville. Des pas lourds, pesants, d'hommes arrachés au sommeil pour une tâche qu'ils n'avaient pas choisie. Il avait fait anormalement chaud les trois derniers jours malgré une brise légère venue de la mer proche et l'atmophère ne s'était rafraîchie qu'aux dernières heures de la nuit. Etendu sur un lit de camp au coin avant gauche affaissé, le soldat en uniforme ne dormait pas. Vers dix heures, la veille, il était tombé comme une masse, assomé par l'alcool avalé d'un trait, cul sec comme on disait ici, au goulot de la petite bouteille pansue sans marque ni étiquette. Comment le maître d'école avait-il réussi à se faufiler dans l'obscurité jusqu'à la fenêtre pourvue de solides barreaux de fer pour lui faire passer, sans prononcer un mot cet alcool si différent du wisky auquel ils étaient tous habitués ? [...] Le vieil homme - c'est ainsi en tous les cas qu'il leur était apparu, vieux et amical - qui s'était adressé à eux dans leur langue le soir du bal, avait su en tout cas déjouer la surveillance des deux MP, les soldats de la police militaire, en faction devant la prison improvisée... Ce sommeil de brute avait été de courte durée."

bouton3 Note de lecture : 3.5/5

Un titre lu dans le cadre du Grand Prix des Lectrices BOOKPAGES 2009
Catégorie Policiers

ISBN 978 2 7491 0786 8 - 17 € - Mars 2008

15 octobre 2008

Parfois..., Emma Dodd

parfoisVoici un coup de coeur familial !!

heart

"Parfois tu es gai. Et parfois tu es triste.
Parfois tu es doux. Mais parfois, terrible... etc...

[...] Mais quoi que tu fasses ou dises,
Cela ne change rien.
Je t'aime."

Un très bel album, des images superbes, des pages qui brillent... Ce petit livre a un charme fou, presque irrésistible, et permet de dire des mots doux à ses enfants...Il a fait l'unanimité à la maison (même auprès de M Antigone, c'est dire !!) !!

ISBN : 978 2 226 17381 2 - 12.90€ - 2007

22 septembre 2008

Les Mains gamines, Emmanuelle Pagano

lesmainsgaminesL'épouse d'un propriétaire de domaine viticole, une femme de ménage, de vieilles femmes, une enfant...toutes ont dans le creux de leur corps des blessures, des transformations, des faiblesses (douleurs d'oreille, puberté, sénilité), qui ont lieu, qui se préparent, ou qui sont là depuis bien longtemps...depuis surtout, une certaine classe de CM2.

Difficile de parler de ce nouveau roman d'Emmanuelle Pagano sans en dévoiler l'essence, l'intrigue principale. Donc, que dire ? Et bien, que son écriture m'a prise aux tripes dès le départ et que, il faut bien l'avouer, j'aime ça. Mais attention, ces "mains gamines" ne sont pas à mettre entre toutes les mains, surtout les plus sensibles ! Car ce récit n'est ni un lieu de tendresse, ni un repère de mièvreries. Loin de là. En tant que lecteurs, nous ne sommes pas épargnés, mais peu importe, car ce n'est ni le sujet ni le but, ici ce sont les personnages qui souffrent, qui sont malmenés, qui se souviennent, se resserrent jusqu'à trouver un apaisement relatif, final, douloureux. Cela suinte de partout dans une langue âpre qui ne laisse pas en repos, et tant mieux, dirais-je... A découvrir, parmi les nombreux titres de cette rentrée littéraire !!

Un extrait...
"Je me souviens d'elle à dix ans.
J'y ai pensé, tout à l'heure, quand elle est venue me lever de la sieste. Elle avait encore sur la main l'odeur du basilic effrité la veille sur la salade de ses patrons, et tout ce que j'ai trouvé à penser, c'était à son corps de dix ans, à cause de cette odeur persistante.
Elle en rapportait toujours en classe, des odeurs de restes. Ses parents étaient des hippies, des poilus. Ils se lavaient pas tous les jours.
Elle pourtant, elle sentait pas mauvais, non, elle sentait juste des odeurs de cuisine et de jardinage. Je suppose qu'elle devait aider sa maman, puisqu'elle était l'aînée et que des petits frères et soeurs, y'en avait une floppée. Elle sentait la soupe du soir, les tartines du matin. Elle avait déjà des seins, aussi. Des seins de lait bien droits. Elle sentait le lait des petits.
Les odeurs, c'est quelque chose qui me reste très bien en mémoire."

ISBN : 978 2 84682 273 2 - 15€ - Août 2008

bouton3 Note de lecture : 4/5

Du même auteur, j'ai lu Les adolescents Troglodytes heart et Le guide automatique

Le blog d'Emmanuelle Pagano, actuellement en sommeil : http://lescorpsempeches.net/corps et pour en savoir plus (d'autres liens)...

16 septembre 2008

G comme...

...Nikki Gemmel et ses Noces sauvages (apparemment épuisé chez 10/18, quoi ? Est-ce possible ? Un changement de maison d'édition, sans doute...)

nocessauvages

                        

Alors, oui, bien sûr, j'ai hésité, il existe tellement de noms prestigieux dans cette lettre G... Il y a le théâtre de Giraudoux, de Grumberg, les beaux romans de Brigitte Giraud...oui, mais voilà, je me souviens avec tant d'émotions de cette lecture là.

L'histoire ?
Snip est une femme ardente et sauvage, vagabonde ... Elle passe, ne s'attarde pas, ne s'attache pas. Elle recherche son père, Bud, elle cherche des réponses, part en quête de vérité. Le lecteur chemine avec elle au coeur de l'Australie, sur des routes désertiques, côtoie des hommes rudes, la communauté aborigène...

Les toutes premières lignes...
"Ce récit couvre six mois de la vie de Snip Freeman, une femme qui ne fit rien pour sauver un homme de la noyade. C'était une artiste accro aux boulots de serveuse, une vagabonde. Trop de nuits de sommeil imprégnaient l'étoffe élimée de son sac de couchage. Elle n'avait pas de port d'attache, était libre comme l'air. Quand elle trouvait un endroit à son goût, elle s'y dégotait un homme, un atelier et un gagne-pain, jusqu'à ce que le doute vienne lui siffler aux oreilles, lui intimer de reprendre la route.
Un chèque est à l'origine de cette histoire. L'enveloppe qui l'apporta était bleuie par la crasse et, pour être passée entre trop de mains, fine comme du papier à cigarettes. Elle mit deux mois pour atteindre Snip. Le montant du chèque était conséquent et les instructions jointes, tapées à la machine, brutales : Traque le !"

lettre_G

Voici donc ma lettre G, incluse dans un abécédaire admiratif qui commence à doucement s'étoffer, grâce à vous. Encore, une fois, je vous demande de me donner à votre tour un nom d'auteur correspondant à cette lettre !? Merci, et bonne journée !!!
Les réponses en commentaires, et en images ci-dessous (dès que possible...ce soir !) :

    ...

21 juillet 2008

A propos des livres empruntés

Pensee_poetique_Affiches"Je me sens mal à l'aise quand j'ai chez moi des livres appartenant à quelqu'un d'autre. J'ai envie soit de les voler, soit de les renvoyer sans attendre. Un livre emprunté, c'est un peu comme un visiteur qui s'incruste. Les lire en sachant qu'ils ne sont pas à moi me donne l'impression d'une chose non terminée, qui ne procure qu'un demi-plaisir. C'est vrai aussi des livres de bibliothèque."

Extrait de Journal d'un lecteur, Alberto Manguel       

2 septembre 2008

Catherine Soullard

lire_livre"ne pas être comme sa mère qui n'a même plus de formes, qui est toute rabougrie avec un ventre mou et des seins flasques qui pendent, ne pas être comme elle, éviter le destin, faire tout autrement, ne pas être trahie par son corps et sa tête, empêcher le naufrage, ne pas être écroulée comme un tas somnolent, la tête en avant, le menton dans le cou, quelques rares cheveux teints sur un crâne trop visible, les yeux verts extatiques et lavés qui s'éloignent, et des mains qui se creusent et se bombent et se nouent autour du poignet, vers le pouce, qui partent dans tous les sens parce que les doigts se tordent, ne pas être comme sa mère qui n'y voit plus grand chose, qui entend ce qu'elle veut, qui se lave mais qui sent, Vienna ne peut pas s'empêcher de lui dire, elle prend un grand plaisir à humilier sa mère, et dans ces moments-là, elle la hait d'être vieille, faible et moche, et puis d'obtempérer devant sa cruauté au lieu de se fâcher et de se rebeller, elle refuse de la voir en coupable baisser le nez, elle ne peut pas, elle voudrait qu'elle s'énerve, qu'elle l'engueule, qu'elle soit dure ou bien morte, mais non, cela est faux, cela n'est même pas vrai, non oh non surtout pas, qu'elle soit dure suffirait"

Extrait de Johnny

14 juin 2008

On dirait une ville, Françoise Collin

on_dirait_une_ville

Françoise Collin est philosophe, et navigue entre écriture et engagement féministe.
Elle vit aujourd'hui à Paris, ville qui l'a inspirée pour cet ouvrage poétique...

Par petites touches impressionistes, elle nous guide ici à sa suite dans une vie qui se cherche et parfois se trouve, au hasard des jours, des rencontres et des instants volés à la lumière de l'été (voir "chronique d'un été").

Dès les premières phrases de On dirait une ville, j'ai entendu une voix, j'ai imaginé les mots de l'auteur exprimés sur une scène... Est-ce la preuve d'une grande qualité d'écriture ? Je n'en sais réellement rien. C'est il me semble pour le moins la preuve d'une lecture très agréable.

Dans la prose de Françoise Collin, il y a donc de la poésie mais aussi de la matière orale, théâtrale, et cela est très doux à imaginer, et à lire.
Des personnages de toutes sortes entrent et sortent sur la scène de ses écrits et nous les regardons naviguer, nous donner quelques leçons de vie, furtives, puis disparaître en fin de page...

Il faut bien le dire, on a envie d'attraper son crayon et de noter quelques passages, pour le souvenir, pour les partager plus tard...et on se dit que c'est bête, autant garder le livre sous la main.

Des extraits, brefs, pour en attraper un peu le son, vous aussi...

"route à suivre dit un panneau fléché au bout de la piste sur le vide
.
on dirait une ville, c'est un cimetière. On dirait un chant et c'est la dernière note d'un soupir. On dirait une montagne, c'est un mirage
.
celui qui faisait tinter les clés du monde s'en est allé, l'oreille sourde. Les laboureurs de sables ont pris la fuite abandonnant leur moisson de gris"

"c'est sur l'autre façade que tape le soleil, sur l'autre rive que quelqu'un se lève, en d'autres temps que se noue le récit, en d'autres cieux que courent les nuages"

"femme assise à son miroir
femme assise à son écran

une vie de queue de cerise"

bouton3  Note de lecture : 4/5

Le site de l'éditeur : www.desfemmes.fr
Un entretien pour connaître mieux Françoise Collin et son engagement féministe

Je suis ravie, encore une fois, d'avoir reçu ce livre dans le cadre de l'opération "Masse critique"

livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com

31 août 2008

Des papillons sous la pluie, Mira Maguen

despapillonssouslapluie

Adam attend depuis vingt-cinq ans un signe de celle qui l'a abandonné alors qu'il n'avait que dix ans, sa mère.
Depuis, il garde toujours dans sa poche un petit papillon coloré, identique à ceux qu'elle vendait dans la rue, le petit garçon qu'il était à ses côtés. Devenu médecin généraliste, élevé avec amour par sa grand-mère Mama Ruth, Adam Ouria a une vie bien remplie, des patients, une femme qui l'aime à ses côtés, des amis... Pourtant, lorsqu'un jour le téléphone sonne et que la voix rauque d'Eva résonne à l'autre bout du fil, proposant une rencontre trois jours après, les angoisses et les défaillances se ravivent...

Ne tergiversons pas, j'ai beaucoup aimé ce roman dont l'intrigue se déroule comme une belle pelote de laine, traînant derrière elle les poussières d'une vie pas si limpide.
Nous suivons pendant trois jours les pensées de cet homme, vivant dans une ville d'Israël moderne, exempte apparemment - et étrangement - de conflits et de guerres.
Adam Ouria est un adulte en questionnement, un adulte dont l'enfance colle à ses faits et gestes, à ses doutes, à ses envies, à ses rapports avec sa famille, avec ses cousins.
Adam va revoir sa mère, bientôt, et toute sa vie prend une dimension différente, des rencontres ont lieu, des attentes, et peut-être aussi des folies...

Le tout début du roman...
"Les boucles d'oreilles violettes. Leur éclat diffus et tremblotant. Si elle les portait encore, il la reconnaîtrait tout de suite. Simples, translucides comme des gouttes de pluie sur un iris. Le souffleur de verre qui les lui avait fabriquées avait juré que jamais pièce plus lisse n'était sortie d'entre ses mains.
Elle serait là dans trois jours. N'avait indiqué ni son numéro de vol, ni d'où elle venait. "Allô, c'est Eva, ta mère."

bouton3 Note de lecture : 4/5

Un livre lu dans le cadre du grand prix des lectrices de BOOKPAGES 2009
Catégorie Romans

ISBN 978-2-7152-2836-8 - 25€ - 02/2008

Publicité
Les lectures d'Antigone ...
Publicité
Les lectures d'Antigone ...
  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Visiteurs
Depuis la création 697 112
Publicité
Derniers commentaires
Publicité