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Les lectures d'Antigone ...
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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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26 mai 2014

Une dernière danse, Victoria Hislop

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 "Animée d'un instinct identique à celui qui vous fait retrouver le chemin de la maison, elle retourna jusqu'à la jolie place découverte la veille. Elle n'était pas uniquement attirée par l'excellence de son café con leche, elle avait aussi le sentiment qu'une partie de sa conversation avec l'aimable serveur attendait encore sa conclusion."

Sonia débarque de Londres à Grenade, accompagnée de sa meilleure amie, afin de suivre des cours de danse et de souffler un peu, loin d'un mariage décevant dont elle s'efforce vainement de ne pas voir l'effondrement. Elle découvre dans cette ville bien plus qu'une activité qui lui plaît de plus en plus un lieu où il lui semble être chez elle, enfin. Au détour d'une place, elle tombe sur un petit café attachant, et se prend d'amitié pour son serveur, un homme âgé qui lui raconte l'Espagne franquiste via l'histoire de la famille Ramirez, les anciens propriétaires du commerce qu'il tient. Sonia se passionne pour son récit sans se douter de l'écho qu'il va peu à peu produire en elle...

Une dernière danse est un pavé intéressant qui a occupé agréablement mes derniers jours de repos forcé. J'ai beaucoup aimé, en effet, suivre les péripéties de la famille Ramirez, comprendre mieux ainsi la guerre d'Espagne, ses enjeux, les drames et la terrible souffrance ressentie par un pays en son sein. Comment ne peut-on pas, aujourd'hui surtout, retenir ces leçons-là ? J'en reste étonnée. J'ai regretté peut-être une certaine légèreté dans le style, à contrario. Il m'a manqué une certaine force dans l'écriture, mais il s'agit là d'un goût essentiellement personnel. Victoria Hislop est de ces auteures qui peuvent plaire largement, et qui ont l'intelligence de mêler romance et Histoire. Ce titre fera un excellent livre de plage pour cet été !! 

Editions Les Escales - 21.90€ - 7 mai 2014

Un concours pour gagner ses livres sur la page Facebook de l'éditeur (jusqu'à ce soir) [par ici]

 

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16 juillet 2014

Je Ferai de toi un homme heureux, Anne B. Radge

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 "Le programme de variétés à la radio qui commençait à neuf heures était presque terminé. Elle devait être la seule dans l'escalier à ne pas pouvoir écouter cette émission depuis le début en toute tranquillité, sans avoir un mari dans les pattes. L'animateur Kjell Thue annonça fièrement que c'était un programme où les Beatles n'avaient pas le droit de cité [...]."

Nous sommes dans les années 60, en Norvège, dans un immeuble récent au coeur de Trondheim. Des trois étages du bâtiment, nous visiterons d'abord uniquement l'escalier à la suite de Mme Asen, qui ne peut s'empêcher de le nettoyer à grandes eaux tous les jours, puis chaque appartement un à un. Et il apparaît très vite que l'ère de l'harmonie et du progrès n'a pas franchi tous les seuils du bâtiment, et que la modernité affichée à coup d'électroménagers rutilants n'est que de façade. Les rôles sont bien définis dans les couples et les familles de l'immeuble, à peine protégés par les murs si fins de leurs logements, et il faut faire bonne figure au risque de donner prise aux médisances. Car ça cancane sec à tous les étages, à grand bruit, surtout chez la coiffeuse à domicile. Les particularités sont regardées à la loupe, analysées et jugées selon les critères du moment. Etre comme les magazines féminins le suggèrent est irrésistiblement attirant, bien sûr, bien qu'un peu décadent. Seule la locataire du troisième étage semble pouvoir se permettre d'être dans l'air du temps... il se murmure même qu'elle ferait son ménage entièrement nue.

Voici un petit roman assez vintage que j'ai surtout beaucoup aimé lire pour le flash-back vers mes jeunes années qu'il m'a permis de faire. Les années 70 de mon enfance n'étaient pas si éloignées de ces années 60 là. Vous qui avez comme moi quelques souvenirs de l'omniprésence du formicat, du orange et du marron, et de ces appareils qui sentaient très fort et très vite un peu le brûlé après utilisation, des patrons pour habits de poupée que l'on découpait dans les Modes&Travaux de l'époque aussi... comprendrez aisément ce que je veux dire. Mais, malgré son intérêt madeleine de Proust, ce petit livre est également de ceux que l'on referme avec un soupir qui dit tout bas tout ça pour ça... Car, même si Je ferai de toi un homme heureux est le reflet juste et finement brodé d'une époque, il n'est surtout qu'un peu que cela, son propos voyage effectivement sans but et sa fin est elliptique, ce qui est bien dommage... Une lecture en demi-teinte, donc.

Anne B. Radge est surtout connue pour être l'auteure de la trilogie des Neshov (à découvrir encore pour moi) !

Editions 10/18 - 8.10€ - janvier 2014

2 mai 2014

Nous sommes jeunes et fiers, Solange Bied-Charreton

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 "Sophistication et simplicité, les deux ensemble, fondus, noués. Ils habitaient un merveilleux monde juste, euphorique et réconcilié, se tenaient sur la corde raide entre l'excès et l'équilibre, piochant ça et là ce qu'il y avait de meilleur pour le moral, pour le sommeil, pour les enfants, pour nous les femmes, pour la peau, pour les cheveux. Ils seraient toujours plus heureux, évoluaient dans une bulle surprotégée, ce monde-là de profusion, et qui se rêvait nu malgré son indigestion."

Ivan et Noémie ont tout pour être heureux, parisiens aisés, jeunes adultes, beaux et fiers, intelligents, ils mènent une existence sans heurts. Ils sont de ces êtres que la vie a épargné. Forts de leurs certitudes, remplis de principes qu'ils suivent au mieux, leur seule véritable crainte est de déroger au bon goût ou d'être pris en défaut de vulgarité. Ivan est un mannequin très sollicité qui se targue de ne choisir de représenter que des produits à l'éthique impeccable, Noémie est professeur de français en ZEP, et prend quotidiennement sa dose de bonne conscience en enseignant à des élèves de banlieue nord. Rien ne les préparait donc à l'accident d'Ivan, à son handicap ponctuel, et surtout à cette chute lente et inexorable vers un futur inconnu rempli d'incertitudes.

Quel drôle de roman ! J'ai aimé au tout départ son ton critique sur une société élevée désormais à coups de discours publicitaires, apprécié sa forme pyramidale qui amorce une descente lors de la chute d'Ivan, mais moins compris sa fin, qui n'est rien moins qu'étrange. En refermant les pages de ce livre, j'ai songé à l'impression similaire que m'avait fait L'Ecume des jours de Boris Vian lorsque je l'avais lu plus jeune, cette même chute d'un couple beau, jeune et fier. Ici, le malaise ressenti se rapproche d'un autre sentiment très fort, presque contradictoire, celui d'être passé tout près d'une certaine vérité - bien qu'exposée allégoriquement - totalement affolante à imaginer. L'écriture de Solange Bied-Charreton est cela dit remarquable, presque enivrante. En somme, une lecture déconcertante qui m'a laissée intriguée et un peu sur le carreau aussi (dois-je dire).

Editions Stock - 18€ - Janvier 2014

Un roman mordant pour Clara la tentatrice !! [clic] 

3 juillet 2016

Partageons nos livres

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Il y a deux ans, à la même époque (ou presque), j'étais en plein bookcrossing pour les éditions J'ai Lu [clic ici]. Ma famille, une amie et moi avions distribué aux quatre coins de ma ville le premier tome de Games of Thrones, et j'avais beaucoup aimé faire ça, surtout que j'avais eu un retour super attendrissant (lire en commentaires du billet de l'époque ce récit), d'une lectrice (Mélanie) et de sa petite fille, que je remercie encore, et qui avait récupéré un des ouvrages Square Bayard. Hier, au même endroit, nous avons trouvé une des boîtes à lire installées depuis peu par la ville. C'est un peu un rêve devenu réalité puisque j'avais l'intention cette année de distribuer pendant l'été quelques livres sur des bancs de ce Square, fréquenté surtout par des enfants, mais pas que... Le principe de ces boîtes est d'y déposer des livres et/ou d'en prendre. Le principe est l'échange... Il y en a partout en France. C'est une belle idée. Je suis ravie d'avoir un lieu où déposer le trop plein de mes étagères qui certainement fera des heureux !

11 juin 2016

Week-end

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... et parce que j'en ai de plus en plus assez de la pudeur qui isole, de ce qu'il est bon de montrer ou pas, de ce qu'il ne faut pas dire, parce que j'ai vécu le choc de la naissance prématurée de mon fils il y a onze ans avec beaucoup de douleur et de solitude, d'inquiétude, et qu'il m'aurait été si précieux à l'époque de la partager un peu (je n'avais pas encore internet), parce qu'aujourd'hui il va bien, qu'il n'a lui aucun souvenir de tout cela (qu'il n'aime pas en parler), que je ne peux imaginer ma vie présente sans sa présence lumineuse, sa blondeur, sa sensibilité, sa tendresse, parce que sans lui ce blog n'existerait pas, que je lui ai dédié il y a presque dix ans mon premier texte (sur une autre plateforme), qu'il a été mon premier pas vers le chemin retrouvé de l'écriture, l'écriture qui permet de poser et d'exorciser, je mets ici ces photos que l'on ne montre pas... pour qu'elles servent et donnent de l'espoir. Je pense à ces parents qui passent en ce moment leurs journées en service de néonatologie, dans l'attente de chaque progrès, le premier toucher, la première fois dans les bras, la première têtée, la sortie de la couveuse, et cette fameuse sortie de l'hôpital qui semble ne jamais pouvoir advenir un jour. Je pense à eux et je les embrasse tendrement, je sais.

Il y a onze ans, j'avais rendez-vous tous les jours avec toi, mon fils [clic ici]. Hier, c'était ton anniversaire. Je suis tellement heureuse que tu sois là.

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12 février 2015

En ce moment...

... mes envies de bricolage m'éloignent un peu de vos blogs. En plus, j'accuse une petite baisse de régime du côté de la forme, et des lectures, pourtant en ce moment dans un très bon pavé dont je vous parlerai plus tard !! Je ne suis pas vraiment en pause, mais presque, en mode escargot. Je réclame donc toute votre indulgence pour mes silences. A bientôt !

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14 mai 2015

Premier amour, Joyce Carol Oates

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 "Jared se met à rire, c'est la première fois que tu l'entends rire, d'un rire aigu de jeune garçon qui s'évanouit presque aussitôt. Un rire que tu ne peux qu'imiter, aussi irrépressible que si l'on te chatouillait, mais l'instant d'après il a cessé. Tu t'aperçois que Jared a refermé ses doigts sur ton poignet gauche. Par réflexe, ton bras se contracte, tu veux te dégager, détaler comme un chat affolé et rentrer en courant à la maison. Mais tu ne peux pas. Paralysée, agenouillée, tremblante, à l'ombre menaçante de ton cousin Jared, également à genoux. Sa tête qui oscille, le cheveu dru couleur de fumée, les yeux embrasés. Il parle d'un ton calme, autoritaire. "Tu ne te rappelles pas la première fois où tu m'as vu, Josie. Mais moi, je me rappelle la première fois où je t'ai vue.""

Suite à la séparation de ses parents, Josie s'est réfugiée, avec sa mère, chez sa grand tante Esther. Dans cette maison austère, baignée de la chaleur et de l'humidité de l'été, Josie tombe sous le charme de Jared, son cousin de vingt-cinq ans. Mais le jeune homme, étudiant en théologie, est aussi fascinant et prédateur que le serpent noir qui hante les cauchemars de la petite fille de onze ans, d'une cruauté aussi attirante qu'effrayante. La mère de Josie, occupée à séduire son nouveau patron, et sa grande tante Esther, qui préfère se voiler la face devant les défaillances de son petit fils, ne sauront la sauver d'une première histoire d'amour sordide.

C'est un premier amour que l'on ne souhaite à personne que vit la pauvre et solitaire petite Josie. Les première pages de ce livre court, presque une nouvelle, mettent d'ailleurs tout de suite le lecteur dans l'ambiance d'une terreur sourde et omniprésente. Joyce Carol Oates excelle visiblement à installer des ambiances suffoquantes et désagréables. J'avais aimé Mudwoman, dans la même veine. J'ai également aimé ce roman. J'ai abandonné d'autres titres. Plus je la lis plus j'ai le sentiment que chaque oeuvre de cette auteure prolixe mérite à chaque fois une tentative. Tentative ici réussie.

Editions Philippe Rey - 7.50€ - Mars 2015

Ce titre est une réédition, Choco l'avait lu en version Actes Sud [clic]

27 avril 2015

Le roi disait que j'étais diable, Clara Dupont-Monod

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 "Je sais que tu détestes cet endroit. Je t'ai surprise plusieurs fois campée devant ta fenêtre - c'est ainsi que tu m'as vu la première fois, alors que j'avançais vers ton château de Bordeaux dans un nuage de poussière. C'est ainsi que tu te tiens, debout, aux aguets, furieuse de ne pas pouvoir vivre. Mais, si tu étais un peu plus attentive, si ta colère te laissait parfois ouvrir les yeux, alors tu verrais que tu as tort de prendre tes pairs pour des ennemis, et l'admiration pour de la convoitise. Bien sûr qu'on te regarde et que tu impressionnes. Ici, dans le Nord, personne n'a jamais vu une femme aussi libre."

Clara Dupont-Monod a choisi, dans son livre, de romancer les zones laissées vides par l'histoire de la vie d'Aliénor d'Aquitaine, en s'attachant plus particulièrement à sa jeunesse, de son mariage avec Louis VII à son divorce quinze ans plus tard et à son nouveau mariage avec Henri Plantagenêt, futur roi d'Angleterre. Aliénor est l'héritière du royaume d'Aquitaine, territoire dont elle compare sans cesse les moeurs à celles de la cour. Elle s'ennuie dans son château, triste comme son mari Louis qu'elle considère comme un moine. Lui est fou d'elle et cède à ses caprices, fait venir à sa demande des troubadours, des tissus précieux, et ferme les yeux sur les escapades enfiévrées de sa très jeune femme dans les quartiers obscurs de Paris. Mais la jalousie prend très vite le dessus, et Aliénor ne cède à rien. Certaines décisions du roi, prises sous l'influence de cette femme de caractère, sont même assez embarrassantes pour le trône. L'amour de Louis pour Aliénor finit tout de même pas s'étioler, et les époux se tournent de plus en plus souvent le dos. Des guerres auront lieu, une croisade, qui feront vaciller définitivement ce couple improbable...

J'ai goûté cette lecture comme je goûte parfois les délicieux Secrets d'histoire de Stéphane Bern sur France 2, comme un voyage instructif au XIIème siècle. Je ne connaissais pas très bien la légende d'Aliénor d'Aquitaine. Je ressors donc de ce titre en ayant le sentiment d'avoir un peu appris. Mais peut-être en attendais-je autre chose ? Trop ? J'avais conservé un souvenir très fort de ma lecture de La Passion selon Juette, une force que je n'ai pas retrouvée ici. Cependant, je dois dire que j'ai aimé dans ce roman, non pas la voix intransigeante d'Aliénor, mais celle plus sensible et vacillante de Louis VII, son regard sur ce règne imposé qu'il a reçu de son frère mort, la contradiction de ses sentiments, sa lucidité sur son temps. Ma lecture s'est attachée à ce personnage plus particulièrement, et j'ai aimé à ce moment là la musique de l'écriture de Clara Dupont-Monod. Me voici donc seulement qu'à moitié séduite.

Editions Grasset - 18€ - Août 2014 - Prix Ouest

Lu aussi par... Liliba - L'irrégulière - EstelleCalim

 

2 août 2015

Au chat lent... librairie salon de thé

Pendant ma longue pause de juin, je suis allée rendre visite à Clémentine. Elle vient d'ouvrir un très joli lieu à Challans (85). Je n'avais pas encore posté ces photos sur mon blog. N'hésitez pas à lui rendre une petite visite si vous passez en Vendée cet été, notamment à Saint Jean de Monts, c'est à deux pas...

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15 juillet 2015

Le Facteur émotif, Denis Thériault

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 "Alors qu'il ratissait la section "Littérature japonaise" de la Bibliothèque centrale, Bilodo dénicha quelques ouvrages fort instructifs et eut tôt fait d'apprendre tout ce qu'il avait toujours voulu savoir sur les haïkus sans jamais oser le demander. Au fond le principe en était plutôt simple : le haïku visait la juxtaposition de l'immuable et de l'éphémère."

Bilodo est un facteur plutôt consciencieux, et un homme tranquille et discret. Son seul vice est de prélever parfois quelques lettres personnelles pour les ouvrir le soir chez lui à la vapeur et les lire dans le secret de son appartement. Les lettres sont remises au courrier dès le lendemain et personne ne peut se rendre compte de cette indélicatesse. Bilodo aime particulièrement lire les missives qu'envoie de Guadeloupe une certaine Ségolène. Elle rédige de brefs haïkus pour un poète solitaire, un certain Gaston Grandpré, que Bilodo a aperçu une ou deux fois, un barbu excentrique, toujours vêtu d'un kimono rouge. Mais ce dernier décède subitement lors d'un accident, et Bilodo redoute la fin des lettres de Ségolène. Prendre la place de Grandpré dans cette correspondance apparaît très vite comme LA solution. Cependant, Bilodo doit apprendre à rédiger des haïkus crédibles. 

Il est plutôt agréable de rentrer dans un roman qui allie autant le prosaïque et la poésie. Le tout, qui pourrait paraître bancal, fait étonnamment bon ménage. Un brin d'audace dans la narration, de fantaisie, de fantastique, mais aussi d'absurde, et le tour est joué. On apprend beaucoup dans ce roman sur l'art du haïku et ses exigences. J'ai passé à lire ce livre un très bon moment, plutôt sympathique. J'ai souri aux invraisemblances et farces manifestes de l'écrivain, admiré que la poésie garde pour autant sa place centrale et délicate tout au long du récit. Ce livre est une agréable curiosité.

Editions Anne Carrière - 16€ - Avril 2015

Laure a beaucoup aimé Beaucoup de délicatesse, tranquillité et charme pour ClaraFable poétique pleine de fraicheur pour Cathulu, qui n'a pas été déçue !! 

6 juin 2015

Pause

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En ce moment, j'ai du mal à bloguer et le plaisir que j'y prends d'ordinaire est contrarié, par un manque de sérénité dans ma vie privée, et l'impression d'avoir du mal à suivre, à vous suivre. Je crois donc qu'une pause, sans doute plus longue que d'habitude, est nécessaire, pour me retrouver, ne pas cesser de lire mais le faire avec plus de liberté, et simplement aussi me reconnecter avec le silence et avec moi-même. J'espère revenir dans quelques temps avec plein de lectures... (les billets se rédigeront en backstage) et je sais que vous serez là. Je vous embrasse tous et toutes et vous dit à bientôt !

[Pour celles et ceux qui me suivent sur FB/Instagram, sans doute des nouvelles sur mon mur de temps en temps...]

 

18 décembre 2014

Tour de plume, Caroline Deyns

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 "Monsieur H. tapote sur sa poitrine à la recherche de son stylo-plume. Il est là, fidèle, sous le pull, accroché à la poche de sa chemisette. Ce stylo, c'est sa femme qui lui en a fait cadeau, il y a très longtemps. Comme ça, sans occasion, parce qu'elle n'aime pas les prétextes. Rien que les textes, c'est ce qu'elle lui avait dit en le lui offrant. Elle voulait qu'il écrive avec. En écrivain bien entendu. Parce qu'il en avait la prétention à cette époque-là. Comment pouvait-il en être autrement ?"

La librairie de monsieur H est de celles dans lesquelles on aime fureter, car elle recèle de nombreux trésors, et son propriétaire connaît ses livres et ses références sur le bout des doigts. Quel bonheur pour les clients et avides lecteurs ! Oui, mais ce que monsieur H n'avoue pas c'est son envie de devenir écrivain, qu'il cache en lui comme une plaie ouverte. En effet, il n'a encore jamais écrit de roman, et même le précieux stylo qu'il utilise quotidennement n'a pas eu ce pouvoir magique, depuis son arrivée, de faire naître par sa plume l'écriture. Un jour, Isis franchit les portes de cette librairie, en recherche d'un chemin, et s'empare du stylo. L'objet passera ensuite de mains en mains, racontant à sa manière de bien curieuses histoires...

Lorsque l'on rentre dans Tour de plume, on est loin d'imaginer la ronde auquelle on va assister. Je pensais m'installer tranquillement, et pour de nombreuses pages, avec monsieur H dans sa librairie, mais non. Des personnages plus ou moins esquissés embarquent très vite le stylo du libraire et c'est l'objet que l'on suit ensuite avec calme ou agitation, selon les humeurs de chacun. On découvre ainsi une adolescente éthérée, un homme solitaire, une femme recluse, une petite bourgeoise révoltée et un écrivain blessé. J'ai été déstabilisée par le principe et au départ peu séduite par l'écriture de Caroline Deyns. Puis, l'intrigue s'arrête longuement chez Sybille, lectrice obèse et compulsive, et j'ai à ce moment précis été vraiment embarquée par la fluidité des mots de l'auteure. Lorsqu'elle évoque cette femme, effectivement alors, son talent d'écriture est évident... Avec Emma également, le personnage suivant, la beauté du texte enchante. Il est un peu dommage de retomber en fin de lecture sur ce qui avait moins plu au départ. J'ai un peu regretté l'inégalité de ce texte, qui alterne de très beaux passages avec quelques petites scènes moins réussies. Ce titre est cependant un premier roman. A suivre, donc.

Editions Philippe Rey - 8.50€ - 30 octobre 2014

13 décembre 2014

Vrac du samedi

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Juste quelques mots pour vous parler tout de même de ces deux livres ci-contre, qui me sont tombés des mains. Je fais parfois de mauvaises pioches en répondant favorablement aux sollicitations des éditeurs, c'est le risque. Il faut dire qu'il est parfois tentant lorsque la journée a été morose de dire plutôt oui que non, et puis, même si je réfléchis toujours longuement avant de répondre, il m'arrive de me tromper.

Les Illusions adolescentes est le résultat d'une idée (pas bête) celle de réunir 17 étudiants d'écoles de commerces pour leur lancer un défi, écrire un best seller sous forme de cadavre exquis. L'auteur ADEL DECO cache sous ce nom ces étudiants, et les écoles de commerce concernées. Dommage que le contenu soit dès les premières pages, très convenu, parce que le projet était sympathique, et au final pour une bonne cause... Editions Michel Lafon

Le Point de vue du Panda s'était présenté à moi sous la forme d'un dictionnaire mêlant mots anciens (en passe de disparaître) et mots nouveaux. J'ai été déçue par les définitions lues, leur ton impertinent sans être réellement drôle. J'attendais sans doute autre chose de ce très joli petit livre... édité chez Max Milo et sous la signature de Bertrand Ferrier

19 octobre 2014

Le Mois du documentaire

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A la maison, nous sommes très documentaires, je suis donc heureuse de relayer cette année sur mon blog des informations concernant cette manifestation particulière qui ouvre le regard. A partir du 1er novembre et pendant tout le mois, médiathèques, cinémas, associations, universités, instituts français et autres lieux culturels, sociaux et éducatifs se mobiliseront pour mettre en lumière la richesse du cinéma documentaire.

Les spectateurs pourront découvrir une diversité d’œuvres, récentes et de patrimoine à travers des programmations originales et éclectiques. 1 500 films qui rendent compte d’une grande diversité de formes et de regards seront proposés lors de plus de 3000 projections.

(Madagascar, carnet de voyage, extrait... from bastiendubois on Vimeo.)

À l’occasion des 15 ans de cette manifestation, plusieurs événements phares sont à noter : une tournée de réalisateurs dans toute la France autour de la thématique Figures de migrants, de nombreuses séances jeunes publics et la projection de films documentaires animés inédits en France. Un hommage sera rendu à Jean Rouch autour de films peu connus qu’il a tournés en France. De nombreux films sur 14-18 illustreront la rencontre du cinéma documentaire avec la Grande guerreLe printemps des cinémas arabes seront explorées d’après le regard de cinéastes arabes. De nombreux autres événements seront à découvrir ! 

Découvrez les séances de votre région [en cliquant ici]. A la maison, nous avons eu un gros coup de coeur pour la programmation jeunesse de Découvrir l'ailleurs [clic ici]. Dans ma ville, place sera faite aux Histoires de famille [clic ici].

Bonne séances !

(Lampions - Film annonce 2014 du Mois du film documentaire from Images en bibliothèques on Vimeo.)

4 octobre 2014

Le Génie des coïncidences, J.M. Ironmonger

legeniedescoincidences"Un jour, j'ai rencontré un homme qui prétendait être mon père. Il était aveugle."

Azalea Lewis se retrouve un beau jour le corps appuyé contre celui de Thomas Post, après une bousculade violente dans un escalator londonien. Coïncidence, elle voulait justement le rencontrer, et frappe quelques jours plus tard à la porte de son bureau à l'université. Thomas Post est spécialiste en coïncidences, et Azalea le met au défi d'expliquer celles qui semblent régenter sa vie, et prédire sa propre mort le prochain 21 juin. Thomas, subjugué par la jeune fille, accepte non sans mal de revoir ses théories rationnelles, et explore la vie de cette étrange rousse. Azalea a été adoptée après un supposé abandon alors que sa mère était violemment assassinée par un pervers, elle a trois pères potentiels, dont deux aveugles, elle est née sur l'île de Man et des Goëlands ont décidé de son destin. Un passage en afrique avec ses parents adoptifs scellera également à jamais son futur et cette coïncidence qui fait du solstice d'été un mauvais présage. A Thomas de dénouer les fils de la réalité, et du fantasme.

Autant vous l'annoncer d'emblée, je suis très partagée sur ce titre que Cathulu a pourtant piqueté de marques-pages [son billet ici], parce que c'est un titre que j'ai à la fois adoré, mais qui m'a aussi beaucoup agacé par moments par ses bavardages. Je crois que je ne suis pas sensible aux théories de toutes sortes, surtout mathématiques ou scientifiques, là est le problème. Cela dit, en son centre, ce roman prend un virage qui m'a réellement plu, et terriblement émue. Alors, enfin, je me suis sentie bien dans ses pages, et tendue aussi, comme une arbalète. Cathulu a raison de dire que ce roman joue avec nos nerfs et sait décrire, oh combien, une certaine ambiance africaine, ici l'Ouganda. Ce roman est étonnant, il semble jouer sur plusieurs tableaux, et puis à la fin étonne par ses évidences philosophiques toutes simples. Il est à découvrir donc... au moins par curiosité.

Editions Stock - 21.50€ - 4 juin 2014

Keisha a dévoré ce roman [clic] - Une totale réussite pour Clara [clic] - Une bien jolie surprise pour blablablamia qui nous renvoie vers des liens intéressants [clic] - et bien sûr le billet de Cathulu [clic]

 

13 septembre 2014

Hey

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Ce doit être quelque chose

Sentir ses muscles se raffermir
Là, attraper une main, la tenir, et soulever dans ses bras un autre corps

Ce doit être quelque chose que courir
Le souffle de l'air contre ses joues, son cou, son torse
S'enfoncer avec force dans l'immobilité d'un chemin
Fendre le froid

Ce doit être quelque chose la violence du sport, de la danse
La douleur qui partira avec le temps, l'habitude, l'effort
Et la sueur qui coule dans son dos, récompense du bien être

Ce doit être quelque chose
Être capable
Et puis si je pouvais
T'enlacer, te plaquer contre un mur, et t'embrasser

© Les écrits d'Antigone - 2014

Sous l'influence évidente du post précédent [clic ici] ;)
Et une image trouvée sur le net [par ici]

 

4 juin 2014

Bookcrossing sur La Roche sur Yon à partir du lundi 9 juin

Préparez-vous ! (Je vous donnerai plus d'informations dans quelques jours...)
Et déjà partout en France depuis début juin (plus de détail sur les lieux de distribution chez Canel [clic ici]).

Le principe ? A l'occasion de la venue en France de l'auteur de la série Trône de Fer, les éditions J'ai lu ont organisé un bookcrossing géant (distribution de 400 exemplaires à travers la France). Les participants (blogueurs pour la plupart) ont reçu cinq livres à déposer dans la ville de leur choix. Les livres seront libérés dans des parcs et lieux publics sous un emballage plastifié, à vous de les trouver, de les lire, et d'éventuellement continuer à les faire circuler. 

mai2014

Pour suivre l'opération-
www.facebook.com/letronedefer.livre  www.twitter.com/tronefer 
Des photos des lieux de dépôt à guetter sur mon compte twitter principalement @ecritsantigone (https://twitter.com/EcritsAntigone

Edit du 7 juin 2014 : dépôt prévu le 9 juin sur plusieurs sites de La Roche sur Yon de 14h30 à 16h00 - 2 ex place Napoléon - 1 ex square Bayard - 1 ex près de la Gare - 1 ex près des Flâneries... Bonne chasse !
Sur Twitter #bookcrossinglrsy

Edit du 10 juin 2014 : les livres ont été déposés hier entre 14h et 15h ici... ;)

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22 mai 2014

Pas son genre / Mont blanc (2 livres à gagner)

Parce que j'ai franchement besoin de m'amuser, de penser à autre chose, de vous sentir taper de joie des deux mains derrière mon écran... je profite de la proposition des éditions J'ai lu de vous faire gagner un de leurs ouvrages pour vous en faire gagner en fait DEUX !! Ils sont très différents, mais le choix est volontaire. Nous sommes toutes sur la blogosphère littéraire à même de fondre pour une histoire d'amour ou d'être touchées par ailleurs par un drame ou la qualité d'une écriture (n'est-ce pas ?).

Je ne les ai pas encore lus, je les garde pour vous... Vous pouvez jouer même si vous n'êtes pas blogueurs, à condition d'ajouter votre adresse mail à votre identification. Il suffit de s'inscrire en commentaires, en me précisant quel titre vous intéresse, un seul ou les deux. Il y aura un tirage par titre. Vous avez jusqu'au 9 juin minuit.

passongenre       montblanc

Pas son genre de Philippe Vilain Il est professeur de philosophie, affecté dans le nord de la France. Elle est coiffeuse et aime tout ce qu'il n'aime pas. On se demande pourquoi ils sont amants. Leurs goûts, leurs ambitions, leur langage ne sont pas les mêmes. Leur histoire d'amour peut-elle durer ? (une adaptation vient de sortir au cinéma - le 30 avril - la BO ci-dessous)

 

Mont Blanc de Fabio Viscogliosi Fabio Viscogliosi revient sur l’événement qu’il évoquait sans le nommer dans Je suis pour tout ce qui aide à traverser la nuit, la mort de ses parents dans « l’incendie du 24 mars 1999 sous le tunnel du mont Blanc » qui fit 39 victimes. Aussi bien enquête minutieuse sur les causes de l’accident que récit d’un deuil, l’auteur sonde les variations de sa pensée ainsi que ses différentes humeurs pendant les années qui ont suivi, mais dit aussi son retour au monde et son désir de vivre. (j'avais rencontré l'auteur en compagnie de Brigitte Giraud - à cette occasion là [clic] - c'est elle qui avait choisi de le publier chez Stock)

Bonne chance !! 

10 mars 2014

Un avenir, Véronique Bizot

 

unavenir

  "[...] je pensais Naufrage familial, notre misérable fratrie, je pensais je manque d'imagination pour aimer Hélène, continuer à l'aimer matin après matin, je pensais La femme d'Harald dans la brasserie de Montparnasse, toujours si bien coiffée, son regard balayant les murs, je pensais Me lever, remettre trois bûches dans la cheminée et m'endormir, mais je ne me lève pas, je ne m'endors pas."

Paul vient de parcourir trois cents kilomètres pour vérifier qu'un des robinets de la maison familiale a bien été purgé. Son frère jumeau, Odd, lui a envoyé une lettre pour lui annoncer sa disparition volontaire et son départ de cette maison dans laquelle il vivait seul depuis longtemps et où n'importe qui pourrait devenir fou. Paul arrive avec un énorme rhume et est très vite coincé par la neige dans l'étrange demeure inhospitalière. Il prend son mal en patience, se nourrit de ce qu'il trouve, allume la cheminée, explore à pieds les environs et remet en perspective le passé de sa famille...

J'ai été très déroutée par ce roman, qui a pourtant rencontré un grand succès sur la blogosphère, et pour lequel j'avais assez rapidement développé une grande curiosité. J'en ai trouvé l'atmosphère sinistre, lugubre et excessivement pessimiste. Bien entendu, le style de Véronique Bizot y est remarquable. Et cette lecture fait écho à tant d'autres lectures (de qualité) à l'atmosphère équivalente (un brin gothique ?). Je reste d'ailleurs - après ma lecture - encore marquée par les images et les situations qu'elle convoque. Cependant, je suis restée étonnée par l'intention, l'objet de ce petit livre. La morale en serait-elle qu'il ne faut jamais, au grand jamais, laisser aux maisons le soin de décider seules de notre avenir ?

Editions Actes Sud - 15.30€ - 2011

Un grand merci à Jack qui m'a permis de satisfaire ma curiosité [clic ici] !! - Beaucoup d'avis sur Babélio [clic ici]

 

26 février 2014

L'Eveil de mademoiselle Prim, Natalia Sanmartin Fenollera

 

leveildemademoiselleprim

"Vous dites que vous voulez trouver la beauté, mais ce n'est pas ainsi que vous y parviendrez, mon amie. Vous n'y arriverez pas tant que vous prendrez soin de vous comme si vous étiez le centre du monde. Ne le comprenez-vous pas ? C'est exactement le contraire, tout juste le contraire. Vous ne devez pas être dorlotée, vous devez être blessée. Ce que j'essaie de vous expliquer, fillette, c'est que tant que nous ne pemettrez pas que cette beauté que vous cherchez vous blesse, tant que vous ne permettrez pas qu'elle vous brise et vous abatte, vous ne pourrez la découvrir."

Mademoiselle Prim a décidé de répondre favorablement à une annonce pour laquelle il est pourtant évident qu'elle n'a que plus ou moins le profil. Un gentleman, bardé de livres, d'enfants et de chiens, recherche une bibliothécaire à l'esprit féminin détaché du monde, de préférence sans expérience professionnelle et sans diplômes. Mademoiselle Prim a de l'expérience, des diplômes, ne connaît rien aux chiens, et encore moins aux enfants, mais se sent loin du siècle dans lequel elle habite. Elle se rend donc dans ce village de Saint Irénée d'Arnois où elle découvre, outre un employeur extravagant, et peu délicat à son goût, une bien étrange communauté. Les enfants de la maison savent par coeur des passages de Virgile, sont capables de reproduire des tableaux célèbres à main levée, et sont éduqués par l'ensemble des habitants de ce lieu hors du temps...

Ce roman permet de passer un excellent moment, assez inattendu. Malgré son style assez banal, il distille plutôt bien curiosité littéraire, rigueur intellectuelle et éveil des sentiments. Et il est plutôt agréable d'assister aux joutes verbales dans lesquelles se lancent les personnages, Mademoiselle Prim et son employeur, et qui les entraîneront immanquablement vers des sentiments plus doux. Assister à un amour naissant, et délicat, au beau milieu des livres, que demander de mieux ? Ce titre m'a remis en selle après une petite panne de lecture. Il est rempli de charme désuet, de coquetterie littéraire et de conversations autour d'un thé. Un plaisir à ne pas bouder, donc.

Editions Grasset - 18.30€ - Octobre 2013 - Merci ma bibli !!!

Le coeur de midinette d'Aifelle ne s'est pas réveillé Un roman "qui fait du bien" pour Un autre endroit 

 

11 juin 2013

Un parfum d'herbe coupée, Nicolas Delesalle

Un parfum d'herbe coupée

Les éditions StoryLab proposent des fictions et des documents d’actualité à lire en moins d’une heure sur tablettes, liseuses et smartphones. (http://www.storylab.fr ), et voici un concept qu'il me plaisait beaucoup de tester. Je crois beaucoup en effet à l'éclosion d'une littérature parallèle, numérique, où les textes courts auraient la part belle.

Merci donc aux éditions Storylab pour leur proposition !


Cependant, cette découverte là a un léger goût de déception. Je me fais doucement à ma liseuse, que j'utilise de temps en temps. Pour être honnête, j'ai mis pour autant bien plus d'une heure à lire ce texte, qui est par ailleurs composé de courts moments en forme de souvenirs d'enfance.
L'écriture de Nicolas Delesalle est alerte, ironique, un peu gouailleuse, plutôt agréable. J'ai adhéré au style de l'auteur. Il est seulement parfois difficile d'être touché par les souvenirs des autres et ici quelque chose n'a pas fonctionné pour moi malgré la sincérité évidente de l'ensemble. Dommage.

 

Nicolas Delesalle est grand reporter à Télérama. Un parfum d'herbe coupée est son premier écrit littéraire. Dans la même collection, vous trouverez des titres d'Arnaud Dudek, Christophe Esnault, Grégoire Polet, et également une anthologie de 8 nouvelles parues précédemment dans plusieurs numéros de la revue Décapage.

 

 

Cet eBook est disponible sur les plateformes de téléchargement (iBookstore, Amazon, Fnac.com, Kobo, etc.) à 3,99 €
 
 
6 juillet 2013

Un mari ordinaire, Christine Cerrada

unmariordinaire"Chaque fois qu'il se retournait vers elle pour lui tendre la main et l'aider, elle voyait ses épaules larges, son corps ramassé et souple, les fils d'argent dans ses cheveux, et elle ne pouvait pas comprendre, non, il lui était impossible de comprendre comment vingt-cinq ans de vie commune pouvaient faire fuir l'amour et l'intimité, alors que quelques semaines donnaient le sentiment d'une union profonde, d'une communauté d'esprit et de vues... que rien d'objectif pourtant ne venait prouver."

Claire a décidé de ne plus subir son tyrannique de mari et de s'enfuir discrètement à Campan accompagnée de leur chèvre Pretty. L'épopée pourrait sembler vouée à l'échec car la grange qu'elles louent n'est pas conçue pour accueillir un tel animal et les premiers pas de l'étrange couple sont plutôt hésitants. Mais à côté d'eux logent des voisins très amicaux Martin et Martine, prêts à les aider à la moindre occasion. Et puis, Claire fait très vite la connaissance de Fantin, dont la présence est un baume rassurant à chaque rencontre. Alors, malgré la désapprobation manifeste de son père, et la crainte que son fils Paul la tienne à distance, Claire tient bon et cueille petit à petit les fruits de sa décision...

Je laisse de côté pour un moment mes petites envies de rentrée littéraire pour un roman qui est sans conteste un livre de vacances, à glisser dans sa valise. Deuxième titre, de plus, de ma petite collection commencée avec Demain j'arrête de livres avec animaux en couverture !! ;)

Ma lecture s'est un peu bloquée vers la page 70, sans doute provoquée par un petit ralentissement de l'action. Mais tout s'est arrangé très vite ensuite et j'ai dégusté avec plaisir la légèreté de cette fugue féminine, qui devient très vite un hymne à l'amitié. Il est en effet assez facile de prendre le personnage de Claire en sympathie et la folie de sa fuite apparaît très vite comme la plus sage des impulsions.
En outre, ayant passé quelques jours dans la région il y a quelques années, il était amusant de se souvenir de ce village envahi tout l'été par de drôles de poupées à taille humaine.
La seule personne vivante étant ci-dessous ma fille, si mimi avec son petit air frondeur, si petite encore...

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Une lecture pyrénéenne.

Merci aux éditions Michalon ! - 17€ - Mai 2013

De la veine des romans "qui font du bien" pour Cathulu ! 

17 mars 2013

Petites occupations du dimanche

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Grande fille tenait vraiment à ce que je vous parle ici des Tableaux à pailleter de chez Djeco avec lesquels elle se régale depuis une semaine... Un judicieux cadeau de ma soeur à qui je fais un petit coucou pour l'occasion ;). J'adore ces boîtes.
Au milieu, il y a aussi ce pot à crayon, prénommé Juliette, qu'elle s'est fabriquée elle même en récupérant une boîte de conserve avant recyclage.
Et puis, la fameuse "boîte à musique des enfoirés" qui tourne en boucle depuis ce matin, depuis longtemps un rituel !

Pendant ce temps, je lis Indigo de Catherine Cusset... Et pour l'instant, je suis beaucoup moins séduite avec celui-ci. J'avais tellement aimé ses précédents romans. Mon billet bientôt.

Bon dimanche !

15 mars 2013

Une femme fuyant l'annonce, David Grossman

unefemmefuyantlannonce"A la vue d'Adam, le visage d'Ofer s'illumine, il ne le quitte pas des yeux, comme s'il venait de comprendre qu'il était à la maison, qu'il se réveillait de trois semaines de sommeil. Alors les autres se réveillent aussi ! Tous les quatre reviennent à la vie, y compris la cuisine, telle une bonne vieille machine, elle s'active en toile de fond, bourdonne de ses pistons et de ses roues invisibles qui tournent en cliquetant. Ecoute la bande sonore ! se dit-elle. Fais lui confiance ! Ce sont les accords les plus mélodieux : une marmite qui bouillonne, le frigo qui ronronne, une cuillère heurtant une assiette, le robinet qui coule, la radio diffusant une publicité idiote, ta voix et celle d'Ilan, les bavardages de tes enfants, leurs rires - je veux que cela ne s'arrête jamais !"

Ora avait prévu de faire une excursion sur les chemins de Galilée en compagnie de son fils, Ofer. Une manière pour elle de fêter la fin de son engagement dans l'armée et de resserrer leurs liens. Mais il a reçu un ordre de mobilisation et doit repartir. Ora est effondrée et décide de ne pas attendre chez elle l'arrivée de ceux qui lui annonceront forcément la mort de son enfant. Elle prend les deux sacs à dos préparés minutieusement et va chercher au creux de son isolement son ancien amant et ami, Avram. Autrefois, lorsqu'ils étaient adolescents, elle avait une relation spéciale, à la Jules et Jim, avec lui et son complice Ilan. Elle a d'ailleurs épousé ce dernier, avec lequel elle a eu deux fils, mais aujourd'hui Ilan est parti et elle est une femme divorcée. Tout en marchant avec Avram, elle lui raconte sa vie, ses angoisses, la naissance de ses enfants et tente avec des mots de conjurer le mauvais sort qui pourrait lui enlever dans un souffle de violence tous ceux qu'elle aime.

Et bien, voici une lecture au long court (presque 800 pages), dans laquelle il faut décider de s'abandonner vraiment pour lui laisser l'opportunité de nous apporter beaucoup.
Bien qu'ayant trouvé certains passages de ce roman extrêmement longs, je n'ai jamais eu envie d'en abandonner la lecture. Pourtant, je lui en ai voulu un peu de m'arracher ainsi aux autres livres qui m'attendait (et aux blogs) et de me réclamer avec une outrecuidance toute en finesse l'exclusivité de mon attention.
Car Une femme fuyant l'annonce est un grand roman, une véritable oeuvre littéraire. Et on le sait quand on referme ce livre qu'on a assisté à quelque chose de grand, d'ambitieux et de réussi. David Grossman nous raconte un pays et ses conflits par le petit bout de la lorgnette, via le regard d'une mère. J'ai été touchée par ce regard, particulièrement, mais aussi par ce que j'ai ressenti encore une fois et compris de ce pays déchiré.
Une lecture exigeante mais aussi généreuse, humaine et vivante/vibrante.

Editions Points - 8.90€ - Octobre 2012

Ce roman est dans la sélection 2013 du Prix de Meilleur Roman des lecteurs de Points [clic ici pour en savoir plus et lire le premier chapitre]

Quelques lectures... Un "bonheur total" pour Une comète qui en parle bien mieux que moi - Un abandon chez Alex - Un livre marquant pour Gambadou -  

4 février 2013

Grand-père avait un éléphant, Vaikom Muhammad Basheer

grandpereavaitun"Ce n'était pas qu'elle eût d'objection à être vue par les hommes, les anges, les djinns ou autre créature. Mais elle était une femme musulmane, alors...
Alors elle était prisonnière. Elle n'avait pas droit au vent, ni à la lumière du jour."

Tant que les parents de Kounnioupattoumma étaient riches, rien n'était trop beau pour eux et leur fille. Sa mère considérait d'ailleurs que les prétendants qui se présentaient pour l'épouser n'étaient jamais à la hauteur, en regard de la splendeur passée de leur famille. Son grand-père avait un éléphant qui avait tué quatre kafir !
De plus, la jeune-fille avait sur la joue une tâche de naissance censée porter chance... donc tout le bonheur et le succès était forcément à venir.

Enfermée dans une prison dorée, loin de tout ce qui est considéré comme mauvais et dangereux, Kounnioupattoumma ne connaît rien du monde extérieur, mais le revers de fortune inattendu de son Bapa lui ouvre bientôt les portes de la vie.

Voici un conte indien qui, loin d'être un coup de coeur, se lit joliment bien. J'en ai aimé le rythme et les images dépaysantes.
La réflexion spirituelle qui se dégage de cette petite fable est par ailleurs faussement innocente et pose subtilement la question de l'interprétation des textes religieux.
Une lecture divertissante et intéressante. 

Editions Points - 6.30€ - Novembre 2012

Ce roman est dans la sélection 2013 du Prix de Meilleur Roman des lecteurs de Points [clic ici pour en savoir plus et lire le premier chapitre]

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Les lectures d'Antigone ...
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  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
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