Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Les lectures d'Antigone ...
Publicité
Ardoise magique

Ce blog a dorénavant une page Facebook...
https://www.facebook.com
/antigone.lectures

Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

Newsletter
90 abonnés
20 mai 2009

Le têtard mystérieux, Steven Kellogg

le_t_tard_myst_rieuxLes bonnes résolutions du début de l'année ont eu la vie dure... Alors que je m'apprêtais à demander à ma grande fille ce qu'elle avait pu penser de cet album, numéro de mai du programme Kilimax, j'ai eu droit à une moue ennuyée (celle qui veut dire, "je refuse de faire ce que tu as envie que je fasse") et à la réponse laconique suivante : "Ce tétard, il est chouette !!".

emmalitIl me semble évident que désormais la lecture est, pour ma fille, de l'ordre de l'intime... Je sais qu'elle lit déjà "secrètement" dans sa chambre et qu'elle ne souhaite pas forcément partager avec moi ses impressions... Que puis-je donc lui souhaiter de mieux ? Tant pis, donc, pour ses commentaires des albums du programme Kilimax. En attendant, c'est maman qui s'y colle...parce que maman elle aime ça, parler de ses lectures, et des leurs !

L'histoire ? L'Oncle McAllister vit en Ecosse. Chaque année il envoie à Louis pour son anniversaire un objet pour sa collection de sciences naturelles. Cette année, Louis reçoit un bocal contenant un têtard. Mais ce têtard est bien mystérieux. Adepte de hamburgers, il se met à grossir démesurément, jusqu'à ne plus tenir dans l'appartement des parents de Louis...

Je dois dire avant tout que cet album a, encore une fois, suscité l'engouement de mes deux enfants. Petit dernier, très féru de monstres en tous genres, a été fasciné par la taille de ce têtard étrange. Et ma grande fille s'est imaginée rapportant chez nous un tas de bestioles impensables... Quant à moi, j'en ai aimé l'humour, l'esprit et les illustrations amusantes. Un album qui étonne, fait rire les enfants, et ouvre l'imagination, c'est évident !

Publicité
19 juillet 2009

De retour...

a2emmaAujourd'hui, ma grande fille a 8 ans, et je m'aperçois qu'elle est déjà une jeune-fille... Je le vois dans cette manière qu'elle a à présent de se tenir, dans sa volonté - nouvelle - de s'attacher les cheveux, d'être belle, de jeter, parfois l'air de rien, un regard en biais au garçons qui croisent son chemin.
La bouille de bébé qu'elle avait encore à 6 ans (voir la photo de gauche) a disparue lentement au cours de son année de CE1...ainsi ils grandissent, sans doute.
Je crois que j'ai hérité d'un sacré petit bout de femme, volontaire, fragile et sensible...toute en explosions et mouvements, pas vraiment sage. Je crois que je suis, indubitablement pourtant et pour toujours, fière d'elle.

Alors, bon anniversaire, ma puce ! Ta maman.

...

Par ailleurs...un petit mot à propos de ma pause...
Me tenir loin des blogs cette semaine m'a été profitable, je ne vous le cache pas...
Cela fait quatre ans que je blogue à présent...et je ne suis pas prête d'arrêter, je vous rassure. Je pense que j'ai trouvé encore une fois un second souffle, vers encore plus de douceur, de mots et de littérature...si cela vous convient ;o). 
Merci mille fois pour tous les gentils mots que vous avez déposé ici en m'attendant...et trêve de retour sur soi à présent, allez, continuons de parler sur ce blog de livres et d'écriture, c'est mieux !

7 janvier 2010

Pas de temps à perdre, Régis de Sà Moreira

pasdetemps_perdre"La petite ville dans laquelle habitaient Ben et Fontaine n'avait ni début ni fin et on pouvait s'y promener toute la journée sans en quitter le milieu.
Ce qui expliquait que Ben et Fontaine en avaient fait, chacun de leur côté, leur principale activité, mais aussi qu'ils avaient pu ne jamais se rencontrer avant ce beau jour d'été, où un clochard non-fumeur et un épicier pas content s'étaient sans le savoir associés pour les faire se rentrer dedans."

Ben et Fontaine se rencontrent autour d'un étal de pamplemousses, et ne vont plus se quitter. Ensemble, ils boivent beaucoup, font l'amour et parcourent donc cette ville étrange qui ne cesse de se modifier à l'envie, la nuit surtout, mais le jour aussi.
Avec l'ami de Ben, prénommé Cow-Boy, facteur de son état, les évènements vont se corser. Ils vont assister à une fête mémorable organisée par un "épicier pas content", se terrer pendant presque une année dans une Maison vivante et mouvante, décider d'écrire des cartes postales aux personnes isolées qui leur semblent malheureuses (en signant d'un "robin des boîtes" évocateur). Et provoquer ainsi un sacré bazar, mais c'est compter sans l'étoile qui guide leurs pas, le soutien de leurs amis et la présence placide du chat Billy-the-Kid...

Vous n'avez rien compris ? C'est normal. Pas de temps à perdre, le premier opus de Régis de Sà Moreira est une loufoquerie poétique qui demande au lecteur de laisser aux vestiaires ses certitudes. Dans l'univers de ce roman, tout est possible, les mots ont le pouvoir de créer une certaine réalité, toujours fluctuante, toujours prête à se renverser et à disparaître. Rien n'est crédible dans la vie de Ben et Fontaine, seuls les désirs des personnages dictent le cours des péripéties qu'ils vivent. Vous trouverez dans ce récit une ambiance "à la manière de" L'Ecume des jours de Boris Vian et quelques prémices du titre Mari et femme, le dernier roman de l'auteur, qui vient tout juste de sortir en format poche ! A découvrir pour les aficionados du genre !!

Un autre extrait, pour la route...
"- Remarque, c'est pas con, dit-il. Imagine... T'es tout le temps tout seul et, un beau matin, tu reçois une carte postale de Superman. Sûr que ça te remonte le moral !... Et puis tu vas à la boulangerie... -"Quoi de neuf, ce matin ?" Mine de rien, tu regardes les croissants... -"Oh...pas grand chose...juste une carte de Superman..." La tête de la boulangère ! - "Vous le connaissez ?"-"Bah...on s'écrit de temps en temps..."-"Tous mes croissants contre son adresse !"-"O.K., Superman, KRYPTON...vous mettez ça à la poste dans la boîte Espace.. Au revoir Madame !" et hop ! des croissants pour tout le monde."

(Ce titre est malheureusement actuellement indisponible en format poche et en grand format.)

bouton3 Note de lecture : 3.5/5

ISBN 2 84626 000 1 - Juillet 2004 - Au Diable Vauvert

Autres titres lus :

Zéros tués
Le libraire
(coup de coeur 2006 - billet disparu avec mon ancien blog)
Mari et femme

Dans quelques semaines, promis, vous saurez pourquoi je lis et relis Régis de Sà Moreira de A à Z. ;o)

23 décembre 2009

Taguée bien gentiment...

... par Liliba qui me décerne un Certificat d'amitié si intimidant, me voici toute rougissante et toute embêtée pour désigner à mon tour 7 personnes à qui décerner ce prix. Vous êtes bien plus que 7 à le mériter. Chacune ou chacun à votre manière vous comptez dans ma vie blogosphérique et parfois également en dehors de cette vie là.

Co errante m'avait également demandé 7 vérités à formuler, et j'ai été incapable de rendre ma copie, encore une fois...

Bon, en ce moment, j'ai du mal à suivre...c'est certain, et le chiffre 7 semble me faire perdre tous mes moyens. Je suis très occupée et j'ai beaucoup de travail en dehors de ce lieu si douillet. J'aimerais rendre au centuple les surprises et autres marques d'amitié qui affluent vers moi et le temps me manque...et je le regrette.

Allez, aujourd'hui les vacances commencent...pour quelques jours.

Je vous souhaite d'ores et déjà à tous de très belles fêtes de fin d'année ! Et je vous les souhaite avant tout douces et affectueuses !

Ci-dessous, quelques photos d'étoiles glanées ça et là... et Eddy Mitchell sous son manteau blanc.

_toiles1 _toiles3 _toiles _toile

joyeuxnoel

16 décembre 2009

En cours de lecture...

cartes"François distribue. Le verger brûle à l'intérieur de Judith. Un regard noir glisse sur ses épaules comme une lente caresse lui dérobant la vie. Quatre de carreau.
- Cousine, tu n'as pas mieux ?
Non. Et inutile de feindre, elle se moque bien de perdre. Elle joue un autre jeu, dont elle ne sait rien. Elle goûte l'étrange folie qui prive de sommeil les chats la nuit. Il la regarde. Là-bas. Debout. A une vingtaine de pas dans le dos de Philippe de Marbourg, au pied d'un arbre biscornu. Seul, indifférent à tout ce qui s'agite autour de lui. D'ailleurs, rien ne s'agite à son entour. L'air qui l'enveloppe semble aussi infranchissable que la pureté silencieuse des glaces."

Extrait de Miel et vin de Myriam Chirousse aux éditions Buchet Chastel

Je prends le temps de déguster ce pavé ma foi plutôt passionnant...je ne suis pas en pause, mais presque...je suis débordée...je ne suis pas loin.

Publicité
9 décembre 2009

En cours de lecture...

poste"Il est midi. Les roses s'effondrent. Sous la chaleur, elles se détachent d'un coup, l'une après l'autre, et tombent entières sur le sol, avec un bruit mat. J'attends que le facteur passe, bleu sur son vélo.
Je crois toujours qu'il va m'apporter une merveille. Le facteur est peut-être ma nouvelle version du Père Noël, ou d'un contrebandier revenant d'une île au trésor, dont il garderait le plan caché au fond de son sac de cuir tanné. Qu'est-ce que j'attends, à part les factures ? Des réponses pour des manuscrits, du courrier des lecteurs, une petite part de ciel qui descendrait là, soudain sur la table, trop brève, insuffisante, mais qui relancerait pourtant l'envie d'espace."

Extrait de Fragments de bleu de Catherine Leblanc, éditions Oslo

4 septembre 2009

Ce que pensent les hommes - DVD

ce_que_pensent_les_hommes

"Ce que pensent les hommes" ...
Souhaite-t-on vraiment réellement le savoir, ou préfère-t-on continuer à se bercer d'illusions ?
Pourquoi ne rappelle-t-il pas ? Comment interprêter les signes, les paroles échangées, les silences ? Il y a toujours une bonne copine pour nous citer en exemple un couple de ses amis pour lequel cela a marché, pour lequel existe cette exception à une règle si évidente : si après une première rencontre un homme ne vous rappelle pas, c'est qu'il n'est pas intéressé, un point c'est tout.
Les personnages féminins de ce film choral au casting impressionnant, recherchent l'amour ou essayent de le retenir, les personnages masculins affirment leur différence et se cassent le nez sur leurs principes. C'est drôle, émouvant et enlevé.
J'ai vraiment beaucoup apprécié cette petite comédie sans prétention qui nous parle encore et toujours des sentiments amoureux (mais comment s'en lasser ?!) et de tout ce qui sépare les deux sexes, et cela d'une manière pas aussi légère qu'il n'y paraît.
La morale de l'histoire : dans la vie -et surtout dans le domaine amoureux - rien n'est figé, acquis, tout reste toujours possible... Ah, l'amour ! ;o)

Plus d'infos sur ce film

29 août 2009

Sept vies - DVD

sept_vies

Ben Thomas est agent du fisc. Vivant seul dans une grande maison en bord de mer, il semble hanté par des secrets, mais aussi par la mort d'une femme, sa femme. Que cherche-t-il à réparer ? Pourquoi harcèle-t-il certaines personnes, sept au total, toutes victimes d'un handicap, d'une maladie ?
A priori, suivant un plan bien précis, il n'avait pas prévu de tomber amoureux, mais qui le prévoit...

Avec ce film, vous vous poserez des questions, vous serez émus, chamboulés... En bref, aucune raison de s'en priver. Les acteurs, beaux et excellents, donnent à cette intrigue à énigmes toute sa force...et pour tout vous dire, j'ai pleuré comme une madeleine.

La bande-annonce...

Plus d'infos sur ce film

16 novembre 2009

Vu hier au soir...

eternal01...Eternal sunshine of the spotless mind, sur Arte. C'est un film que je connaissais déjà. J'ai reçu ce deuxième visionnage bien différemment. Outre la structure narrative qui me plait toujours énormément, les personnages m'ont semblé deux fois plus attachants et le thème finalement bien intéressant aussi. Dans cette histoire, un certain Dr Merzwiak est à l'origine d'un procédé astucieux qui efface les souvenirs. C'est ce que vont se résoudre à faire Joël et Clémentine qui ne voient plus d'avenir pour leurs sentiments et décident de passer ainsi à autre chose.

Clémentine, jouée magnifiquement par Kate Winslet, a tout à fait sa place sur ce blog. Elle est - il me semble - une figure antigonesque tout à fait légitime.

Et puis, voici la réflexion que je me suis faite, que toute émotion est bonne à prendre...même la plus douloureuse, que tout est bon plutôt que de perdre la mémoire et oublier.
Et aussi, qu'il est intéressant de voir ces deux êtres se rencontrer de nouveau, une deuxième fois, comme si le destin leur redonnait une chance, leur proposait une nouvelle partie, à eux de la gagner...cette fois-ci.

Un extrait...

14 novembre 2009

Poème épique...ou mythique, c'est selon

laine1Qu’as-tu donc fait de toi Antigone ?

De ta colère et de tes luttes.

De ta force.

Je me souviens du feu qui animait autrefois le brun de tes yeux.

Des matins que tu entamais, le poing serré,

Caché au creux de tes poches.

Qu’est-elle donc devenue celle qui osait ?

Qui brisait les tabous.

Qui bravait la tempête de son sourire timide.

Je ne te reconnais plus

Dans ce tassement d’épaules,

Dans ce découragement que soudain tu m’avoues.

Sous le voile des désillusions, de l’attente,

J’espère

Un sursaut, une hâte, un regain de vigueur.

Je sais que tu es là pourtant, cachée,

Simplement invisible aux yeux de tous.

Tu as grandi.

Je t’attends.

© Les écrits d'Antigone - 2009

7 novembre 2009

Un lien étroit

home_wifeDes bourrasques, du gris, de la pluie.

Marie essuya du bout de l’index les traces de buée que la chaleur de son haleine venait de former sur la vitre de son salon. « Quel temps stupide ! » Puis, elle se ravisa et dessina dessous, en trois mouvements rapides, le sourire d’une bouche et deux énormes yeux ronds.

De l’autre côté de l’impasse, son voisin, Paul, venait de sortir de son garage, le dos légèrement vouté.

Elle observa un moment la lourdeur de ses mouvements, alors qu’il déchargeait lentement la camionnette rouge qui encombrait son entrée. « La camionnette de son fils », pensa-t-elle, puis aussitôt « son dos le fait encore souffrir. ».

Elle essuya du revers de la manche son dessin et contempla les tâches brunes de ses propres mains à elle, la fragilité nouvelle de sa peau, cette preuve visible que le  temps filait à toute vitesse vers la fin.

Vingt-cinq ans qu’elle habitait cette impasse, cette maison. Vingt ans qu’elle s'avouait aimer son voisin d’un amour profond et sans issue. Dix ans qu’elle était veuve.

Marie s’était depuis longtemps enlisée dans le confort sans surprises de l’amitié. Tout plutôt que de risquer la souffrance, tout plutôt que de briser le fragile équilibre de leur vie, tout plutôt que de s’entendre opposer un refus, un rejet.

Sur ce principe vain qu’un amour se doit d’être vécu, su, elle avait tenté le tout pour le tout, il y a bien longtemps, un beau jour de juillet. « Je vais quitter mon mari », avait-elle dit à Paul, alors qu’il l’aidait à réparer la roue de bicyclette d’Isabelle, sa fille à elle, tout juste âgée de treize ans.

Elle avait attendu une réaction de sa part, fouillant ses traits, une faille, la justification de ce sentiment d’intimité qui se dégageait d’eux alors qu’ils se tenaient ainsi, penchés ensemble sur le même objet. Elle n’avait pas rêvé, elle n’était pas folle, elle ne pouvait être la seule à éprouver une telle attraction impérieuse.

« Tu es certaine ? Peut-être devrais-tu essayer encore ? Tenter de vous retrouver. Ce n’est sans doute qu’un passage. Pense aux enfants, Marie, ils sont encore si petits… »
Elle n’avait rien pu lui dire de plus. Elle s’était éloignée, repliée sur elle-même, comme giflée.

Et aujourd’hui, vingt ans plus tard, elle était là à l’observer, incapable de bouger, de déménager, alors que ses enfants la pressaient de le faire, incapable de vivre sans l’homme qu’elle aimait. Son meilleur ami.

Le mari de sa voisine.

Gêné par le vent et la pluie, Paul s’adossa un instant à la camionnette de son fils, puis leva les yeux vers elle, l’aperçu, lui fit un signe discret de la main. Sa bouche forma un bonjour muet qu’elle reçu sans sourciller. Comme souvent, son visage paisible à lui, s’immobilisa un temps de plus de trop, ce temps qu’elle savait ne lui appartenir qu’à elle, mais qu’elle ne tentait plus d’interpréter.
Elle recula d’un  pas vers l’obscurité de son salon.

Une main sur sa bouche. L'autre sur le coeur.

© Les écrits d'Antigone - 2009

17 mai 2009

Nuage de texte...

...pour essayer.

J'ai vu ce nuage chez Lily et contrairement aux blogueuses qui ont testé Wordle pour leur blog, j'ai voulu essayer le système sur un de mes textes, un texte qui n'est pas présent ici, une nouvelle un peu longue que j'avais postée sur mon ancien site et nommée "Traces". J'ai limité le nombre de mots à 30 pour plus de clarté, joué avec les couleurs et la disposition. Le résultat est assez amusant et me plait plutôt...Par contre, je n'ai pas réussi à agrandir l'image, zut de flûte ! Bref, je m'amuse...

Traces (version grand format en cliquant ici)

Bon dimanche !

7 décembre 2009

De notre vivant

denotrevivantNous ne dormirons plus parce que nous avons ouvert les yeux.
Peut-il y avoir encore une maison et un amour ?
Ma voix se couvre de feuilles.
Dans ma mémoire ont respiré tant de soleils
Que j'ai salué ma table et mon fauteuil
comme des étrangers venus par la route des années-lumière.
Je ne sais plus qui j'ai aimé mais c'était toi.

J'ai le délire dans la main.
Nous ne sommes plus seuls. Le temps est venu parmi nous.
Entends-le aux fissures de l'horloge,
Il parle de soleils et de destins.
Nous le saluerons avec des pierres et des brins d'herbe.

Nous nous souviendrons du temps de notre terre.

Jean Malrieu (1915-1975)

Extrait de C'était hier et c'est demain, Anthologie Le Printemps des poètes, Mars 2004

Et encore sur ce blog un poème de cette intéressante anthologie... Bonne semaine !

26 novembre 2009

Une lettre arrive

armen_lubinA Jules Supervielle

Une lettre arrive en voletant
A cause des mots qui sont dedans.

Ils disent "bonjour", "je n'oublie pas",
Et voici l'espoir, tout en éclats,
Qui rejaillit de ce monde âgé.

Le vent qui passe est si léger,
Qu'il passe sans révéler son identité.

Et bien entendu, les marguerites
Se répandent jusqu'à la guérite,
En suivant le pointillé.

Armen Lubin (1903-1974)

Extrait de C'était hier et c'est demain, Anthologie Le Printemps des poètes, Mars 2004

29 octobre 2009

Zéro tués, Régis de Sà Moreira

z_ro_tu_s"- Zéro tués.
- Hein ?
- Ah...excuse-moi, c'est Andres... Depuis qu'il a découvert que OK voulait dire "Zero killed", il ne peut plus s'empêcher !
- OK, zero killed... Ah ouais... Il a trouvé ça comment ?
- Une émission... A la télé, je crois.
- Andres regarde la télé ?"

Une corde, un homme pendu, nu. La scène est dressée, macabre, mais néanmoins absurde, presque drôle.
Une femme observe ce corps immobile, celui de l'homme qu'elle aime. Elle est recroquevillée dans un coin de la pièce où tout s'est déroulé. Elle songe à la manière dont une personne, irresponsable, a pu vendre sans scrupules cet ustensile de mort tout neuf à son amant, cette corde. Elle se fait livrer une pizza, elle nourrit le chat prénommé Shakespeare, elle attend.

Clara observe Joseph, ne comprend pas.

Puis, petit retour en arrière vers une ancienne dispute, une rupture douloureuse, de longues conversations téléphoniques nocturnes entre eux et le frère de Joseph, Andres, ainsi que Françoise, sa femme, à l'époque enceinte du huit mois... Pause sur le souvenir de leur dernière séparation.

"Bien plus tard, lorsqu'elle avait décidé de le quitter, elle s'était rappelée cette histoire de cornichons et avait eu l'impression de se quitter elle-même.
Ca n'avait pas été qu'une impression. Elle s'était quittée elle-même. Une fois de plus, elle avait échoué dans sa tentative d'exister dans deux endroits en même temps, mais cette fois-là, elle était restée avec lui au lieu de partir avec elle.
Pendant une longue période elle avait goûté et connu la joie d'être séparée d'elle, de vivre loin d'elle. Elle avait épuisé presque tous les verbes du permier groupe, et elle avait fini par se manquer.
Elle avait alors regardé un peu partout si elle y était et, ne se voyant nulle part, elle était rentrée."

Il s'agit de ne rien tenter, de ne surtout pas mettre ses idées dans le bon ordre lorsque l'on ouvre ce "roman" de Régis de Sà Moreira. Nous sommes dans la caricature décalée et le féérique désabusé. Voilà tout. Dans l'absurde. Au théâtre. Et le plaisir de lecture naît, encore une fois, de ce contraste étrange entre le réel, entre ce que l'on comprend de l'errance des personnages, de leurs motivations, et cette fable sous-jacente qui jalonne et transporte le récit. Et si Joseph, - dit cet homme qui ressemble à Dieu -, était d'une espèce à part, de celles qui ont compris l'évidence ? Que parfois l'amour ne suffit pas.

J'avais aimé, beaucoup, du même auteur Le libraire (2004), un peu moins son Mari et femme (sorti en 2008), plus conventionnel. J'ai retrouvé ici la même voix qui m'avait déjà plu au préalable,  avec peut-être de la dureté en plus, ou de la poésie en moins. Mais la philosophie reste la même. Rien de ce que l'on fait n'est absurde, seul compte le sens, et il nous appartient.

A tenter, vraiment, pour ceux qui aiment également le genre...et à prendre au second degré, cela s'entend.

bouton3  Note de lecture : 4/5

ISBN 978 2 253 12238 8 - 5.50€ - Le livre de Poche
(Au Diable Vauvert - 2002)

Le mot de l'éditeur... "C'est une fable merveilleuse où l'on trouve Dieu, aujourd'hui sage et repenti, une famille, des villes, des téléphones, de l'alcool, des cigarettes, le Paradis, des humains d'une tendresse rédemptrice, de la musique hawaïenne, des cordes pour se pendre... et peut-être une leçon de bonheur."

25 octobre 2009

Un tag à livres !!

Une mission que m'ont confié Theoma et Emmyne, depuis un certain temps. Et je dis merci, si si. ;o)

Où on me questionne sur mes lectures, sur mes livres fétiches, et sur ceux que j'aime moins ...

A quel livre dois-tu ton premier souvenir de lecture ?

treize___la_douzaine     belles_histoires_bout__du_banc_69    Le Pêcheur d'oiseaux    

Oh là là, j'ai le sentiment de devoir traverser des multitudes de limbes effilochées de souvenirs avant d'arriver jusqu'à ce livre premier. Et tout cela donne un résutat finalement un peu flou, approximatif. Bon, réfléchissons. Je me souviens de Treize à la douzaine que j'aimais beaucoup, Des histoires du bout du banc en bibliothèque rose, mais avant tout, peut-être du Pêcheur d'oiseau, un J'aime lire qui m'avait tant marqué que j'en rêvais la nuit, et dont j'ai retrouvé un exemplaire, à l'état neuf, un beau jour, dans la salle d'attente de mon médecin. Je l'ai lu à mon fils, et cet instant était iréel, étrange et assez émouvant, car l'histoire lui a plu, à lui aussi. Malheureusement, je l'ai laissé là bas, et la fois suivante, il n'y était plus.
(Mais il y en a bien d'autres, comme L'île au trésor de Stevenson par exemple.
)

Quel est le chef-d'œuvre «officiel» qui te gonfle ?

             

Sans doute Belle du seigneur d'Albert Cohen, parce que je l'ai lâché en cours de lecture...par incompréhension et ennui.
Quel classique absolu n'as-tu jamais lu ?
Oh, je n'ai jamais lu Le parfum de Suskind.
Quel est le livre, unanimement jugé mauvais, que tu as «honte» d'aimer ?
Peut-on avoir "honte" d'aimer un livre ? Cela dit, aucune idée.
Quel est le livre que tu as le sentiment d'être la seule à aimer ?
Aucune idée non plus.
Quel livre aimerais-tu faire découvrir au monde entier ?
Tous mes coups de coeur, car j'ai des enthousiastes très enthousiastes en général.
Quel livre ferais-tu lire à ton pire ennemi pour le torturer ?
Sans hésiter le Don Quichotte de Cervantes, les deux tomes, un horrible souvenir de torture livresque estudiantine...

Quel livre pourrais-tu lire et relire ?

anouilh      
Je lis et relis très souvent le Antigone d'Anouilh (que ceux qui sont surpris lèvent le doigt !) mais aussi Le prophète de Khalil Gibran.
Quel livre faut-il lire pour y découvrir un aspect essentiel de ta personnalité ?
Pas forcément un Antigone, au final, mais il me semble que mes enthousiasmes de lecture donnent une image assez précise de ma personnalité.

Quel livre t'a fait verser tes plus grosses larmes ?

enfamilleJ'ai beaucoup pleuré sur En famille, toute petite. Il est rare que je pleure aujourd'hui en lisant, j'ai grandi et mis de la distance. Cependant, cela n'empêche pas les frissons.
Quel livre t'a procuré ta plus forte émotion érotique ?
Dernièrement, La Mariée mise à nu.
Quel livre emporterais-tu sur une île déserte ?
Un recueil de poésie, celui du XXème chez Gallimard Poésies.
De quel livre attends-tu la parution avec la plus grande impatience ?
En ce moment, j'attends avec impatience le prochain Emmanuelle Pagano, qui devrait sortir bientôt, il me semble.
Quel est selon toi le film adapté d'un livre le plus réussi ?
Je viens de voir le film Mademoiselle Chambon au cinéma, une adaptation plutôt réussie du roman de Holder. Mais j'aime également terriblement Out of Africa, un chef d'oeuvre, non ? Pfff...je ne m'en lasse pas.

Je tague à mon tour Véro et Liliba

24 octobre 2009

L'homme qui m'aimait tout bas, Eric Fottorino

l_hommequi"L'amour que je te porte à jamais est à la mesure de ma colère face à ce geste qui fait de moi un vivant à petit feu. Cet égoïste d'écrivain que je suis a vu disparaître son meilleur personnage."

Michel Fottorino a sa place dans tous les romans d'Eric Fottorino, son fils ; soit il apparaît derrière une figure paternelle de passage, soit il existe dans les gestes d'un personnage central (Un territoire fragile). Kinésithérapeute, possédant le don des mains qui apaisent, qui écoutent et qui soignent, il a donné naissance à Eric le jour où il lui a donné son nom, le jour où il a décidé de l'adopter, et d'ainsi devenir son père, officiellement, aux yeux de tous.

Seulement voilà, à l'aube d'une vieillesse sans doute redoutée, Michel s'est donné la mort dans sa voiture, dans une profonde solitude, inexplicable pour ceux qui l'ont aimé. C'est ce que Eric Fottorino essaye de comprendre dans ce témoignage, tous les pourquoi de ce geste fou, mais également les signes qu'il aurait dû ou pu voir, et qu'il n'a pas su.

Ce livre est un parallèle inattendu à ma précédente lecture (Mauvaise fille). Après l'hymne à la mère, voici donc l'hymne au père. Malgré mon respect pour le drame traversé par cette famille endeuillée, je dois malheureusement me rendre à l'évidence que littérairement parlant, la comparaison n'est pas en faveur de cette dernière lecture. Si Justine Levy m'avait convaincue via son autofiction, je suis restée très à côté de l'écriture et de la douleur d'Eric Fottorino, de son amour pour son père si charismatique. J'ai eu, pour le coup, l'impression d'être ici dans le voyeurisme, de rentrer dans l'intimité d'une famille qui n'est pas la mienne, et dont je n'ai rien à savoir, en tous les cas "pas tant".
De plus, ayant en son temps, littéralement adoré ma lecture d'
Un territoire fragile, j'ai eu le sentiment de ne pas retrouver dans les mots de l'auteur, cette fois-ci, le souffle qui m'avait jadis emporté dans son roman.
Une petite déception, en somme.

"Ses mains dont je sens encore la pression quand il raccordait mes muscles de cycliste ? Passé. Sa voix encore au creux de mon oreille, ses intonations joyeuses, ses mimiques ? Passé. Son sifflement quand il aspirait le café brûlant, ses yeux plissés ? Passé, passé. Le bruit de ses sabots qui claquent sur le carrelage ? Passé, passé, passé."

14863bouton3 Note de lecture : 3/5
ISBN 978 2 07 012463 3 - 15€ - avril 2009

Vos lectures... Pour Sylire, c'est un coup de coeur - Pour Jules aussi - Cathulu a également été touchée - Amanda s'est sentie indiscrète (ouf, je me sens moins seule !) - Et encore un beau billet sur "Enfin livre !"...

Ce roman est en lice pour le 22ème Prix Goncourt des Lycéens parmi 14 titres.

- Edem Awumey, Les pieds sales, Seuil
- Sorj Chalandon, La légende de nos pères, Grasset
- Daniel Cordier, Alias Caracalla, Gallimard
- David Foenkinos, La Délicatesse, Gallimard
- Eric Fottorino, L’homme qui m’aimait tout bas, Gallimard
- J-M. Guenassia, Le club des incorrigibles optimistes, Albin Michel
- Yannick Haenel, Jan Karski, Gallimard
- Justine Lévy, Mauvaise fille, Stock
- Laurent Mauvignier, Des hommes, Minuit
- Serge Mestre, La lumière et l’oubli, Denoël
- Marie Ndiaye , Trois femmes puissantes, Gallimard
- Véronique Ovaldé, Ce que je sais de Vera Candida, L’Olivier
- Jean-Philippe Toussaint, La vérité sur Marie, Minuit
- Delphine de Vigan, Les heures souterraines, JC Lattès

Créé en 1988, le Prix Goncourt des lycéens en est cette année à sa 22ème édition. Placé sous la houlette de l'Académie Goncourt, en partenariat avec le ministère de l'Education Nationale et de la Fnac, il propose aux lycéens de devenir jury. Les classes sont chargées de lire la même sélection que les académiciens Goncourt. L'objectif est d'encourager l'envie de lire, d'écrire, et de favoriser les échanges autour des livres. Un premier vote sera effectué dans les régions. Le prix sera attribué le lundi 9 novembre 2009, à Rennes.

Le blog du Prix - Le site du Prix

Grand merci aux organisateurs, encore une fois, pour cet envoi !

19 octobre 2009

Une pause s'impose...

laine...parce que parfois, voilà, cela m'arrive, je suis toute emmêlée.
Je ne sais pas vraiment pourquoi, sans doute le tricot de ma vie que j'ai oublié de tourner régulièrement - un rang à l'envers, un rang à l'endroit - ou bien mon quotidien qui, tel ou balle, s'est glissé sous un meuble, par le jeu innocent d'un chaton inconstant.
Les fils se croisent, les noeuds se forment et tout devient un tel fouillis indescriptible que même la plus courageuse des tricoteuses ne saurait demmêler cet amas.
Quelle idée aussi que de penser faire de ses journées un jacquard toujours parfait, délicat, précis. On le sait, il faut aussi soigner ses arrières, passer une pelote sous une autre, croiser les fils, apprendre les bons gestes, la patience.
Lorsque je suis ainsi, nouée, j'ai besoin de poser mon ouvrage quelques temps, de prendre chaque couleur, chaque pelote une à une, de leur rendre leur place ; de mettre à plat mon tricot.
Ensuite, assez vite, tout devient plus paisible, le plaisir renaît. Je reprends mes points à l'endroit précis où je m'étais arrêtée. Je reviens. 

5 mars 2009

Le pont des soupirs, Richard Russo

lepontdessoupirsLe pont des soupirs nous conte une histoire d'amitié, une histoire à trois voix. Il y a tout d'abord celle de Lou C. Lynch dit Lucy, la voix qui parcourt presque tout le livre. Lucy vit depuis son enfance à Thomaston, petite ville proche de New York, héritier des trois boutiques de la famille Lynch, il se penche sur sa jeunesse, sur son amitié avec Bobby, sur sa relation avec Sarah, sa femme aujourd'hui, sur ses parents. Bobby, peintre devenu célèbre, achève des tableaux dans son atelier de Venise, il est la seconde voix de ce livre. Il pose un regard critique sur sa vie actuelle et sur celle d'hier, pleine de regrets et de frustrations. Sarah, la dernière voix, la plus tendre peut-être, revient sur ses choix amoureux et sur ses choix de vie. Au centre de ce trio et des personnages du roman, une petite boutique se dresse, nommée Chez Ikey, personnification de la paix et de la douceur d'un foyer idéal.

Ah si j'avais eu le temps de plonger doucement dans ce livre, mon bonheur aurait été parfait, car je l'ai aimé malgré ses quelques 726 pages...
On ne peut pour autant en parler comme d'une fresque, en dépit de son volume et de l'aspect narratif du sujet, car ce n'en est pas réellement une tant nous naviguons avec lui au centre de l'intime. Lucy, devenu âgé, et pressé par sa femme de partir en voyage décide de prendre la plume pour raconter sa vie. Il ne sait pas pourquoi il le fait, nous non plus, mais nous soupçonnons bientôt que la tranquille ville de Thomaston cache des secrets et des désirs bien enfouis. Il y a de très beaux moments, des tendresses et des changements de point de vue troublants et émouvants. Il y a juste assez de flash backs et d'introspections pour conserver l'intérêt du lecteur. Il y a de la peinture, des histoires d'épicerie et d'adolescence bagarreuse. Il y a la vie, celle de chacun de nous, avec ses erreurs et ses actes manqués. Un très bon roman, dont je conserverai un souvenir tendre.

"Curieux comme notre perception du destin change au cours d'une vie. Jeunes, nous croyons ce que croient les jeunes, que tout dans l'existence est affaire de choix. Nous avons une centaine de portes devant nous, nous choisissons d'en ouvrir une, puis il en arrive encore cent, et il faut recommencer. Nous choisissons ce que nous ferons, mais aussi qui nous serons. Sans doute le bruit de chacune de ces portes qui, au fur et à mesure, se referment derrière nous devrait-il nous troubler, mais non. Même si elle se ressemblent et nous amènent au même endroit. Il s'en trouvera à l'occasion quelques unes de vérouillées, mais qu'importe, puisque tant d'autres ne le sont pas. Le choix lui-même n'est peut-être qu'une illusion, mais nous n'en tenons pas compte. Nous sommes trop curieux de savoir ce que cache la prochaine, celle qui nous conduira, espère-t-on, au coeur du mystère."

bouton3 Note de lecture : 4/5

Un livre lu dans le cadre du grand prix des lectrices de BOOKPAGES 2009
Catégorie Roman

ISBN 978-2-7103-3002-8 - 25 € - 09/2008 

Philippe Russo a reçu le prix Pulitzer pour un de ses romans Le déclin de l'empire Whiting

La lecture d'Annie - Celle d'Enna -

27 juillet 2009

Le bateau du soir, Vonne van de Meer

lebateaudusoir"Les propriétaires de Duinroos souhaitaient-ils que les vacanciers oublient le temps ? Cela existait-il, une durée propre aux îles, un emploi du temps déterminé par l'arrivée et le départ du bateau, par les marées, la météo, et ceux-ci devaient-ils tout bonnement s'y soumettre ?"

Ce titre est la suite Des invités de l'île, que j'avais lu il y a quelques temps déjà.
Nous retrouvons avec plaisir dans le deuxième opus de la trilogie de Vonne Van der Meer cette Maison des Dunes, Duinroos, dans laquelle des vacanciers hétéroclites se succèdent en attente de calme, de mer et de repos, de Mars à Septembre. La même femme de ménage - une femme de ménage pas comme les autres - veille toujours sur la bonne tenue de la maison et du livre d'or.... Rien n'a changé. Seul peut-être l'escalier en bois blanc a-t-il été repeint, oui. Et il semble manquer quelques pages au cahier posé en évidence sur la table basse, peut-être. Rien n'a changé, et pourtant rien ne semble être vraiment comme l'été précédent...

J'avais un souvenir lumineux du premier tome, souvenir que je n'ai pas conservé dans ce deuxième tome, que j'ai trouvé beaucoup plus mélancolique et sombre. Parmi les locataires du lieu, il y a des retours, des seconds séjours, des mal-êtres, du trouble, des doutes, et pas mal de séparations. Tout cela est un peu triste. Et pourtant, l'écriture - ou la traduction - est toujours aussi belle, et le charme du récit agit sur soi, malgré soi. Alors ? Alors, si on entreprend comme moi un second voyage vers Vlieland, il faut s'attendre à ce que la vie nous rattrappe, malgré le doux murmure des vacances, il faut s'attendre à être plongé dans quelque chose qui colle un peu aux doigts, comme cette dernière barbe à papa que l'on mange, un peu vite, un peu mal, juste avant de reprendre le bateau du soir, le dernier, celui qui ramène vers le continent.

bouton3  Note de lecture : 3.5/5

ISBN 9782264045690 - 7.40€ - 07/08

Cathulu nous annonçait en mai dernier la sortie du troisième tome prévu pour le 20 Août ! - N'hésitez pas à me communiquer vos liens de lecture sur ce titre, je n'ai étrangement rien trouvé... ;o(, et je suis preneuse.

21h19 : la belle lecture de Tania, merci !!!

3 juillet 2009

La semaine dernière...

...j'ai passé une journée entière sur l'Ile d'Yeu, en bonne compagnie. Malheureusement, je n'avais pas mon numérique sur moi. Vous n'avez donc ci-dessous de cette journée là réellement que mes bras. Pour le reste, j'ai chipé des photos ici.
Tout cela pour vous dire que c'était une journée magnifique, et que je crois que j'y suis toujours un peu... Bon week-end !

Mes_images5

14 octobre 2009

Nous ne sommes pas séparés

arbreautomneNous ne sommes pas séparés de la Terre
  par la construction d'un tombeau
ni par un chant de pierres d'églises, ni par voie
  de contemplation
mais perdus, tout entiers perdus dans le grand
  paysage
avec ses arbres, ses champs et cette
  incompréhensible lumière
Sur le bord de la route où l'ombre est rare
  et l'amour incertain
nous ne sommes pas séparés de la vie au milieu
  des buissons et des choses communes.

Henry Bauchau
Extrait de "Nous ne sommes pas séparés", Actes Sud, Mai 2006

9 octobre 2009

Rentrée littéraire 2009 - Un bilan...et un challenge

challenge_du_1_litteraire_20091Ci-dessous, un récapitulatif des lectures de la rentrée littéraire 2009, chroniquées sur ce blog jusqu'à présent, et qui entrent de plein fouet dans le challenge de Levraoueg (lire au moins 7 livres de la rentrée littéraire, soit 1% des sorties en librairies) ~
au final, un bilan plutôt positif avec des coups de coeur, des bonnes surprises ...mais aussi des déceptions.

La Perrita, Isabelle Condou - Noté 5/5 - heart

Une année étrangère, Brigitte Giraud - Noté 5/5 -  heart

Assez parlé d'amour, Hervé Le Tellier - Noté 4.5/5

Ce que je sais de Vera Candida, Véronique Ovaldé - Noté 4.5/5

Le jour de votre Nom, Olivier Sebban - Noté 3/5

Le voyage vers l'enfant, Vonne van der Meer - Noté 1/5 - une grosse déception...

Contretemps, Charles Marie - Non noté - Un abandon de lecture...

Challenge terminé !

9 octobre 2009

Un contretemps... (Rentrée littéraire 2009)

...et malheureusement un abandon de lecture !contretemps

Voilà qui ne m'est pas courant, mais c'est ainsi, je jette l'éponge, enfin ma lecture, à la page 50. Je dois en effet me rendre à l'évidence que, malgré une écriture très belle, et cette manière de découper l'histoire en courts chapitres que j'ai trouvée originale et surprenante (dans le bon sens), cette fiction surréaliste me laisse dans un état d'incompréhension totale.

Dommage, car cette proposition de Blog-O-Book était assortie d'une charmante lettre de l'éditeur des Forges de Vulcain, que je remercie au passage pour l'envoi !

L'histoire ? (ou du moins ce que j'en ai saisi) Melvin, le héros du roman, est chargé de retrouver un dénommé Bruno Bar. Ce qui l'entraînera dans les catacombes de Florence, où il se fera tirer dessus et séduire (derrière le bar d'ailleurs, est-ce un jeu de mots ?) par une belle jeune femme, Lorraine, qui ne lui demandera rien de plus que cet instant étrange (étrange car ils s'aiment derrière le comptoir, alors que de l'autre côté le sol est jonché de cadavres ?!). Il est épris par ailleurs, en vain, de Morgane, mariée à Harold, qu'elle ne se résoud pas à quitter, même si elle déclare à notre détective que "Moi aussi, tu sais, c'est ton amour qui me donne une raison de vivre. Sans lui, je me sentirais disparaître." Sans parler de ce bras qui change douloureusement de couleur depuis qu'un poisson a mordu Melvin à la main, dans une église de Florence, tout occupé qu'il était à suivre une femme mystérieusement belle affublée d'un éventail noir, et alors qu'il plongeait la main dans un bénitier à l'eau douteusement trouble...
J'en suis restée là. ;o)

ISBN 9782953025910 - 15€ - AOUT2009

Toutes les autres lectures sont en lien sur le site de Blog-O-Book. A noter, la lecture de Levraoueg, pleine d'enthousiasme, qui fait par ailleurs voyager son exemplaire.

Ce titre clôt étrangement ma participation au challenge 1% rentrée littéraire inauguré par Levraoueg.

Défi 1% littéraire 2009 : 7/7

7 octobre 2009

Valérie Rouzeau

val_rie_rouzeau"Je pars le coeur tapant prendre le train en marche

Pile au signal sonore monterai mon bagage avec ma vie entière

Sur les rails je penserai à toute vitesse au bonheur étrange de sentir mon poids de chagrin lancé par des plaines jamais vues

J'apercevrai peut-être un vrai oiseau dont on me dira plus tard que c'était un hiatus

Tant de vide où se jeter qu'on parle de ciel pour remettre les choses à leur place qu'on croit

Un vrai oiseau une authentique joie ça va où

Nous serons bien avancés quand j'aurais posé pour moi cette question waouh

Et cette question de ma peine et des plaines pleines de ma peine et du vent je la laisse en suspens

On m'attendra sur le quai à l'heure exacte je saluerai coucou par la fenêtre j'aurai fait bon voyage

La nourriture sera bonne le lit confortable je n'aurai ni faim ni sommeil mais je ferai comme si parce que ça ne mange pas de pain contrairement aux oiseaux

Puis je repartirai le coeur en miettes toujours tapant et éperdu"

Extrait de Poé/tri "40 voix de poésie contemporaine" chez Autrement, 2001

Biographie/bibliographie chez Inventaire/Invention

Publicité
Les lectures d'Antigone ...
Publicité
Les lectures d'Antigone ...
  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Visiteurs
Depuis la création 697 112
Publicité
Derniers commentaires
Publicité