Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Les lectures d'Antigone ...
Publicité
Ardoise magique

Ce blog a dorénavant une page Facebook...
https://www.facebook.com
/antigone.lectures

Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

Newsletter
90 abonnés
7 juin 2010

LISTER

listerApprocher ce qui vient
Noter fébrilement

A l'occasion renoter

Et puis attendre
Que le sens vienne

Qu'il apure

Qu'il transpire

Sinon, tenter l'impossible
Juste patienter la pluie

Le vent

Fixer le nuage noir
Qui se traîne au loin

Egrener les minutes
Les accumuler

Les minutes pleines
De mots, de pensées

Serrer Fort

Et puis égoutter

© Les écrits d'Antigone - 2010

Voici donc le premier extrait que je vous livre du travail effectué lors de l'atelier d'écriture déroulé le week-end dernier. Il s'agissait ici, après avoir listé des verbes, d'utiliser une citation extraite d'un recueil et de laisser, rapidement, l'imagination faire le reste.

"Qu'il vente et qu'il pleuve et qu'il se fixe le nuage noir [...]" Jean-Pascal Dubost

Publicité
10 avril 2010

Jeu concours !!

derri_re...ou comment gagner en quelques recherches et questions le troisième roman d'un auteur/blogueur dont j'apprécie les écrits et la personnalité.

A vous de jouer donc en cliquant sur le lien suivant Gagner Derrière toute chose exquise. Vous parviendrez sur le site de Sébastien Fritsch qui vous expliquera en détails la marche à suivre.

Vous avez jusqu'au 25 avril minuit.

J'ai déjà lu ce roman à l'intrigue policière étonnante qui ne découvre ses cadavres que dans une pirouette romanesque intrigante. (Ma lecture)

Bonne chance !!

22 mai 2010

Envie...

...de changements (allez hop exit les mèches blondes, je passe au châtain foncé), envie de prendre mon temps comme le personnage du roman que je lis en ce moment (exit l'étourdissement, je suis sans blog depuis quelques jours), envie aujourd'hui de la fraîcheur d'une rivière et de la quiétude de sous-bois (exit l'affluence des plages, nous sommes partis à la découverte des bords du Yon)...

campagne

...je reviens très vite. ;o)

9 septembre 2009

Un moment d'oubli, Abdelkader Djemaï

unmomentd_oubli"Personne ne sait ton nom ni d'où tu viens. Tu n'as même pas un sobriquet, méchant ou sympathique. Ni de chien ou de chat pour te tenir compagnie. Tu n'es qu'un fantôme sans prénom, une silhouette morte, une ombre creuse qui se traîne sur les trottoirs de S..."

Un homme erre dans les rues, se terre sous des porches, dans des coins nauséeux. Qui est-il ? D'où vient-il ?
Il contemple sa déchéance, ce trou d'hébétude dans lequel il s'est perdu volontairement, expiant une faute ancienne, impardonnable, mais quelle faute ? Il a décidé un jour de se séparer de Laure, de son passé, de sa vie, de tout, "de tout sauf de son chagrin".

Ce très court roman est un emprunt de bibliothèque, totalement impulsif. Abdelkader Djemaï animera cette saison un stage d'écriture dans ma ville, le temps d'un week-end. Le livre était donc sur un présentoir de ma bibliothèque habituelle. Petit dernier me tiraillait le bras, pressé d'aller fureter dans son "coin". J'ai lu quelques lignes, balayé la quatrième de couverture, et hop il était "embarqué".
Alors effectivement, je n'ai pas été déçue par l'écriture...très fluide, pleine de virgules, comme j'aime. Il est intéressant également de suivre le cheminement intérieur de Jean-Jacques Serrano, ancien flic, ancien père et mari comblé, devenu un clochard invisible, abruti de peine.
Juste un goût de trop peu, peut-être, dans cette lecture...

bouton3 Note de lecture : 3.5/5
ISBN 978 2 02 098638 0 - 13€ - FEV 2009

Un très bel article sur Initiales.org

20 novembre 2009

Dans la brume électrique, James Lee Burke

dans_la_brume__lectrique"Peut-être que Twinky Hebert, exactement comme Julie Balbonie, c'est nous. Il méprisait son passé à un tel point qu'il n'avais jamais pu le reconnaître. Il n'avait jamais pu expier son péché, ni même jamais pu se pardonner à lui-même. Aussi, pareil à Protée se levant des eaux, condamné à reprendre forme à jamais, Twinky Hebert Lemoiyne avait passé contrat de se tromper lui-même et, en conséquence, se condamner à revivre son propre passé tous les jours de sa vie."

Dans ce roman de James Lee Burke, nous sommes plongés dans l'ambiance nébuleuse et fantomatique du Bayou.
Dans les environs de New Iberia, dans les marais, une équipe de cinéma s'est installée et s'active à tourner un film sur la guerre de sécession.
Alors que Dave Robicheaux est préoccupé par la découverte du corps d'une jeune fille, atrocement mutilé, il tombe sur l'acteur principal, Elrod Sykes, ivre mort au volant d'une voiture. Il l'arrête. Ce dernier lui affirme avoir vu pendant le tournage d'une scène le cadavre d'un homme noir.
Ce récit plongera Dave dans ses souvenirs et le conduira à lutter contre les figures néfastes qui ont pris possession depuis quelques temps de la ville, donnant à New Iberia les dimensions de l'enfer...

Dans la brume électrique est un très beau roman, exigeant par sa longueur et son écriture foisonnante. Il réclame de la part du lecteur une attention soutenue et un investissement certain. Heureusement, la récompense est au bout du voyage et ne déçoit pas.
Je n'avais encore jamais rien lu de cet auteur. (Pourtant, un autre titre de lui m'attend dans ma PAL. Il m'avait donc déjà fait de l'oeil...)
J'ai apprécié ici l'atmosphère, et cette manière d'insérer dans l'intrigue des doses homéopathique de surnaturel, ce qui donne à l'ensemble une profondeur tout à fait bienvenue. En effet, sans ces effets de manche, l'histoire que nous raconte James Lee Burke perdrait sens et certainement en intérêt.

Peu friande d'ordinaire de romans policiers, je laisse les propositions et opportunités m'inciter à découvrir davantage cet univers... C'est incidemment le deuxième opus de Rivages/Noir que je lis et apprécie, aurais-je donc finalement trouvé avec cette collection chaussure à mon pied, ou plutôt littérature policière à ma poche ?

Par ailleurs, et comme sur ce blog, livres ont tendance à rimer en ce moment avec adaptation cinématographie...je vous signale que Bertrand Tavernier a fait de cette intrigue un film, qui vient justement de sortir en DVD.

Un grand merci à TFM Distribution pour l'envoi du livre !

bouton3 Note de lecture : 4/5

Payot-Rivages - 10.50€ - 2007

Publicité
27 février 2010

Jusqu'à toi...en DVD

jusqu___toiLa vie amoureuse de Chloé est un désert. Il faut dire que la jeune fille est bourrée de phobies de toutes sortes. Voyager, téléphoner, effectuer des démarches est donc pour elle un calvaire. Heureusement, elle peut compter sur ses voisins, un couple qui oscille entre désir d'enfant et disputes, sur sa collègue qui profite d'elle et l'aide à la fois , et sur son loueur de DVD, fournisseur officiel de vies virtuelles dans lesquelles se projeter... Lorsque la valise de Jack, un américain en visite sur Paris, se retrouve par erreur entre ses mains, elle croit avoir enfin trouvé l'âme soeur. En effet, dans cette valise, elle découvre la présence de son livre de chevet à elle  Cent ans de solitude de Garcia Marquez, mais en version anglaise...voilà qui ne peut être tout à fait le fait du hasard.

Attention, voici un film à l'ambiance bien particulière... Et pourtant, il a un charme certain. En effet, comment résister à ses thèmes, à cette histoire de valises échangées, de désir de l'autre qu'on imagine semblable à soi ? Comment résister à l'amour ? Alors, même si certaines situations, ou personnages, sont véritablement un peu trop bizarres pour mon goût...on s'attache à la folie de Mélanie Laurent, à ses amitiés, à sa quête, et on oublie le reste.

20 avril 2010

Riven Rock, T.C. Boyle

riven_rock"Ce qui était arrivé à Arabella Doane était certes regrettable - horrible même, impardonnable -, mais maintenant ils avaient tous une mission, et cette mission avait pour nom Stanley McCormick. Car Stanley McCormick se remettrait, ils feraient ce qu'il faudrait pour ça, et quand il irait mieux, il les récompenserait et c'est alors qu'ils auraient leurs orangeraies, leurs bungalows et le reste. Voilà. C'était ça, et rien d'autre, dont il était question."

Dans un train partant pour la Californie, pour Riven Rock plus précisément, un homme est prostré. Dans le wagon qui lui a été réservé, entouré d'infirmiers, de gardes du corps, il est ignoré des autres passagers qui ne peuvent deviner ce qu'il est effectivement, l'héritier du clan McCormick, le descendant millionaire de l'inventeur de la moissoneuse batteuse Cyrus Mc Cormick. Stanley part pour un asile doré dont il ne sortira plus jamais. N'arrivant plus à contrôler ses accès de violence, ses pulsions envers les femmes, entendant constamment des voix, le jeune-homme timide est devenu un danger pour autrui, pour le sexe opposé en particulier, mais aussi pour lui-même. Sa jeune femme, Katherine Dexter, une des premières docteur ès sciences et féministe convaincue, veillera constamment sur lui, de loin, par téléphone ou jumelles interposées. Voir son mari lui est depuis l'internement de ce dernier interdit. En fait, plus aucune femme ne croisera la vue de son époux pendant près de vingt ans. Des psychiatres de toutes sortes se tiendront à son chevet, en vain.
Le jeune couple qui souriait calmement sur la photo de leur mariage en 1904 à Genève n'est plus. Il n'était peut-être dèjà à ses prémices qu'un rêve éveillé...et n'a pas survécu au désastre de leur lune de miel.

T.C. Boyle raconte ici le destin véritable d'une figure emblématique de l'amérique du début du siècle dernier, Stanley McCormick. Il s'attache à ce personnage naufragé qui sombre définitivement dans la folie, après avoir goûté aux mondanités fitzgéraldienne de l'époque, hanté par une névrose sexuelle qui trouve essentiellement sa source dans sa peur viscérale des femmes, une certaine hérédité et l'omniprésence d'une mère castratrice, Nettie McCormick. Il s'attarde également en parallèle sur la personnalité des figures qui gravitent autour de lui, son épouse Katherine, ses différents psychanalystes aux méthodes hasardeuses, et son infirmier en chef Eddie O'Kane, noceur invétéré, alcoolique impénitent, dont la fidélité à son "patron" et le réel intérêt qu'il témoigne au malade dont il a la charge est le sel évident de ce roman.
Une lecture au ton croustillant et à la verve sympathique qui brosse dans le sens contraire du poil, et qui pointe du doigt les travers d'une "certaine amérique", une amérique qui tente de dissimuler ses névroses et ses failles à coups de dollars. Une saga dense, intéressante et prenante, que j'ai beaucoup aimé lire, malgré son thème sulfureux et le volume conséquent de ses pages.

bouton3 Note de lecture : 3.5/5 - Livre de Poche - 8.25€ - Nov 2001

Riven Rock a été lu dans le cadre d'un partenariat. Je remercie donc ici les éditions du Livre de Poche et l'incontournable BoB... !

Une critique de Catherine Argand pour Lire..."Riven Rock allie la solidité d'une facture classique à l'esprit caustique et toujours intact d'un écrivain insolent."

D'autres destins mêlés de folie sur ce blog ?

Séraphine, Françoise Cloarec 
La femme de l'Allemand, Marie Sizun

18 décembre 2009

La petite et la grande

lapetiteetlagrandeSi vous le vouliez, cette petite vie
Que vous menez, qui vous mène
Pourrait être la grande vie
C'est-à-dire la valable vie ;

Si vous le vouliez, cette petite âme
Qu'en vous entretenez et nourrissez
Pourrait être une grande âme
Pareille au cosmos indicible :
Partie du lui
Essence et substance de lui.

Et, si vous le vouliez,
Tout en continuant à les faire,
Tous les gestes de l'existence
Seraient comme beaux
Seraient comme avenus et non nuls
Au lieu d'être entachés comme ils le sont
De la misère qu'ils crient, et de la
Revendication qu'ils comportent.

Si vous le vouliez, le pourriez
Et le monde, au lieu de continuer
Comme il le fait, par l'esclavage accru
De vos efforts, de vos croyances
Et des méticuleux et farouches suicides quotidiens
Le monde, il soufflerait un instant
Et, prenant une autre route, délivré
Il serait autre et soudain vraiment jeune.

Il reprendrait le courant
Accru de votre prix acquitté
Et de votre estime soulevé.

Adrian Matlev (1910-1964)

Extrait de C'était hier et c'est demain, Anthologie Le Printemps des poètes, Mars 2004

17 avril 2010

La sixième photographie

Je n'ai pas grand chose à dire...sur la sixième photographie de mon blog. Mais comme je réponds à l'invitation de Bel Gazou, d'Annie et d'Aifelle, qui m'ont toutes trois gentiment taguées, je m'y colle.

oeillets

Cette photographie date du 26 juin 2008. Il faisait chaud. J'aperçois à droite une plante qui n'a pas survécu longtemps à ma main verte...hum. Ce post de l'époque, qui me fait sourire par sa grande inutilité, sentait bon l'été !! Comme aujourd'hui, un peu, vous ne trouvez pas ?

Vous pouvez admirer également mes talents question déco colorée... Allez, ces objets ont depuis changé de place, l'arrosoir est posé plus près de mon bureau, le cadre photo a trouvé sa place parmi des livres et mon vase rectangle, vidé de son eau, est rempli de petits objets façon composition. Voilà, vous savez tout, ou presque !

A qui le tour ?

14 avril 2010

Comme

commeCome, dit l'Anglais à l'Anglais, et l'Anglais vient.
Côme, dit le chef de gare, et le voyageur qui vient dans cette ville descend du train sa valise à la main.
Come, dit l'autre, et il mange.
Comme, je dis comme et tout se métamorphose, le marbre en eau, le ciel en orange, le vin en plaine, le fil en six, le coeur en peine, la peur en seine.
Mais si l'Anglais dit as, c'est à son tour de voir le monde changer de forme à sa convenance
Et moi je ne vois plus qu'un signe unique sur une carte :
L'as de coeur, si c'est en février,
L'as de carreau et l'as de trèfle, misère en Flandre,
L'as de pique aux mains des aventuriers.
Et si cela me plaît à moi de vous dire machin,
Pot à eau, mousseline et potiron.
Que l'Anglais dise machin,
Que machin dise le chef de gare,
Machin dise l'autre,
Et moi aussi.
Machin.
Et même machin chose.
Il est vrai que vous vous en foutez
Que vous ne comprenez pas la raison de ce poème.
Moi non plus d'ailleurs.
Poème, je vous demande un peu ?
Poème ? je vous demande un peu de confiture,
Encore un peu de gigot,
Encore un petit verre de vin
Pour nous mettre en train...
Poème, je ne vous demande pas l'heure qu'il est.
Poème, je ne vous demande pas si votre beau-père est poilu comme un sapeur.
Poème, je vous demande un peu...?

Poème, je ne vous demande pas l'aumône,
Je vous la fais.
Poème, je ne vous demande pas l'heure qu'il est,
Je vous la donne.
Poème, je ne vous demande pas si vous allez bien,
Cela se devine.
Poème, poème, je vous demande un peu...
Je vous demande un peu d'or pour être heureux avec celle que j'aime.

Robert Desnos, in Fortunes

11 avril 2010

Le printemps aussi fait fleurir les livres

Je ne savais pas si j'allais m'y rendre...et puis finalement, le soleil aidant, hop ce matin, la famille a pris la route pour répondre à l'appel du Printemps du livre. J'y avais passé la journée, l'année dernière, en compagnie d'Anne, et ce fut un chouette moment dont je garde un souvenir excellent, malgré la grêle qui nous était soudain tombée dessus en sortie de salon.
Nous y allions donc cette fois-ci en famille, pour quelques heures à peine, sans grande ambition, mis à part celle de ne surtout pas regretter l'impasse.
Et je suis heureuse des quelques rencontres faites à l'occasion...

Mes_images23

Premièrement, petit arrêt au stand des éditions Gulf Stream que toute la famille adore. Editeur Nantais d'images, de livres pour enfants et adolescents, ils publient des albums de qualité (http://www.gulfstream.fr/) sur des thèmes chers à mes petites têtes blondes. Petit dernier n'a pas su résister aux Bêtes qui crachent, qui collent et qui croquent... L'année dernière, c'est Luli dans le désert blanc qui les avait enchanté. Un superbe poster dans les mains, j'ai rassuré la personne qui tenait le stand, oui oui je suis votre blog...http://gulfstreamediteur.blogspot.com...promis je laisserai quelques com'. (Vous les retrouverez pour quelques dates en avril, mai et juin).

Ensuite, un sourire à Caroline Vermalle, dont j'avais beaucoup aimé le roman, comme beaucoup d'entre vous... Une conversation intéressante, agréable, et l'espoir qu'un deuxième opus voit le jour très bientôt ! (http://carolinevermalle.blogspot.com/) Tandis que j'écris, elle doit encore y être, son joli chapeau sur la tête. Petit dernier lui a fait son regard bleu qui tue...

Maud Lethielleux était là aussi (http://maudetlesmots.blogspot.com/), bien souvent en grande conversation, ses livres écarlates devant elle, en très bonne position juste à côté de Marie Le Gall. N'oubliez pas de lire D'où je suis je vois la lune, que j'ai pour ma part peut-être encore plus aimé que son premier roman. Ravie de cette deuxième rencontre Maud !

J'ai acheté deux romans. Premièrement, La Peine du Menuisier de Marie Le Gall qui est par ailleurs une personne charmante et qui m'a parlé à l'occasion de son désir de reprendre plus pleinement l'écriture. J'ai hâte de lire ce livre, plébiscité par vous. Elle m'a donné quelques clés d'un second roman en préparation, comme l'avait fait Caroline Vermalle plus haut, mais chut je n'en dirai pas plus...
Deuxièmement, et comme j'avais cette année pour volonté de préparer sérieusement ma petite excursion, j'ai craqué pour le second roman d'un auteur inconnu (pour le moment), Jean-Batiste Destremau. Si par hasard m'a plu par son thème, le road movie d'une adolescente, et la beauté de sa couverture. J'avais repéré ce titre sur le blog de l'auteur http://jeanbaptistedestremau.blogspot.com/...et j'espère que ma lecture sera aussi agréable que ma rencontre brève avec l'auteur, fort sympathique.

Enfin, tandis que je papotais et me surprenais à distribuer mon adresse de blog avec assurance (je me lâche !)... M Antigone a eu une conversation/dédicace avec Lorraine Fouchet, auteure de Le Bateau du matin. Elle lui a dessiné un joli phare, un bateau stylisé, et l'a invité sur son île...hum. Il était ravi. Tu m'étonnes.

7 septembre 2009

Le voyage vers l'enfant, Vonne van der Meer (Rentrée littéraire 2009)

levoyageversl_enfantQuelle déception que cette lecture !

Je vous explique...

Présenté comme le troisième tome d'une trilogie, la suite en fait de La maison des dunes (Les invités de l'Ile) et du bateau du soir, Le voyage vers l'enfant n'a pourtant rien de commun avec la douceur des précédents, rien de commun non plus avec Duinroos, la plage et cette femme de ménage attentive que l'on aimait retrouver telle une figure emblématique d'un lieu de vacances que l'on aurait voulu connaître "pour de vrai".
Seul lien visible, nous retrouvons dans cet opus un des personnages, semblable à ceux déjà rencontrés auparavant, Julia, jeune femme en mal d'enfants, prête à partir au Pérou pour aller y chercher un fils ou une fille, prête à faire confiance à n'importe quel avocat rencontré dans un café à la sortie d'une réunion d'information sur l'adoption.
Le revirement de situation qui scinde à un moment précis le roman en deux parties, très étonnant, m'a paru à moi un brin sordide, et bien peu crédible.

Une lecture qui crée le malaise, et ce sans intérêt véritable et évident. Une écriture moins remarquable. Dommage...vraiment dommage...

bouton3 Note de lecture : 1/5
ISBN 978 2 35087 126 4 -17€ - AOUT 09

C'est également une déception pour Clarabel (merci pour le prêt !) - Cathulu souligne sa force dérangeante

Défi 1% littéraire 2009 : 4/7

3 avril 2010

Quand souffle le vent du nord, Daniel Glattauer

QUANDSOUFFLELEVENTDUNORD"Trois jours plus tard
Objet : Leo me manque !

Bonjour Leo, c'est moi. Je sais, vous n'êtes pas là, vous vous reposez loin de vous-même. Comment faites-vous d'ailleurs ? J'aimerais pouvoir faire la même chose. J'ai un besoin urgent de repos loin de moi-même, et je m'épuise. Leo, je dois vous avouer quelque chose. C'est-à-dire : je ne suis pas obligée, bien sûr, ce n'est pas non plus une bonne idée, mais je ne peux pas m'en empêcher. Leo : en ce moment, je ne suis pas du tout heureuse. Et savez-vous pourquoi ? (J'imagine que vous ne voulez pas le savoir, mais vous n'avez aucune chance, désolée.) Je ne suis pas heureuse sans vous. Mon bonheur nécessite des mails de Leo. Les mails de Leo manquent à mon bonheur. Pour mon malheur, ces mails manquent en ce moment beaucoup à mon bonheur."

Par erreur, et suite à une adresse mail mal orthographiée, Emmi envoie un message à Leo, un message qui ne lui est pas adressé mais auquel il répond, par courtoisie. J'aimerais résilier mon abonnement (Emmi). Vous avez la mauvaise adresse. Je suis un particulier (Leo). S'enchaînent alors des réponses, des bonjours, des confidences prudentes, des baisers chastes du soir, des sentiments...jusqu'à souhaiter se rencontrer. Mais comment cette relation idéale, virtuelle, osera-t-elle se confronter au réel ?

Disons le tout net, je n'ai aucune idée de la qualité littéraire ou non de ce roman épistolaire, ou emailistolaire. Ce livre n'est pas là pour ça, enfin il me semble, nous faire entrer en littérature. Et pourtant, il faut bien du talent pour ainsi tenir en haleine un lecteur. Le principe pourrait lasser, se perdre en longueurs, en souffle, en idées. Rien de tout cela. J'ai personnellement dévoré cette échange de mots comme une midinette, me plaçant dans la peau d'Emmi avec une facilité déconcertante. J'ai aimé ces jalousies, ces appels dans le vide, ces gros mots, ces doutes échangés. Emmi m'a parfois agaçée, Leo aussi, et pourtant je n'aurais au cours de ma lecture confié ma place à personne. En bref, une histoire d'amour moderne à côté de laquelle il serait bien dommage de passer...et une bien jolie sortie de printemps.

bouton3Note de lecture : 4/5 - 18 € - Avril 2010

- Cuné est tombée amoureuse de Leo - Cathulu a eu envie de secouer les personnages - Emeraude l'a trouvé très sympa ce roman - Du plaisir et des pleurs pour Celsmoon - Fashion a succombé - Et bien...

16 février 2010

Papier

couv_products_26884Un petit papier
Pour un petit poème
Un ptit poème
Pour du papier

Du papier pour écrire
Du papier pour lire
Du papier pour dire
Du papier pour rire

Cocotte en papier
Il faut te plier
Papier de soie
Tu deviens roi

Chez Pascale, il y a beaucoup d'amour, des odeurs de fleur ou de parfum, de l'inspiration, des chemins à poursuivre, de la féminité, du rythme, le temps qui passe, du papier...et de la poésie. Chez Pascale, les lettres font des arabesques et semblent nous entraîner dans une danse sans fin...

Pascale Finck a regroupé dans un petit livre autoproduit chez TheBookEdiition ses premiers textes, ceux qu'elle a présenté à des concours, en obtenant parfois des prix, ceux qu'elle a écrit pour ses proches. Et elle a bien fait car son petit livre intitulé avec beaucoup de modestie Mes premières plumes est un joli objet, délicat. Merci à elle de me l'avoir transmis et offert à la fin du voyage de Ninon !!

http://lesmotsdepascale.canalblog.com/

29 mars 2010

Anne-Marie Kegels - Je t'aimerai sans toi...

haute_vigneJe t'aimerai sans toi. Ne me fais jamais signe.
Un ajonc peut flamber sur la lande, à midi,
solitaire en son mal et seulement nourri
d'argile avaricieuse au bout de sa racine.

Enterre au fond de toi mon nom ensommeillé.
Reste plus ténébreux qu'un buis de cimetière.
Je t'ai volé jadis les neiges de janvier
et j'ai coupé sur toi mes plus hautes javelles.

Va, ressemble à un mort. Debout dans mon désert
je sens bouger en moi des foisons de semences.
L'amour qui te cherchait dans sa famine immense
t'a dépassé enfin et brûle l'univers.

Haute vigne éd du Verseau 1963

Bibilographie sur le site du Printemps des Poètes

25 mars 2010

Paris-Brest, Tanguy Viel

paris_brest"Des choses sur nous.
Et c'était comme une phrase qui ne voulait pas s'effacer, qui naviguait en moi comme une boucle sonore et s'inscrivait partout, sur la nappe, sur les verres, sur la neige carbonique qui blanchissait les vitres, il paraît que tu écris des choses sur nous.
Oh mais ça ne nous dérange pas, a repris ma mère, nous n'avons rien à cacher.
Non. Bien sûr. [...]
Ensuite il y a eu du silence encore et des paroles normales. Il y a eu mon frère qui ne savait pas où se mettre puis des conversations déviées et du silence toujours. Il y a eu la pluie à Brest et le prix des loyers. Il y a eu les cuillères cognées contre la porcelaine. Mais sur la table au-dessus de nous, outre la mer dehors et les vieux meubles qui pliaient sous nos regards, il y avait cette expression devenue presque sale, comme un nuage de pluie qui se serait maintenu : des choses sur nous. Et dans le tourbillon noir des tasses en porcelaine, on aurait dit que chacun, à la surface mouvante de son café, que chacun désormais lisait des choses sur lui."

A Brest, il y a le restaurant Le Cercle Marin, une grand-mère qui tout à coup devient riche en acceptant d'épouser un inconnu, la pluie, un jeune garçon coincé entre une mère toute puissante et un père accusé de détournement, et surtout le fils Kermeur qui rêve de vengeance. De Brest, il faut parfois s'échapper. Pour ce faire, tout est bon, même le vol. Et écrire.
A Brest, ou dans ses environs, et surtout lorsque l'on a construit son nid sur Paris, près du jardin du Luxembourg, il est peut-être imprudent de revenir...

Voici une histoire qui met quelques pages à montrer son vrai visage. Et lorsque le tour est joué, le masque tombé, on poursuit sa lecture une sorte de sourire en coin, au bord des lèvres, jusqu'à l'apothéose finale, cynique. J'en ai aimé l'ambiance, même si elle donne parfois froid dans le dos. Je me suis dit que "tiens, encore une histoire familiale, une autobiographie en mouvement", et puis finalement non, comment savoir ? Peu importe.
Il y a quelque chose de jouissif dans cet écrit, de sombre et de courageux à la fois, d'un peu volé à Agatha Christie, question atmosphère, et qui me donne envie de poursuivre ma quête, de découvrir encore cet auteur. Pari réussi, donc.

bouton3 Note de lecture : 4/5 - 978 2 7073 2063 6 - 14€ - janvier 2009

Biblioth_que_et_LALUn billet qui se questionne sur les conséquences du roman familial, chez Biblioblog - Zarline n'a pas aimé du tout - "Pour en finir avec la famille", chez Télérama - Un roman en lice pour le Grand Prix des Lectrices ELLE 2010 (et un coup de coeur pour Sophielit) -

20 mars 2010

Je vais te manquer...en DVD

jevaisteDans cette histoire, tout tourne autour d'un aéoroport et autour de ces moments importants de nos vies que sont les départs, les rencontres et les séparations.

Amanda Sthers réalise ici un film choral d'une douceur infinie qui n'est pas sans grâce, ni sans intérêt. Je n'ai lu aucun de ses romans, car elle est avant tout auteure, enfin c'est ainsi que j'en ai entendu parler pour la première fois. Par ailleurs, elle est également connue pour être l'ex de Patrick Bruel, mais là peu importe, n'est-ce pas ?

On suit ici le destin de quelques personnages en quête d'eux-même, ou de l'amour, mais voilà qui est parfois un peu la même chose... Cohabitent dans ce film des écrivains, des éditeurs, des critiques littéraires, quelques visages ordinaires et de drôles d'hurluberlus. 

jevaistemanquer

Un moment délicat, amusant et émouvant, à goûter sans bouder son plaisir. A voir, oui.

"Qu'est ce que vous choisiriez si vous deviez lire un dernier livre ?"

21 août 2009

L'allure de Chanel, Paul Morand

l_allure_de_chanel"Voilà en deux mots, pourquoi je ne vous dirai pas comment on fait une robe : je n'ai jamais été une couturière. J'admire infiniment qu'on sache coudre : moi, je n'ai jamais su ; je me pique les doigts ; d'ailleurs aujourd'hui, tout le monde sait faire des robes. Des messieurs ravissants, et qui ont échoué à Polytechnique, savent en faire. De vieilles dames branlantes savent en faire ; elles ont tenu l'aiguille toute leur vie ; ce sont des personnages éminemment sympathiques.
Moi, je suis toute le contraire. Je suis une personne odieuse et j'espère que ces propos sincères seront goûtés." (extrait)

Paul Morand, qui fut un des proches de Chanel, reprend ici la teneur des conversations qu'il eut avec elle, notées sur des "feuillets volants à en-tête du Palace de Badrutt", autrefois. C'est donc un récit à la première personne qui nous est restitué, avec cette sensation agréable d'un phrasé libre. Mademoiselle Coco raconte son enfance chez ses tantes, en Auvergne, ses rencontres avec les hommes de sa vie, notamment Boy Capel qui l'encouragea à ouvrir sa première boutique de chapeaux rue Cambon à Paris. La modiste nous parle aussi, beaucoup, outre de mode, des excentricités féminines, de ses succès et de ses amitiés célèbres (Picasso, Stravinsky,...).

J'ai aimé cette lecture où Chanel apparaît sans fard, odieuse à sa manière effectivement, utilisant parfois la langue de bois et des ellipses volontaires. J'ai retenu qu'elle aimait les livres, le travail et les gens, d'une façon très particulière.

Par contre, ayant regardé avec intérêt cette série là, qui retraçait sa vie, quelques détails m'ont particulièrement troublés, des divergences assez énormes dans l'élaboration de sa biographie par exemple. Dans la série, elle n'avait pas été élevée chez ses tantes, mais dans un orphelinat, et elle y avait rencontré une amie qui la suivrait toute sa vie, participant avec elle à la construction de son empire. Dans cette version-là, elle savait coudre, aussi... Très troublant. Voilà sans doute la conséquence de ce qu'elle nomme à un moment donné dans le texte de Morand, qui me semble plus proche de la vérité, le "on dit"...une légende qui se crée hors d'elle, et peut-être hors de la réalité de sa vie, également.

Ce livre est donc peut-être la plus fine manière d'aborder le mythe Chanel..en toute simplicité.

bouton3 Note de lecture : 4/5

Folio - 6€ - 04/09

Un grand merci à Nanne pour le prêt ! - Par ici son billet très complet

4 mars 2010

Sept choses que j'aime...

...sur un Tag de Pascale, merci !
Et comme à chaque fois, comme souvent, je réponds à cette charmante invitation à ma façon...

septschoses

...en photographies recyclées pour l'occasion.

J'aime les oeillets (pour le feu d'artifice de couleurs et de dentelles que sont ces fleurs aux tiges rigides et disgracieuses), mon bureau (bloguer et écrire), les bricolages qui ne servent à rien (juste à apporter ici et là des touches de bonne humeur et des marques enfantines), voir mes enfants courir devant moi (sur le sable ou les chemins), les livres (essentiellement pour leur présence rassurante et les promesses de plaisir qu'ils déploient), lever la tête et contempler le ciel à travers des feuilles et des branches d'arbres (le bruit que cela fait, aussi), la déco (textures, tissus, harmonies, confort)...
...mais tellement d'autres choses encore.

J'aime aussi le café, celui du matin chaud dans mes mains, celui que je fais tous les jours, celui que je partage... J'aime ma boîte aux lettres quand elle sourit. J'aime le bruit de pas, amis. J'aime les têtes à têtes et les confidences, être deux, être trois, être plusieurs. J'aime le soleil doux, classer des choses, donner, rendre service, distribuer, le silence, la musique, les rires de mes enfants, les sourires... Et puis, j'aime écrire, fatiguer mes émotions, éreinter les mots, apprendre, me faire mal en butant contre les histoires des autres, en lisant, découvrir.
Avouez-le, comment choisir ?

C'est à votre tour, Bel Gazou, Anne, Aifelle, Annie, Nanne, Gambadou, Cathulu...mais seulement si ça vous chante, bien sûr.

femme_livre1Sinon, je commence ce soir une petite pause nécessaire, de seulement quelques jours, histoire de retrouver ma sérénité et le goût de vous parler ici...

Grand merci à toutes et tous d'être venus ainsi me laisser un petit mot, me montrer votre soutien ! Cela fait drôlement chaud au coeur. Je continuerai à lire, c'est certain, et à donner mon avis, et à aimer que vous donniez le vôtre...même contraire au mien.

A très bientôt !!

10 février 2010

Tout contre, Marie-Florence Gros

tout_contre"Ton roman. Je sentais un voile flou et vénéneux autour de ce livre. Je ne pouvais pas t'empêcher d'écrire. Sans le comprendre, je t'ai dicté l'histoire qui t'a tuée le jour de notre rencontre.
Et c'est encore à cause de moi qu'ils vont recommencer.
Je ne sais pas ce que j'ai fait.
C'est toi qui peux me le dire..."

Andréa, qui vient tout juste d'emménager dans son nouvel appartement, s'inquiète d'un de ses voisins qu'elle a vu se faire renverser par une voiture sous ses yeux la veille. Elle frappe chez lui et s'étonne de le voir apparaître devant elle, indemne et souriant.
Les deux jeunes gens passent de plus en plus de temps ensemble et tombent fatalement amoureux. Le bonheur semble donc simple, à portée de main, mais Nestor est à l'évidence hanté par le souvenir de la femme avec qui il a vécu auparavant, et le livre qu'Andréa commence à écrire en secret s'avère interférer de trop sur une réalité en constante métamorphose.

Parfois, à trop vouloir privilégier l'originalité ou l'audace dans la structure, on perd son lecteur... Tel est le regret que j'ai avec ce roman de Marie-Florence Gros dont j'ai par ailleurs beaucoup aimé l'écriture et la délicatesse, surtout celle qu'elle déploie dans la description de ses personnages.
Les destins croisés des protagonistes, la touche de fantastique qui permet de comprendre le noeud de l'intrigue m'a semblé bien trop compliqué, et expliqué trop tardivement, alors que l'esprit du lecteur s'est déjà épuisé à tirer les fils qui étaient à sa portée, sans y trouver de solutions. Dommage, car le début est prometteur et la couverture bien belle...

bouton3 Note de lecture : 2.5/5

ISBN 978-2-35087-131-8 - 16€ - FEVRIER 2010

- Sylvie a été comme moi déroutée par la construction - Lily a à l'inverse été emballée par ce premier roman -

6 septembre 2009

Ma vie en jaune - Tag

Gentiment taguée par Canel, je suis partie chez moi en recherche d'objets du quotidien "jaunes" (car telle est la règle) et ce aux quatre coins de ma maison.
Pour tout vous avouer, ce n'est pas réellement ma couleur préférée, voici donc ce que j'ai seulement trouvé.

Mes_images8

L'air de rien, je me suis bien amusée !! Alors, à qui le tour ? ...

Je tague à mon tour Bel Gazou, Anne, Aifelle et Bellesahi, si elles passent par ici et si elles le souhaitent !!

Bon dimanche à tous !

27 décembre 2009

Antoine Emaz

"allégé dedansantoine_emaz

du coup ce rire rien fou
qui dévale long résonne dans un vide
loin

***

une plongée sans peur
sans résistance interne
une sorte de pente brusque
et ça verse sans fin autour

on ne bouge pas
c'est le reste qui fuit
poussé sur les bords
où l'oeil ne voit plus

une force déblaie on est
dans cette force
on la nomme rire
pour faire court
il n'y a rien de drôle
juste une surprise brusque
d'être sorti de soi

happé par un vide
on le connaît
mais d'ordinaire il est fermé

le rire file dans cette part au-delà
après ce qu'on peut voir
avec les mots

le plus proche serait peut-être
le rire muet des carcasses et leur danse
une sorte de transe
jusqu'à plus rien que la lumière

ce n'est pas tomber à n'en plus finir
il n'y a pas de peur dans ce trajet
cette boucle imprévue ou spirale
jusqu'à la verticale du temps

ensuite ça se défait on voit de nouveau
coaguler les murs
revenir les mots
et l'ordinaire étroit du jour

***

on écrit sur ce retour

au bout du rire
il n'y avait pas de mots
on en est sûr
pas d'images ni de souvenirs

on a seulement été d'un coup
désencombré d'être
comme tout en vrac hors
le linge sale d'une vie."

Extrait de De l'air, édité au Dé bleu, malheureusement indisponible mais vous pouvez retrouver l'auteur dans Cambouis, édité au Seuil en 2009, collection Déplacements.

Co errante en livre des extraits ici

7 février 2010

Un royaume de femmes, Anton Tchékhov

unroyaumedefemmes"Lorsque nos regards se rencontrèrent, nos forces nous abandonnèrent tous deux, je la serrai dans mes bras, elle appuya son visage sur ma poitrine et des larmes coulèrent de ses yeux ; couvrant de baisers son visage, ses épaules, ses mains mouillées de larmes -oh ! que nous étions malheureux ! - je lui avouai mon amour, et je compris, avec une douleur poignante au coeur, combien était vain, mesquin et trompeur tout ce qui nous avait empêchés de nous aimer. Je compris que lorsqu'on aime, il faut, si l'on veut raisonner sur son amour, partir d'un point de vue plus élevé, plus important que ceux de bonheur ou de malheur, de péché ou de vertu, dans leur acceptation courante, ou ne pas raisonner du tout."

Dans ce bref recueil, deux nouvelles se côtoient, deux nouvelles sur le thème de l'amour et de ses aléas.

Dans la première, une jeune et jolie femme, Anna, est à la tête d'une entreprise dont elle a hérité de son père. A la veille des fêtes de Noël, elle tente maladroitement de donner aux plus miséreux. Consciente de son manque de savoir, de ses faiblesses et de ses privilèges, elle rêve d'être soutenue par un homme, et pourquoi pas par ce bel ouvrier, Pimenov, qui semble ne pas être si insensible qu'il n'y paraît à ses charmes.

Dans la seconde nouvelle, un homme raconte son passé comme une anecdote, cette histoire d'amour tue, transparaissant dans le secret de gestes et de rencontres amicales, où les sentiments sont réciproques mais non vécus faute d'audace.

Encore une fois, je suis sous le charme d'une atmopshère, russe. Ah, les malentendus de l'amour ! Ces deux nouvelles sont extraites d'un recueil plus large La Dame au petit chien et autres nouvelles. Et j'adore la couverture, pas vous ?

bouton3 Note de lecture : 4/5

Et de nouveau, grand merci à ma prêteuse !!

24 janvier 2010

Le Grand Oral

grandoralIl faut venir la veille, parce que le jour-même, c'est trop difficile, épuisant.
Mais, venir la veille, ça veut dire aussi dormir ailleurs, quitter sa famille, pour une nuit se passer de la chaleur de leurs bras, du réconfort de leurs regards.
Affronter seule la bousculade. Prendre un train, puis un autre, guetter les horloges, les tableaux de départ, marcher vite dans des longs couloirs blancs, sales, sans air, éviter de croiser les autres, le plus possible, d'apréhender leurs vies, tout ce qui pourrait vous faire faillir, faiblir.
De Paris, on ne verra rien, à peine un boulevard encombré de voitures, des immeubles disgracieux, des parisiens. On ne vient pas pour cela, pour visiter, pour connaître, on vient pour autre chose, pour se vendre.
Une provinciale qui monte sur Paris passer le Grand Oral, voilà ce que l'on est, ou plutôt ce que l'on sera dans les yeux de ceux qui vont nous juger, tout à l'heure. Peu importe. Habillée comme pour une cérémonie, ou une fête, à laquelle on nous aurait demandé de participer au dernier moment, on est juste mal à l'aise, pressée d'en finir, remontée comme un automate au garde-à-vous. Jusqu'à quel degré de tension pourra-ton encore tenir sans que le mécanisme se grippe, s'effondre ?
Il faut venir la veille, c'est mieux, on a le temps comme cela de savoir que la vie qu'on aime c'est celle que l'on a pour soi, au loin. La mer à une foulée de voiture, des champs de blé pour voisins. Et non cette solitude acharnée que l'on a perçue dans le mouvement que l'on a fait hier, en ouvrant avec une carte, la porte d'une chambre anonyme dans un hôtel sans âme.

© Les écrits d'Antigone - 2010

27 novembre 2009

L'astronome aveugle, Anne-Catherine Blanc

l_astronome_aveugle"L'astronome était réputé dans le monde entier pour sa grande science des cieux et de leur langage. Les négociants les plus cossus, les prélats les plus dignes, les plus nobles princes arrivaient pour le consulter des plus lointains royaumes, n'hésitant pas à braver la sombre fureur des flots ou la mortelle aridité des déserts en échange de ses oracles.
Sans avoir jamais quitté sa tour, il avait vu défiler tous les puissants de la Terre ; et sans la quitter jamais, il regardait ce monde tourner, et avec lui les mondes qui l'entourent."

Un astronome, devenu aveugle, n'est plus de très grande utilité à la cour du roi. Ayant désigné lui-même son successeur à son protecteur, un savant décide donc un beau jour de renoncer à la vie de château et de partir sur les routes, son chat sur les épaules. Mendiant sur les chemins, longeant la côte, il s'arrête un soir au creux d'une étrange habitation et rencontre ainsi un ami inattendu en la personne d'un gardien de phare.

Quel dommage que la couverture de ce roman soit si terne (je m'étonne un peu ici du choix des teintes), car la fable qu'il contient est rutilante de couleurs et de fantaisies, de celles dont justement on construit les contes !
Une écriture -quant à elle -alambiquée, insolite, semblant mimer un phrasé plus ancien, surprend, puis finit par jouer de son charme et par se faire oublier au bénéfice d'une histoire lumineuse où il est question d'un chat, de vent, de phare, d'astronomie, d'amitié, d'amours royales et de destin.
J'ai fait avec ce roman un voyage plutôt agréable vers un pays inconnu qu'il me semble avoir pourtant déjà croisé parfois au cours d'autres lectures épiques. Et puis il y eut -comme ça, à l'improviste - quelques réminiscences d'images, des similitudes avec l'errance d'Oedipe entre autres, ou la force du vent des Déferlantes.
En bref, un joli moment de lecture...

bouton3  Note de lecture : 3.5/5

ISBN 978 2 8122 0012 0 -13€ - 2009

Un grand merci à BOB ! - Kathel est sous le charme et vous trouverez chez elle d'autres liens...

Publicité
Les lectures d'Antigone ...
Publicité
Les lectures d'Antigone ...
  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Visiteurs
Depuis la création 697 112
Publicité
Derniers commentaires
Publicité