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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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1 mars 2009

Gens des nuages, Jemia et JMG Le Clezio

gens_des_nuagesPhotographies de Bruno Barbey.

J'ai cherché un titre de Le Clézio pour ce nouveau rendez-vous du Blogoclub et mon regard s'est arrêté sur celui-ci...et ne s'est plus détaché de sa couverture bleu et or. J'ai une photographie chez moi, presque similaire, sur un des murs de ma cuisine. Quand je vois une image du désert, je pense à un oncle que je n'ai pas connu, un oncle dont la tombe est peut-être encore en Mauritanie, un oncle qui est mort trop jeune. J'ai lu son journal, il écrivait si bien. Sans le savoir il a changé ma vie, j'ai trouvé en lui ma filiation, j'ai su en le lisant que mon amour des mots venait de lui... Les images de ce livre, il les a peut-être vues, celles-ci ou d'autres proches, car rien n'a changé.

"De ce voyage vers la Saguia el Hamra, nous avions parlé depuis la première fois que nous nous étions rencontrés. Les circonstances, nos occupations, nos préoccupations familiales, ainsi que la situation troublée dans laquelle se trouvait une grande partie du territoire des nomades Aroussiyine avaient rendu ce retour improbable, voire impossible.
Et voici que tout d'un coup, alors que nous n'y songions plus, le voyage devient possible. Il était venu à nous quand nous ne l'espérions plus. Nous pouvions en parler d'une façon très simple, comme s'il s'agissait de visiter une province lointaine.
Entendre parler les Aroussiyine, les approcher, les toucher." (extrait de la quatrième de couverture)

Dans ce petit livre, JMG Le Clézio accompagne sa femme Jémia dans le pays de ses origines, à la découverte d'un peuple libre qui a conservé contre tempêtes de sable et modernité ses traditions. Le récit est monté comme un carnet de voyage, agrémenté de photographies superbes dont la version de poche ne rend sans doute pas la véritable beauté. Malgré tout, ces touches de couleur sont agréables à découvrir au détour des pages, ainsi que les citations de Rumi qui enclenchent chaque chapitre. J'aurais aimé en lire plus, plus long, ce titre m'a paru bien trop court, un parfum de spiritualité et de vent vite éteint.
Me reste donc à continuer de découvrir encore Le Clézio, par ses autres titres !

Un extrait...
"Nous vivons dans un univers rétréci par les conventions sociales, les frontières, l'obsession de la propriété, la faim des jouissances, le refus de la souffrance et de la mort ; un monde où il est impossible de voyager sans cartes, sans papiers, sans argent, un monde où l'on échappe pas aux idées reçues ni au pouvoir des images. Eux sont tels que les a rencontrés Sidi Ahmed el Aroussi quand il est arrivé au désert, sans aucun des droits ni aucun des devoirs de la société urbaine.
Ils sont les derniers nomades de la Terre, toujours prêts à lever le camp pour aller plus loin, ailleurs, là où tombe la pluie, là où les appelle une nécessité millénaire et impérieuse. [...]
Sans doute n'avons-nous compris qu'une part infime de ce que sont les Gens des nuages et n'avons-nous rien pu leur donner en échange. Mais d'eux, nous avons reçu un bien précieux, l'exemple d'hommes et de femmes qui vivent - pour combien de temps encore ? - leur liberté jusqu'à la perfection."

bouton3 Note de lecture : 3.5/5

Une lecture effectuée dans le cadre du blogoclub sur le thème de JMG Le Clézio, prix Nobel de Littérature 2008.

9h30 : Sylire a lu l'Africain. Vous trouverez sans doute chez elle, dans la journée, d'autres liens de lectures... Pour ma part, je suis en écriture, bonne journée à tous !!

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5 janvier 2009

Coco Chanel

cocochanel

...version France 2.

Ce n'est pas mon habitude de vous parler de télévision, mais voilà, j'ai aimé visionner ce téléfilm en deux parties sur la vie de Gabrielle Chanel, dit Coco Chanel, les 29 et 30 décembre dernier. Je crois même être, un tout petit peu, tombée amoureuse des deux acteurs masculins, c'est vous dire.cocochanel2

En fait, je vous parle aujourd'hui de ce téléfilm parce qu'il était de qualité, et parce que j'espère que la supression partielle des publicités sur les chaînes du groupe France Télévision n'annonce pas la fin pure et simple de ce type de programmes, ni de tous ceux qui font le bonheur de ma petite famille (documentaires, émissions thématiques, etc)...
Bien entendu, on peut se passer de télévision, on peut se passer de tellement de choses. Mais est-ce une manière d'avancer ? J'en doute. Je suppose que l'avenir sera riche d'enseignements. Nous verrons...

Les acteurs (de gauche à droite, et de haut en bas) : Sagamore Stévenin, Barbora Bobulova, Olivier Sitruk et Shirley Mc Laine.

Pour tout savoir sur ce téléfilm, un dossier ici.

Pour tout savoir, ou presque, sur Coco Chanel, quelques trucs par là.


Coco Chanel (France 2)
envoyé par Tele-Loisirs

Par ailleurs, je souhaite une bonne rentrée à tous ceux qui reprennent le chemin du travail, ou de l'école, aujourd'hui. Si comme moi vous n'aimez pas ranger vos décorations de Noël, laissez les encore un peu...les rois mages ne seront là que demain !!

1 janvier 2009

La Dame en blanc, William Wilkie Collins

la_dame_en_blancAvant tout chose...bye bye 2008 et bienvenue 2009 !!!

Allez, reprenons le cours des choses sérieuses avec cette lecture pour le Blogoclub. Je dois vous avouer que tenir les délais cette fois-ci a été une aventure bien périlleuse...Il y eut en effet mes lectures dantesques pour ELLE, des livres voyageurs qui déboulent de partout dans ma boîte aux lettres, quelques soucis oculaires...mais me voici finalement fin prête, à l'heure dite, pour vous parler de notre dame du jour.

Un petit résumé...
Walter Hartright, jeune professeur de dessin, se voit offrir une place en or. Il s'agit d'enseigner à deux jeunes filles de l'aristocratie, dans le Cumberland, l'art de l'aquarelle. Avant de quitter Londres (avec une réticence qu'il ne s'explique pas), il fait une rencontre troublante, sur un chemin obscur, un soir, celle d'une jeune femme effrayée toute vêtue de blanc.
Devenu l'hôte de la demeure romantique de Limmeridge, le jeune homme rencontrera l'amour et l'amitié, mais aussi le désespoir. Il lui faudra percer beaucoup de mystères et faire preuve de beaucoup de courage pour que les doux sentiments et la vérité puissent finalement triompher...

Voici un roman, au charme suranné, qui débute sous les meilleurs auspices comme une jolie romance de Jane Austen : un amour contrarié, des silences, des pâleurs, des coeurs qui battent et se bouleversent, de jolies fermettes, de belles demeures. Et puis, avec l'arrivée de Sir Percival, le futur marié, celui-ci même qui empêche Walter Hartright et Laura de s'aimer, tout bascule dans le gothique. Surgissent alors des mystères effrayants, des fantômes du passé, de sombres demeures. Les époux se craignent, les machinations ont la part belle.
J'ai beaucoup aimé ce roman mystérieux qui se rapproche beaucoup de certains romans de Dumas, comme le Comte de Monte Cristo par exemple. Un bien agréable - et distrayant - moment de lecture qui m'a fait ressentir angoisse et émotion comme une adolescente...

"Vous qui me lisez, pensez à elle comme vous songeriez à la première femme qui fit battre votre coeur demeuré jusque là insensible ; laissez ses yeux bleus, candides et bons, vous regarder avec cette expression unique qu'on ne peut oublier ; écoutez sa voix résonner à votre oreille comme celle de la femme que vous avez aimée autrefois ; et laissez ses pas errer dans cette histoire comme chacun des pas qui vous étreignait le coeur en ce temps-là. Regardez-là comme la maîtresse de votre propre imagination : et elle vivra pour vous comme elle vit encore pour moi."

bouton3 Note de lecture : 4/5

Un roman lu dans le cadre du blogoclub . D'autres avis : Florinette, Sylire, Katell, les Couassous, Clochette, ChimèreGeorge, arlette ...

16 octobre 2008

Naissances, Pierre Péju

p_juCe petit livre nous raconte des naissances "singulières", violentes ou joyeuses, toutes synonymes de rupture avec un présent dans lequel, tout à coup, le miracle , celui presque banal d'une "venue au monde", advient : un accouchement dans un camp, pendant la seconde guerre mondiale ; un autre qui tourne court ; ou celui-ci, plus paisible, qui touche le narrateur, la naissance de cet enfant dont il est le père...

Naissances est chargé d'émotions, il relate une vision d'homme, assez juste, sur nos corps de femmes au travail. Il y a du respect, de l'admiration et de la beauté, même dans les moments les plus durs. Comment ne pas être touchée par cette langue, très belle, de qualité, celle de Pierre Péju ? Comment ne pas souffrir auprès de ces femmes dont tout l'être est soumis au besoin impérieux de pousser, d'expulser cette vie qui les rendra mères ? Comment ne pas revivre ses propres accouchements à travers cette lecture ? Alors, même si quelques petits détails m'ont semblé parfois systématiques (processus de la "perte des eaux" par exemple), voici un récit  qui me donne envie de connaître mieux cet auteur à l'écriture si précise et poétique.

Un extrait...
"Voilà, j'écris l'histoire de cette femme d'une vingtaine d'années, arrêtée alors qu'elle est enceinte pour la première fois, et qui s'apprête à accoucher, avant la déportation, dans un camp d'internement français.
Vient un moment où c'est l'écriture elle-même, l'écriture sur sa propre pente qui me conduit au bord de la violence, à la lisière d'une douleur qui a tant de peine à trouver ses mots. S'il y a bien dans l'écriture un désir de dire la "vie courante", une envie d'accompagner le fleuve temps, d'élargir les instants et leur banalité trompeuse, écrire, c'est aussi l'intention obscure de harponner ce qui survient, de harponner ce qui surgit brutalement, vision terrible se dérobant au regard.
Ecrire, c'est vouloir distinguer à travers des mots ce qu'en réalité on ne peut voir : naissance et mort, apparition et disparition fulgurantes des êtres. Perpétuité de ces catastrophes."

bouton3 Note de lecture : 4/5

Merci à Kloelle de m'avoir fait ce joli cadeau, juste avant une dérobade qui, je l'espère, ne sera que provisoire...

10 octobre 2008

Enfin veuve

enfin_veuve_1Tout commence sur une plage, une femme court un écouteur sur les oreilles. Elle chante, très fort et très faux. Son mari l'aperçoit, la récupère et la sermonne, elle avait oublié qu'ils étaient invités par des amis le soir même. Chez elle, elle cherche ses affaires partout, son portable est rangé parmi les torchons. Alors, on commence à se demander si tout va bien pour elle...et puis on se rend compte que l'on se trompe. Anne-Marie a juste la tête ailleurs, auprès de son amant, loin de ce mari odieux qu'elle n'aime plus et qu'elle supporte, à peine. Lorsqu'il meurt, accidentellement, elle n'éprouve aucun chagrin et découvre que sa vie peut prendre un tour enfin heureux. Mais c'est compter sans la protection étouffante de son fils et de sa famille...

A l'instar de Bel Gazou, j'ai beaucoup aimé ce film, qui m'a semblé peut-être moins "parfait" que Je vous trouve très beau mais très agréable. Il a pour lui le mérite du romantisme et de l'humour, les acteurs sont excellents (Michèle Laroque est une actrice que j'aime de plus en plus regarder jouer). Encore une fois, Isabelle Mergault titille les tabous de notre société, ici le droit des séniors à l'amour, le droit de refaire sa vie à tout moment. En effet, quoi de plus choquant que d'écouter ce fils bêtifier sa mère, vouloir la protéger malgré elle, alors qu'elle ne rêve que de s'enfuir avec son amant, enfin libre ! Une comédie tendre, un bien joli moment, plein de légèreté !

Pour une fois, ci-dessous, le making of du film...

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6 décembre 2008

Bilan provisoire

Tout se complique... Claudie Gallay s'est mise de la partie et mon palmarès personnel "ELLE 2009" est un peu chamboulé.

Voici donc mes préférences, catégorie "Roman", et "document"  à ce stade des critiques...
(trois coups de coeur !)

les_d_ferlantes    LA_BALLADE_DE_BABY Roman heart   le_ch_teau_de_verre Document

J'ai également beaucoup aimé...

ROADHILLHOUSE en document et jusqu___ce_que_mort_s_ensuive en policier.

La suite, début 2009...

(En cliquant sur les couvertures, vous pouvez accéder à mes lectures - et pour retrouver l'ensemble des livres sélectionnés, c'est par ici)

1 juillet 2008

Un été prodigue, Barbara Kingslover

un_t_prodigueTrois histoires parallèles, trois histoires qui s'entrecroisent sans vraiment se mêler, trois histoires de femmes dans le décor boisé des montagnes des Appalaches méridionales...
Deanne, employée par l'office des forêts, la quarantaine solitaire, vit dans un refuge aménagé dans la montagne. Un inconnu va la surprendre dans son intimité et affoler ses certitudes. Lusa, jeune mariée, puis jeune veuve, ancienne scientifique et citadine, entreprend de prendre à bras le corps cette ferme dont elle hérite malgré elle. Son courage et sa détermination viendront à bout des jugements de sa belle famille. Enfin, Nannie, une femme âgée, propriétaire d'un verger florissant, et attentive à l'écologie, est aux prises avec son voisin Garrett qui ne partage pas ses idées et n'a de cesse de lui chercher querelle. La tendresse a parfois des manières bien à elle de se manifester...

De Barbara Kingslover, je connaissais déjà L'arbre aux haricots, lu il y a longtemps, dont je gardais un excellent souvenir. Je me suis donc plongée avec délices dans cet été prodigue à la couverture bleutée, et j'en suis ressortie enchantée et un peu sonnée, comme après un long voyage dépaysant mais éreintant.
Comment, en effet, ne pas succomber aux charmes de ces femmes aux caractères bien trempés, fortes et attentives à leur féminité ? Le temps d'un été, le lecteur suit leur destin, leurs rencontres, leur questionnements et apprend à comprendre leurs convictions. L'auteure sait agréablement nous ménager des intrigues multiples, des énigmes à décoder, des caractères à explorer pour nous garder en haleine malgré les longueurs. Je me suis attachée à chaque personnage de cette histoire multiple et malgré mes réserves habituelles face aux "bons sentiments" en littérature, je me suis retrouvée immergée sans complexes dans ceux-ci, heureuse cette fois-ci de me laisser prendre au jeu.
Un roman foisonnant, estival, dans lequel les sens s'éveillent, et qui donne la part belle à une nature préservée et respectée.
En bref, un livre à glisser sans hésitations dans son sac de plage !!

Un extrait...
"L'été qui suivit la mort de son mari, Lusa découvrit les bienfaits thérapeutiques de la tondeuse à gazon. Il lui semblait que les vibrations du moteur qui rugissaient à travers son corps et tonnaient à ses oreilles lui vidaient le cerveau de tout langage humain, éloignant regrets et récriminations complexes. C'était une bénédiction de naviguer sur l'herbe pendant une heure ou deux, tel un être sans voix, flottant à travers un univers de sensation vibratoire. Par hasard, elle avait rejoint l'état mental d'un insecte."

bouton3 Note de lecture : 4/5

Encore un excellent roman lu dans le cadre du blogoclub !!

Les autres liens à consulter sont chez Sylire

3 novembre 2008

Vous aimez les origamis ?

Oui ? Alors je vous propose aujourd'hui un petit pliage-découpage-assemblage, juste pour le plaisir !!CRIM0005

Je me suis amusée à mettre quelques uns de mes derniers textes en forme et cela donne ceci...

Télécharger le modèle à imprimer en cliquant  ci contre Je_Tu_Nous.
Toutes les explications du pliage sont à consulter sur cette page , sur laquelle j'ai largement chipée l'idée, c'est évident (ne pas hésiter à couper un peu sur le côté si nécessaire) .

18 octobre 2008

Un joli monde à visiter

lestoilesd_Azhttp://lestoilesdaz.canalblog.com/

...un monde en noir et rose, des petites filles espiègles, une atmosphère de contes de fées...

En fait, j'ai craqué, en naviguant au hasard des liens sur les photographies de ces 4 beaux enfants là, et je me suis retrouvée, par voie de conséquence, sur ce joli blog photo là, aussi.

Donc, aujourd'hui, un post tout en douceur !! Bon voyage !

21 septembre 2008

Serpentin

serpentinCa commence par la fin.
Et ça ne s'arrête plus, de remonter le temps, de tout embrouiller, de me montrer ce qui ne se vit pas, ce qui n'a même jamais eu la chance d'exister, encore.

Ca commence par demain, par des mots qui se taisent, des gestes empesés, maladroits, des regards qui savent.

Ca commence par des bruits de pas, précipités, dans les escaliers, par ta fuite.
Par des journées, lourdes de soleil et d'absence.

Ca commence par rien.
Et c'est reparti, ça reprend le flambeau, de l'espoir, ce sale espoir, qui guérit les attentes, et fatigue le présent.

Ca n'a pas de saveur.
Pas plus que ce plat, refroidi, laissé là sur le bord de l'évier, et que ce téléphone qui sonne, sans fin, dans une pièce vide.

Ca commence par la fin.

Ca n'a jamais commencé.

24 septembre 2008

C'est quoi ce machin ?

le_machin"Un jour, près du grand lac, Bobo l'éléphant ramasse un drôle de machin. Bobo le tourne et le retourne et le retourne dans tous les sens. C'est sûrement un bonnet, dit Bobo...et hop, il le met sur sa tête. Oh quel beau bonnet !"

Le "machin", étrange morceau de tissu rayé, passe d'un animal à un autre, et chacun lui trouve une utilité. Il devient cape, puis jupe, puis écharpe, couverture...jusqu'à ce qu'un petit homme tout nu, qui se baignait, apparaisse et s'interroge, mais "Où est ma culotte ?".

[Des illustrations en tissus collés, colorés, de l'humour...voici un album bien adorable ! En plus, il contient des insultes à se pouffer dessus : "grosse patate", "grand cornichon", "grosse nouille", "grosse banane"... Un régal !]

ISBN / 978 2 278 05711 5 - 11.90€ - 2007

27 septembre 2008

Adolie Day

Je transmets cette information avec plaisir... Une expo, pour les nantais, et pour les autres, une artiste à découvrir, sur son blog !!

invitado

http://adolieday.blogspot.com/

*EXPOSITION chez "INSPIRATIONS"
Rue de la Paix-Nantes du 2 au 29 Octobre
Vernissage le 2 Octobre à partir de 18h
(plus d'infos sur son blog)

26 septembre 2008

L'amour au temps du choléra

amour_aux_temps_du_cholera_cinefr

Nous sommes à la fin du XIXe siècle à Cartagena en Colombie. Un jeune télégraphiste pauvre et poète, Florentino, tombe amoureux fou de Fermina, une jeune fille, orpheline de mère, élevée d'une main de fer par son père. Sous les amandiers d'un parc, il lui jure un amour éternel et elle promet de l'épouser. Mais le père de Fermina, furieux, sépare les jeunes amants.
Quelques années plus tard, devenue une jeune femme, elle épouse Juvenal Urbino, un jeune et riche médecin, l'homme qui a réussi à endiguer l'épidémie de choléra de la ville, et  part s'installer avec son époux à Paris. Lorsqu'ils reviennent à Cartagena plusieurs années après, Fermina a tout oublié de son premier amour et attend son premier enfant...
Florentino, lui, ne l'a pas oubliée. Devenu un riche armateur, il collectionne les liaisons féminines mais brûle toujours d'amour pour la belle Fermina...

Adapté du roman éponyme de Gabriel Garcia Marquez , ce film se regarde avec plaisir. Pourtant, ayant déjà lu le roman auparavant, j'ai eu quelques déceptions... Il m'a manqué la force du récit. La beauté de Fermina m'a semblée un peu fade pour provoquer tant d'ardeurs (le choix du casting est étrange !), et Florentino est joué sur un registre benet étonnant (l'acteur excellent, là, par contre !). Alors, si vous devez faire un choix, comme souvent, privilégiez le livre, un émouvant souvenir de lecture !

Quelques images, et la chanson du film Hay Amores, interprêtée par Shakira...


Shakira - Hay Amores [New - Official Video]

20 septembre 2008

Mari et femme, Régis De Sà Moreira

mari_et_femme"L'appartement se calme, ta femme fait semblant d'être dans son corps, tu fais semblant d'être dans le tien.
Ses longs cheveux et ta grosse barbe ne vous facilitent pas la tâche mais vous vous mettez exceptionnellement d'accord pour nier la réalité, oublier cette journée, décider que les choses vont revenir dans l'ordre après une bonne nuit de sommeil.

Vous vous déplacez dans l'appartement en évitant les reflets, vous vous laissez passer poliment, vous prétendez que tout va bien, qu'il n'y a aucun problème, ce qui vous change un peu de votre quotidien.

Ta femme allonge ton corps sur votre lit en compagnie du futur best-seller, tu assois le sien dans le salon pour contempler votre bibliothèque vide.

Ton chat sort de sous le canapé, te regarde de ses yeux verts à travers ceux de ta femme, s'approche de toi et s'enroule petit à petit à ses pieds.

Vous hésitez un peu au moment de vous coucher, ta femme te propose délicatement la chambre, tu insistes gentiment pour rester dans le canapé.

Tout ce que vous demandez c'est de vous rendormir et de vous réveiller normalement.
Chacun en soi et pour soi."

Le libraire a été un de mes gros coup de coeur de lecture de ces dernières années. J'avais donc très envie de découvrir ce nouvel opus de Régis De Sà Moreira ! Le moins que l'on puisse dire est que l'auteur a du talent, car tout au long du roman il évite avec maestria le piège du grotesque. Je redoutais en effet une déception que le résumé du scénario tendait à annoncer : un homme se retrouve dans le corps de sa femme et vice-versa, regardons les vivre... Nous conservons toutes et tous le souvenir de mauvais films de série B reprenant cette idée un brin loufoque.  Mais rien de tout cela, pas de loufoqueries ici, ce petit livre, qui est également un bel objet, est encore une fois une petite merveille poétique !! On croit à cette substitution, on est touché... Alors, même si ce n'est pas un énorme "coup de coeur" pour moi, laissez vous tenter, au moins par curiosité !!

bouton3 Note de lecture : 4/5

ISBN 978 2 84626 165 4 - 15 € - août 2008

Lily l'a lu avant tout le monde
Cuné s'est rêvée en homme, quelques instants seulement...
Laure a trouvé qu'il lui manquait "une je-ne-sais-quoi d'ambitieux", je suis d'accord
Pour Amanda : "C’est concis, c’est sec, ça claque et ça fait rire."

10 juillet 2008

A comme...

En découvrant le tag d'Emjy , qui tourne autour de l'alphabet des auteurs et de nos romans préférés, m'est venue l'idée de détourner ce jeu,
et de dérouler avec vous durant l'été un Abcédaire admiratif.

Aujourd'hui, je commencerai tout simplement par la lettre

lettrea

Facile, non ?!

En effet, me viennent immédiatement à l'esprit deux noms, ce qui n'est guère surprenant, et pas très original il faut bien l'avouer... La réponse en images :

anouilh

    Et vous, à quel auteur pensez-vous ?

.

Arlette                               Seb   Bel Gazou
                                   Florinette et Bellesahi      Françoise

Aragon         Auster  A. Allais

Cathulu                          Kloelle

Albee E  Asimov

                           ...et une petite pensée pour quand même !!

28 juin 2008

Le coeur des hommes 2

le_coeur_des_hommesJ'ai hésité un moment...Etait-il nécessaire que je vous parle de ce film ? Encore une infime déception, comme beaucoup de DVD empruntés dernièrement. Les sorties de ce printemps sont assez peu enthousiasmantes, il faut bien le dire...

Que vous dire donc ? Et bien, que cet opus est franchement moins drôle et fin que le premier. Les quatre amis sont de retour, quatre ans après. Bien entendu, les situations ont évoluées, les enfants ont grandi, des changements sont en cours. La femme d'Alex demande le divorce, Jeff décide de changer de vie, Antoine est à nouveau un coeur à prendre et Manu hésite entre deux femmes. Pourquoi pas ? Malheureusement, tout cela nous est servi de manière assez lourde malgré les talents d'acteurs évidents de nos quatre compères.

Alors pour quelle raison vous en parler ? Juste pour une scène ou deux, en fait...allez seulement une : celle dans laquelle Jean-Pierre Daroussin court à perdre haleine, les larmes aux yeux, pour fuir un amour impossible. J'en suis encore toute chamboulée. Je crois que c'est un des seuls acteurs capable aujourd'hui de m'émouvoir de la sorte à chacune de ses prestations...

Malheureusement, cette scène n'est pas présente dans la bande-annonce ci-dessous. 


Bande annonce coeur des hommes 2

25 juin 2008

Qu'est-ce qu'on mange ?, Joëlle Gagliardini

qu_est_ce_qu_on_mangeA la question rituelle, ce petit livre répond avec beaucoup d'humour !!

"A la maison, c'est maman qui cuisine.
Elle a beaucoup d'outils pour l'aider.
Pour le dîner, ce sera frites ou pâtes !
C'était bon ?

Les mamans ne savent pas ce qui est bon.
Mais elles pensent qu'elles savent !..."

Voici donc tout ce qui tourne autour de la cuisine, de la table et du manger, vue par le petit bout de la lorgnette de deux petits fripons âgés - si j'ai bien compris - de moins de six ans...et ça déménage !! Il y a à lire dans tous les coins, dans tous les sens, des photos, des dessins, du très bon, du pas très ragoûtant ( Beurk, Miam, slurp )...
Un album excellent, qui a fait l'unanimité auprès de mon petit cercle de lecteurs en herbe !
Idéal également pour décomplexer les mamans nulles en cuisine (comme moi !), si si.

Quelques dessins de l'auteure à voir ici : http://www.labobinette.com/Enfants.html

Un petit Nota Bene en plus: En effectuant des recherches sur Google, je suis tombée sur ce site là - http://lab-elle.org/ - le site d'une association qui reste attentive à ce que les albums pour enfants ne reproduisent pas des stéréotypes masculins/féminins archaïques dans leurs collections. Pour ce faire, ils lab-elle- isent des albums qui mettent en avant des personnages féminins et les valorisent (le livre dont je parle aujourd'hui en fait partie). En parcourant ce site, je n'ai trop su que penser au tout départ, et puis je me suis dit que ce n'était pas si bête, et finalement important. Ils mettent par ailleurs en avant des albums (voir leur liste) que j'aime particulièrement.
Et vous qu'en pensez-vous ?

16 juin 2008

Neige, Maxence Fermine

neigeA la fin du XIXe siècle, au Japon, le jeune Yuko s'adonne à l'art difficile du Haïku. Afin de parfaire sa maîtrise, il décide de se rendre dans le sud du pays, auprès d'un maître avec lequel il se lie d'emblée, sans qu'on sache lequel des deux apporte le plus à l'autre. Dans cette relation faite de respect, de silence et de signes, l'image obsédante d'une femme disparue dans les neiges réunira les deux hommes. (extrait de la quatrième de couverture)

Je dois vous l'avouer, ce court roman est pour moi une déception.
Je pensais trouver dans le récit de Maxence Fermine toutes les dispositions pour apprécier enfin l'art du haïku et je n'ai ressenti qu'une antipathie forte pour le personnage principal, Yuko, orgueilleux et égocentrique, un peu paresseux, qui veut simplement "apprendre à regarder passer le temps".
Bien entendu, il s'agit d'un art. Bien entendu, son obsession pour la neige finit par être remarquée au plus haut niveau, par le poète de la cour Meiji. Bien entendu, il part écouter les leçons du maître Soseki. Mais toute cette histoire m'a laissée de glace.
Je ne suis apparemment pas sensible à cet art là, ou à l'ambiance générale de ce roman. Dommage...

Un extrait...
"Yuko vénérait l'art du haïku, la neige et le chiffre sept.
Le chiffre sept est un chiffre magique.
Il tient à la fois de l'équilibre du carré et du vertige du triangle.
Yuko avait dix-sept ans lorsqu'il avait embrassé la carrière de poète.
Il écrivait des poèmes de dix-sept syllabes.
Il possédait sept chats.
Il avait promis à son père d'écrire seulement soixante-dix-sept haïku par hiver.

Le reste de l'année, il resterait à la maison et oublierait la neige."

bouton3  Note de lecture : 2/5

L'avis plus enthousiaste de Gambadou sur les romans de Maxence Fermine
L'émotion de Wictoria sur ce titre

13 mai 2008

Gaëlle Boissonnard

collage56

Ayant craqué pour quelques cartes ce jour-là...je cherche depuis, en vain, un site consacré à cette illustratrice, qui se nomme Gaëlle Boissonnard, mais apparemment il n'en existe pas.

Alors, j'ai chipé les illustrations ci-dessus par ici.

Décidément, je l'aime beaucoup.

(Le colis reçu par Gawou m'a donné envie de déposer ici ces quelques images.)

Une autre adresse trouvée par Bel Gazou.

Le site éditeur de Gaëlle Boissonnard

5 mai 2008

La mémoire des murs, Tatiana de Rosnay

LA_MEMOIRE_DES_MURS

Fraîchement divorcée, Pascaline, informaticienne de quarante ans, vient de trouver l'appartement de ses rêves. A peine installée, elle apprend que ces murs ont été témoins d'un crime. Lentement, par touches infimes, ce drame fait surgir en elle une ancienne douleur, une fragilité restée longtemps enfouie. Pour en finir avec son passé, elle se lance alors sur les traces d'un tueur en série. Une quête obsessionnelle qui ravive ses blessures et l'amène à la lisière de la folie. (Extrait de la quatrième de couverture)

Alors que Pascaline s'installe dans son nouvel appartement, on espère, avec elle, que tout va s'arranger - ainsi qu'elle le souhaite - qu'elle va se remettre de son divorce, enfin penser à elle, vivre un tournant heureux de sa vie. Mais les nausées la prennent dès qu'elle monte les marches qui mènent à son logement. Les insomnies l'empêchent de dormir. Quelque chose ne tourne pas rond dans ce lieu qu'elle a pourtant choisi, malgré les meubles neufs et l'envie de changement.
L'agent immobilier avait omis de lui dire que dans sa chambre, un crime avait été commis.
Il est étonnant alors, et terrifiant, de suivre les pérégrinations de Pascaline dans un Paris, quadrillé autrefois par un sérial killer. L'héroïne du roman s'attache en effet, sans raisons, au souvenir des victimes du meurtrier, et tente d'oublier Frédéric, son ex-mari, et tout ce qu'ils n'ont pas réussi à vivre, ensemble ...
J'ai frémi avec Pascaline, et j'ai eu envie d'arrêter le fil de sa folie... Vous ne refermerez pas ce roman avec sérénité, je vous le prédis !

Extrait (début du roman): "L'appartement correspondait exactement à ce que je cherchais. Quarante-huit mètres carrés, quatrième étage, chambre sur cour, salon sur rue. Pierre de taille, lumière, calme. Quartier vivant, bien desservi par le métro, marché le samedi. Le loyer n'était pas donné, mais ça n'avait pas d'importance. J'aimais cet endroit. Je l'ai aimé tout de suite."

Ce roman de Tatiana de Rosnay, La Mémoire des murs, roman déjà publié chez Plon en 2003, réédité aujourd'hui aux éditions Héloïse d'Ormesson, sort demain, 6 mai, en librairie. Je la remercie ici de me l'avoir gentiment fait parvenir en avant-première. Quel plaisir !!
D'après l'auteure, ce récit a ouvert "la porte à Sarah Starzynski et Julia Jarmond, (les) héroïnes de Elle s'appelait Sarah" (La préface du roman sur son blog), qui sort également, et simultanément, demain en version poche. A ne pas râter pour celles et ceux qui ne l'auraient pas encore lu !

La lecture de Sylvie

Et la lecture de Anne, dans une ancienne édition.

Si vous souhaitez lire ma fiche sur Elle s'appelait Sarah heart .Tatiana présente ce titre chez Auteur TV

Elle s'appelait Sarah

25 avril 2008

Demande à la poussière

demande___la_poussi_reLos Angeles est la ville de tous les espoirs pour Arturo Bandini, fils d'immigrants italiens, qui rêve de devenir un romancier célèbre et de séduire les femmes blondes qu'il croise et qui lui semblent inaccessibles. Nous sommes dans les années trente, alors que les Etats-Unis sombrent dans la grande Dépression. Chacun se presse dans cette ville, venu de tous les horizons, en espérant y saisir une chance de bonheur ou de fortune. Tel est le cas de la très belle Camilla Lopez, pour qui le seul moyen d'échapper à sa condition est d'épouser un riche américain. Sa rencontre avec Arturo Bandini va tout compliquer...

Tiré du célèbre roman éponyme de John Fante, ce film - de facture relativement classique - se regarde avec plaisir. Tous les ingrédients sont présents pour passer un moment agréable : une chambre d'hôtel en désordre, un écrivain en mal d'inspiration qui tape sans relâche sur sa machine à écrire noire, de la poussière, des cafés sombres, de l'amour, des femmes un peu folles, des doutes, de la mer et de l'espoir !

Je n'avais gardé que peu de souvenirs du roman, que j'ai pourtant dans ma bibliothèque. Je pense tout de même qu'il est essentiel d'en privilégier la lecture, surtout pour celles et ceux qui aiment particulièrement les histoires d'écrivains...

                                                                                       Demande à la poussière

Une bande-annonce (en anglais, je n'ai trouvé que cette version là, désolée) :

31 mars 2008

Privée, Véronique Olmi

                                     "olmiA bonne école !" : vivre à travers les yeux d'une enfant la tension d'une salle de classe... "Privée" : retrouver sa grand-mère, perdue dans l'enfer d'une chambre commune d'hôpital... "Paris-prestige" : le métro dans sa crudité quotidienne... "Cernée" : les états-d'âme d'une actrice en mal de rôles... etc...

Je découvre Véronique Olmi avec ce recueil de nouvelles, et je pense qu'on ne peut être qu'étonné par sa vision sans concessions des êtres. Cela donne à son écriture - de qualité - et à ces courtes nouvelles une force surprenante. Chaque récit est un petit coup de poing contre les certitudes et contre le bien-penser. Nous accompagnons donc ses personnages dans leurs cris, leurs douleurs et leurs dégoûts. Voici donc une lecture qui loin d'être apaisante, ne laisse pas indifférente !

Un extrait de "A tout jamais"...

"Ce soir là, Pierre était devenu un assassin et il le hurla dans la lumière des phares, dans l'ambulance, dans sa chambre d'hôpital, il le hurla toute sa vie mais son cri n'expulsa jamais sa douleur, elle demeura en lui comme un court-circuit, tout son corps brûlé par ce cri : "Assassin". Et Pierre était devenu ce cri, ce cri était devenu sa bouche, une bouche démesurée qu'aucune main jamais ne pourrait baîllonner.
S'il avait été une larme il aurait coulé et se serait écrasé sur le parquet, mais il était un cri et ce cri tendait son être comme un arc, c'était un cri infini qui jamais ne se déviderait, comme un supplice envoyé par les dieux."

bouton3Note de lecture : 4/5

26 mars 2008

La petite poule qui voulait voir la mer

de Christian Jolibois et Christian Heinrich

petite_poule"Pondre, toujours pondre ! Il n'y a pas que ça dans la vie ! Moi, je veux voir la mer !" s'écrie Carméla, la petite poule blanche. Son père, le coq, n'a jamais rien entendu d'aussi fou. "File au nid", ordonne-t-il à la poulettte. Mais Carméla n'arrive pas à s'endormir..."(quatrième de couverture)

Voici un album poche que l'on a offert à ma grande fille de 6 ans, et que je me suis régalée à lire à mes deux enfants.
Forcément, j'ai adoré le caractère de cette petite poule rebelle qui décide de vivre sa vie telle qu'elle l'entend. Carméla refuse de pondre, elle veut voir du pays, ou plus exactement la mer... Elle rencontre Christophe Colomb, découvre le nouveau monde,  tombe sur un groupe de poules rouges et trouve l'amour !! Ouah !

Un petit album plein d'humour, joliment illustré, qui ouvre des horizons insoupçonnés aux jeunes lecteurs...

Une Interview de Christian Jolibois, l'auteur... (il a l'air d'avoir bien froid !!)


Interview de Christian Jolibois Sauve qui poule
par confidentielles

Et pour en savoir plus sur Christian Heinrich, l'illustrateur, c'est par ici.

23 mars 2008

Leçons de choses, Bruno Roza

le_ons_de_chosesLe narrateur se penche sur son enfance, et sur les objets du quotidien qui ont marqué ses souvenirs. A l'âge supposé de l'enfant qu'il était, peut-être cinq ou six ans, les détails anodins prennent une force et une dimension considérable. L'imagination est en marche, le "presse-purée devient une araignée métallique géante, le vinaigrier, l'antre d'un monstre visqueux gardien de la cave, les deux boîtes (à outils et à couture), deux coffres, aux mécanismes fabuleux." (extrait de la quatrième de couverture)

Mon avis...
Malgré la belle idée de ce livre, je n'ai guère été touchée par cette énumération d'objets et de lieux du quotidien provenant d'un passé apparemment révolu, enfantin. L'auteur n'a rien su réveiller chez moi, et pourtant je suis sensible aux écrits de Delerm... Je me suis parfois même un peu ennuyée à la lecture de ces paragraphes courts qui se terminaient tous par une "phrase couperet" dont j'ai trouvé la présence souvent surfaite et parfois maladroite.
Voilà, sans doute suis-je un peu passée à côté !

Un beau moment, tout de même, dans cet extrait...
"LA LESSIVE
Presque chaque jour, ma mère tirait de sa machine un long ruban de linge mouillé. Les premières secondes, elle luttait avec, semblait chercher la tête ou la queue, et puis, quand elle avait l'une ou l'autre bien en main, elle tirait dessus de toutes ses forces, extirpait le corps, le soulevait, le désentortillait et le débitait en une foule de pièces plus ou moins longues qu'elle laissait retomber dans une grande bassine en plastique posée à même le sol.
Au passage, nous identifiions bien des pulls ou des culottes, des pantalons ou des chaussettes, mais tout cela avait un air pantelant, alourdi, mortellement blessé, et nous reconnaissions là les effets de ce bref combat que ma mère achevait tout à coup en soulevant sa bassine avec l'air modeste de ceux qui sont accoutumés à vaincre."

bouton3  Note de lecture : 3/5 (parce que l'écriture est parfois plutôt belle quand elle file vers l'étrange-voir le monstre du vinaigrier)

Pour découvrir d'autres lectures plus enthousiastes que la mienne...
Ce livrevoyageur provient de chez Katell, il est passé par chez Cathulu, il s'en ira bientôt chez Vanessa.

15 février 2008

This is not a love song, Jean-Philippe Blondel

THISISNOTALOVESONGL'histoire : Alors que sa femme Susan et ses deux filles partent passer une semaine de farniente chez ses beaux-parents, Vincent, la quarantaine, décide de quitter l'Angleterre et d'aller voir ses propres parents, un peu à contre-coeur, en France. C'est la première fois, depuis dix ans qu'il a quitté le pays, qu'il reste aussi longtemps. D'habitude, il ne fait que passer, en coup de vent...un moyen,  sans doute, d'oublier le "loser" qu'il était alors et qu'il est parfois resté dans les yeux de son entourage. Il est à présent un homme d'affaire à qui tout réussi, et il contemple avec écoeurement cette famille qui lui semble si éloignée de ce qu'il est aujourd'hui. La vie semble s'être arrêtée dans cette petite ville de province sans charme qu'il retrouve sans plaisir. Vincent s'ennuie bien vite des conversations banales de ses anciennes connaissances. Pourtant, l'attitude de Céline, sa belle-soeur, l'intrigue...

Mon avis : Je dois avouer que malgré les louanges lues ici et là ce livre m'a un peu déçu. J'ai eu beaucoup de mal à dépasser le sentiment d'antipathie que je ressentais vis à vis du narrateur, Vincent, son détachement, son ton hautain, son sentiment de supériorité... Pourtant, l'intrigue est bien efficace et malgré une première partie où je me suis autant ennuyée que le personnage, j'ai été bluffée par cette histoire bien ficelée et ce mécanisme à double facette qui s'enclenche tout à coup (ceux qui l'ont lu me comprendront). N'hésitez donc pas à trouver l'occasion de vous faire votre propre idée sur ce livre ! Vous lirez, pour le moins, une bien belle histoire, à défaut de tomber amoureuse du personnage !

Extrait : "En fait, en les évoquant, les membres de ma famille prévisible, j'ai ressenti un léger pincement au coeur qui m'a profondément ému et surpris. Surpris parce qu'on m'a assez reproché de ne pas être assez "famille" et de me tenir à l'écart de toutes les célébrations. De ne penser qu'à mon propre cercle. A ce monde que je bâtissais autour de moi. Il le fallait. Je devais saisir cette chance de n'être pas ce que j'étais destiné à être au départ - un glandeur sympathique. Un pique-assiette qu'on aime bien mépriser en douceur. En dix ans, tout a changé. En dix ans, je suis devenu quelqu'un."

bouton3 Note de lecture : 4/5

Les lectures de Clarabel, Anne, Katell...

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Les lectures d'Antigone ...
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  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
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