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Les lectures d'Antigone ...
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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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1 juin 2016

Branques, Alexandra Fritz

branques

 "Car la norme est obligatoire pour vivre en société"

Ce roman nous plonge dans l'univers particulier d'un service en hôpital psychiatrique, via les voix de Jeanne, Isis, Tête d'Ail et Frisco, des résidents... Jeanne tient un journal, elle est la voix principale de ce récit, elle essaye d'analyser ce qu'elle voit, de porter un regard objectif sur elle et sur les autres, de savoir pourquoi et comment tout cela est arrivé, sa présence dans ces lieux. Elle est prise au piège, chambre 203, jamais deux sans trois. Les autres tentent de gérer leurs émotions, le mieux qu'ils le peuvent, acceptent ou non les rencontres, les échanges. C'est ce qui est confortable soudain, plus de normalité, plus de conventions, plus de jugements... l'impolitesse est possible.

Branques est un premier roman assez étonnant qui se picore sans précipitation. D'ailleurs, j'ai mis du temps à le lire... Il recèle de très beaux moments d'écriture, de fabuleux moments que l'on aurait envie de noter et de garder pour soi pour plus tard. Le journal de Jeanne est un délice. En effet, se pose très vite la question avec elle de qui est fou ? Malgré cela, ce n'est pas un écrit très facile à appréhender. Il y a du flou dans Branques, du désordonné, qui peut aussi désarçonner. Nous passons d'un personnage à un autre, d'un instant émotionnel à un autre, sans trop comprendre, ou savoir, quel fil narratif suivre réellement. J'ai apprécié l'écriture mais je me suis un peu perdue dans ce petit livre écarlate. A demi conquise et persuadée, donc.

Editions Grasset - 17€ - Mars 2016

Lu dans le cadre du challenge Premiers romans... 

68premieresfois

 Un véritable plaidoyer à vivre follement pour Sabine enthousiaste - Une écriture et une construction littéraires intéressantes pour Cécile - "Parfois le lecteur se sent perdu, égaré dans la logorrhée d'un patient et au moment où il va lâcher prise, une phrase d'une beauté et d'une sensibilité à pleurer le rattrape par le colbac." pour Albertine - "Mais ces trois là, entraînant dans leurs déraison, sont follement lucides"... Anita - Une lecture peu commune et un bon premier roman pour Nathalie - "Choc frontal pour ce premier roman court, intense, serré, parfois trop..." pour Catherine - Nadine s'est ennuyée - Virginie n'a pas du tout accroché - Décousu mais très fort pour Joelle - Geneviève n'est pas prête d'oublier Branques - Un livre pas fait pour Anne ! 

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23 mai 2016

Max et les poissons, Sophie Adriansen

maxetlespoissons

 "A mon avis, la mère de Lisa et Sophie se trompe. Demain, il ne va rien se passer d'autre que mon anniversaire.
Et j'ai hâte d'y être. Il fait nuit, plus qu'un sommeil et j'y suis."

Max a reçu un poisson en récompense à l'école, il a eu le prix d'excellence, un poisson rouge auquel il s'attache tout de suite et prénomme Auguste. Il a aussi une étoile jaune sur sa poitrine, ses camarades disent qu'elle pue. Nous sommes à Paris, à la veille d'une rafle mémorable, celle du Vel' d'Hiv, le jour qui précède le 16 juillet 1942. Mais demain, c'est surtout l'anniversaire de Max, et il ne peut rien arriver de grave un jour d'anniversaire... n'est-ce pas ? Pour autant, rien ne se passe comme prévu le jour J, les adultes ont de drôles de mines toutes tristes, il faut quitter la maison, laisser Auguste, le stade où ils passent la nuit n'est pas vraiment confortable, sans parler de ce bâtiment en forme de U à Drancy...

Je connaissais surtout Sophie via son blog [clic], je la découvre écrivain. Ce petit livre, conseillé à partir de 9 ans, est très émouvant, mais surtout très sobre et respectueux. Il se met à la hauteur d'un enfant de huit ans. Il permet je pense une approche en douceur de ces évènements de la seconde guerre mondiale auprès des plus jeunes, et peut être l'objet d'une foule de questionnements sur le port de l'étoile jaune, les rafles, le départ vers l'inconnu, ces enfants sauvés et cachés pendant la guerre, ceux qui ne sont pas revenus... Je vais le déposer sur la petite étagère que je destine à mes enfants, en espérant qu'ils aient la curiosité de l'ouvrir. Ma fille avait déjà été très impressionnée par sa lecture du Journal d'Anne Frank. La couverture est magnifique. C'est un petit livre essentiel à partager largement.

Editions Nathan - 5€ - Février 2015

Poignant et nécessaire pour Noukette - Un témoignage à hauteur d’enfant, tout en douceur et en délicatesse, qui se révèle bouleversant pour Jérome - Pour George c'est un livre pédagogique qui peut éclairer à la fois le passé et le présent - Une réussite pour Hélène - Un indispensable pour l'irrégulière !

21 décembre 2015

La Vie amoureuse de Nathaniel P., Adelle Waldman

lavieamoureusedenat "Hannah agrippa la bouteille de vin avec ses deux mains. Une petite ride se creusa entre ses sourcils. Un instant, Nate la vit sous un jour inconnu - vulnérable, en manque d'affection. Sa culpabilité se teinta d'agacement. Pourquoi en faire un drame ? De quel droit ? Pourquoi devrait-il se sentir mal à l'aise juste parce qu'il n'était pas d'humeur à se plier à un rendez-vous romantique un mardi soir ? Il avait envie de lire. Ou de s'amuser en ligne. Et alors ?"

Nate est devenu un auteur reconnu dans le milieu littéraire très fermé de New York. Mais sa vie amoureuse est un échec. Cependant, il ne s'en formalise pas. Ce n'est pas comme si il n'avait pas déjà essayé, avec Kristen ou dernièrement avec Elisa. Il ne comprend pas vraiment d'ailleurs pourquoi cette dernière s'accroche encore à lui. Leur essai d'amitié est de toute évidence un échec et Nate vit avec désagrément ce sentiment de culpabilité qu'elle provoque chez lui. Il est bien mieux seul, dans son appartement négligemment entretenu, à écrire son livre, et à voir à l'extérieur ses amis de temps en temps. Séduire est distrayant, le reste, la vie à deux, provoque très vite l'ennui chez lui. Mais pourtant, et si Hannah était différente ? La jeune femme, qu'il vient de rencontrer, le bouscule dans ses certitudes.

Il est assez étonnant de prendre du plaisir à la lecture d'un titre dans lequel le héros est à ce point irritant, cynique et franchement antipathique. Mais il vend très bien au lecteur cette hypothèse qu'il l'est seulement à son corps défendant, trouvant normal de traiter les femmes qu'il fréquente avec distance, et un brin d'arrogance, n'est-ce pas ? Je ne sais pas ce qui m'a plu dans ce roman, le fait peut-être d'aimer détester Nathaniel P. Et puis c'est un peu comme regarder un vieux Woody Allen. Le héros d'Adelle Waldman, est en effet bavard, un peu imbu de lui-même, mais également un observateur minutieux et critique de ses contemporains.

Editions Points - 7.50€ - Septembre 2015

Une lecture pénible sur le blog de blablablamia - Cathulu a manqué d'empathie mais a pris du plaisir avec l'humour vachard de ce roman !

25 décembre 2015

A l'origine notre père obscur, Kaoutar Harchi

aloriginenotrepere "Ce courage-là, le courage de faire le compte des mots, des caresses, des baisers qu'on attend, parfois toute une vie, et qui ne viennent pas, je l'ai eu. Et à la première occasion que m'a offerte la vie - je veux parler de la mort de la Mère - je me suis enfuie."

D'aussi longtemps qu'elle se souvienne, elle habite ici, dans la maison des femmes bannies, avec sa mère, seule enfant parmi d'autres mères, punies par la rumeur, et qui attendent docilement l'autorisation de leur époux de rentrer chez elles. Elle ne voit le Père qu'occasionnellement, quand il vient apporter un peu de nourriture, et qu'il reste là à écouter la Mère l'assurer de son innocence, lui demander de la reprendre. Elle grandit avec l'image des mains du Père qui déposent des paquets, avec la distance que sa mère met entre elles deux, petit à petit... avec tout ce qui lui manque, l'étouffe, et vide son corps frêle d'adolescente.

Ce roman, que j'ai dévoré, est une très belle fable dont j'ai apprécié je crois l'esprit tragique, sensuel et universel. On peut trouver à redire à son style lyrique, mais c'est ce qui m'a plu je pense en fait ici, justement, ce lyrisme enveloppant des phrases de Kaoutar Harchi. Dans la recherche du père, dans ces pages, il y a un peu de l'Antigone de Bauchau, il y a un peu de l'amour maternel du Au nom de la mère d'Erri de Luca aussi. Un doux moment de lecture... donc.

Editions Actes Sud - 17.80€ - Août 2014

Sylire a beaucoup aimé l'écriture de l'auteure mais a été frustrée par ce roman - La grosse claque de la rentrée 2014 pour Noukette - On touche au beau, au sublime même, pour Leiloona - Stephie a été gênée par l'incohérence du style/origine sociale des protagonistes

25 août 2015

La Traversée du Louvre, David Prudhomme

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 "On cherche à retenir...
... ce qui ne peut nous appartenir."

David Prudhomme se déplace dans les salles du Musée du Louvre, accroché à son téléphone, en conversation professionnelle, puis à la recherche de Jeanne, sa femme, qu'il ne trouve pas. Autour de lui, derrière lui, partout, des oeuvres et des spectateurs. Il s'interrompt alors dans sa quête veine et commence à observer le ballet des visiteurs, croque des scènes coquasses ou simplement subitement poétiques.

J'ai adoré visiter Le Louvre dans cet album à la fois précis et onirique. On reconnaît au fil des cases des tableaux célèbres mais c'est surtout dans sa faculté de saisir l'instant que David Prudhomme excelle. Tout à coup, les oeuvres sont sur les murs, derrière des panneaux de verre, faits de pierre ou de peinture, mais aussi bardés d'appareils photos, avachis sur des fauteuils, muets devant la joconde, faits de chair et de sang. On ne peut alors s'empêcher de sourire, d'être admiratifs de la finesse d'observation de l'auteur et en fin d'ouvrage on le remercie de nous avoir permis de visiter ce lieu, et d'en avoir grâce à lui également entendu le bruissement.

Editions Futuropolis - 17€ - Juin 2012 - Merci ma bibli !!!

Mo a aimé ce méli mélo visuel - Un très bel ouvrage pour Malice

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20 août 2015

Camille, mon envolée, Sophie Daull ... Rentrée littéraire 2015

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 "Depuis mon coeur crevé je vais faire ça, raconter ta mort, ta maladie, ton agonie. Du jeudi 19 au lundi 23 décembre ; quatre jours, trois p'tit tours et puis s'en vont. Je vais relater dans le détail ta lutte, ton combat, blitzkrieg, parce que, putain, qu'est-ce que tu as été forte dans cette traversée de la fièvre et de la douleur. Médaillée, croix de guerre."

Comment parler d'un évènement aussi absurde et terrible que celui de la perte de son enfant ? A la veille de Noël. A la veille de ses 16 ans. Après trois jours d'une fièvre implacable, que le corps médical tentait de soigner négligemment avec quelques aspirines, le coeur de Camille cesse de battre. Sophie Daull réussit ce pari, sans trop de pathos, avec juste la bonne dose de délicatesse, de pudeur, de tristesse, d'humour qui permet à ses phrases de dresser le portrait en creux d'une jeune fille adolescente, qui ressemblait à toutes les autres filles de son âge, mais qui était unique pour ceux qui l'aimaient.

Récit d'un deuil, d'un enterrement, ce roman enveloppe, apaise, tente de trouver du baume au coeur. Il envoie tout de même des petits coups dans le ventre qui font brutalement monter les larmes aux yeux. J'ai aimé pour ma part qu'il soit si réaliste, si proche du quotidien, piqueté d'ironie, et que rien ne nous soit épargné de la crudité de ces moments, pendant lesquels, malgré la douleur, la vie ne cesse d'avancer. Un très beau roman, qui n'est pas seulement le témoignage d'une mère endeuillé, mais également le journal d'une survie. 

Editions Philippe Rey - 16€ - 20 août 2015

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Je participe au challenge 1% rentrée littéraire qui consiste à lire au moins 6 livres de la rentrée littéraire (clic sur l'image pour plus de détails). Challenge : 1/6.

10 juillet 2015

Vous parler de ça, Laurie Halse Anderson

vousparlerdeça "La première chose dont je me souviens après ça, c'est le téléphone. J'étais debout, au milieu d'une foule alcoolisée, et j'ai appelé la police, parce que j'avais besoin d'aide."

Melinda commence le Lycée sous de désagréables auspices. Ses amis d'hier la fuit comme la peste, ses professeurs sont pour la plupart étranges, et les mots petit à petit s'étranglent dans sa gorge jusqu'au mutisme dans lequel la jeune-fille se fond peu à peu. Sur son bulletin, les notes chutent. Seul le cours de dessin semble encore éveiller en elle de l'intérêt. Mais que s'est-il donc passé ? Melinda trouvera-t-elle le courage de parler enfin, et d'attirer l'attention de quelqu'un, d'un ami, d'un enseignant, de ses parents ?

J'avais commencé ce livre il y a quelques temps déjà, puis je l'avais reposé sans le terminer (ce n'était pas le moment sans doute). Entre temps, ma fille (14 ans) l'a lu. Elle sait que cette collection peut l'intéresser, qu'elle est faite éventuellement pour sa tranche d'âge, et à son âge justement (dans un an elle rentre au Lycée), on cherche à connaître, à savoir ce que vivent les autres, à vouloir se confronter à des histoires plus rudes. Bref, j'avais oublié ce livre. Puis, il y a quelques semaines, nous avons regardé un film toutes les deux (Speak avec Kristen Stewart) et elle m'a dit au cours du visionnage reconnaître un livre qu'elle avait lu. Bon, j'ai pensé à un autre titre qu'elle avait emprunté en bibliothèque. J'ai repris dernièrement Vous parler de ça... et surprise ! ;) Vous l'aurez compris, j'ai reconnu le film à mon tour. Bref, tout cela pour vous dire que de ce roman existe donc une adaptation cinématographique, plutôt fidèle. Et que surtout le parcours de cette jeune fille, qui cache un secret qui la ronge de l'intérieur, est assez intéressant. J'ai été forcément un peu polluée par les images vues précédemment, ce que je savais déjà de l'histoire, mais La belle colère est véritablement une collection bien intéressante, une intelligente collection pour Ados et grandes personnes.

Editions La Belle colère - 19€ - Octobre 2014

La lecture de Cathulu [clic]

Attention, la bande-annonce ci-dessous est très très bavarde... trop.

21 juillet 2015

Amorostasia, Cyril Bonin

amorostasia

 "Je ne suis pas du genre à succomber à une jolie frimousse. Et puis, avec ou sans Amorostasie, l'amour est bien une maladie, une maladie qui rend dépendant et malheureux. Alors non merci très peu pour moi."

Un étrange mal sévit à Paris depuis quelques temps. La première victime s'est figée alors qu'elle lisait une lettre la demandant en mariage. Puis, un couple dans une voiture, se retrouve dans le même état catatonique en s'échangeant un baiser. L'amour serait-il devenu dangereux ? Olga est journaliste, elle enquête. Mais l'Amorostasie prend de l'ampleur, divise les couples qui ne se figent pas, met à l'index les jolies filles, rend tout le monde fébrile et extrêment suspicieux. Dans un pays où chacun se méfie dorénavant de ses sentiments, Olga se sent seule, et mal aimée...

Allez, je suis en veine du côté des BD. J'ai donc continué sur ma belle lancée avec celle-ci, qui est une jolie pioche de bibliothèque. Sa qualité essentielle est évidemment l'originalité de son scénario mais elle aurait aussi pû être son principal défaut. Heureusement, ce n'est pas le cas. L'histoire imaginée par Cyril Bonin est très crédible. Et j'ai été tellement ravie de mon voyage au pays de l'amour à risques que je me suis empressée de réserver le deuxième tome (sorti en février 2015). N'hésitez pas à vous laisser envoûter aussi, à l'occasion.

Editions Futuropolis - 19€ - Août 2013 - Merci ma bibli !!

amorostasia1   amorostasia2

 

Noukette a été conquise, émue [clic] - Sylire était un peu déçue [clic ici]

3 juillet 2017

Lux, Maud Mayeras

lux

Tu n'es pas une grande lectrice de thrillers... mais tu aimes en ouvrir de temps en temps, pour changer. Celui-ci t'attendait depuis un petit moment déjà dans ta PAL urgente (hum !) avec sa couverture intrigante et son titre mystérieux... Il était donc grand temps de plonger dans ses pages... Antoine débarque à Ceduna, dans les terres arides du sud de l'Australie un beau jour de 2016. Vingt ans auparavant, c'était avec sa mère malade qu'il avait atterri sur les lieux, venant de France. Un drame avait alors eu lieu pendant son court séjour, son ami Hunter avait été assassiné, presque sous ses yeux par son père, choqué de les avoir trouvés tous les deux à moitié nus dans la chambre de son ami. Sa mère était morte quelques jours plus tard, et le jeune homme alors rapatrié en France. Antoine est revenu pour se venger, pour tuer les époux Redshaw. Mais rien ne va se dérouler réellement comme prévu, un tsunami dévaste la région, et la réalité s'avère bien plus complexe qu'Antoine le croyait... Le voilà effectivement à un moment donné, en route, au coeur des terres australiennes, pour une Réserve secrète, accompagné d'un jeune militaire déserteur, d'un vieil aborigène un peu fou, et en quête de la soeur de Hunter, Lark... Et toi lectrice, tu as trouvé à ce roman quelques maladresses ou plutôt quelques manques de fluidité qui ont gêné ta lecture, au départ, puis tu as été embarquée, intriguée, décontenancée. Au final tu as été plutôt heureuse d'avoir ouvert ce livre, qui a le mérite de ne pas s'enfoncer dans la facilité. Avec Lux, on frôle sans cesse la fin du monde, et Maud Mayeras a le talent de nous montrer à la fois la complexité des sentiments humains, et nos fragilités. Et il y a des scènes d'une très grande force visuelle.

Editions Anne Carrière - octobre 2016

Lu aussi par Plume de Cajou

28 juin 2017

Zorglub, la fille du Z, Munuera (Tome1)

zorglub

Parfois, tu te laisses un peu emporter par ton enthousiasme... et là justement, avec cette BD, tu n'étais pas très certaine de ton choix, lorsque tu as cliqué sur cette couverture pour la recevoir contre une critique chez Babelio. Pourtant, tu avais été intriguée et amusée par le résumé. Et effectivement, le style du dessin, souvent utilisé dans des albums humoristiques, n'est vraiment pas ce que tu préfères, pas assez réaliste pour ton goût. Il est d'ailleurs spécifié en quatrième de couverture que Zorglub est l'antagoniste le plus méchant, le plus mégalo et le plus maladroit de Spirou et Fantasio, ce que tu ignorais. Ta culture BD recèle quelques grosses lacunes, t'es-tu dit ensuite en effectuant quelques recherches. Mais pour ta décharge, tu n'es pas fan de Spirou et Fantasio. Cependant, dès les premières pages, tu as aimé la vivacité des dialogues, la personnalité de cette petite jeune fille de 16 ans qui tente vainement de vivre une vie normale. Et que le rythme des cases décoiffe très très vite la lectrice que tu es... Sur la première planche, Zandra sort du cinéma avec son petit ami André, quand soudain une lumière se braque sur le jeune couple en train de s'embrasser. Le père de Zandra, du haut de son vaisseau, veille sur sa fille, interrompt le doux rendez-vous des jeunes tourtereaux et - dans son euphorie et sa crainte - crée dans la ville un monstrueux bazard. Zandra est furieuse contre lui, contre ce qu'il est - une sorte de savant fou qui vend ses trouvailles au meilleur offrant -, et lui conjure d'arrêter ses agissements et de la laisser tranquille... Mais on ne raisonne pas si facilement un savant fou et les évènements vont s'enchaîner - et les révélations se révéler - sans que Zandra puisse réellement comprendre ce qui lui arrive... Soyons clairs, l'armée n'a pas l'intention de laisser Zoglub s'approprier certains investissements. Et avant de pouvoir discuter tranquillement de leur relation, le père et la fille vont devoir s'allier pour mieux combattre l'ennemi. Tu as beaucoup pensé au Zombillénium d'Arthur de Pins en lisant cet opus, à cet humour mêlé de tendresse qui change de tes lectures habituelles, et qui fait parfois aussi du bien. Tu as aimé te laisser un peu décoiffer par ce livre, rencontrer une jeune adolescente avec ses préoccupations d'adolescente. Puis, tu as passé l'album à ta fille, qui l'a lu d'une traite...

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Editions Dupuis - Juin 2017

Ceci est ta BD de la semaine, tous les autres liens sont chez Mo' aujourd'hui

Un album lu pour l'opération Masse critique BD de chez Babélio

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22 mars 2017

Catia Werneck ~Jongando

On ne te propose pas souvent d'écouter des albums en avant première... et tu dois dire que tu as été séduite par la proposition de chez Cristal Records (que tu remercies au passage pour leur confiance) de recevoir ce CD qui sort dans les bacs le 14 avril prochain. Parce que tu l'as en effet tout de suite beaucoup aimé. Dès les premières notes, le soleil est là, dans la maison... même si il fait gris au dehors, la joie et la danse. Catia Werneck rend ici hommage au Jongo, musique traditionnelle brésilienne considérée comme la "grand-mère" de la samba, et qui a influencé le Funk Carioca, aujourd'hui la musique la plus écoutée au Brésil. Ce n'est pas forcément la musique que tu écoutes habituellement, ce n'est pas ton univers, mais à aucun moment tu ne t'es sentie larguée à son écoute (plusieurs fois déjà depuis sa réception). L'arrangeur Munir Hassn (que l'on voit dans la vidéo ci-dessus) y est sans doute pour quelque chose... Et tes enfants aiment aussi, ce rythme différent, et pourtant si facilement assimilable. Tu recommandes donc, et surtout peut-être pour cette merveilleuse adaptation des "Coeurs tendres" de Jacques Brel (dont tu espères bientôt trouver une petite vidéo à mettre ici), glissée au milieu de titres plus traditionnels.

Le concert de lancement de l'album aura lieu le 16 mai 2017 à 21h au studio de l'Ermitage.

jongando

 

6 mai 2017

Trois petits mots, Sarah N Harvey

troispetitsmots

Tu avais un peu de mal à enchaîner avec un autre titre suite à ta dernière lecture... et en général (dans ces cas-là) tu ne trouves rien de mieux qu'un roman avec adolescents à l'intérieur pour franchir ce cap et éviter la panne de lecture. Trois petits mots ne te laissera sans doute pas un souvenir impérissable, pour toi ce n'est pas le meilleur de la collection pour ados de chez Magnard, mais tu as trouvé quelque chose de doux, de réconfortant, dans ce roman, qui a laissé en toi de belles traces en le refermant. Et il a rempli son office de t'éviter de rester bouche bée après ton dernier coup de coeur. Sid habite près de Vancouver, sur une île, avec sa famille d'accueil. Abandonné par sa mère lorsqu'il était tout jeune, il a trouvé au sein de ce foyer amour et équilibre. Depuis peu, une nouvelle protégée a intégré la famille, Fariza, une petite fille visiblement traumatisée qui ne sait dire que quelques mots. Et puis, il y a Chloé, sa meilleure amie, pleine de charme et d'exubérance joyeuse qui l'accompagne toujours dans ses balades en vélo. Sid aime cette vie paisible, et dessiner sur son carnet. Quand un jour un homme débarque pour lui révéler l'existence d'une grand mère et d'un frère disparu à rechercher, Sid hésite à quitter son île pour le suivre... Mais, fort de son éducation généreuse, et soutenu par les siens, il sait qu'il ne peut échapper à cet appel de la réalité et embarque vers la ville. Et toi lectrice, tu as aimé rencontrer ce personnage, ce jeune garçon intègre et lucide pour son âge, bouleversé mais courageux. Tu as aimé aussi beaucoup d'images de ce roman... que tu as sans doute trouvé un peu trop doux, mais extrêmement lumineux.

Editions Magnard - Août 2016

29 mars 2017

La fille quelques heures avant l'impact, Hubert Ben Kemoun

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Un an après ta rencontre mémorable avec l'auteur à Montaigu... tu as enfin lu ce roman. Parce qu'un roman destiné aux adolescents est toujours un moment intéressant, et revivifiant (et celui-ci ne déroge pas à la règle)... et que tu avais besoin de souffler un peu après ta dernière lecture. Annabelle est la fille avant l'impact, celle qui rompt ce jour là avec Sébastien, vit toute seule avec sa mère dépressive et décide de se rendre en soirée au concert donné par le groupe de Marion (personnage du roman précédent La fille seule dans le vestiaire des garçons). Tout le Lycée sera présent. La jeune fille ne sait rien du drame que traverse son professeur de Français, Isabelle, négligée par l'homme qu'elle aime, ni comment s'est terminée la punition de Mokhtar et des deux autres garçons impliqués dans un échange vif en cours, ni qu'Ethan gît quelque heures plus tard dans une ruelle, blessé. Elle veut juste se débarrasser de ce qui la gêne (Sébastien), voudrait oublier l'état de sa mère et rejoindre son amie Fatou au concert. Le roman de Hubert Ben Kemoun monte petit à petit en puissance, distillant une belle dose de suspens tout au long de cette journée caniculaire, qui se termine fatalement sur une explosion de haine (annoncée ici et là sur quelques pages en italique). L'auteur sait toujours aussi bien se glisser dans la peau d'une adolescente, deviner ses pensées et ses sentiments. Et tu en est restée cette fois-ci encore assez béate d'admiration. Il a le talent aussi de montrer dans ce livre comment la violence naît, comment elle se développe et à quel point elle peut frapper fort et injustement. Un roman très moderne, que tu vas t'empresser de poser sur ton étagère de livres avec adolescents.

Editions Flammarion jeunesse - février 2016 

Enna l'a lu aussi

24 mars 2017

Choucroute maudite, Rita Falk

choucroutemaudite

Tout ça parce que Monsieur Antigone a autrefois fait un voyage en cargo, tu as une affection particulière pour les conteneurs... ce qui t'a conduit tout naturellement à choisir ce titre parmi les productions de Mirobole éditions. Et tu conçois très bien la bizarrerie du cheminement... Il s'avère que leurs couvertures sont vraiment très chouettes, et qu'un corps est écrasé sous ce fameux conteneur (si si approchez vous un peu de l'écran, il y a un bras qui dépasse... vous le voyez ?). Mais où sommes nous réellement dans ce roman ? En Allemagne, et plus précisément dans une petite bourgade appelée Niederkaltenkirchen. Rien que ça. Viré de son ancien poste pour désordre, Franz Eberhofer vit ici, dans son village natal, avec sa grand-mère et son père. Policier, il patrouille mollement, fait des promenades avec son chien Louis II, termine invariablement ses journées avec une bière et ses amis dans le café du coin. Tout est calme, jusqu'à ce qu'il rencontre cette belle femme et son petit chien ridicule en promenant le sien, et que lui paraissent étranges les décès successifs de la famille Neuhofer... Un des fils Neuhofer vient justement de se faire écraser par un conteneur... Tout le monde a cru à un accident. Franz est bien seul à mener son enquête, et guère aidé par la lourdeur administrative et l'apathie générale... Pourquoi ne pas prendre les choses telles qu'elles sont et laisser les morts tranquilles ? Mais les indices pleuvent malgré lui... Et toi tu as bien ri dès les premières pages avec ce roman policier qui ne se prend pas du tout au sérieux, goûtant les scènes cocasses, les personnages hauts en couleur, les petits diminutifs affublés à tous, la naïveté attachante d'un Franz, candide maladroit. 

Editions Mirobole - Mars 2017

Pour découvrir le catalogue original de Mirobole éditions, c'est par ici [clic]

24 novembre 2016

En cours de lecture...

heartbis

 "[...] l'amour est une chose sérieuse comme la terre, sérieuse comme nos plaines vides où souffle un vieux chant de guerre, comme nos plaines sous lesquelles sont enterrées plusieurs strates de cadavres, nos marécages, nos steppes, l'amour remonte le cours du temps, il revient aux origines, il réveille les conflits, déterre les haches, il demande de préciser sa loyauté, de déposer une obole sur son seuil avant d'entrer, on ne reste jamais à un seul niveau du temps, aucune unité de lieu, d'espace, l'amour rappelle qu'il y a des frontières et qu'on ne les franchit pas impunément."

Extrait de Le dernier amour d'Attlia Kiss de Julia Kerninon... et comme ce livre est magnifique.

20 novembre 2016

Les insurrections singulières, Jeanne Benameur ~ Objectif Pal de Novembre

lesinsurrectionsingulieres

 "Le Bresil, j'y étais moi aussi. Enfin."

Antoine sort tout juste d'une rupture amoureuse difficile. Mais revenir vivre chez ses parents n'est pas non plus une mince affaire, une sorte d'humiliation qui le confronte à ses propres choix. Il dort de nouveau dans son lit d'adolescent. Et quel place peut avoir un enfant adulte près d'un couple amoureux et vieillissant ? Et puis, il y a ce travail à l'usine qu'il a pris autrefois, par passivité, alors que sa famille rêvait pour lui de bien autre chose. D'ailleurs, Lusine va mal, et même si Antoine s'est impliqué syndicalement il ressent les limites de ses motivations et du militantisme face à la mondialisation. Partir semble donc LA solution, une urgence. Il y a d'abord l'isolement en Bretagne, loin des siens, et puis cette idée du Brésil, d'aller rechercher au-delà du miroir cette autre face de la concurrence, d'aller voir là-bas, à Monlevade, qui sont ces ouvriers qui prennent le travail des ouvriers de France...

Je suis rentrée dans ce roman de Jeanne Benameur avec surprise, ne retrouvant pas d'emblée son écriture douce et enveloppante. Ici, le style est en effet assez rude, les phrases courtes, comme en mal d'oxygène. Mais cette écriture parle au mieux de l'état d'esprit d'Antoine, obnubilé encore par le corps de Karima, toujours en lisière, en questionnement, sans place définie. Et puis, petit à petit, de jolies choses apparaissent dans la narration, comme ce marché où la mère d'Antoine a un stand, la rencontre avec Marcel le libraire ambulant, le carnet noir du père qui parle de l'usine, la Bretagne, le Brésil, Thaïs... C'est un roman d'une extrême délicatesse, à hauteur d'homme qui touche par sa simplicité même, très photographique aussi, et sensible. Je retiens de cette lecture, après quelques jours, de nombreuses images et des sensations. Une lecture qui donne à réfléchir et qui emmène son lecteur en voyage.

Editions Babel - 8€ - janvier 2013

 

objectif pal

Mes lectures de Jeanne Benameur sur ce blog [clic ici]

L'avis de Lucie - Un coup de coeur pour Sylire - La lecture de Saxaoul - Celle de Noukette - Aifelle a lu ce livre également - ...

Un titre lu dans le cadre de l'Objectif Pal de Novembre [les autres participations ici]

 

2 novembre 2016

Un foyer, Julie Lamiré

unfoyer

"Le Mali me manque. Aminata me manque. Baba me manque. Mais j'évite d'y penser. Au foyer, ils veulent toujours qu'on en parle, mais moi, ça me fait trop mal au coeur."

Sarah intègre un foyer pour garçons en tant qu'éducatrice. Pour elle, c'est un nouveau métier, et elle a tout à apprendre. Divorcée, mère d'une adolescente, elle éprouve immédiatement beaucoup d'empathie pour tous ces jeunes en situation fragile et ces sans-papiers dont elle apprend très vite les histoires, Rayan, Kevin, Ibrahima. Et puis, il y a les autres éducateurs, autant de personnages hétéroclites, tout d'abord une nuée de visages, d'où se détachent assez vite Fatoumata et Nordine, plus impliqués. Elle ne sait pas encore combien ces jeunes vont devenir aussi attachants pour elles, qu'imprévisibles, combien ce métier est prenant, et aussi combien sa vie va changer...

C'est une immersion totale que nous livre ici avec son récit Julie Lamiré. Et même si c'est Sarah que l'on suit de prime abord dans ses nouvelles fonctions, j'ai surtout été intéressée par le travail de fond que répercute le personnage de Fatoumata, plus impliquée, et plus en phase avec la réalité. Les lettres des jeunes, retranscrites de temps en temps au fil des pages, ancrent ce roman dans une vérité dure et disparate. Voici un roman que l'on a envie de faire lire, pour montrer, donner à comprendre les individualités. C'est un roman très actuel, qui s'inscrit malgré lui dans l'actualité. Il peut être mis dans les mains d'adolescents, ou de jeunes adultes. De plus, je dois vous dire, alors que je verse rarement des larmes en lisant, qu'en fin de lecture j'ai un peu pleuré. Beaucoup d'émotion donc dans ce récit, servie par un réalisme délicat.

Editions du 38 - 17 € - Mai 2016

A commander directement sur le site de la maison d'édition [clic ici] - Du 1er novembre au 5 décembre, Un foyer de Julie Lamiré est en promotion en numérique ! 2,49 euros seulement, sur votre plate-forme préférée.

Le billet de Stephie sur ce livre dont elle est l'éditrice

17 juillet 2016

Retour de vacances

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... et que la Bretagne était belle, sous un soleil souvent frileux, mais qui donnait à la mer des couleurs paradisiaques. Je ne peux pas tout mettre en photographies ici. Je garderai en souvenir cette rencontre improbable avec le camion du livre de poche sur la plage de Morgat [son parcours ici]. Une occasion pour moi de me procurer des livres (encore) et un sac tote-bag, le jumeau de celui que vous pouvez gagner en jouant pour la boîte littéraire [jeu anniversaire ici]. Je me souviendrai de la très impressionnante exposition des peintures de Chagall à Landerneau (que vous pouvez voir encore tout l'été si vous passez dans les parages). Ainsi que du magnifique Calvaire de Plougastel-Daoulas... Et puis d'un réveil un peu brutal le 15 au matin, et de rester bouche bée d'incompréhension et de sidération devant ce que certains êtres humains peuvent imaginer d'atrocités à fomenter. J'essaye de ne pas penser à la réalité de ce qui a eu lieu. Les peintures de Chagall sur les réseaux sociaux, les couleurs associées à Nice, l'art pour thérapie et consolation, ont été ce qu'il y a eu de plus marquant pour moi depuis. Il n'y a pas de mots, mais que de l'amour à dire et à partager encore plus fort. Et puis Galéa va bien.

26 août 2016

Tandis que je lisais...

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...ma dernière commande We are knitters est arrivée, et les deux gagnantes de mon concours anniversaire ont ouvert leurs colis. Pour mémoire, Célina avait gagné la boîte littéraire (sa découverte ici [clic]) et Gambadou la boîte brico/détente (sa découverte ici [clic]). Merci encore pour votre enthousiasme !! Je vous prépare en coulisses pour le mois de Novembre quelque chose de très différent mais avec peut-être aussi une petite surprise à la clé [un indice ici]. 

29 mai 2016

Un dimanche de fête des mères

... aller voir Julieta. Quelle drôle d'idée me direz-vous ! Tant ici les mères ont un rôle spécial. Sauf qu'il y a tellement de façons d'être mère, d'être femme, et que personne n'aime autant les femmes qu'Almodovar. De plus, il s'agissait ici d'une adaptation partielle et respectueuse des Fugitives d'Alice Munro, recueil de nouvelles lu en 2010 et profondément aimé [clic ici]. J'ai retrouvé le souvenir qu'il me restait de ses nouvelles dans ce film, certains passages, mais j'ai surtout aimé ce film pour sa pudeur, son originalité, ses couleurs... et tout ce qui fait toujours chez Almodovar vibrer et palpiter le coeur. L'histoire est rude, semée de pertes et de séparations. En effet, Julieta perd en mer son mari Xoan. La jeune femme est terrassée. Sa fille, Antia, adolescente, prend soin d'elle. Mais alors qu'elle n'a que dix-huit ans, elle décide de s'éloigner, et ne donne plus de nouvelles pendant les douze années suivantes...

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17 juin 2016

Libérez-vous de la pression au travail, Michelle Jean-Baptiste

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"C'est parce qu'il y a moins d'un an, quelqu'un en qui j'avais toute confiance a cherché à me discréditer, à dévaloriser violemment mon travail par peur sans doute de perdre de son autorité ou de sa superbe, et que je ne me suis pas laissée faire ; c'est parce que j'assistais autour de moi au désarroi de nombre de salariés et d'indépendants précaires tétanisés ou liquéfiés face à des managers brutaux, à des décisions arbitraires et inhumaines, et à l'injustice du harcèlement banalisé que j'ai écris ce livre.

Tant que nous sommes en vie, nous avons la possibilité d'agir et donc de faire bouger les lignes. Le travail est un élément essentiel pour que nous ayons une vie équilibrée, mais à condition que nous n'en soyons ni les esclaves ni les souffre-douleurs et qu'il ne nous empêche pas tout simplement de vivre."

J'ai accepté de recevoir ce petit livre d'un jaune éclatant car parmi toutes les sollicitations que je reçois, quelque chose m'interpellait dans son intention, et qu'il tombait bien. Je ressens parfois un peu de pression au quotidien. Et puis, je l'ai lu, et loin du guide tout bête qu'il semble être, j'ai été touchée par la bienveillance de son contenu, la justesse des propos de Michelle Jean-Baptiste, sa juste sensibilité, son désir d'aider. Sa table des matières résume parfaitement ses grandes lignes... Non le travail ne doit pas forcément être une torture, je prends conscience du niveau de pression, j'agis sur la pression qui vient de moi, j'agis sur la pression qui vient des autres, j'intègre que le harcèlement n'est pas une pression comme une autre, je décide de devenir acteur de ma vie professionnelle, je n'hésite pas à me faire aider...

C'est parce qu'il y a plus d'un an, quelqu'un dont je ne me méfiais pas particulièrement (ou pas assez) a cherché à me discréditer, et que j'ai ressenti cela avec une violence inouïe, que je me suis laissée faire avant que l'on m'aide à m'en sortir, que j'ai lu ce livre avec émotion. J'en profite d'ailleurs pour remercier ici les personnes qui ont su, à l'époque où je me noyais, voir, trouver les mots, et surtout me dire "Tu n'es pas seule, moi aussi j'ai vécu ce que tu vis, je comprends" et puis "Nous nous te croyons, nous savons qui tu es".
L'année dernière, à la même époque, en juin, je n'allais pas très bien, j'ai pris une très longue pause ici, à cause de cet état de fait qui persistait. Aujourd'hui, tout va mieux, mais ces moments laissent des traces indélébiles dont on se passerait bien, je vous l'assure. Je sais depuis que la peur et l'angoisse seront toujours là en embuscade, qu'elles sont inscrites en moi au fer rouge, qu'un rien peut les réveiller de leur sommeil, qu'il faut vivre à présent avec. Je sais aussi qu'il ne faut pas se taire, même si autour de soi tout le monde tente de minimiser, et que la méditation (par exemple), accepter sa sensibilité, aident beaucoup aussi. Qu'il faut tenter de s'aimer encore plus fort, si on y arrive. Ce que je suis, dont vous devinez certainement la somme des émotions, est sans doute une richesse mais me désigne apparemment aussi comme une victime naturelle... j'en suis ravie (ironie). 

Voici quelques phrases du livre qui me parlent...  - La volonté de rabaisser ou d'isoler la victime - La remise en question de tout ce qu'elle dit ou fait - L'utilisation de la calomnie et des mensonges - Le fait de ne plus adresser la parole à la victime et de le priver de toute possibilité de s'exprimer - Le fait de culpabiliser la victime pour qu'elle finisse par croire qu'elle mérite ce qui lui arrive...

Je remercie Michelle Jean-Baptiste pour son livre qui conserve tout du long un optimisme joyeux, milite surtout pour le bien être au travail et nous encourage à être acteur de nos vies. Elle a tellement raison.

Editions Fortuna - 7.90€ - 11 avril 2016

2 mars 2016

Pull pull pull laine laine laine

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[Petit point tricot] Je viens de terminer un pull bleu clair (destiné à ma fille) et je commence un pull bleu marine (pour moi et pour l'été), toujours adepte du tricot, de la relaxation que le mouvement provoque, toujours fan de We Are knitters. C'est un site où tout est malheureusement un peu cher, mais les promotions sont fréquentes et les explications super claires (ce que j'apprécie vraiment). Sinon, pendant ce temps, je lis [Kokoro] de Delphine Roux, un tout petit livre de chez Philippe Picquier, où se mêlent l'écriture fragmentaire, les fantômes et le Japon. Il n'était pas facile facile de sortir de ma lecture précédente... bouleversante.

16 mars 2016

La Fille seule dans le vestiaire des garçons, Hubert Ben Kemoun

lafilleseuledanslevestiairedesgarcons "Je m'étais jetée dans les bras de n'importe qui pour m'inventer une histoire d'amour."

Marion est une collégienne plutôt discrète. A la maison, tout n'est pas si rose depuis que son père est parti refaire sa vie à l'étranger, en Amérique du Sud, la laissant elle, sa mère et son petit frère comme orphelins. La collégienne voit sa mère se perdre dans la consultation de sites de rencontres. Barnabé, son petit frère, cache sa tristesse sous une exubérance, une sensibilité exacerbée et une mémoire sans failles. Alors Marion note tout sur son petit carnet noir, les chansons qu'elle compose, ses envies, ses idées sombres, ses colères et ses espoirs. Mais elle perd ce carnet lors d'une bousculade avec des garçons de sa classe, Enzo en tête, qui lui réclame un baiser qu'elle refuse. Marion est persuadée que ce dernier a retrouvé son carnet et lui réclame. Enzo avoue avoir l'objet, promet à la jeune fille de le lui rendre, et devient en face à face d'une douceur étonnante qui met soudain Marion sur un petit nuage, elle qui se pensait si malhabile en ce qui concerne les garçons, la matière dans laquelle elle excelle le moins, avec l'espagnol...

J'ai commencé ce petit roman pour adolescents dans le train samedi dernier, encore forte du souvenir de cette rencontre amusante et pleine de verve avec l'auteur. Et j'ai été surprise en commençant le livre de constater combien cet auteur là justement avait su se glisser dans la peau d'une jeune fille, pleine de rage et de désespoir. Quel tour de force ! Et quel talent. L'histoire que nous conte Hubert Ben Kemoun est moderne et prenante, parfois assez rude, celle d'une adolescente d'aujourd'hui, confrontée aux réseaux sociaux, aux pièges d'internet, à la méchanceté gratuite et bête, à la vengeance. J'ai beaucoup aimé lire ce livre, avoir pour quelques pages 14 ans, apprécié l'espoir qui est distillé en fin de roman. Un livre que je vais conseiller sans soucis à ma fille, d'ailleurs l'exemplaire lui est déjà dédicacé, ça tombe bien.

Editions Flammarion - 13€ - Mai 2013

Une lecture en famille chez Liliba - George l'a lu d'une traite - C'est Canel qui a été la tentatrice !!

En cherchant des liens je me rends compte que l'auteur est beaucoup lu sur nos blogs. Il sera présent à Montaigu lors du Printemps du Livre (23-24 avril), parions que je vais craquer sur un autre titre.

9 mars 2016

Nuit de septembre, Angélique Villeneuve

nuitdeseptembre

 "Le mot suicide, sifflant, corrosif, qui glisse et coule et partout se déverse en rongeant les peaux et les os."

Ce petit livre qui tient dans une main signifie beaucoup. Il est le récit qu'Angélique Villeneuve a voulu faire après, après la perte du fils. Il ne s'agit pas de parler de lui, pas vraiment, mais surtout du parcours de la douleur en soi et du chemin de la vie, qui prennent les mêmes routes. Après cette nuit de septembre, dont elle continue d'être sidérée, s'enchainent les rencontres pour ce livre qui a du succès, le quotidien. Elle vient parfois s'asseoir dans cette chambre dans laquelle il a décidé d'arrêter, et le temps passe, les objets changent de place, subrepticement, les premières fois après l'évènement s'accélèrent. Tous ces moments sans lui sont pourtant à vivre. Ça va aller, se dit-elle. Mais ils sont étonnants et doucement violents, muets, ces moments, et non ça ne va pas aller réellement tous les jours. Il manque quelqu'un dans le creux de la paume, dans le creux des hanches, il y a une présence, invisible et vibrante, où se niche toute la souffrance. Comment savoir que faire de soi après cette perte qui n' a pas de nom dans la langue française... comme un déni d'existence.

Je lis beaucoup en ce moment sur le sujet (les livres arrivent ainsi), ce récit m'a également touchée en plein coeur. Surtout qu'il m'est arrivé d'échanger plus personnellement avec Angélique Villeneuve et que j'ignorais tout de cette nuit de septembre. Alors ce livre est tombé comme une bombe sur mes genoux. J'espère avoir trouvé les mots pour en parler, j'espère que vous le lirez, parce que je crois très fort au pouvoir de l'écriture mais qu'il ne fonctionne jamais autant que quand les mots écrits sont lus. L'auteure délaisse ici son style habituel de romancière pour fouiller plus profondément dans l'intime, et chaque phrase interpelle, arrache son petit lambeau de tristesse, tout en laissant petit à petit, page après page, entrer de plus en plus la lumière. 

Editions Grasset - 14€ - mars 2016

Sur ce blog... Un territoire, Les fleurs d'hiver, Yeu à la bouche, Le festin de Citronnette

La lecture de Cathulu

16 janvier 2016

Janvier

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En janvier, il y a ce nouveau projet tricot qui me fait de l'oeil, avec cette jolie couleur rafraichissante (mais il faut que je termine avant mon poncho blanc). Il y a le calendrier du précédent Flow qui rythme mes journées. Et puis, il y a des envies de matière, de changements, de boucle d'oreilles (dire qu'il y a un an je n'en portais jamais). Tandis que ma fille envahit la maison de ses petits bonhommes de feutre doux... Pendant ce temps, je termine La Fourmi assassine de Patrice Pluyette, qui est une bien étrange lecture. Bon week-end !

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Les lectures d'Antigone ...
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  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
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