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Les lectures d'Antigone ...
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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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4 janvier 2017

La poupée de Kafka, Fabrice Colin

lapoupeedekafka

Tu as failli ne pas aimer ce livre... (et cela aurait été dommage). Il faut dire, qu'au tout début, il t'a bien embrouillé dans sa chronologie, et qu'au sortir d'une belle panne de lecture tu n'avais pas forcément envie de poursuivre ta reconquête du plaisir de lire avec un roman compliqué. Pour autant, tu as été intriguée, dès les premières pages, par cette coïncidence étrange, ces similitudes entre le film vu il y a peu (La voleuse de livres) et cette nouvelle lecture. Vous avez remarqué vous aussi ces enchaînements parfois très curieux, ces hasards ? Et puis, tu avais promis à quelqu'un de le lire, et surtout de le finir... Le décor est planté. Nous sommes à Berlin, en 1923, auprès d'un Franz Kafka souffrant de tuberculose, incapable d'écrire... Sa compagne lui parle d'une petite fille ayant perdu sa poupée. L'écrivain écrit alors pour elle des lettres, pour la consoler il imagine une correspondance, une poupée partie en voyage racontant ses aventures. Et tout à coup nous sommes en 1980, à Paris, auprès d'un homme érudit, obnubilé par l'écrivain, et par l'existence effective ou non de ces lettres inédites... Puis, Fabrice Colin nous propulse sans ménagement dans un wagon avec l'urine, la peur, les haltes sans fin, le froid, le froid, la soif, le froid. Quoi ? Là, tu dois avouer que l'auteur a failli te perdre. Et pourtant, tu avais bien compris de quel train il s'agissait, et de quel voyage monstrueux... Et tandis que tu lisais une scène d'embrasement de livres jetés au feu dans un Berlin d'autrefois ravagé par la haine, répondant à une même scène vue il y a peu dans ce fameux film, un camion s'élançait dans la vraie vie sur un marché de Noël à Berlin, avec l'impression très forte que l'Histoire percutait le présent et cherchait à nous dire quelque chose, quelque chose de bouleversant et de fort. Alors tu as poursuivi ta lecture, rencontré une jeune fille déterminée (la fille de l'érudit), Julie, qui permet de lier les différentes époques, les différents personnages, et de comprendre que l'humain est fait de ça, de bonnes intentions maladroites, de mauvaises intentions réfléchies, de mensonges, d'amour, de peur, de haine et de trahisons. Et il te reste, à la fin de cette lecture, comme une sorte d'état de sidération, un pré, la mort, le beuglement de quelques vaches, l'image d'un chalet de montagne trônant dans le silence d'une vallée, le Mont Blanc au loin, imposant et froid, observateur immobile et implacable... et sur la route ce fantôme de Kafka.

Edtions Actes Sud - Janvier 2016

Leiloona l'a lu aussi

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7 août 2016

Ce qui nous sépare, Anne Collongues

cequinoussepare

 "A quoi pensent-ils ? Le regard de Marie glisse sur les visages silencieux du wagon, sur celui très émacié de la femme au fond, plus proche d'elle, celui du garçon au sac de voyage, tourné vers la fenêtre, puis sur l'homme assis sur la même rangée qu'elle."

Ils sont quelques passagers, égrenés dans ce compartiment d'un RER qui les emporte vers une lointaine banlieue des quartiers nord de Paris. Ils ne se parlent pas, mais s'observent du coin de l'oeil et se plongent dans leurs pensées. Il y a Marie, Laure, Cigarette, toutes les trois à un stade différent de féminité, la première toute jeune vient de quitter son bébé qu'elle a confié à une baby-sitter, Laure part rendre visite à son amoureux depuis quelques mois dans le coma, Cigarette va peut-être enfin oser dire non à ses parents et se donner une chance de vivre sa vie. Il y a aussi Liad qui arrive d'Israël, Franck qui n'a pas passé la nuit chez lui, Chérif qui redoute la réaction de son frère et Alain qui a hâte de serrer sa fille dans ses bras. Tous sont liés par un voyage qui signifie beaucoup...

La vie des personnages inventés par Anne Collongues se dévoile peu à peu au fil des gares et des mouvements du train qui les bercent et les emmènent. L'espace d'un wagon invite généralement à la rêverie, et il n'est pas étonnant que ce soit le cas des passagers de ce train. Ils ont tous quelque chose à quitter et quelque chose à atteindre et c'est ce qui les lie. La convention du silence est bien là, par contre, qui les sépare. Dans les trains, on ne se parle effectivement pas, ou très peu, comme dans les salles d'attente d'ailleurs ou dans ces autres lieux où les corps sont proches mais les esprits si éloignés. On peut se demander alors en lisant ce roman si se parler n'aurait pas pu tout changer, si voyager ensemble n'aurait pas du provoquer les rencontres. Le lecteur espère, découvre peu à peu la raison du voyage et tourne les pages, avide de savoir à quelle gare chacun descendra. Ce livre est un recueil de vies faussement banales, un bouquet de fleurs des champs, un trésor de délicatesse. Un premier roman, choral, très maîtrisé.

Editions Actes Sud - 18.50€ - Mars 2016

Un titre lu dans le cadre du challenge Premiers romans...

68premieresfois Belle maîtrise pour Nicole qui s'est régalée - Un premier roman virtuose pour Charlotte - Henri-Charles s'en souviendra - Emouvant pour Joelle - Martine est touchée - Anita n'a pas été vraiment séduite - Eimelle est un peu restée en dehors du wagon - Ecriture déjà maîtrisée et métaphorique à souhait pour Arthémiss - Un beau roman choral pour Albertine - Un bon moment de lecture pour Violaine - C'est beau, c'est bien écrit mais Nathalie a parfois eu du mal à rester dedans - Justesse et bienveillance pour Virginie - Un beau chemin partagé pour Plume Nacrée - Belle lecture pour Olivier !

22 juin 2016

Comme neige, Colombe Boncenne

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 "Je frissonnai en refermant le livre puis respirai profondément et me concentrai sur les liens possibles entre cette Poursuite et la mienne, à savoir, pour l'heure, celle de Neige noire."

Constantin découvre par hasard en fouillant dans un carton dans une maison de la presse de Crux-la-ville un roman inédit de son auteur fétiche, Emilien Petit. Le titre ne lui dit rien, il le dévore en une nuit puis de retour à Paris, se dit que ce sera un bon moyen de reprendre contact avec Hélène, sa maîtresse, avec laquelle il a en commun cette admiration pour l'écrivain. Cependant, alors qu'il souhaite partager sa trouvaille, impossible de remettre la main sur l'ouvrage, ni d'en retrouver la moindre trace sur internet, ou dans le catalogue de l'éditeur. Il cherche alors dans les autres titres de l'auteur, des traces de ce livre, puisque tous les romans d'Emilien Petit se font écho les uns aux autres, puis il poursuit son enquête en prenant contact avec l'auteur, ses amis... sans se douter jusqu'où cette quête va bien pouvoir le mener.

Je me suis sentie très à l'aise avec l'écriture et l'univers créé par Colombe Boncenne. Et même si l'aventure de Constatin Caillaud a de quoi déconcerter, j'ai aimé ce livre, et le trouble qu'il génère et conserve jusqu'à la fin. Cette enquête littéraire est en effet très séduisante, elle permet de passer du temps entre les pages des livres, de courir librairies et maisons d'édition et de se poser des questions légitimes sur la notion d'auteur, par exemple. Le personnage de Suzanne, l'épouse de Constantin, navigue en périphérie de tout cela, et de l'égoïsme assez prononcé de son mari, elle donne du réel à son aventure éthérée. J'ai aimé aussi qu'apparaissent de véritables personnes du monde de l'édition, et des médias, dans ce livre, acte audacieux et enrichissant. Voici un premier roman très réussi et très maîtrisé, qui promet pour la suite de l'oeuvre de Colombe Boncenne, un agréable moment de lecture.

Editions Buchet Chastel - 11 € - Janvier 2016

Lu dans le cadre du challenge des premiers romans...

68premieresfois

Un premier roman prenant et étonnant sur le blog Des jardins d'Hélène - Original et plein de malice pour Joelle - Malicieux et plein d'amour pour la littéraire sur le blog Mots pour motsC’est décalé, drôle, foutraque, malicieux, un poil facétieux, amusant... pour le petit carré jaune - Un certain amusement chez Arthémiss - Une très belle lecture, passionnante, intrigante, et amusante aussi pour Martine - Domi aurait peut-être abandonné ce livre sans l'aventure des 68 - Une belle réussite pour ce premier roman pour Ludivine - Bel hommage à la littérature mais Marie-Laure n'a pas accroché à l'intrigue trop tortueuse - Noukette s'est régalée - Un vrai coup de coeur pour Nathalie ! - Excitant pour Virginie - Un joli suspens pour HC Dahlem - Un roman à lire au second degré sur le blog de Tout ce qui se lit - Une belle découverte et un début très prometteur pour Mon petit chapitre - Une impression d'inaboutissement pour Merlieux Lenchanteur - Réjouissant pour Amélie ! - Laborieux pour Natacha - Une déception pour Saxaoul !! - Stephie a été un peu frustrée par la fin...

24 mai 2016

Bellevue, Claire Berest

bellevue

"C'est donc cela, la trentaine. Une fêlure sans éclair, un empoisonnement discret, un meurtre sans préméditation."

C'est le jour de son anniversaire, Alma a trente ans, et elle a rendez-vous avec un auteur à succès au café de Flore. Elle ne sait pas vraiment pourquoi tout est trouble comme cela en elle aujourd'hui, elle a fait il y a quelques jours une crise de panique à la maison et ce matin cela l'a contrariée que Paul ne descence pas la poubelle, encore une fois. Avant de sortir, elle détruit précautionneusement l'ordinateur de l'homme avec lequel elle partage sa vie, qui lui semble tout à coup un parfait inconnu, puis se rend à son rendez-vous. Sensualité, sexualité, alcool, auto-mutilation, Alma rentre dans un tunnel dont elle se réveillera quarante huit heures plus tard dans une chambre du service psychiatrique de Bellevue. 

D'emblée, je dois dire que j'aime beaucoup l'écriture de Claire Berest, je ne l'avais encore jamais lue. J'avais été très séduite par sa prestation d'une grande intelligence lors d'une émission de La Grande Librairie il y a peu de temps, ce qui m'avait donné envie de découvrir son livre sans tarder. Pour autant, et même si je reconnais à ce récit, plein de sidération et de folie, halluciné, de grandes qualités, j'ai été un peu déçue... Je crois que je n'ai pas cru à la sincérité du personnage, à son mal être de trentenaire, et puis le parisianisme, la chambre au Lutétia, le café de Flore, la crudité de certaines scènes, m'ont tenue éloignée plus qu'autre chose de la poésie du texte. J'espère cependant lire Claire Berest de nouveau bientôt parce que malgré tout j'ai tourné les pages de ce livre avec une avidité mêlée de malaise qui m'indique assez que seul le thème de ce roman m'a réellement déplu.

Editions Stock - 17.50€ - Janvier 2016

Badge Lecteur professionnel "Bizarre, dérangeant, cruel, addictif" pour Une comète !

14 juin 2016

Le Journal d'Aurore T1, Marie Desplechin et Agnès Maupré

lejournaldaurore

 "J'espère que le psy va m'hypnotiser. Je voyagerais dans mes vies antérieures. On n'en sait pas assez sur ses vies antérieures. J'ai sans doute connu autre chose qu'une vie maussade et sans avenir dans une famille minable."

Aurore est persuadée d'être une ado moyenne, dans une vie moyenne, affublée d'un physique ingrat, transparente au milieu d'une fratrie de trois filles, dont la plus jeune est certainement précoce et l'aînée déjantée. Aurore est au collège, et n'aime pas grand chose, surtout pas embrasser les garçons, et c'est ce qui l'étonne. Elle s'imagine avoir subi un traumatisme lorsqu'elle était enfant, ce qui expliquerait tout... Aurore se pose beaucoup de questions, aime jeter un froid glacial dans les repas dominicaux et familiaux, envisage la fugue, se retrouve finalement chez ses grands parents, se fâche puis se réconcilie avec ses amies... et porte surtout sur tout et tous un regard plein de drôlerie et de sarcasme.

Je suis depuis longtemps la dessinatrice de talent qu'est Agnès Maupré. Je l'ai découverte avec Milady de Winter, et puis j'ai enchainé avec Le chevalier d'Eon. Ici, le propos est plus moderne mais le plaisir de lecture est intact. Quel bonheur de lire un tel album chez un éditeur dont j'aime beaucoup le travail et d'une dessinatrice que j'apprécie !! Je ne connaissais pas les aventures d'Aurore en version roman. Le ton de Marie Desplechin est assez délicieux et amusant. Agnès Maupré a un style alerte que l'on retrouve ici aussi, et qui correspond bien à l'effervescence de l'adolescence. J'ai aimé cette histoire, les questionnements de la jeune-fille, son regard biaisé sur les adultes qui l'entourent, l'affection qui règne dans ce titre, l'attitude des grands-parents, de la prof de mathématiques, toute cette bienveillance. Ma fille de 15 ans a dévoré cette BD dès réception, adoré le pyjama d'Aurore, n'a pas compris toutes ses colères, mais sera heureuse comme moi de la retrouver très vite dans un tome 2.

A noter les magnifiques couleurs de Grégory Elbaz. ;)

Editions Rue de Sèvres - 15 € - 8 juin 2016

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19 avril 2017

Dans l'ombre de Lena, Katarina von Bredow

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Tu aimes décidément beaucoup le choix éditorial des romans jeunesse de chez Magnard... et comme cette couverture est jolie, n'est-ce pas ?! Les tranches de leurs livres font également un bel arc-en-ciel dans ta bibliothèque. Tu prends décidément goût à cette littérature pour adolescents qui se dévore. Et puis, comme il est amusant d'imaginer dans ce titre ta propre fille (en seconde générale option Arts plastiques) à la place de cette jeune Elsa, également au Lycée, passionnée par la peinture et qui souffre de n'être qu'une pâle copie de sa soeur Lena, sa jumelle, plus lumineuse, plus vivante, plus populaire. Car Elsa flashe sur les yeux d'elfe d'Elliot, et pense n'avoir plus aucune chance quand sa soeur déclame en cours de théâtre que le jeune homme a des yeux trop sexy. Son sang ne fait alors qu'un tour, surtout qu'elle avait déjà fait de gros efforts pour passer une soirée entre amis contre ses cuisses, mis trois heures à rédiger un sms pour lui proposer de jouer seulement pour elle de la clarinette. Elsa est réservée, un peu coincée, et malgré les signes favorables envoyés par Elliot, elle est certaine que les garçons préfèrent Lena, plus extravertie. Peut-être est-il temps de briser cette répartition des rôles ? Elsa va choisir en une seule journée, de devenir elle-même, et de renoncer à l'amour naissant qui lui a mis depuis peu des papillons dans le ventre, puisqu'il le faut... C'est en toute conscience qu'Elsa va prendre les rênes de sa vie, surprenant sa famille, ses amis, mais se surprenant aussi elle-même... Le lycée est le moment où éclosent les personnalités des enfants. Elsa est seulement devenue celle qu'elle était depuis toujours... Un récit de naissance que tu as aimé, que tu as trouvé dynamique et vrai, et que tu vas poser ensuite entre les mains de ta fille (dont c'est la fête aujourd'hui), comme une évidence.

Editions Magnard - février 2017

Sandrine l'a lu aussi [clic]

6 juin 2017

Le passé aux trousses, Rebecca Scherm

lepasseauxtrousses

Tu as choisi ce roman par hasard au milieu des titres proposés par le dernier Masse critique de Babelio, sur la foi de son résumé alléchant, et tu ne le regrettes pas... Tu apprends dès les premières pages de ce livre que Alls et Riley vont sortir de prison, à Garland, et que Grace, réparatrice clandestine d'objets d'arts à Paris, redoute cet évènement. Ils sont tous les deux ses anciens amis, sont encore très jeunes, et ont été condamnés pour un cambriolage qui a mal tourné. Peu à peu, tu comprends pourquoi la jeune fille s'est décidée à quitter son Tenessee natal, sa communauté, et ce qui la reliait à chacun. Grace détient un lourd secret, et le poids de la culpabilité d'avoir été à la fois amoureuse, manipulatrice, menteuse et elle-même aussi voleuse. La construction de ce roman est assez originale et fine pour un premier roman car c'est la première fois que tu remarques cette manière de procéder, quand le présent explique peu à peu les silences du flash back... Cela donne un effet de suspens assez efficace.  Et tu as beaucoup aimé t'installer parmi cette bande de jeunes confrontés, dans une petite ville sclérosée des Etats-Unis, à la fin de l'adolescence, comprendre très vite que leurs illusions étudiantes, leurs espoirs d'un avenir brillant et surtout leurs fantasmes allaient les faucher en plein rêve. Si vous aimez les histoires d'amitiés, mais aussi celles à la Bonnie and Clyde et que l'art soit présent à foison dans les pages d'un livre... ce roman a toutes les chances de vous plaire ! A glisser sans hésiter dans son sac de plage...

Editions Stock - mai 2017

Lu dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babelio

babélio

29 avril 2017

Avec mon corps, Nikki Gemmel

"Vous savez maintenant quel est le plus grand gouffre qui puisse exister entre deux personnes, de tous les gouffres qui s'élargissent, vous aspirent et vous submergent.
C'est la retenue de l'amour, chez un parent.
Si vous voulez faire souffrir quelqu'un au plus haut point, l'abîmer en profondeur, c'est ce qu'il faut faire. Si vous voulez le voir guérir comme par miracle, essayez le contraire. Retenir son amour peut bloquer une vie. Saborder la confiance, l'estime, la force."

avecmoncorps

Te voilà bien embêtée au moment d'écrire un billet coup de coeur pour ce titre... car tu as rarement ressenti autant de sentiments différents à propos d'un livre. Oui, mais, avant tout, tu as été chamboulée. Tout d'abord, situons un peu les choses, il faut que tu avoues connaître Nikki Gemmel depuis très longtemps, bien avant son succès de librairie La mariée mise à nu [clic]. En effet, tu avais adoré déjà lire étudiante ses Noces sauvages [clic] et son Love song. En ouvrant les premières pages de ce titre là, aujourd'hui, tu te retrouves plongée avec la narratrice dans une vie de famille un peu sclérosée. Atteignant la quarantaine, elle ne s'épanouit pas dans le tourbillon d'occupations vides de sens que requiert le fait d'avoir un mari médecin et trois garçons, malgré l'affection évidente. Son corps lui semble mort. Et puis, habitante étrangère d'une petite ville d'Angleterre, elle regrette la lumière de son Australie natale. Et tout à coup, Nikki Gemmel nous propulse dans l'enfance de cette narratrice, dans la chaleur de son Bush et tu découvres une autre personne, à la sensualité sauvage, qui cherche à vivre et à répondre à ses envies. Elle fait la connaissance d'un écrivain, solitaire, en mal d'écriture, qui va l'initier aux plaisirs les plus divers, ouvrir son corps, tout en la maintenant en retrait. Et tu as pensé à l'Amant de Marguerite Duras, et tu as été gênée par le jeune âge de l'héroïne, cette inconscience de présenter ainsi des relations sexuelles non protégées... Ton toi adulte a d'abord été un peu choqué par ça. Ce roman est sorti en version poche dans une catégorie érotique, et il est vrai que les scènes de ce roman sont à la fois explicites, presque brutales et très sensuelles. Mais tu as, personnellement, surtout été intéressée par la quête de cette jeune fille délaissée par son père, son désir d'être aimée entièrement, sa soif d'apprendre, son intérêt pour les mots et l'écriture. Et comme tu as aimé aussi retrouver la Nikki Gemmel australienne, sentir sous ses phrases la rudesse du Bush. C'est un roman qui ramène à l'adolescence, au temps de l'innocence et du passage à l'âge adulte. Et tu as aimé retrouver un peu de tes genoux écorchés d'enfant dans cette enfant perdue qui fuit la maison en appuyant fermement sur les pédales de sa bicyclette. Tu as aimé les dernières pages de ce roman à la fois dérangeant et plein d'espoir. Il montre qu'à tout âge la vie peut reprendre son sens. Lire Avec mon corps t'a procuré une palette d'émotions très diverses et tu apposes avec prudence, mais conviction, un coup de coeur sur ce roman dont certaines phrases vont sans doute rester gravées dans ta mémoire.

Editions Au diable vauvert - janvier 2015

Un avis assez équivalent sur le blog de Blablablamia

16 avril 2017

A ma source gardée, Madeline Roth

amasourcegardee

Parce que dans la vie il faut parfois être un peu folle, tu joues encore à des jeux pour gagner des livres... oui mais là tu avais des excuses puisqu'il s'agissait de gagner une des pépites jeunesse de Noukette et Jérôme pour fêter les trois ans de leur collaboration. Les cloches ont été en avance cette année et ont apporté ce cadeau là dans ta boîte aux lettres cette semaine !! Merci à eux pour cet excellent choix que tu as dévoré presque dès réception !! Car ton petit coeur a vibré, effectivement, pour Jeanne, pour son amour non réciproque pour Lucas, pour ce bébé dans son ventre qu'elle devra oublier et tout ce qu'ils ont vécu ensemble et qui semble n'avoir eu d'importance que pour elle. Tu es plongée dès les premières pages dans LA scène, avec Jeanne, jeune lycéenne qui débarque par surprise à ce bal, voulant rejoindre Lucas qu'elle n'a pas vu depuis longtemps, et qui se retrouve face à ce baiser échangé entre lui et Tom. Elle ne comprend pas. Elle se souvient. Elle n'a pas pu se tromper pourtant, même si il n'assumait pas devant les autres, les amis de vacances, leur relation. On est juste amis, parce quand on se voit, on se fait la bise, mais en vrai on est amoureux. Elle se souvient qu'ils ont fait l'amour, à plusieurs reprises, de leur complicité évidente et discrète, et combien c'était fort entre eux. Le gouffre dans lequel Jeanne tombe est immense, malgré l'été, ce mois passé à s'occuper des vestiaires à la piscine, loin de lui. Ce court roman jeunesse est un poignant monologue qui porte toute la détresse de l'amour non partagé, des renoncements et de la cruauté de la perte. J'ai adoré ! 

Editions Thierry Magnier - 2015

La lecture de Noukette, et celle de Jérôme... grand merci !

20 mai 2017

L'original de Laura, Vladimir Nabokov ~ Objectif Pal de mai

laura

Vladimir Nabokov est dans ta vie depuis cette année de maîtrise de Lettres où tu as eu l'audace de t'attaquer à sa production... Ce qui t'intéressait alors était le thème de l'exil en littérature et comme, à l'époque, tu aimais particulièrement la littérature russe tu t'étais penchée sur cet auteur, qui a subi à la fois l'exil (de la Russie vers Paris puis les Etats-Unis) et a écrit en plusieurs langues (russe et puis américaine). Le mémoire ne s'est pas fait, pour diverses raisons, et notamment par le fait que ton maître de mémoire voulait que tu te concentres sur Lolita ou Ada (sa période américaine plus sulfureuse), et que toi tu préfèrais justement ses romans russes... Et puis à l'époque tu travaillais déjà en librairie, la vie réelle prenait le pas sur les études... Bref, tout ça pour dire que tu as, à l'époque, sans doute tout lu sur et de Nabokov et que quand L'orginal de Laura est paru en 2010, tu as sauté dessus... sans t'expliquer pourquoi tu as tant tardé à l'ouvrir ensuite. Nabokov est mort en 1977. Mais qu'est-ce donc que ce texte posthume ? Ce sont en réalité des fragments d'une oeuvre en gestation, des notes, un projet de roman, tout cela préfacé et édité par son fils Dimitri Nabokov, alors que son père souhaitait que tout fut brûlé après sa mort. Tout l'intérêt de ce livre tient dans sa préface, dans laquelle Dimitri explique le projet, et dans les fulgurances d'écriture de son père, la photographie des fiches de l'auteur. Tu n'es cependant pas persuadée, après ta lecture, que cela nécessitait forcément une publication, et tu restes un peu déçue et frustrée du résultat, qui n'apporte pas grand chose narrativement parlant, puisqu'il est impossible de trouver réellement un sens aux extraits présentés. La quatrième de couverture résume pour autant l'intrigue, celle d'une jeune femme, Flora, sorte de nymphette, capricieuse et frivole, ayant épousé un vieux professeur, collectionneuse d'amants, dont un auteur de roman l'ayant prise pour modèle pour son personnage principal prénommé Laura. Te voici donc un peu déçue mais heureuse en même temps de t'être replongée dans les écrits de cet auteur dont tu avais apprécié le talent incontestable. Et puis, tu as appris depuis que Fayard allait publier à la rentrée Les lettres à Véra du même Nabokov et tu as hâte de lire cette correspondance là, par contre. Hasards et coïncidences de la vie et de l'enchaînement des lectures. Comme quoi il était sans doute temps que tu sortes ce titre de ta PAL.

Gallimard - Avril 2010

objectif pal      laura1

22 avril 2017

Après l'incendie, Robert Goolrick

apreslincendie

Il faut le dire, et la photo ci-dessus l'atteste, tu as passé tes vacances de Pâques à manger du sucré en famille... ce qui ne va certainement pas te préparer au mieux pour la plage cet été. Mais tant pis. Car tu as aussi beaucoup lu, et c'est finalement tout ce qui t'intéresse... Bref, après quelques lectures plutôt douces, et quelques oeufs en chocolat très très bons, c'est ce Robert Goolrick là qui t'a tendu les bras... Tu te souvenais en effet du captivant et terrible La chute des princes, et tu avais envie de retrouver ça, ce New York des années 80, violent et clinquant. Tu t'attendais à une ambiance similaire. Et re-bref, car il s'avère que tu ne lis jamais vraiment les quatrièmes de couverture, ou tu les oublies très vite, et tu t'es retrouvée bien surprise, parachutée ainsi dans les décors de Autant en emporte le vent... Quel dépaysement ! Au début du siècle dernier, Diana vit en effet dans une des plus belles maisons du Sud des Etats-Unis. Mais ce privilège est aussi une malédiction. La famille est criblée de dettes. Diana doit absolument trouver un mari riche pour sauver le domaine, assurer un avenir à Saratoga et perpétuer le souvenir des Cooke. Diana a été élevée pour ça, pour attirer le mari idéal. Elle le croise assez vite en la personne du Capitaine Copperton, amant idéal qui s'avèrera très rapidement un mari odieux. Mais Saratoga est sauvée... au moins pour quelques années, jusqu'à ce que le Capitaine Copperton décède, que leur fils soit enlevé à l'affection de sa mère, qu'elle soit de nouveau sans le sou, et que la décrépitude reprenne ses murs d'assaut. Et comme toi, lectrice, tu as finalement beaucoup aimé accompagner cette jeune femme à la fois pleine de caractère et fragile dans les pages de ce livre. Aimer à ce point une maison, en sacrifier autant pour elle peut sembler absurde. Mais tu as aimé dans ce roman les magnifiques descriptions, les détails des tissus, de l'ameublement, tous ces petits objets qui peuplent une vie. Tu as aimé aussi la sensualité de ce texte, que rien ne soit caché de ce qu'une femme ressent, redoute ou espère. Une lecture à la fois cruelle et très belle qui annonce dès les premières lignes sa dimension tragique. 

Une nouvelle suit le roman, Trois lamentations, qui n'a pas grand chose à voir avec le reste, et qui semble conter la jeunesse de l'auteur... Et même si elle est de bonne facture, et assez passionnante, j'ai trouvé dommage qu'elle soit ajoutée là. Le roman se suffisant largement à lui-même, de mon point de vue !

Editions Anne Carrière - Janvier 2017

4 février 2017

N'oublie pas les oiseaux, Murielle Magellan

noubliepaslesoiseaux

Tu reconnais souvent tes coups de coeur à ce frémissement particulier qui accompagne la fin de ta lecture... ce sentiment profond d'avoir lu un livre essentiel pour toi, dont tu garderas la trace, l'écho, un souvenir marquant. Et voilà que tu viens justement de terminer un récit, avec cette sensation là, et quelques larmes au bord des yeux... Tu avais acheté N'oublie pas les oiseaux l'an dernier, lors de ton passage au Printemps du livre de Montaigu. On parlait alors partout des Indociles, cet autre titre de Murielle Magellan qui rencontrait un grand succès. Sur le stand blanc, on ne pouvait manquer sa couverture rose, et son titre intrigant. Toi tu avais choisi plutôt ce poche bleu, pour essayer la plume de l'auteure... et ne pas revenir à la maison en ayant trop dépensé... Rencontre brève et souriante, dédicace. Et puis tu as pris du retard dans tes lectures, et la semaine dernière tu avais besoin de glisser un format poche dans ton sac, tu devais aussi bientôt participer au comptage des oiseaux de ton jardin (voilà parfois comment on choisit un livre dans sa pile) et tu n'as ainsi ouvert ce titre qu'un an après... la semaine dernière, donc. Dès les premières pages, tu fais la connaissance de Murielle, 17 ans. Elle vient d'intégrer une Ecole artistique, elle est montée sur Paris pour ça, car elle aime écrire et interpréter ses chansons. Elle rencontre alors un de ses professeurs, dit le russe, ou l'homme slave, dont elle tombera petit à petit follement amoureuse, dont elle acceptera tout, qu'elle attendra avec effervescence, patience et impatience, jusqu'à partager enfin sa vie et avoir un enfant de lui. Autobiographique et revendiqué comme tel, lis-tu en quatrième de couverture... et toi tu as effectivement le sentiment de rencontrer quelqu'un, et de lire un récit qui tient de l'Amant de Duras... un récit sincère, troublant, qui ne cache rien de l'infidélité de l'un et de ce que l'autre peut donner par amour et certitude. Il y a pourtant une exigence particulière à lire ce récit qui fouille longuement les sentiments, les crises de manque, entrecoupe sa narration de morceaux de journal intime, parcourt les années, une exigence de proximité dont on ressort essouflée et vaincue... mais aussi profondément séduite.

Editions Pocket - février 2016

Georges l'a lu - Noukette aussi, qui emmène vers d'autres liens...

19 mars 2017

Rue des livres #2

rennes2017a

C'est la deuxième année que tu te rends à Rennes... bien plus finalement pour rencontrer les autres blogueuses de l'Ouest que pour déambuler dans le festival Rue des livres. Ceci dit, l'occasion est belle ;). L'année dernière, tu avais montré ta bouille et celles des autres ici [clic]. Point de photo de groupe cette année, mais toujours un bonheur égal de se retrouver et de papoter, et le temps qui file si vite... Tu en profites en général pour arriver tôt sur Rennes et voir un ami, puis rendez-vous à midi sur les lieux du festival. Comme l'an dernier, tu as repéré Sylire en premier, puis la petite troupe composée de Sandrine, Canel (qui nous avait confectionné des badges), Fransoaz, Gambadou, Géraldine... Il y avait aussi Hervé, Iris et Laurence. Tu espères n'oublier personne... Après un repas animé, première halte pour écouter longuement Eric Vuillard évoquer son 14 juillet. Tu as trouvé passionnant et brillant son enthousiasme communicatif pour tout ce qui prend en compte les faits, et rien que les faits, et non les légendes que le temps retient... si bien que tu as acheté son livre, dédicacé, et que tu étais sacrément itimidée et sous le charme... si si.

rennes2017c

Deuxième halte un peu plus tard avec Dominque Manotti et Marin Ledun sur le thème "raconter c'est résister", pour un moment à nouveau passionnant... Quand l'écriture permet de dire ce qui se cache derrière les apparences, de montrer du doigt les disfonctionnements. Tu as eu envie de te mettre aux romans noirs... pour le coup.

rennes2017b

Ensuite, tu as profité de l'envie de Sandrine de craquer pour un nouveau titre de Anne-Laure Bondoux, pour échanger à ton tour avec l'auteure et repartir avec Et je danse aussi... Encore une journée riche, qui passe très vite. A bientôt Rennes !

 

25 février 2017

Harry Potter mania

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Tu vantes depuis des années les mérites de la lecture auprès de tes enfants, et souvent en pure perte... Ce n'est pas comme si ils n'avaient pas usé leurs semelles avec toi dans les rayons de tes librairies et bibliothèques préférées... Ce n'est pas comme si tu ne leur avais pas lu des albums époustouflants (voir dans les premières pages de ce blog)... Ce n'est pas comme si tu n'avais pas non plus instauré l'achat du livre du mois pour les obliger/inciter à lire un peu... Bref, tu as fait tout ce qui était en ton pouvoir, et parfois presque trop... Et tout à coup, un miracle a lieu, un marque-page glissé au milieu d'un roman de John Green, puis dans un autre, des idées qui affleurent plus vite quand vient le choix du livre du mois... Mais tu n'oses rien dire, on t'a bien fait comprendre que l'acte de lire auquel s'adonnait éventuellement ton adolescente en secret était d'ordre privé... Et tout à coup le miracle se transforme en effervescence, ta grande fille (15 ans) s'enferme dans sa chambre pendant des journées entières pour dévorer la saga Harry Potter... étonnant ses parents qui, encore prudents, préfèrent acheter les tomes un par un de peur que la magie ne retombe... Le coffret des films ayant été acquis par ailleurs par ta lycéenne, tu la regardes émerveillée enchaîner chaque tome avec l'adaptation cinématographique, se poser des questions, préférer la version littéraire... Les vacances de février ont été bien remplies... mais chut il lui reste encore quelques tomes à lire... et tu n'as rien dit, hein ! ;)

19 février 2017

La Vie rêvée de Virginia Fly, Angela Huth

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De Angela Huth tu avais déjà lu L'invitation à la vie conjugale... dont tu avais aimé le propos, ce regard lucide et léger sur des femmes au foyer désespérées... Alors, lorsque Babelio t'a proposé ce nouveau titre, avec cette délicieuse couverture, dans le cadre d'un Masse critique privilégié, tu n'as pas pu résister. Même si un autre roman d'Angela Huth t'attend depuis des lustres dans ta PAL... Et le livre est arrivé tout pimpant dans ta boîte aux lettres, au terme d'une journée sur Nantes particulière, où tu t'es à la fois occupée de ta santé, et a dévalisé les boutiques... Mais de quoi s'agit-il ? Virginia Fly est une jeune institutrice de 31 ans. Elle vit chez ses parents et est encore vierge. Mais comme l'indique son nom (idée élégante qui t'a fait sourire), la vierge Virginia voudrait bien sortir de cette situation, s'envoler enfin vers des plaisirs troublants. De l'amour, elle ne connaît que ce baiser violent reçu à 13 ans, et des rêves sensuels qui lui font entrevoir une volupté intense enviable. Pour perdre sa virginité, elle compte sur l'arrivée imminente à Londres de son correspondant américain Charlie, qu'elle n'a jamais vu. Mais également sur ce reportage télévisé, auquel elle participe avec détachement, et qui met en lumière sa situation particulière... Et si jamais quelqu'un était séduit par son sourire ? Parce que les occasions de rencontrer des hommes sont rares, même si il y a ce professeur, plus âgé qu'elle, qui l'emmène régulièrement écouter des concerts, ou ce séduisant jeune homme, Ulick Brand, croisé dans un bar, qui l'intrigue. Que devient la vie rêvée quand elle rencontre le prisme cruel de la réalité ? C'est ce qu'aborde Angela Huth dans ce roman d'une étonnante modernité (il a été écrit en 1972). Mais elle a surtout le talent de décrire avec un implacable humour des personnages à la fois plein d'attentes et défaillants. Tu as aimé les descriptions travaillées de ce pavillon de banlieue où Virginia vit sagement avec ses parents, leur amour bienveillant et enfermant, leurs absurdes habitudes. Tu as aimé l'écriture alerte de l'auteure. C'est un livre que tu as eu hâte de retrouver chaque soir, dont tu as tourné rapidement les pages, qui t'a fait voyager dans Londres, écouter de la musique... Tu as aimé aussi les moments où Virginia l'institutrice veillait sur sa classe studieuse et concentrée, toute occupée à dessiner des couchers de soleil ou des journées colorées... Un livre qui t'a donné envie de sortir enfin de ta PAL Tendres silences, cet autre roman d'Angela Huth, dont tu espères le même plaisir de lecture... 

Quai voltaire - Février 2017

 

27 novembre 2016

Le dernier amour d'Attila Kiss, Julia Kerninon

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"Je ne savais rien de l'amour, mais je connaissais son absence [...]"

Nous sommes à Budapest. Attila Kiss a 51 ans et après avoir vécu une vie maritale enfermante au sein d'une famille mafieuse, avoir fait trois filles à sa maîtresse, il vit seul, loin de son ancienne vie. Il est travailleur de nuit dans une usine de poussins et passe ses journées à peindre. Rien ne le disposait donc à rencontrer Théodora, 25 ans, fille d'un célèbre ténor et riche héritière. Et pourtant, tous les deux se rencontrent, s'aiment, d'un amour au début à la fois emprunté et désordonné...

Ce court roman est d'une écriture magnifique. D'ailleurs, j'en ai sciemment ralenti la lecture pour mieux la savourer. Julia Kerninon sait effectivement décrire la rudesse et la beauté des sentiments avec brio. Ses personnages sont imparfaits, maladroits, étonnés, touchants. Ils se font un peu la guerre, sur des questions d'histoire, de vécu, de personnalités. Mais cet amour, quoique impossible, quoique socialement voué à l'échec, gagne. Lire ce petit livre est un petit moment de grâce auquel j'affuble un coup de coeur tendre. J'en garderai de belles images, des décors, et de longues phrases superbes. N'hésitez pas à le dénicher.

Editions Le Rouergue - 13.80€ - Janvier 2016 - Merci ma bibli !!

Une façon intelligente et originale de traiter le sentiment amoureux pour Jostein Une jolie confirmation après la réussite de son premier roman pour motspourmots

13 mars 2017

Le Bal mécanique, Yannick Grannec

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Tu avais beaucoup aimé La déesse des petites victoires de Yannick Grannec, un livre que l'on t'avait gentiment recommandé... et tu as donc battu de tes deux mains lorsque ce Bal mécanique a débarqué dans ta boîte aux lettres l'an dernier. Puis tu l'as prêté, et il t'est revenu, et la rentrée littéraire battait littéralement son plein à son tour, te noyant un peu d'ailleurs au passage... Ce bal a donc attendu. Parfois aussi, un livre que l'on prête est chargé du lecteur précédent, de son avis, de son geste quand il nous le retourne... Et alors il faut attendre un peu, parce que prêter un livre n'est pas un acte anodin, malgré la désinvolture affichée... Bref, tu savais qu'il y avait deux parties dans ce livre, une recherche de tableaux, et quelques longueurs... de l'ennui un peu aussi. Mais toi, il s'avère que tu ne t'es pas ennuyée une seconde pendant cette lecture. Par contre, effectivement, les deux parties étaient bien là... Au départ, tu rencontres Josh Schors, animateur de télévision à Chicago qui, avec son épouse, déconstruit et reconstruit des maisons et des familles sous l'oeil goguenard des caméras... Le père de Josh, Carl, peintre reconnu, vit à Saint Paul de Vence et est hanté par ses souvenirs de la guerre de Corée. Il comprend soudain au détour d'une information qu'il peut être concerné par cette découverte étonnante, la plus grande collection d'art spoliée du IIIème Reich est réapparue chez un certain Cornelius Gurlitt. Le portrait de son père, peint par Otto Dix en fait partie. La deuxième partie commence lorsque le lecteur est plongé dans le passé de Carl, dans le mystère de sa conception entre les murs du Bauhaus, école d'architecture novatrice fondée en Allemagne en 1901. Et comme tu as aimé y croiser Paul Klee, Kandinsky, etc... En réalité, ce qui est assez fabuleux dans ce livre, loin de son épaisseur, de sa somme de connaissances, et de l'histoire qu'il raconte... c'est de se rendre compte à un moment donné que t'es donné en préambule de chaque chapitre un tableau à voir. Et tu as cliqué sur ton smartphone pour contempler les oeuvres, tu t'es questionnée à chaque fois sur leur importance dans l'élaboration de l'écriture, tu y a parfois vu des scènes entières ou juste un détail... Quel régal, et quelle bonne idée, et quel roman intéressant !! Tu recommandes donc ce livre à tous les lecteurs curieux qui ne redoutent pas les longueurs, et les pavés !

Août 2016 - Anne Carrière

Clara l'a lu aussi

15 mars 2017

Louis parmi les spectres, Fanny Britt et Isabelle Arsenault

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Tu as ramené ce très bel album d'Angoulême... et tu as attendu un peu avant de l'ouvrir, d'avoir le temps de l'apprécier à sa juste valeur. Et tu as bien fait, car Louis parmi les spectres, une BD destinée à la jeunesse (mais pas que), est un petit bijou délicat et émouvant qu'il est bon de parcourir avec douceur et empathie. Louis a 11 ans, il vit avec son père et son petit frère Truffe. Son père boit et pleure sans cesse de chagrin depuis que leur mère est partie. Sa mère vit à la ville, et elle c'est une autre histoire, elle a peur de tout, et surtout des microbes. Heureusement, il existe un soleil dans la vie de Louis. Louis aime Billie, celle qui lit au moins un livre par semaine, et il voudrait lui déclarer ses sentiments... mais comment faire ? Louis est tétanisé, et malgré les encouragements de son ami Boris, ne trouve pas le moyen d'aborder la jeune fille. En fond sonore, volent les disputes de ses parents, entre réconciliations et découragements... et Truffe, fan de soul, qui lit l'humeur du monde sur le visage de sa mère... Et Louis voudrait à la fois protéger tout le monde et avoir le loisir de vivre sa vie... Comme tes autres comparses du net (Sabine, Enna, Mo ...) tu as succombé au charme de Louis, à ses sentiments délicats, à sa maturité précoce et douce, tu as eu envie de prendre le petit Truffe innocent et naïf dans tes bras, de l'embrasser et de partager la beauté de cet album. De plus, les dessins d'Isabelle Arsenault, dont le trait semble à peine frôler les pages sont un enchantement. Le gris est dominant, mais le jaune et le bleu viennent de temps en temps constraster par leur éclat lumineux la tristesse ambiante et insuffler une bonne dose d'espoir. Et ce que c'est beau quoi... Gros coup de coeur !

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Editions La Pastèque - Octobre 2016

Ceci est ta BD de la semaine, tous les autres liens du jour sont chez Stephie !

Et Saxaoul parle de Jane, le renard & moi

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1 février 2017

Monsieur désire ?, Hubert & Augustin

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Présenté en début d'année scolaire dans ta bibliothèque, et plébiscité par ton comité BD... tu avais hâte de lire cet album ! Et tu n'as pas été déçue. Il faut dire que tu l'avais déjà largement feuilleté... et que tu savais que tu y retrouverais une atmosphère tenant à la fois de la série Downtown Abbey et des Liaisons dangereuses. D'ailleurs, Edouard, ce jeune lord axphyxié par les conventions de son époque victorienne regrette une fois tout haut de ne pas être Valmont... Mais tu t'égares, raconte plutôt... Dans la demeure victorienne du jeune lord Edouard, donc, règne un ordre strict. Chacun est à sa place. Les aristocrates profitent de la vie. Une batterie de domestiques est là, dans l'ombre et le silence, pour exécuter tout ce que Monsieur désire. Mais justement, Monsieur désire que ce soit Lisbeth, une jeune servante un peu laide, qui soit chargée chaque matin personnellement de le ramasser à la fin de ses nuits de débauche. Lisbeth s'exécute, s'occupe du jeune homme sans se plaindre, et l'écoute. Et Edouard s'attache à cette oreille inattendue qui ne semble pas être choquée par ses récits sulfureux... Et c'est là que le bât blesse... En donnant à Lisbeth une importance démesurée, en menant un jeu de séduction socialement trouble, Edouard fragilise sa maisonnée et l'avenir de Lisbeth... Ton coeur de lectrice a vibré avec cet album qui n'est pas à mettre entre toutes les mains. Tu y as retrouvé ce que tu aimes aussi dans les albums pour adultes d'Agnès Maupré, ce mélange d'audace, d'impudeur et de fragilité. Tu as trouvé les dessins assez réussis (surtout les clairs obscurs), le document en fin d'ouvrage intéressant mais pas essentiel... et tu apposes au final sur cette lecture ton premier et délicat coup de coeur de l'année !! Ouf il était temps...

Editions Glénat - Septembre 2016

Moka l'a lu aussi - et Sabine également

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Ceci est ta BD de la semaine, tous les autres liens sont chez Moka aujourd'hui !!

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23 février 2017

Tendres silences, Angela Huth

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Refermant tout juste la toute nouvelle édition de La vie rêvée de Virginia Fly... ton choix de lecture de PAL du mois était tout trouvé en cet exemplaire du même auteur, datant de 1999, chiné chez un bouquiniste nantais, et perdu depuis dans ta bibliothèque... Mais outch, tu ne t'attendais pas à une telle histoire ! Angela Huth manie décidément avec art l'humour cynique et joue délicieusement avec nos nerfs... Mais tu t'expliques... La romancière a, dans ce roman, décidé de faire entrer son lecteur dans l'intimité d'un couple sans histoires, les Handle. Ils ont une vie douce, rythmée par des habitudes bien ancrées, un silence tendre et complice. Depuis quelques temps, un jeune voisin, Lucien, vient troubler les matinées de Grace avec ses apparitions extravagantes en fin de petit déjeuner. L'épouse tranquille est à la fois déstabilisée, inquiète, et heureuse d'être dérangée. William, son mari, n'est de toutes façons pas très attentif à ses émotions, il faut dire qu'il disparaît à chaque fois juste avant l'arrivée du jeune homme, pour étudier sa musique à l'étage. Le quatuor dans lequel il joue depuis plus de vingt ans vient par ailleurs de subir une petite révolution qui le préoccupe bien plus. Un des musiciens a été remplacé par une femme. William est subjugué par Bonnie, et tombe rapidement dans une sorte d'obsession amoureuse qui le mènera à envisager... le meurtre de sa femme adorée, Grace... Là tu dois dire qu'à plusieurs reprises au cours de ta lecture, tu as eu envie de t'exclamer... mais enfin William !!... En effet, les diverses stratégies de William pour arriver à ses fins, et séduire en parallèle la jeune Bonnie, sont pour le moins drôles, tristes et ridicules. On tremble, on rit jaune, et on se demande véritablement comment tout cela va se terminer... Mal ? Forcément. Bizarrement la musique est là (beaucoup de musique), la gentillesse, la belle lumière qui plonge dans la cuisine, le repas qui mijote aussi, et l'on se prend à espérer que les esprits échauffés vont recouvrer raison. Mince alors... quelle aventure !

Quai Voltaire - 1999

Lu en version poche par Tlivres

objectif pal

11 février 2017

Quart de frère quart de soeur, Sophie Adriansen... et le Printemps du livre de Montaigu

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Tandis que les vacances scolaires pointent le bout de leur nez par chez toi... rien de mieux que de parler de cette toute nouvelle petite série (à partir de 8 ans), Quart de frère quart de soeur, dont le premier tome est sorti chez Slalom ce 2 février. Tu en as d'ailleurs vu une bonne pile chez ton libraire BD/jeunesse mercredi dernier, et tu étais ravie car l'auteur Sophie Adriansen (connue aussi pour être la Sophie du blog Sophielit) est une blogueuse amie, en plus d'être une auteure accomplie aux multiples facettes... De ton côté, tu as dévoré ce petit livre aux magnifiques et délicates illustrations de Maureen Poignonec, et qui nous raconte l'entrée en CM2 de deux enfants très différents, rivaux d'emblée. Arthur est reconnu depuis plusieurs années pour être le garçon le plus cool de l'école. Viviane vient d'arriver des Antilles, avec ses multiples couettes, ses vêtements colorés et ses idées nouvelles. Et il est peu de dire que ces deux là ne vont pas s'aimer vraiment, se chamailler beaucoup, et qu'ils vont voir d'un très mauvais oeil leurs parents respectifs, divorcés, se rapprocher... Et tu dois dire que tu as aimé l'objet livre, bien fini et joliment illustré, l'histoire, les petits personnages qui gravitent autour des deux héros de ce premier tome d'une série qui promet !
Sophie Adriansen sera présente au Printemps du livre de Montaigu qui se déroulera les 7 8 et 9 avril prochain à Montaigu (85) [voir la liste des auteurs présents en cours d'élaboration ici]. Et comme chaque année, tu penses t'y rendre, sans doute le samedi, avec sans doute aussi une petite rencontre de blogueuses en début d'après-midi à déterminer... Rhhhaaa, et comme tu aimes tous ces petits projets !!! ;)

Slalom - Février 2017

8 février 2017

Le Quatrième mur, Sorj Chalandon & Corbeyran & Horne

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Tandis qu'une pile de romans t'attendent, toi tu lis et empruntes des BD... Mais comment résister à cette adaptation du roman éponyme de Sorj Chalandon, déjà lu et adoré, et qui met en scène la pièce d'Antigone par Anouilh ? Hein, comment ?... Raisonnable est un mot que ton blog ne connaît pas, et certainement pas ton pseudo... Tu ouvres donc cet album d'un rouge flamboyant en sachant déjà que l'histoire t'est connue. Et tu ne t'attends pas forcément à rencontrer du noir et blanc, et non plus Anouilh en personne dès les premières pages, qui déclame les paroles du choeur... (Voilà. Ces personnages vont vous jouer l'histoire d'Antigone. Antigone, c'est la petite maigre, qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu'elle va être Antigone tout à l'heure...) Tu dois avouer que le dessin ne te séduit pas d'emblée, non plus que ce gris lavé, et la physionomie des personnages. (Tu confondras d'ailleurs quelques visages au cours de ta lecture.) Mais l'histoire reste la même, aussi étonnante et sensible, forte que dans le roman. Tu salues d'ailleurs la dextérité de cette transposition d'un roman foisonnant en dialogues brefs et percutants. L'histoire ? Samuel veut monter l'Antigone d'Anouilh à Beyrouth, en prélevant dans chaque camp un des personnages, pour un message de paix et d'espoir. Mais Samuel est malade, alité à Paris. Nous sommes en 1982. Il envoie alors son ami à sa place, ce jeune père de famille, Georges, qui va rencontrer là-bas, des difficultés à rassembler tout le monde, mais surtout la guerre et la mort... Et que les images de la fin de cet album sont ingénieuses, visuellement réussies ! Tu restes d'ailleurs un peu figée devant ces cases montrant Georges tenant Imane indéfiniment dans ses bras..Il y a 73 ans, le 4 février 1944, avait lieu la première représentation de l'Antigone de Jean Anouilh, au Théâtre de l'Atelier. «L'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par cœur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre.» Et c'est ce message que véhicule le roman de Sorj Chalandon, un message de candeur, de lutte têtue et de paix. Je dirais que l'album, lui, semble plutôt démontrer combien vivre pour ses idéaux est à la fois beau et périlleux... mais essentiel, tellement essentiel, et il fait de Georges une figure d'Antigone, masculine et bouleversante. 

Editions Marabulles - Octobre 2016

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En Lecture Commune avec Mo' du Bar à BD.
Lu aussi par Noukette et Jérôme !!

Ceci est ta BD de la semaine, tous les autres liens sont chez Stephie

 

15 novembre 2016

Lucie ou la vocation, Maëlle Guillaud ~ Rentrée littéraire 2016

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"Elle a raté Normale Sup, elle ne doit pas échouer ici. Pas une nouvelle fois."

Lucie vit la khâgne comme une épreuve, un enfermement, quelque chose de trop grand et d'impossible à vivre pour elle. D'ailleurs, qui est fait pour vivre ça ? Alors, se rendre régulièrement avec son amie Mathilde à la basilique, est une libération, c'est accepter à chaque fois qu'une vague d'amour la submerge. Un jour, elle saute le pas, n'écoutant personne autour d'elle, et surtout pas son autre amie, Juliette. Dieu lui a envoyé un message, elle a la vocation. Elle commence donc une période de noviciat qui s'avère bien différente de ce qu'elle imaginait, dure, implacable, faite essentiellement de sacrifices et d'oubli violent de soi. Accepter les renoncements ne l'empêche pas de parfois céder au doute, surtout alors qu'elle découvre un secret qui l'amène à se demander si depuis le début elles ne serait pas la victime d'une énorme manipulation...

Lire ce roman est quelque chose d'à la fois très violent et d'assez addictif. Je l'ai dévoré. Mais il ne faut pas s'y tromper,  Lucie ou la vocation n'est pas spécialement un thriller. Il est un portrait, gobalement à charge, d'une congrégation. Nous suivons surtout Lucie, et ses premiers pas de novice. Et je dois dire que j'ai eu mal pour elle, à plusieurs reprises. Je me suis demandée si ce récit reflétait la réalité. En parrallèle, il y a l'inquiétude et les réflexions de son amie Juliette, anéantie par cette vocation qu'elle ne comprend pas et certaine qu'elle doit sauver la jeune femme par tous les moyens possibles. Un roman, terminé en pleine nuit, qui m'a laissé une étrange sensation de malaise, de colère et de tristesse. Il n'est pas spécialement un roman que je conseillerai pour ses qualités littéraires mais il pose indubitablement la question de la foi, du prosélitisme et du rôle de l'Eglise dans ses institutions. 

Editions Heloïse d'Ormesson - 17€ - 18 Août 2016

Dérangeant, interrogatif, phénoménal... pour Sabine - Flippant et captivant... pour Nathalie - Captivant et troublant... pour Joëlle

   68premieresfois

6 novembre 2016

Juliet, Naked - Nick Hornby ~ Objectif Pal de Novembre

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 "Annie avait cru qu'elle resterait coincée éternellement dans l'enseignement, et elle avait tellement détesté ce boulot que, maintenant encore, arriver à son musée avec dix ou quinze minutes de retard suffisait à la combler."

Alors que son compagnon Duncan, fan inconditionnel de Tucker Crowe, ancien chanteur des années 80, découvre la sortie d'un nouvel album de son chanteur phare, disparu des médias, Annie se rend compte qu'elle vient sans doute de passer à côté des quinze dernière années de sa vie. Elle commence à s'agaçer des opinions tranchées de cet homme, préoccupé seulement de sa passion, avec qui elle vit une vie terne dans une petite station balnéaire du Nord de l'Angleterre, et avec qui elle n'a encore pas eu d'enfants. Et puis elle aussi elle a des opinions, notamment sur ce nouvel album du chanteur, qu'elle considère comme raté, une pâle copie, une version à l'état brut du célèbre album Juliet, sorti dans les années 80. Elle émet donc un avis sur le site de Duncan, un avis différent de son compagnon qui crie lui au génie, et reçoit quelques heures plus tard un mail personnel d'un certain Tucker Crowe... 

Ce livre attendait sagement son tour sur mes étagères depuis sa sortie en 2010. Je pensais à tort qu'il renfermait une sorte de thriller. En réalité, Juliet, Naked nous propose plutôt une plongée dans la morosité de ces petites villes d'Angleterre oubliées, et dans la musique des Eighties. Le contraste est saisissant et donne tout son charme à ce roman qui permet la rencontre virtuelle entre deux êtres qui n'ont rien pour se plaire, sur le papier. J'ai beaucoup aimé ce roman de Nick Hornby, son atmosphère, les questions que se posent les personnages sur le temps qui passe, et cette manière de décider qu'il n'y a jamais de bons ou de mauvais moments pour changer de vie. Un roman moderne, attachant, bourré d'humour et de réparties qui claquent, de situations saugrenues et d'espoir !

Editions 10/18 - Epuisé en grand format mais disponible en version poche  8.40€ - Mai 2011

Un bon Nick Hornby pour Enna Ce pourrait être déprimant ou d'un optimisme forcené, c'est plein d'humanité , d'empathie et d'humour, et ça donne une folle envie d'aller sur la plage surannée de Gooleness ... pour CathuluUn bon roman british comme je les aime, bourré d'humour, d'émotion, inventif, sans vraiment d'happy end (that's life, quoi) et que je recommande chaudement ... pour Keisha -  Un livre tout simplement génial pour Clara - Aifelle a beaucoup aimé aussi !

objectif pal

Lu dans le cadre du challenge....

Pour participer vous aussi, voir les autres contributions et en connaître les règles, il suffit de cliquer ici [clic]

29 octobre 2016

Comme dans un film, Régis de Sa Moreira ~ Rentrée littéraire 2016

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"C'est un peu comme dans un film quand on sent qu'une partie se termine, et qu'une autre est sur le point de commencer." 

Il y a ELLE et il y a LUI, et une rencontre qui les conduit pour une première fois dans un cinéma de quartier, la vie commune, les disputes, l'amour et les séparations, un anniversaire comme un rendez-vous immuable qui rythme leurs années. La vie. L'amour. Les gens autour qui passent, comprennent ou pas, assistent. Les enfants qui naissent. Tout ce qui fait une vie, dans ce qu'elle a d'imparfaite, de désordonnée, d'intéressante et de parfois aussi un peu loufoque. Mais à force de regarder des DVD ou d'aller au cinéma, on a le sentiment de rejouer sans cesse des scènes déjà vues... et le phénomène est troublant. Comment va donc se terminer cette histoire ? Par un happy end ?

Je dois vous dire d'emblée que ce titre ne plaira vraiment pas à tout le monde. Premièrement, sa forme est celle d'une pièce de théâtre, ou d'un scénario de film, pas d'un roman, et il faut parfois s'accrocher un peu pour suivre les dialogues. Mais voilà, j'ai personnellement une affection particulière pour ce jeune auteur, Regis de Sa Moreira, qui sait dans ses livres utiliser l'absurde et magnifier le réel avec son regard vif, affectueux, romantique et blessant. J'aime son regard particulier sur les couples, qui me fait parfois penser à ce qu'il se joue dans L'écume des jours de Boris Vian. J'ai donc beaucoup aimé le retrouver ici, car il m'a fait encore une fois beaucoup rire et sourire. J'aime son regard sur les absurdités de notre société, et sa connaissance du monde tel qu'il est. Et j'aime que ses personnages se sentent libres de vivre leurs émotions comme ils le souhaitent, voilà qui est très réconfortant. Parce que cette histoire d'amour entre un postier et une bibliothécaire est à la fois concevable et assez improbable. Mais elle m'a permise de passer un moment de lecture assez jouissif. Une lecture de rentrée étonnante, vive et drôle. 

Editions Au Diable Vauvert - 17€ - 18 août 2016

La lecture de blablablamia séduite aussi par la vivacité drôle de ce texte

Ma lecture de Pas de temps à perdre qui vous renverra en fin de billet vers mes autres lectures de l'auteur (Zéros tués - Le libraire - Marie et femme)

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Les lectures d'Antigone ...
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