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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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7 octobre 2015

Au revoir là-haut, Pierre Lemaitre - Christian de Metter

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 "Je vais commander un grand monument aux morts. Le nom d'Edouard y figurera avec ceux de tous ses camarades."

Nous sommes en 1919. Albert a pris sous son aile Edouard, fils de bonne famille, défiguré aux combats. Ils tentent de survivre avec peu de moyens, dans un petit appartement qu'ils partagent aussi avec la jeune Louise, nullement effrayée par le visage sans machoire d'Edouard. Les gueules cassées ne sont pas les bienvenues dans un Paris qui veut tourner la page, faire son deuil et parier sur l'avenir. Edouard a été déclaré mort, Albert a fait le nécessaire pour l'aider à disparaître dignement aux yeux de sa famille qui le pleure. Son père décide d'ailleurs de mettre des fonds dans la construction d'un monument aux morts sur lequel le nom de son fils apparaitrait en bonne place. Mais 1919 est également le moment de toutes les arnaques. Et Edouard, qui s'ennuie et se sent inutile, a envie d'en profiter. Il imagine un plan farfelu et audacieux afin de gagner de l'argent très vite, pour s'enfuir ensuite si possible vers d'autres cieux...

Je n'ai pas lu le roman dont cette BD est l'adaptation, le fameux Prix Goncourt 2013, remporté par Pierre Lemaître. J'aime parfois découvrir de cette manière là des romans que je ne lirai sans doute jamais. Les adaptations BD se sont multipliées ces derniers temps. Mon regard a donc été neuf quand j'ai ouvert ce très bel objet livre-ci, mais je ne peux pas non plus vous dire si la retranscription du roman est fidèle ou non à l'original... ce qui est dommage. Cela dit, lire cet album là a été un moment assez passionnant. Les dessins de Christian de Metter sont assez impressionnants et (je dirais) rageusement colorés, ce qui donne à la lecture de l'album une teinte de sourde violence plutôt marquante. L'histoire avance vite, balayant sans doute rapidement les épisodes de la version littéraire. Il y a beaucoup à regarder, des détails à ne pas manquer, et comme une envie en fin de lecture, de tout reprendre au début et de recommencer... Un opus très réussi dans les pages desquelles je vous conseille vivement de vous plonger.

Editions Rue de Sèvres - 22.50€ - Octobre 2015

Lu aussi par Noukette qui a adoré, n'a pas lu le roman, et fourni dans son billet quelques visuels -  Une incontestable réussite pour Jérome qui n'a pas lu non plus le roman original - Magnifique pour Livresse des mots !

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(crédit photo)

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25 octobre 2014

Profanes, Jeanne Benameur

profanes "Les mots de l'amour il faudrait se contenter de les dire au-dessus de l'eau qui coule, dans le vent au bord de la mer. Qu'ils soient portés loin. L'amour on ne devrait jamais l'enfermer, ni dans les bouches, ni dans les coeurs. C'est trop vaste."

Octave Lassalle, ancien chirurgien, a décidé de composer une équipe qui veillera sur lui nuits et jours. Il a quatre-vingt-dix ans et pour lui le moment est venu, que l'on s'occupe un peu plus de lui, mais également de mettre de l'ordre dans sa vie et dans sa grande maison. Ils sont quatre, un homme et trois femmes, choisis scrupuleusement, ressentis avec force. Ils ont comme lien commun de ne pas croire en Dieu mais ont en eux cet espace vide qui laisse supposer le doute. C'est ce qui intéresse le vieil homme au plus haut point, cet espace vide, mais aussi ce que ces présences pourraient chambouler en lui et chez lui, les interactions qui vont pouvoir se créer ainsi, pudiquement. Octave est un être curieux et sensible, attentif. Il souffre encore du décès de sa fille unique, Claire, du départ de sa mère, bouleversée qu'il ne se soit pas décidé à sauver leur enfant de ses propres mains. Comment Marc, Hélène, Yolande et Béatrice vont-ils trouver leur place auprès de cet homme ?

C'est un titre d'une grande sensibilité et d'une grande poésie que Jeanne Benameur a écrit là. Tout est dans l'effleurement, l'attention silencieuse à l'autre, dans les méandres de la pensée, la torture vigilante des souvenirs. Il faudrait être de bois pour ne ressentir aucune émotion à lire ce livre. J'ai donc été émue, touchée, troublée et emportée par la beauté des instants créés et des phrases, bien sûr. Il m'aurait cependant fallu un peu moins de bons sentiments et un peu plus d'acidité pour m'en faire un véritable coup de coeur, certainement. Mais je suis difficile, je chipote. Jeanne Benameur m'a permis, avec ses mots qui s'adressent directement à l'âme, de reprendre le chemin soudain perdu de la lecture, et ça ce n'est pas rien. J'ai retrouvé avec plaisir sa plume, sa voix, sa profondeur et ses intentions. Et bien oui, j'ai été prise, j'ai aimé. Ce roman est un très bon titre de l'auteure.

Editions Babel - 7.80€ - Mai 2014 - Merci ma bibli !!

Grand Prix RTL Lire 2013

Un livre d'une intensité rare pour Clara [clic] - Delphine ne savait pas comment en parler tellement il lui a parlé à elle [clic] - Noukette était à la maison [clic] - Beaucoup d'émotions chez Géraldine [clic] - Un livre comme elle les aime pour "un autre endroit pour lire"  [clic] - A lire absolument pour Aifelle [clic] - Un coup de coeur pour Sylire [clic] - ... [Tout Jeanne Benameur sur ce blog]

 

4 janvier 2012

L'homme inquiet, Henning Mankell

l'hommeinquiet"Tout commence là, pensa-t-il. Tout commence par l'homme inquiet.
Il ne pouvait en être autrement."

C'est la dernière enquête du commissaire Wallander et celle-ci touche intimement sa vie privée, plus précisément celle de sa fille adorée Linda. En effet, le futur beau-père de la jeune-femme vient de disparaître et Louise, son épouse, est retrouvée morte peu de temps après. Kurt Wallander tente de percer le mystère qui tourne autour de cet ancien officier de marine et de la disparition étrange de sous-marins russes dans les eaux suédoises il y a bien longtemps...

J'ai découvert Henning Mankell via Les chaussures italiennes (catégorie roman) qui avait été un gros coup de coeur ! Je suis heureuse d'avoir récidivé avec L'homme inquiet car je suis également tombée sous le charme de cette version plus policière de l'auteur, celle que les habitués de polars connaissent principalement.
Alors bien entendu, j'ai commencé par la fin de la série, car Kurt Wallander sévit depuis quelques temps déjà - mais peu importe - car la compréhension a toujours été au rendez-vous. J'ai pu situer sans soucis chaque personnage, et je me suis laissée bercée par l'intrigue sans heurts ni tracas. Dans ce livre-ci, on prend son temps, les fils sont dénoués avec finesse et minutie, la vie quotidienne tient toute sa place et il est permis de réfléchir sur le sens de sa vie, ou du monde. Bref, j'adore !

Editions Points - 8€ - Sortie le 5 janvier 2012 - Coup de coeur ! heart

Lu en grand format par Kathel et Cathulu, entre autres...

Dans quel ordre lire les enquêtes de Kurt Wallander ?  Voici la réponse : 1) Meurtriers sans visage - 2) Les Chiens de Riga - 3) La lionne blanche - 4) L'homme qui souriait - 5) Le Guerrier solitaire - 6) La cinquième femme - 7) Les Morts de la Saint-Jean - 8) La Muraille invisible - 9) Avant le gel - 10) L'Homme inquiet - mais chaque enquête peut se lire séparément.

Pour élire le prochain Prix du Meilleur Polar des lecteurs de Points, vous pouvez poser votre candidature sur www.meilleurpolar.com et ce jusqu'au 15 mars 2012. Des frissons en perspective.

28 décembre 2010

Objectif Pal de Décembre ... Arlington Park, Rachel Cusk

arlington_park"Tous les hommes sont des assassins, pensa Juliet. Tous. Ils assassinent des femmes. Ils prennent une femme et, petit à petit, ils l'assassinent."

Etre une femme à Arlington Park signifie beaucoup de petites choses imprécises et enfermantes, et surtout être là pour les autres, son mari, ses enfants, tenir sa maison. Chacun sait ici que l'on ne montera plus bien haut dans l'échelle sociale, qu'on ne tombera pas plus bas non plus. Dans le confort douillet et coquet d'intérieurs briqués, les femmes d'Arlington Park se détruisent peu à peu de leur présent pesant de solitude, et de leur avenir à jamais entravé. Alors, pour jeter un sort au temps qui passe, elles se coupent les cheveux, jettent leur colère sur les murs de leurs cuisines, essayent des vêtements provocants dans des galeries commerciales ou tout simplement se saoulent en rêvant de changements. Pour Amanda, Juliet, Maisie, Solly et Christine, la vie a comme un goût de déconvenue.

heart

Autant j'avais été désenchantée de ma lecture précédente de l'auteure,  Bienvenue à Egypt Farm, autant les femmes d'Arlington Park m'ont enchantées. Et quelle écriture ! Précise, nette, porteuse de réflexions diverses et de vérités si bien observées. Nous sommes dans l'univers fermé d'une banlieue résidentielle d'Angleterre, en présence d'un petit groupe de Desperate Housewives désabusées, toutes jeunes-mères de famille, toutes impregnées de ce même sentiment d'avoir à un moment donné râté ce chemin si fragile vers elles-mêmes.
Arlington Park battu par la pluie, en péripéphérie des écoles et des squares, c'est l'après conte de fées, c'est Cendrillon chanté par Téléphone, ou presque. C'est de la rage impuissante et féministe qui tente de s'exprimer et se garde au fond de soi. J'ai tout aimé malgré le peu d'espoir qui émerge des pages car on peut y trouver chacune un peu de nous et se sentir sortie d'affaire aussi, selon le miroir que l'on choisit de tendre face à soi. Chaque portrait de femme tisse une personnalité différente, humaine et contradictoire.
Voilà qui me donne très envie de continuer à lire cette auteure, car ces destins croisés sont réellement menés de main de maître. A suivre, donc...

bouton3 Coup de coeur ! - 7€ - Editions Points - Août 2008      
Objectif Pal 5/12
objectif_pal_le_retour

Sylvie l'a lu il y a peu et m'avait donné envie de sortir ce livre de ma PAL... c'est fait.

Les billets de décembre des autres blogueuses sont disponibles en lien par ici ...

Vous pouvez retrouver tous mes coups de coeur de 2010 en un seul clic ici.

24 janvier 2011

Objectif Pal de Janvier... Luxueuse austérité de Marie Rouanet

luxueuse_aust_rit_"Qu'opposer à ce qui attire l'enfance ? Le silence ? La tranquillité de l'esprit ? L'exquise pénurie qui libérait de tant d'astreintes imposées par le standing des maisons ? Comment défendre ces jours dont il n'y a rien à raconter si ce n'est cette simplification de la vie, non pas choisie mais rendue obligatoire par les circonstances, qui non seulement n'enlevait rien à l'intensité de la joie mais fondait sa naissance ?"

Marie Rouanet raconte une maison - peut-être la sienne - une maison héritée et sommaire, une qui en exige par sa simplicité, son éloignement, son intrinsèque austérité. Peu à peu, à la description des gestes, à l'évocation de l'histoire de cette demeure qu'une ancêtre a patiemment modelée à sa convenance, se mêle un profond bonheur et une réflexion sensible et sage sur notre manière moderne de vivre.

J'ai plongé dans ce petit livre comme on entre dans une maison de vacances pour prendre doucement possession des lieux. J'ai parfois zigzagué au gré de la pensée de l'auteure mais j'ai aimé, énormément, cette apologie du peu, de l'essentiel, du dépouillement, des bonheurs simples.

Cela ressemble à cette mode du Slow Life dont ELLE nous parlait cette semaine. Cela ressemble aussi à ce qu'il devrait nous être permis plus souvent de faire, s'arrêter pour rêver, penser, regarder.
Cela met en valeur l'ordinaire des jours, ou les jours ordinaires, les taiseux, et moi ça me plait bien.

"On ne vit qu'alourdi du bonheur saisi, puis enfui."

bouton3 Le livre de poche - 5€ - Septembre 2008objectif_pal_le_retour

La lecture de Cathulu, elle tout pleine de réserves... (Merci !)

Pour déposer son billet de pal de janvier, c'est toujours par ici !
                                                                                                    Objectif Pal : 6/12

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11 août 2010

Objectif Pal d'Août... Fugitives, Alice Munro

fugitives"Quand l'offre de poste se présenta, ils la pressèrent de la saisir. Cela vous fera du bien. De sortir un moment dans le monde extérieur. D'affronter un peu la vie réelle.
Juliet avait l'habitude de ce genre de conseils, mais fut déçue de les entendre venant d'hommes qui ne semblaient ni par leur allure, ni par leur langage s'être volontiers frottés eux-mêmes au monde réel. Dans la ville où elle a grandi, sa forme d'intelligence était souvent rangée dans la même catégorie qu'une claudication ou qu'un pouce surnuméraire, et l'on n'avait pas tardé à noter les défauts qui ne pouvaient manquer d'y être associés - son incapacité à se servir d'une machine à coudre, à faire un joli paquet ou à s'apercevoir que sa combinaison dépassait. Qu'allait-elle bien pouvoir devenir, telle était la question."

Fugitives est un recueil de nouvelles. A la lecture, son titre - emprunté au premier récit - m'a paru je dois le dire un peu factice, comme souvent pour les recueils de nouvelles d'ailleurs. En effet, même s'il est bien souvent question ici de fuites, ce sont surtout de destins de femmes dont on nous parle, de choix et d'opportunités. De ces petits riens qui font la vie, et les actes manqués. Et puis les trois nouvelles Hasard, Bientôt et Silence abritent les mêmes personnages à des périodes vie différentes, renforçant un peu ce sentiment de collage éditorial.
heartCependant finalement, peu importe. Car voilà, je le sais dorénavant, malgré vos propres réticences sur cet autre recueil (Un peu, beaucoup, pas du tout...) que j'avais entrepris de faire voyager, j'aime Alice Munro, c'est dit. Sa manière toute particulière de ne pas échaffauder des rêves de princesse, sa faculté de laisser des détails exprimer en une scène les bouleversements d'une vie et la pureté de ses phrases (visible à mon avis malgré, ou grâce plutôt, à la traduction).

Cette auteure d'origine canadienne a quelque chose de vrai dans le regard, de sincère et d'intransigeant. Elle rentre avec ce second recueil lu de plein pied dans mes essentiels.

bouton3 Note de lecture : Coup de coeur !! - Ed Points - 7.50€ - Août 2009

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Pour Kathel c'est également un coup de coeur !!

 

 

Objectif Pal 2ème : 1/12

23 juillet 2016

Broderie... du fil et encore du fil

Aujourd'hui, je vous embarque pour un billet au pays du bricolage. Tout d'abord, il faut partir du principe que la broderie de nos jours peut aussi être moderne et attirante, et ne pas être réservée comme on le croit trop souvent seulement aux vieilles dames... Ensuite, je vais vous expliquer comment j'en suis arrivée à m'y intéresser.

Il y a quelques mois, je suis tombée par hasard, et un peu amoureuse, des broderies de Sarah K Benning. [clic ici pour accéder à son blog] J'ai adoré tout de suite ses petits tableaux de plantes grasses et me suis intéressée à son programme de tutoriels, sans pour autant succomber à la tentation (ne me sentant pas forcément capable de tant de talent). Puis, sur Facebook, une blogueuse au nom évocateur d'Albertine Proust [clic ici], est venue relancer mes envies avec les superbes kits et créations de Pascal Jaouen [voir ici] qu'elle adore. J'étais perdue.

sarahkbenning   eteglazig

Souhaitant tester un peu mes capacités (parce que tout cela reste cher), j'ai acheté un petit kit à la Casa dont je n'ai gardé que le tissu (retourné) et le tour en bois. J'avais déjà chez moi des fils DMC. J'ai cherché des dessins sur internet, je suis tombée sur un modèle qui m'a bien plu (un peu modifié) et puis voilà (résultat en cours de finition ci-dessous) !! Vous retrouverez les différents points de broderie de base, si jamais vous aussi vous souhaitez vous lancer, en cliquant sur le lien ci-contre [clic points de broderie]. Pour tout vous avouer, je prends beaucoup de plaisir à broder, j'ai l'impression de faire du coloriage, et la détente est la même que pour le tricot. Je pense craquer bientôt pour un kit plus conséquent. Si vous vous lancez à votre tour, amusez-vous bien !

broderie2

 [Pour les joueuses, dans ma boîte brico/zen s'est glissé un petit kit broderie]

22 septembre 2016

Rester en vie, Matt Haig ~ Rentrée littéraire 2016

resterenvie

 "La dépression est peut-être un prix sacrément élevé pour s'éveiller à la vie, et tant qu'elle a le dessus sur vous, rien ne semble valoir la peine de le payer."

Alors qu'il est dans un des lieux les plus propices à la fête et à la joie, à Ibiza avec son amie Andréa, Matt a une crise d'anxiété et de dépression phénoménale. Il n'a que 24 ans et c'est le début d'une grande lutte avec ce "chien noir" qu'il faut à présent apprendre à apprivoiser.

Rester en vie est le récit de la dépression qui a terrassé autrefois Matt Haig, mais aussi du combat quotidien de l'écrivain qu'il est devenu pour mener avec ce compagnon indésirable une vie normale. Dans ce livre, l'auteur explique très bien à quel point ce mal peut atteindre tout le monde, et n'importe qui, que personne n'est à l'abri. Outre sa propre histoire, il nous raconte celle de personnages célèbres qui ont su chacun à leur tour, transformer cet handicap en art, talent ou qualité. Le tout est plein d'un optimisme joyeux étonnant, de courage et de générosité, il n'est absolument pas larmoyant et défaitiste. Il donne goût à la vie, justement, en donnant quelques clés pour mieux vivre, voir, savoir ce qui compte réellement, faire de ce fardeau qu'est la dépression un atout et avoir envie de rester en vie

J'ai aimé ce titre, de nombreuses phrases ont fait écho en moi, et puis il y a ces très belles pages sur le pouvoir de la lecture, si réconfortantes. Matt Haig sait dire combien fuir dans les livres n'est pas se perdre mais au contraire se donner une chance de se trouver enfin. Matt Haig reste dans ce récit un écrivain, il ne livre pas un guide de survie mais bel et bien une magnifique réflexion sur notre façon d'être au monde. Ce livre a fait battre mon coeur à plusieurs reprises, par sa sincérité, et ses réflexions pertinentes. Je l'ai lu avec une grande émotion cet été et il est pour moi un gros coup de coeur de cette rentrée !

Editions Philippe Rey - 18€ - 22 septembre 2016

29 juin 2016

Ni terre ni mer, Anne Von Canal

niterrenimer"Maintenant, tout ne dépendait plus que de lui, de son jeu, de son art, de sa volonté."

A Stockholm le jeune Laurits rêve de devenir pianiste. Il lui suffit pour cela de réussir le concours d'entrée au Conservatoire. Mais il redoute le refus de son père, très autoritaire, qui espère que son fils suivra ses traces en embrassant une carrière médicale. Contre toute attente, son père accepte l'idée du concours d'entrée, à la condition que son fils s'inscrive à l'université en cas d'échec. Laurits est ravi, mais il échoue effectivement à son audition. Devenu gynécologue, marié à Silja, il mène une vie de famille tranquille, bien loin de la musique et des claviers auquels il ne touche plus. Devenu père à son tour, il lui semble même que la vie s'est apaisée. Ses parents sont devenus plus doux, semblent heureux de s'occuper de Liis. Cependant, lors d'un repas familial, un secret est révélé qui va chambouler la vie du jeune homme... et le propulser quelques années plus tard, en deux/trois terribles ricochets, sur un paquebot de croisière en costume de pianiste pour touristes blasés.

Ce livre est aussi beau que sa couverture. Il commence comme un journal de bord, celui d'un pianiste de croisière, puis nous emmène dans l'enfance d'un petit garçon riche mais solitaire à Stockholm. Ce roman parle de musique, bien sûr, mais également de la mer qui prend des vies, et permet aussi de fuir, d'oublier, de se recréer. Avec Ni terre ni mer, nous voyageons entre Stockholm et l'Estonie, puis sur l'eau, sur cette ville flottante qui permet de se sentir ni sur terre ni en mer, loin de tout, dans un temps suspendu. Il y a l'écriture de Anne Von Canal, la traduction de l'allemand d'Isabelle Liber, une ambiance douce et cruelle. Ce premier roman est un très gros coup de coeur ! Je suis heureuse de pouvoir vous l'offrir prochainement... Je vous donne rendez-vous le 1er juillet sur ce blog pour plus de détails.

Editions Slaktine - 18 € - Mars 2016

Je suis tombée sous le charme du logo, et de l'intention de cette toute nouvelle branche éditoriale du groupe Slaktine, créée en mars 2016... "Slatkine & Cie explore tous les champs éditoriaux mais choisit de ne publier qu’une dizaine de titres par an, pour le plaisir qu’ils donnent, le temps qu’ils dérobent et la douceur qu’ils prodiguent. La douceur est la traduction du mot russe Slatkine. C’est notre raison d’éditer." [clic ici]

SLAKTINE

7 septembre 2015

La Maladroite, Alexandre Seurat... Rentrée littéraire 2015

lamaladroite

 "Entre eux et moi, il y aura toujours elle. J'aimerais pouvoir dire que je l'aimais comme une soeur - mais elle n'en était pas une pour moi, puisqu'elle n'était rien, puisqu'on ne la voyait pas, qu'on n'avait pas le droit de jouer avec elle, qu'elle passait des journées entières dans sa chambre, et si elle pleurait c'était pire, parce qu'elle était punie, et elle était punie si elle se levait la nuit pour manger quand ils l'avaient privée de dîner, ou si elle faisait pipi au lit, parce qu'on ne lui permettait pas de se lever pour aller aux toilettes."

La Maladroite est tiré d'un fait divers réel, le décès suite à maltraitance de Marina Sabatier à l'âge de huit ans. Dans cette affaire, les parents ont été jugés, mais ce sont également les institutions qui ont été mises en cause, car elles ont à plusieurs reprises été contactées sans que rien n'aboutisse, soit par la grand-mère, l'institutrice ou la directrice d'une école. Marina Sabatier porte ici le nom de Diana, mais l'histoire reste la même, terriblement tragique. Une petite fille est maltraitée, mais elle se tait et garde le sourire pour protéger ses parents, qui eux trouvent toujours des explications et déménagent régulièrement. Chacun, dans le récit d'Alexandre Seurat, parle de Diana, du rôle qu'ils ont joué dans cette vie là, une vie de petite fille, de ce qu'ils ont tenté de faire, de leur tristesse, et de leurs regrets.

J'ai eu du mal, je vous l'avoue, à me décider enfin à écrire ce billet. En fait, je ne suis pas très enthousiaste au sujet de ce livre. Comment l'être ? Partagée entre dégoût et tristesse. Et puis, je trouve que le style de l'auteur, l'enchaînement des témoignages, ne permet jamais de croire à la fiction, ou de se préserver derrière le rempart de la narration. La gêne est là, l'impossibilité du recul, le malaise d'assister à l'inévitable, comme une tragédie (parce qu'évidemment on connaît la fin de l'histoire), la colère. Et pourtant, je suis contente de l'avoir lu, d'avoir regardé vivre un peu cette petite Diane/Marina, d'avoir fait sa connaissance, appris son histoire intime, su qu'elle était regardée, malgré tout aimée, d'avoir compris que certaines personnes n'étaient pas dupes des faux-semblants, avaient réellement voulu la protéger. Notre système ne permet pas toujours de sauver ces enfants, empêtré qu'il est à protéger les parents, les règles, à ne pas vouloir intervenir mal à propos (et il a raison, quel parent ne serait pas anéanti d'être accusé à tort ?). Cependant, le fameux "bien de l'enfant" est trop souvent une grande supercherie. A se demander si parfois, il ne faut tout simplement pas hésiter à s'occuper des affaires des autres, quand même.

Editions Le Rouergue - 13.80€ - Août 2015

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Une lecture clinique mais qui résonne longtemps après avoir fermé le livre pour Alex - Un roman dont on ne ressort pas indemne pour Stephie - On ressort de ce roman abasourdi, nauséeux, et profondément secoué, dit Noukette - Un coup de poing et une tragédie moderne pour Leiloona - "Tout est dans l'ambiguïté et dans la difficulté  que ressentent les différents témoins à poser des mots justes sur une situation qui se dérobe." pour Cathulu qui l'a lu la gorge serrée.

Je participe au challenge 1% rentrée littéraire qui consiste à lire au moins 6 livres de la rentrée littéraire (clic sur l'image pour plus de détails). Challenge : 4/6.

1 septembre 2015

Dans les yeux des autres, Geneviève Brisac

danslesyeuxdesautres

 "Ecrire lui était déjà interdit avant. Lui avait toujours été interdit. Elle s'était bardée d'une obligation d'interdiction, alourdie d'un devoir de transgression, paralysée par la nécessité de l'empêchement. Mais elle ne s'en était pas rendue compte. C'est ainsi que souvent s'expliquent les courages : le courage des taupes. Elle voulait croire que l'on peut dire sans dire, écrire sans blesser. Les taupes ne savent pas ce qu'elles font."

Anna est écrivain. Elle et sa soeur Molly, à présent médecin, étaient très proches dans les années 70, attirées par le même idéal communiste, amoureuses, pleine d'idées et d'envies de solidarité. Elles ont d'ailleurs à l'époque suivi Boris et Marek, leurs amants, au Mexique, pour poursuivre le combat. Que Marek se soit fait arrêter, que les relations amoureuses aient pris entre eux tous un tour inattendu, que la mère des deux soeurs se soit mêlée à tout ça avec son exubérance sauvage, c'en était sans doute de trop pour Anna qui a décidé de tout déballer dans un livre à son retour en France. Le livre a eu du succès mais lui a fermé des portes, celle de la maison de sa soeur en particulier, mais également celle de sa mère, puis enfin du milieu littéraire parisien, aussi prompt à aimer qu'à détester ce qu'il a pu apprécier quelques années plus tôt. A-t-on le droit de tout écrire ? A-t-on le droit d'écrire sur sa famille ?

Voici un roman que j'avais abandonné au bout de quelques pages à la dernière rentrée et à qui j'ai donné une seconde chance en petit format, et bien m'en a pris. En effet, cette seconde lecture a été agréable, très fluide, sans envie d'abandon. J'ai aimé me laisser bercer par l'histoire de ces deux soeurs que tout oppose et rapproche, leurs velléités politiques, leurs renoncements, le constat de leurs vies bancales. Et puis, il y a le portrait chatoyant et contrasté de leur mère, finalement un être toxique, qui manipule et qui brise par mégarde, par trop de carisme, de présence et d'inconscience. Dans les yeux des autres est un roman au charme doux amer qui n'oublie pas de brosser le portrait d'une époque où le communisme embrasait le coeur des jeunes gens, et qui pose un regard assez ironique sur le désir d'engagement. Un roman intéressant.

Editions Points - 7.30€ - 20 août 2015

lautrerentree

Cathulu parle aussi de mélancolie, du regard sur les petites choses du quotidien, ainsi que de l'écriture ample de Geneviève Brisac... et elle a raison.

Il y a presque dix ans, Points lançait la rentrée littéraire parallèle, celle des poches ! Ils nous permettent de revenir cette année sur la Rentrée Littéraire précédente et sur les livres qui ont marqué l'année 2014 en sortant 7 titres le 20 août. [Toutes les infos ici]

 

 

 

10 septembre 2015

Macadam, Jean-Paul Didierlaurent... Rentrée littéraire 2015

macadam "Depuis ce matin, les anges crient dans ma tête. C'est à cause du sparadrap."

L'auteur du Liseur de 6h27 a connu un grand succès avec ce drôle de petit roman, dont je vous parlais ici [clic]. Une version poche de son titre est d'ailleurs sortie chez Folio. La rentrée littéraire est une occasion pour son éditeur grand format, Le Diable Vauvert, de sortir ce recueil de nouvelles qui regroupe l'univers court de Jean-Paul Didierlaurent, et pour lequel il a reçu depuis 1997 de nombreuses distinctions, lauréat à plusieurs reprises du Prix Hemingway par exemple. 

L'univers de l'écrivain se dévoile ici plus sombre, comme souvent dans les nouvelles. Au détour de l'une d'entre elles pour autant, Sanctuaire, qui donne voix à une dame pipi, on comprend ce qui lui a inspiré plus tard son roman, démarche d'extrapolation d'ailleurs intéressante. Et puis, l'écriture est là, libre et sans fioritures, assez remarquable. Jean-Paul Didierlaurent maîtrise sans conteste l'art de la nouvelle, et de sa chute. La galerie de personnages est diverse et colorée, étonnante, nous permettant de rentrer dans l'intimité d'un confessionnal, d'un orchestre de corrida, d'une maison de retraite, et ce d'une manière originale. J'ai aimé me laisser surprendre, croiser une Game Boy, un fa dièse, des pneus qui chuintent, et découvrir une plume au prisme large. Espérons que l'auteur continue d'écrire, d'inventer, et qu'il ne perde pas le regard perçant, ironique et ludique, qu'il porte sur ses concitoyens.

Editions Au Diable Vauvert - 15€ - 10 septembre 2015

logo2015

Je participe au challenge 1% rentrée littéraire qui consiste à lire au moins 6 livres de la rentrée littéraire (clic sur l'image pour plus de détails). Challenge : 6/6.

J'ai rempli mon challenge 1% avec succès mais pas de coup de coeur cette année (ce que je déplore), seulement de belles lectures ! Ou alors je suis sans doute devenue difficile ? Je ne tente pas le 2%. L'année dernière le tenter m'avait semblé de trop, et une manière d'étirer exagérément la rentrée littéraire alors que j'étais déjà passée à autre chose. Mes prochaines lectures de rentrée seront donc traitées dorénavant comme les autres, seul le Tag "Rentrée littéraire 2015" sera affublé en bas de billet à ces lectures, pendant encore quelques semaines... vous pourrez ainsi les retrouver en bandeau dans le menu.

29 juillet 2017

Le camion qui livre ~ Le livre de poche

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Tu as bien fait de partir à la rencontre du camion du Livre de poche pendant tes vacances dans le Finistère... car en postant la photo de tes achats (ci-dessus) sur Instagram avec le hashtag #lecamionquilivre tu as encore gagné dix titres supplémentaires !! Quelle chance, quelle joie (même si tu ne manques pas vraiment de lectures) et surtout quelle surprise !! Tu conseilles donc aux aoûtiens lecteurs d'aller faire un petit tour sur le site www.lecamionquilivre.com/ pour voir si il passe près de leur plage cet été... De nombreuses rencontres d'auteurs et ateliers d'écriture sont organisés autour de cette tournée. Tu l'as rencontré personnellement sur le port de Ploubazlanec ce jour-là (voir la vidéo ci-dessous), juste avant d'aller marcher sur l'île de Bréhat (magnifique) !! Plus bas, vous trouverez les photographies des livres de poche reçus cette semaine... De jolis billets en perspective !! Et merci encore aux éditions du Livre de Poche

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12 avril 2017

Juliette, Camille Jourdy

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Tu n'as pas beaucoup d'engouement pour la sélection BD du Prix Cezam de cette année (d'ailleurs tu n'en parles pas ici alors que tu as presque tout lu)... Juliette est le premier album qui te fait réellement vibrer. Et quoi de mieux que de lire au soleil, dans son jardin, avec le bruit des oiseaux en fond sonore et sur une pelouse parsemée de petites fleurs cet album délicieux ? Tu avais aimé déjà, Rosalie Blum, de la même auteure. Dans cet opus-ci, Juliette est une jeune parisienne qui vient passer ses quelques jours de vacances en compagnie de son père. Il est un peu mutique, mais elle ne lui en veut pas, elle se sent elle même un peu spéciale, avec ses angoisses récurrentes qui lui gâchent la vie et la rendent fragile. Elle profite de son séjour pour rendre visite également à sa soeur, à sa grand-mère qui perd la mémoire et à toute sa famille. Dans un café du coin, Monsieur Georges, quant à lui, essaye de noyer sa solitude. Tout ce petit monde va se croiser, se chamailler, s'entendre, discuter... et se trouver un peu... Et toi tu aimes quand les personnages se trouvent comme ça, assument leurs défaillances, te font rire de leurs bizarreries... Les petits dessins de Camille Jourdy fourmillent de petits détails amusants que tu as aimé chercher. Les rencontres entre la soeur de Juliette et son amant sont des moments surréalistes que tu as particulièrement goûtés, ainsi que tout ce qui concerne l'éducation du jeune Norbert, le canard. De larges vignettes prennent de temps à autre toute la page et arrêtent parfois le regard. Les couleurs sont vives et joyeuses. Tout fonctionne à merveille, et tu as quitté l'univers de Juliette à regret au terme de ta lecture. Un joli coup de coeur printannier, amusant, mélancolique et revivifiant !

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Editions Actes Sud - Février 2016

Ceci est ta BD de la semaine, tous les autres liens sont chez Noukette aujourd'hui

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13 avril 2017

L'avortement, Richard Brautigan

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De Richard Brautigan tu ne connaissais rien... mis à part son nom et sa réputation, ainsi que quelques citations et hommages. Et tu as eu envie de dépasser ça, cette faible connaissance, en découvrant un de ses romans. Ouvrir L'avortement par sa préface, c'est déjà tomber sur le regard de Pierre Reverdy sur ce texte. dans cette constatation que jamais personne à propos de ce livre, ou en général, ne dit le mot. Même Annie Ernaux, à propos de l'acte, préférera évoquer L'Evènement. Quand on parle de ce roman, dit Pierre Reverdy, il n'est question que de la bibliothèque, premier personnage évident de ce livre. Et il est vrai qu'elle est fascinante. On se croirait chez Jorge Luis Borges. Dans les premières pages, le narrateur évoque sa situation, sa vie de cloîtré dans ce lieu qui recueille nuit et jour des manuscrits. Les visiteurs sont invités à inscrire leur titre, jamais publié, dans le grand cahier et de le poser sur les étagères de la bibliothèque. L'accueil est chaleureux, bienveillant et respectueux, peu importe la qualité et le sujet des écrits. Un jour, Vida entre dans l'établissement, avec son texte et son corps sublime qu'elle porte comme un fardeau. Les deux solitudes se rencontrent, s'approchent et prennent soin l'une de l'autre, jusqu'à ce qu'advienne l'avortement, qu'il faudra pratiquer au Mexique. Cela signifie laisser la bibliothèque sous la garde de Foster, prendre l'avion et s'en aller dans des lieux inconnus. Et pour toi lectrice, c'est comme suivre un couple à la Boris Vian (L'Ecume des jours) dans une aventure à la fois triste et froide. Tout se passe bien, mais Vida sera dorénavant la plus adepte des pro-pilules, elle le jure. Et tu t'étonnes de la douceur de cette voix d'écrivain masculin sur ce parcours, du féerique qui ne cesse d'entourer cette histoire là du début à la fin, et de ce roman, posé (encore une fois par un homme) comme un acte militant. La première édition date de 1970. Tu ne t'attendais pas à ça... à toute cette douceur et à cette féerie, seulement à cette ironie qui parfois parcourt le texte. Quelle rencontre !

Editions Points - collection Signatures - 13 Avril 2017

Points réédite également d'autres titres de l'auteur en avril dans la collection Poésie. Le samedi 22 avril aura lieu une rencontre à La Maison de la poésie en l'honneur de Richard Brautigan. Toutes les infos ici [clic].

20 décembre 2009

Miel et Vin, Myriam Chirousse

miel_et_vin"La vie peut être un océan noir d'amères désolations, mais il peut aussi y avoir, au milieu des vagues sombres, des terres bénies où serpentent des fleuves de miel et de vin."

Deux enfants grandissent sans se connaître. heart
L'un, né bâtard, considéré par tous comme un enfant "maudit" créant autour de lui mort et désolation, accèdera tout de même à sa filiation et à son nom en devenant Charles de l'Eperay. L'autre, une enfant trouvée dans les bois, recueillie par une famille noble des environs, deviendra une jeune fille connue sous le nom de Judith de Monterlant.
Ces deux êtres se rencontrent lors d'un mariage, s'attirent avec une violence évidente.
Pourtant, Judith en épousera un autre.
Devenus amants, ils seront pris par les tourments de l'histoire et de la révolution française.

Miel et vin, outre d'être une fresque romantique époustouflante, ainsi que vous le donne (je l'espère) à penser mon résumé, a la particularité d'être parcourue d'une langue riche et originale. Et j'ai aimé en être surprise et en être bousculée... Voici un roman dont il est bien difficile d'expliquer la magie et le pouvoir d'attraction. A-t-on jamais aussi bien décrit les profondeurs de la passion, ce mélange de perte de soi et d'insuportable évidence ? Je suis loin d'être une adepte de romans historiques, et pourtant j'ai été ici happée et tenue en haleine jusqu'au terme d'une écriture pleine de modernité et d'inventivité, et quelle galerie de personnages ! Vous trouverez effectivement dans les pages de Miel et Vin des prêtres tyranniques, des mères éplorées ou maternelles, des enfants à la peau douce, des inventeurs géniaux, des femmes un peu sorcières, un libraire fantasque aux murs de livres, des révolutionnaires passionnés et des nobles accrochés à leurs privilèges...

Myriam Chirousse a pris le parti de donner dans son roman la parole à un des enfants de Judith. C'est donc elle qui raconte l'histoire et ces évènements qu'elle n'a pu connaître, sauf de l'intérieur du corps de sa mère, sauf en supposant une vie antérieure, un regard céleste difficile à concevoir...et c'est un des éléments forts de ce roman, qui vous donne une idée du talent de l'auteure... Et c'est toute la substance, et la richesse, de l'extrait que je vous livre ci-dessous... L'histoire d'une naissance. Chapeau Madame !

"Alors quelque chose m'arrive comme une noyade, comme un engloutissement dans des sables mouvants. Toutes les images du monde qui flottaient devant moi s'estompent l'une après l'autre et je tombe dans un trou sans mémoire. J'essaie de retenir quelques éclats de ce que je peux voir - je suis sur un cheval, je suis grande et je suis brune, je fume des cigares fins dans un salon aux fauteuils capitonnés, un jeune homme déclame de la poésie, on m'appelle comtesse et je distingue un port blanc, des eaux turquoise qui lèchent les roches rouges d'une île ensoleillée, je sens l'odeur des pins et la chaleur, je vois ma vie, des éclats de ma vie, de ce que sera ma vie... peut-être... ou peut-être pas... Je ne sais plus. J'ai mal et j'ai peur. Peut-être que tout n'était qu'un mirage et que je n'ai jamais pu voir ni le présent, ni le passé, ni le futur, ni rien. L'autre monde m'aspire et rien n'y est écrit nulle part. La lumière m'ébl..."

bouton3 Note de lecture : 5/5 (Coup de coeur oblige !)

ISBN 978 2 283 02367 9 - 24.50€ - JUIN 2009

J'en profite pour réduire ma PAL d'un exemplaire (50-5) - Je participe en même temps au challenge des coups de coeur de la blogosphère compilés par Théoma - Ce titre est un coup au coeur de Clarabel et je l'ai lu un peu aussi pour cette raison (donc merci !!) - Keisha l'a lu également et s'est retrouvée dans une ambiance nostalgique, sensuelle et bucolique - 500 pages avalées le temps de dire ouf chez Biblioblog - Une lecture détente pour Kathel qui émet quelques réserves judicieuses - ... n'hésitez pas à me confier vos liens !

Le blog de Myriam Chirousse

Objectif Pal : 5/50 objectif_pal   coeur_vs3

2 mars 2017

Les examens de conscience, Stephen Grosz

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Tu as déniché ce titre dans ta pile de livres à lire... sans vraiment savoir de quoi il retournait (en fait tu avais oublié), mais peut-être seulement en raison de cette peinture en couverture, celle de Magritte, de ce clair obscur improbable qui t'intrigue toujours et qui signifie qu'il ne faut pas se fier aux apparences mais lever un peu les yeux, et chercher au-delà du premier regard... En réalité, tu apprends rapidement par la quatrième de couverture, et l'avant propos, que Stephen Grosz est psychanalyste. Il exerce à Londres depuis plus de vingt-cinq ans. Et ce livre est un recueil de quelques unes des séances qu'il a conduites avec ses patients. Il parle ici de quelques cas significatifs, avec bienveillance... sans chercher le sensationnel. Ce livre parle... [...] de notre désir de parler, de comprendre et d'être compris. Ce livre dit aussi comment on s'écoute les uns les autres, et pas seulement par les mots qu'on se dit, mais aussi par les vides entre les mots. C'est quelque chose qui habite notre quotidien : on frappe contre un mur, et on écoute. Tu pensais, en tant que lectrice, t'ennuyer un peu dans cet exercice, mais au contraire... comme il est intéressant de constater que la solution des angoisses se tient parfois dans les détails innocents d'un rêve, d'un souvenir, d'une parole, d'une habitude. Et le praticien mène l'enquête, conjointement avec son patient, tous les deux avides du même désir de changement et de guérison... Tu as beaucoup aimé parcourir ces tranches de vie, tu as souri souvent... Ce titre fait étrangement du bien, il apporte, il donne quelques clés pour qui aurait par hasard des serrures à ouvrir... Comme The Guardian, tu l'as trouvé doux, intense et croustillant. Et comme The New Yorker, haletant comme un polar... pour une fois que tu es en accord avec des citations dithyrambiques, profitons-en. 

Editions Slaktine et Cie - Mars 2016

11 janvier 2017

La Fin du monde, Tirabosco et Wazem

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Parfois les lectures se parlent et se répondent... alors tu n'as pas été vraiment étonnée de retrouver dans cet album un univers ésotérique (déjà côtoyé ici) qui mène une jeune fille trentenaire vers une vieille femme, puis vers son père, et permet aux personnages de se libérer de leur passé. Il pleut beaucoup dans cet album en bleu foncé et blanc. Les cases sont sombres, resserrées, l'univers inquiétant. C'est d'ailleurs un peu la fin du monde. Il faut dire que le père de notre jeune héroïne est dans le coma, et que cette jeune femme qui passe habituellement tout son temps au ras du sol pour fuir dans ses pensées, éprouve tout à coup le besoin de se rendre dans sa maison d'enfance, pour nourrir un chat. Là-bas, il y a une pièce interdite, un chat donc, une vieille femme un peu bizarre qui s'invite, et beaucoup de secrets... Et toi tu ne sais pas pourquoi tu as particulièrement aimé cet album là dans le tas emprunté en bibliothèque, mais tu sais que tu as été émue, malgré toi, par cette belle histoire... qu'elle t'a rappelée quelques films d'animation japonais connus (Ponyo sur la falaise par exemple)... et que parfois la magie tient à peu de choses, à une case qui te fait monter les larmes aux yeux... à une ombre, à une phrase, à une image. 

Editions Futuropolis - Août 2008

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20 janvier 2017

Trois frères, Peter Ackroyd

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Tu as commencé depuis peu un Bullet journal... acheté des crayons de couleurs, ouvert un espace presque secret, fait d'écriture, de dessins et de papier. Et dans cet espace, tu as consacré une page entière à tes lectures de PAL... Alors, il te fallait fouiner dans les entrailles de tes services de presse, donner l'exemple, puisque tu es également l'organisatrice du challenge Objectif Pal (quand même). De tous, tu as donc choisi pour le mois de janvier ce Trois frères, sorti en 2015, parce que depuis le temps que tu reçois des livres des Editions Philippe Rey, tu sais leur qualité, qu'ils ne te décevront pas. Dans ce roman, très vite, tu rencontres ces fameux trois frères, mais surtout leur père, plein d'ambition littéraire, contraint par le mariage, et les trois naissances qui vont suivre de prendre un poste de veilleur de nuit. Un jour, la mère des trois garçons disparaît. Aucune explication ne sera donné aux enfants (ni au lecteur d'ailleurs). Les petits se retrouvent ainsi contraints de s'élever seuls. Ils ont des caractères très différents. Harry est frondeur, Daniel plus posé et studieux, Sam est trop rêveur... Et ce qui te surprend le plus dans ce récit, au fil de ta lecture, ce que tu rediendras, bien plus que l'évolution vers l'âge adulte de ces trois enfants, c'est la part de mystère et d'onirisme qui y plane... assez étonnante, dans un récit par ailleurs plutôt classique. Il se passe de drôles de choses dans les brumes de ce Londres d'après-guerre, des complots, des ambitions, des désirs cachés... et comme promis ce roman te promène jusqu'à sa fin avec facilité, classe et cynisme. Tu devines assez vite que l'équilibre des vies que tu croises dans ce livre est fragile, que quelque part, un narrateur omniscient (Dieu ? Les nonnes de Notre-Dame-des-lamentations ?) soupèse les âmes et valide ou non leur existence... Et tandis que tu rédiges ce billet, relis la dernière phrase du roman, tu te rends compte que s'explique là tout son fil rouge... Mais oui, bien sûr !! Bien joué Mr Ackroyd.

Editions Philippe Rey - Janvier 2015

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16 novembre 2016

Annie Sullivan & Helen Keller, Joseph Lambert ~ La BD du mercredi

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 "Elle m'interroge sur le ciel, le jour et la nuit, l'océan et les montagnes"

Helen Keller devient aveugle et sourde à l'âge de dix-neuf mois, sans doute des suites d'une méningite. Etant sourde, elle ne communique pas non plus par la parole. Nous sommes en 1880, dans l'Alabama. Ses parents sont largement dépassés et font appel à Annie Sullivan, qui est engagée comme gouvernante. Elle vient de terminer ses études à l'Institut pour aveugles. Mal voyante, opérée depuis peu, elle a appris la langue des signes et va tenter de l'apprendre à l'enfant. L'éveil d'Helen Keller est extraordinaire et la petite fille va même faire très vite ses premiers pas dans l'écriture...

J'avais lu dans ma jeunesse l'histoire d'Helen Keller, romancée, un livre qui m'avait fortement impressionnée à l'époque. Les premiers contacts entre Annie et Helen sont en effet assez rudes. L'album dont je parle aujourd'hui a éveillé mes souvenirs de lecture, mais a apporté aussi avec lui un élément très émouvant, la retranscription en image, très réussie, de l'apprentissage de la langue des signes et son effet progressif sur l'imaginaire de l'enfant. L'histoire est très centrée sur le parcours d'Annie Sullivan, les institutions plus ou moins salubres dans lesquelles elle a été recueillie et s'est formée. Mais j'ai surtout été absolument fascinée par le talent narratif de Jonathan Lambert. En effet, l'enchaînement de certaines cases sont d'un impact émotionnel fort. Je ne serais pas allée naturellement vers cette BD, la couverture et les dessins n'étant pas spécialement jolis mais je ne regrette pas d'avoir cédé à la curiosité du thème car c'est indubitablement une lecture coup de coeur !

Édition Ça et Là - 22€ - Octobre 2013 - Merci ma bibli !!

La lecture de Jérome - Quelques détails supplémentaires chez Caro

Les autres liens BD du jour sont chez Noukette ! 

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7 juillet 2016

Concours et pause

Mon blog se met pour quelques jours en vacances, le temps de profiter du soleil revenu et de la famille, mais il y a toujours des cadeaux à gagner ici [clic]. Ci-dessous, vous pouvez découvrir quelques éléments du contenu des boîtes en jeu. Pour l'instant, la boîte littéraire est très demandée... mais la boîte brico/zen n'est pas mal non plus. Bonnes lectures et à bientôt !! ;)

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Petite info de dernière minute (le 08/07/2016)... Je viens de recevoir les surprises promises par le livre de poche pour vous gâter. Grand merci à eux c'est magnifique !! Je vous en parle plus longuement après le week-end du 14 juillet. Elle est bien cette boîte littéraire... ;)

LIVREDEPOCHE

28 mai 2016

Albédo, Sébastien Fritsch

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 Une fois n'est pas coutume, je vous parle de la sortie d'un livre avant sa sortie. Il faut dire que Sébastien Fritsch est devenu depuis notre rencontre à Bordeaux en 2008 (fichtre ça date !) un ami sur la blogosphère, un ami écrivain, qui a créé sa propre maison d'édition pour publier et distribuer ses livres... Je suis très admirative de sa démarche, de sa pugnacité et de son talent pour raconter des histoires. 

Dans Albédo, son nouvel opus qui sort le 11 juin, il excelle encore à distiller une ambiance tendue et pleine de suspens. Ici, il est question surtout d'amitié. Mock a disparu, après avoir laissé Nil tout seul à Ti-Gwern dans cette grande maison qui a abritée autrefois leur jeunesse, et des fêtes inoubliables. Lorsqu'ils étaient encore des jeunes gens insouciants, Nil était alors amoureux de Maud, la soeur de Mock. Mais la présence du groupe à Ti-Gwern était tout juste tolérée par le propriétaire des lieux, Richard, qui un matin les a tous chassés. Depuis, Nil a épousé Belem, a eu des enfants, a divorcé, et chacun a fait sa vie de son côté. Ils étaient venus tous les deux, Mock et lui, après des années sans se voir, épandre les cendres de Richard sur la plage. Nil rentre chez lui, désappointé et un peu agacé par le départ inexplicable de son ami pendant la nuit. Mais quand Maud vient chercher Nil pour retrouver son frère, inquiète d'une absence qui se prolonge étrangement, Nil laisse tout tomber pour rechercher Mock à ses côtés.

Albédo se révèle au fil des pages un véritable page turner, qui n'oublie pas de semer ici et là de belles plages de tendresse. Merci Sébastien !

Editions Fin mars début avril - 18€ - 11 juin 2016 (précommande possible)

Toutes les infos sur le blog de l'auteur ici [clic] Mes autres lectures de Sébastien Fritsch sur ce blog !

17 mars 2016

Méditer pour avoir confiance

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12 méditations guidées pour surmonter peur, angoisse et découragement... par Fabrice Midal

Alors que le dernier Flow sort tout juste des presses et se retouve comme par magie sur ma table de salon le jour de sa sortie, me vient à l'idée de vous parler enfin de l'ouvrage qu'Audiolib a eu la gentillesse de me faire parvenir, en lieu et place d'un roman (romans que je n'arrive toujours pas à écouter en version audio). 

J'avais déjà testé chez Audiolib des séances de sophrologie [Explorer vos cinq sens pour vous relaxer intensément]  qui m'aident toujours régulièrement à dissiper crispations et maux de dos. Et j'avais déjà l'impression avec ce CD d'être dans l'extrêmité du lâcher prise. Je ne connaissais pas encore la méditation. 
Et puis dernièrement, j'ai eu besoin de m'apaiser, de faire taire mes émotions, ou du moins de les amadouer un peu, de dissiper toute tension, j'ai donc décidé d'écouter enfin la voix de Fabrice Midal, un casque sur les oreilles. A la première écoute, il m'a fallu une bonne demi-heure pour que le procédé fasse effet, et puis j'ai multiplié les écoutes (surtout depuis quelques jours), j'ai même fait des infidélités à Fabrice Midal avec les quelques séances que Christophe André propose sur Youtube (celles que je préfère durent à peine 1/4 d'heure). Et j'ai eu le sentiment que cela me procurait quelque chose, de l'ordre du bien-être, de la sérénité, du souffle et de l'éveil au présent retrouvé... et que la méditation, que je ne pensais pas pour moi, au final fonctionnait réellement. 

Je vous conseille donc tout cela vivement, la revue Flow, la sophrologie, la méditation... être dans le moment présent, être bienveillant avec vous-même, profiter de ce qui est beau, doux, lumineux, gentiment pétillant et réconfortant.

Méditer pour avoir confiance - Editions Audiolib - 21.90€ // Flow - n° 8 - Mars Avril 2016 - 6.95€

2 mai 2016

Le reste de leur vie, Jean-Paul Didierlaurent

lerestedeleurvie

"Mettez-nous encore quatre Dragibus, six Schtroumpfs, deux Cocobat, un Acidofilo cola et... deux Oeufs au plat. Non, attendez, non, mettez un seul Oeuf et ajoutez plutôt un Dentier Dracula."

Manelle est aide à domicile. Elle reste à peine une heure chaque jour chez les personnes âgées chez qui elle travaille, et entretient avec eux des relations plus ou moins amicales. Avec Samuel, c'est différent, lui elle l'embrasse, malgré les interdictions du règlement, et reste une fois par mois déjeuner avec lui. Au dessert, il y a toujours une forêt noire, elle ne sait pas vraiment pourquoi, c'est comme ça. Elle ne connaît pas encore Ambroise, thanatopracteur de son état, qui vit chez sa grand-mère et a du mal, à cause de son métier, à trouver l'amour. Il est également fâché avec son père, le grand ponte, spécialiste du cancer, prix Nobel, mais ça c'est une autre histoire. En attendant, un voyage vers la suisse va rassembler tout ce petit monde, un voyage à l'objectif pas très gai, mais aux conséquences assez inattendues...

Jean-Paul Didierlaurent nous conte là une bien jolie histoire. Et j'ai aimé retrouver dans ce nouveau roman les rares petites piques de fantaisie et d'ironie qui m'avaient séduites dans Le liseur de 6h27. Pour autant, je dois être honnête, malgré les qualités évidentes de ce roman, la déception est un peu au rendez-vous. Il m'a semblé en effet que ce récit là était un peu convenu, moins ambitieux que le précédent, moins original dans les détails, trop plein de bons sentiments. L'auteur a cependant un certain talent pour croquer la vie de son aide à domicile, et les détails justement y sont assez justes et précis. Il en est de même pour le métier qu'exerce avec passion Ambroise, très documenté. Je ne sais pas, je crois que j'ai du mal, sans doute parfois, avec les trop jolies histoires. J'aurais aimé que ce livre soit un peu plus corrosif, ... oui voilà qui m'aurait plu davantage.

Editions Au Diable Vauvert - 17.50€ - Mai 2016

J'ai beaucoup pensé en lisant ce livre au film de Stéphane Brizé sorti en 2012 Quelques heures de printemps... vu en octobre dernier, peut-être donc alors une histoire de comparaison...  

11 avril 2016

Très vite ou jamais, Rita Falk

tresviteoujamais

 "Dis donc Nils, ce serait cool que tu te remues un peu les fesses !"

Jan et Nils ont 21 ans, la jeunesse pour eux, l'amitié. Et puis, un jour, alors qu'ils sortent en moto, Nils rate un virage. Après la chute vient le coma profond. Jan décide alors d'écrire des lettres à son ami, et de les lui lire lors de ses longues visites à l'hôpital. Il croit au retour de Nils parmi eux, très vite. Par ailleurs, Jan travaille au "Nid de coucous", une clinique psychiatrique où il effectue son service civil, l'occasion de belles rencontres, inattendues. Mais le retour de Nils à la vie se fait attendre, et malgré quelques progrès, ses amis, ses parents, son amoureuse, commencent à vivre ailleurs leur vie. Seul Jan veut y croire encore, ne lâcher aucun espoir !

Ce roman est le premier roman ado de la collection M de chez Magnard. Pour moi, Magnard est un éditeur de livres scolaires, j'ai donc trouvé cela plutôt sympathique qu'ils se lancent dans la littérature pour adolescents et j'ai découvert à l'occasion tout un catalogue de livres jeunesse, qui va sans doute s'étoffer [clic ici]. Ce roman, traduit de l'allemand par Florence Quillet, est apparemment un best seller en Allemagne. J'ai retrouvé dans ce livre la lenteur et l'attention aux détails que j'aime retrouver dans la littérature allemande en général, ce quelque chose d'assez indéfinissable mais de particulier, et de reconnaissable, qui mêle étrangement froideur et passion. Le quotidien a beaucoup d'importance dans Très vite ou jamais, un quotidien ponctué de visites à l'hôpital, de jours de garde au "Nid de coucous", une vie pleine de responsabilités pour un jeune homme comme Jan. Heureusement, il est entouré d'une galerie de personnages qui vont l'aider à aller de l'avant et à grandir. J'ai beaucoup aimé ce petit roman épistolaire, à ranger dans la catégorie Young adults. Ma fille de 14 ans peut sans soucis le lire, d'ailleurs je le dépose juste après mon billet sur l'étagère Ado que j'ai commencé à remplir pour elle, pour quand elle aura envie, le temps, etc....

Editions Magnard - 13.90€ - Avril 2016

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Les lectures d'Antigone ...
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  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
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