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Les lectures d'Antigone ...
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Ardoise magique

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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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3 août 2016

Moro-sphinx, Julie Estève

MORO SPHINX

 "Ne pas s'attacher aux choses qui finissent, ne pas se faire berner par les sentiments qui naissent puisqu'ils s'en vont droit sur la mort. La mort qui au bout attend, impatiente de rendre froids les coeurs, les espoirs, les sangs. Il faudrait qu'elle soit godiche, nigaude ou n'avoir rien vécu, être vierge et blanche et n'avoir pas souffert pour plonger la tête là-dedans. Elle sait, l'amour joue à la roulette russe, un flingue, une cartouche et bang !"

Lola est une jeune femme tourmentée. Trentenaire, célibataire, elle est pleine du souvenir de l'homme qu'elle a jadis aimé, pleine de sa mère morte alors qu'elle était si jeune, pleine de son père l'ivrogne que pourtant elle ne voit presque plus. Parfois, elle ressent le besoin de coucher avec des hommes, de s'avilir, pour se remplir encore plus, et s'apaiser. Elle se maquille alors comme une prostituée, pour jouer un rôle, et livre son corps à qui veut, un homme laid de préférence. Et puis, comme un geste de défi, de collectionneuse, de serial killeuse, elle leur coupe un bout d'ongle en souvenir et s'enfuit. Mais un jour l'amour semble frapper à sa porte, en la personne de Dove, un homme beau, bien habillé, un peu bobo, aisé. Comment alors résister aux sentiments ?

Ce qui surprend d'emblée dans ce roman est l'atmosphère particulièrement tendue et violente qui y règne, rude. Lola ne s'épargne pas et Julie Estève n'épargne pas non plus son lecteur, ce que son portrait en couverture, plutôt sage, n'annonçait pas vraiment. Suivre une Pretty-Woman trash dans ses déambulations parisiennes est en effet à la fois émouvant et éprouvant. Et l'écriture est là, forte, qui élève au-dessus du malaise, cherche à comprendre, et donne à la quête de Lola presque des airs de noblesse. Cette lecture ne peut pas laisser indifférent, elle attire, bouscule, retient et laisse sur le carreau. A découvrir, assurément ! Ouch !

Editions Stock - 18€ - Avril 2016

Un titre lu dans le cadre du challenge Premiers romans...

68premieresfois

Viscéral pour Virginie - Une écriture, une atmosphère, une découverte... pour Nicole - Un livre qui prend aux tripes pour Joelle - Un roman cru ou la souffrance est palpable pour Anita - Un premier roman décoiffant pour Eimelle - Hors des sentiers battus pour Nathalie - Une autre Nathalie termine ce livre essouflée - "Je me suis sentie "happée" par ce livre, par cette quête désespérée d'un apaisement toujours illusoire" chez Albertine - Laure est restée indifférente - La lecture chahutée de Domi - "Putain de roman !" pour Sabine (M'enfin Sabine !) - Une lecture en demi-teinte pour Véro

 

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3 septembre 2016

L'indolente, Françoise Cloarec ~ Rentrée littéraire 2016

lindolente

 "Les autres, ce n'est pas important, ce qui compte, c'est son corps, c'est son mari, ses chiens."

En 1893, Pierre et Marie se rencontrent. Coup de foudre. Marie est fleuriste. Pierre est peintre. Fasciné par le corps de la jeune femme, il ne cessera alors plus de la peindre, dans toutes les activités quotidiennes, à table, au jardin, dans son bain, souvent nue. Le corps de Marie explose sur les toiles, de lumière et de couleurs. Mais Marie se fait appeler depuis leur rencontre Marthe, elle cache à son compagnon son passé, sa famille, tout ce qui n'est pas eux. Peu importe, Pierre ne cherche pas à percer les secrets de son épouse, ils sont un couple non conformiste, parfois peu sociables, instables et préoccupés surtout par la santé fragile de Marthe. Ils se marieront tardivement. L'indolente conte l'histoire de cet amour, étalé sur les peintures de Pierre Bonnard pour la postérité...

J'ai voulu lire ce livre encore marquée par mon souvenir de cette merveilleuses lecture que fut Séraphine. Mais je dois dire, que malgré tout son intérêt, et tout ce que j'ai appris avec joie sur Pierre Bonnard, je n'ai pas trouvé dans ce roman/essai la poésie que j'espérais y trouver. Françoise Cloarec utilise avec excès un procédé de tension narrative qui m'a beaucoup dérangée, fait de répétitions, voulant nous guider vers l'évènement marquant pour elle, ce procès qui a divisé les héritiers du couple, et ses conclusions qui ont révolutionné le monde de l'art. Et puis, il y a ce mystère Marthe/Marie Bonnard, sporadiquement révélé... Pour autant, et malgré mes bémols, j'ai aimé la sensualité qui se dégage des tableaux de Pierre Bonnard dans ce texte, regarder ce couple vivre de manière si avant-gardiste et libérée, et en apprendre énormément sur le contexte artistique de l'époque. Une lecture en demi teinte donc, mais pour autant prégnante.

Editions Stock - 20€ - 31 août 2016

bonnard

Badge Lecteur professionnel Lu sur ma liseuse grâce à NetGalley

7 septembre 2016

Une bouche sans personne, Gilles Marchand ~ Rentrée littéraire 2016

unebouchesanspersonne

"Il fait beau ce matin. J'aurais presque envie d'aller à la boulangerie pour que l'on me confirme l'information." 

Ils sont quelques habitués de ce café à se retrouver tous les soirs depuis des années pour bavarder, de tout et de rien, des Beatles. L'un des leurs a toujours une écharpe, été comme hiver. Tout doucement, ses compagnons lui posent des questions, veulent savoir qui il est réellement en dehors de ce café, ce qu'il cache. L'homme à l'écharpe est comptable, un solitaire qui préfère dissimuler sa cicatrice, et ses souvenirs douloureux derrière une vie simple et mutique. Mais peu à peu il décide de commencer à se raconter, là devant ces gens bienveillants, devant la belle Lisa. Et peu à peu aussi, alors qu'il évoque son grand-père, des tas d'histoires rocambolesques, son enfance, le cercle des spectateurs s'aggrandit. Tous les soirs, l'homme à l'écharpe se dévoile... 

Quel drôle de petit roman que cette bouche sans personne ! Voici en effet un récit qui commence l'air de rien et qui nous emmène petit à petit vers l'extravagance et la vie dans ce qu'elle a de plus sensible et d'intéressante. J'ai beaucoup aimé que Gilles Marchand y manie aussi bien l'absurde que la poésie ou l'émotion, car cela donne à son roman la dimension d'un ovni et d'un petit bijou littéraire assez délicat. J'ai pensé à En attendant Bojanglesà Boris Vian. En effet, petit à petit, au fil du texte, plus le narrateur s'ouvre vers l'extérieur, vers les autres, moins il peut accéder à son appartement, moins son travail devient rassurant et confortable. L'accumulation entoure le personnage principal. Mais loin d'être un frein à son bonheur, il apparaît très vite qu'au contraire cela peut sauver une vie, des vies, la sienne. Une lecture qui laisse une empreinte, donne à réfléchir et vous tire à la toute fin un sourire mêlé de larmes. Une bonne surprise de cette rentrée !

Editions Aux Forges de Vulcain - 17€ - 25 août 2016

Un diamant brut empreint de douce folie pour Noukette - Ce titre a été retenu pour la sélection de rentrée du challenge des premiers romans...

68premieresfois

18 juillet 2016

Une famille normale, Garance Meillon

unefamillenormale

 "Dans la voiture, je fis taire Chopin, qui lui non plus ne comprenait plus rien."

La famille de Cassiopée est (d'apparence) une famille banale. Damien et elle forment en effet un couple uni, ont chacun un métier, des passions, un entourage amical. Ensemble, ils ont eu deux enfants, une fille et un garçon, maintenant adolescents, et ils habitent tous les quatre un bel appartement dont la jeune femme est assez fière. La routine a bien un peu pris le dessus sur le sentimentalisme des débuts, ce qui arrive à de nombreux mariages. Mais l'emploi du temps est devenu une donnée maîtrisée, peut-être même un peu trop. D'ailleurs, Cassiopée organise tout dans cette maison, les activités des enfants, le régime sans sel de la famille, et ferme les yeux sur les loisirs extravagants de son mari, notamment sur cette casquette affreuse qu'il tient à porter tous les dimanches. Les rares moments d'abandon sont par ailleurs soigneusement réglementés, l'amour c'est le mardi, et les comics n'ont leur place que dans les toilettes. Et puis un jour, la mère de Cassiopée décède, et tout ce bel édifice édifié avec soin pour ne laisser entrer aucun sentiment, ni aucun imprévu, craquelle. Les larmes peinent pourtant à venir. Les deux femmes étaient si différentes. Cet évènement, et des lettres que Cassiopée découvre, vont pourtant faire voler en éclats les faux-semblants de cette famille normale. Il faut croire qu'elle n'attendait que cela...

J'ai beaucoup aimé ce livre, les secrets révélés, la découverte par Cassiopée des lettres de sa mère, la vague qui prend racine là, dans ce moment de lecture et fait bouger les lignes. Le couple que la jeune femme forme avec Damien est étonnant et assez exceptionnel. L'amour insubmersible de cet homme qui attend, est à l'écoute, et sait profiter de ce que sa femme est à même de donner, est très touchant. Le lecteur entre aussi dans l'intimité des deux adolescents, Lucie et Benjamin, et les regarde aimer, faire des erreurs, se blesser puis se relever. Ce livre est passionnant à lire, d'une simplicité remplie d'émotion, très beau, surprenant, et bien écrit. Un bien intéressant moment de lecture.

Edtitions Fayard - 17€ - Janvier 2016

Un livre lu dans le cadre du challenge Premier roman...

68premieresfois Une lecture forte, à la fois glaçante et tendre, bouleversante pour Martine - Un roman ironique vraiment intéressant à découvrir pour Pativore - Emouvant pour Virginie - Emotions et sentiments pour Nathalie - L'instinct de survie des personnages a plu à Tlivres - Emouvant pour Joelle - Anita a été moins enthousiasmée par la fin que par le début - Une belle leçon de vie pour Plume Nacrée - Une performance honorable pour Anita - Lydie a adoré - De l'ennui dans les jardins d'Hélène - Une lecture intéressante et une écriture prometteuse pour domiclire, malgré quelques bémols - "L’écriture de Garance Meillon est singulière,  sobre, drôle, un poil grinçante…Tout ce que j’aime", chez Framboise - Saxaoul n'a pas été convaincue par le dénouement...

19 juin 2016

(Presque) jeune (presque) jolie (de nouveau) célibataire, Stéphanie Pélerin

presquejeunepresquejolie "Un classique du genre, ma chérie. Un épisode comme on en trouve dans toutes les romances..."

Ivana se fait larguer du jour au lendemain par Baptiste, après huit ans d'une histoire d'amour que l'on pourrait qualifier de sérieuse. Elle se retrouve donc abruptement, la trentaine passée, et quelques kilos de trop, sur le marché des célibataires. De plus, elle doit se séparer de leur appartement, et la fin de l'année approche. Ivana est professeur de français. Elle tente donc de ne pas se laisser abattre et prend sa vie en main. Elle s'inscrit dans une salle de sport, à des séances de Weight Watchers, et sur le site "Be my boy". Des rencontres ont lieu, plus ou moins intéressantes. Malgré ses désirs de sensualité, Ivana se lasse vite des hommes narcissiques, décevants ou de ces rendez-vous d'un soir qui n'apportent rien de plus. Heureusement, il y a les copines, les fous rires et les confidences qu'elles échangent autour d'un verre, et peut-être cet inconnu contre lequel elle a buté en sortant des toilettes tout à l'heure...

C'est une émotion particulière de lire le premier roman d'une blogueuse avec laquelle on partage depuis longtemps les pages de la blogosphère littéraire et puis également l'atelier d'écriture du lundi de Leiloona. On se dit qu'elle a eu le cran et l'audace dont on manque un peu, et puis on reste bluffée de cette facilité apparente dans l'écriture du texte. Je ne lis pas forcément beaucoup de chick litt, comme on l'appelle communément, je ne suis pas forcément la lectrice cible... mais j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman, qui me semble très adapté pour une lecture de plage, ou de transat avec boisson associée, d'été... Personnellement, j'ai aimé que le récit de Stéphanie reste très ancré dans le réel, c'est un livre qui lui ressemble. J'y ai retrouvé ses frasques, et sa personnalité généreuse et battante, sensible aussi, son univers. J'ai beaucoup souri, ai presque eu envie de devenir professeur de français, de relire Zola et d'aller acheter mon pain le matin sans me laver les dents, signe d'empathie réelle avec le personnage d'Ivana. Je souhaite un merveilleux succès à ce roman !

Editions Mazarine - 15 € - 15 juin 2016

Jérome a aimé qu'y soit dressé le portrait d'un homme réaliste Gros coup de coeur pour Fanny - A égaillé Laurie !!

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30 avril 2016

Les Vrais durs, TC Boyle

lesvraisdurs

"Il était donc chez elle, sans se rappeler comment il y était arrivé, la succession d'évènements, la voiture qu'on gare, les portières qu'on ouvre et qu'on referme, les bottes remisées sur la véranda, la clé dans la serrure : tout oublié."

Sten et Carolee sont en croisière. Lors d'une excursion sur la terre ferme, leur groupe est pris à parti par des truands qui cherchent à voler leurs bijoux et leurs papiers. Sten, ancien Marine, sauve la situation en attrapant un des protagonistes du gang fermement et l'étrangle malgré lui. Après quelques heures désagréables, il est finalement considéré comme un héros et rentre en Californie poursuivre sa retraite paisible et aisée. Seulement, il y a Adam, le fils de Sten, embarqué un beau jour par Sara dans sa voiture, un peu désaxé, souffrant d'une psychose paranoïaque et Sara elle même, adepte du libre arbitre, et contre ce gouvernement avec lequel elle n'a, selon elle, pas passé de contrat. Cette rencontre est le début d'un drôle de voyage à bord d'une folie qui ne laissera personne tranquille...

Je suis très partagée sur ma lecture de ce roman assez particulier. Il est en effet assez rare que je sois à ce point moralement dérangée par des personnages. Mais il faut reconnaître à TC Boyle ce talent là, de rendre le désagréable et le dérangeant hautement captivants. J'ai donc été tenue par l'intrigue, attachée malgré moi à Sara, voulant savoir à quel point tout pouvait basculer, ou rester sur le fil, les individus s'empêtrer eux-mêmes dans des impasses et la violence. Le regard de l'auteur sur ses contemporains, sur la nature (très présente), sur des notions comme le bien et le mal, sont très cyniques et justes. On ressort de ce livre assez bouleversée et déstabilisée. Je ne suis pas certaine d'avoir cependant su voir au-delà de la réalité crue pour apprécier cette lecture à sa juste valeur, le sentiment désagréable restant gravé en moi pour ce roman-là qui est pour autant, et sans conteste, véritablement brillant.

Editions Grasset - 22€ - Mars 2016

Badge Lecteur professionnelClara : "C’est incisif, percutant, creusé et ça secoue !" Un humour décapant pour Anne !

 

25 avril 2016

California Dreamin', Pénélope Bagieu

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"Je suis intriguée. Il y a un truc très déstabilisant chez cette gosse. Elle a cette espèce d'immense corps encombrant dont elle ne sait pas quoi faire. Et puis il n'y a plus de corps. Il y a juste cette présence. Et puis cette voix.  Cette voix !"

Dès son plus jeune âge, Ellen veut devenir une star. Elle a une voix incroyable, vite repérée par son professeur de chant. Mais son physique l'empêche d'être courtisée par les maisons de disque. Pour autant, la jeune femme est ambitieuse, tenace, a un caractère fantasque et attachant malgré sa boulimie et ses amours à sens unique. A 19 ans, elle devient Cass Elliot, rencontre Denny, le chanteur des Journeymen, et à force de persuasion, et de talent, va se faire une place dans le groupe The Mamas and the Papas qui lui doit beaucoup, notamment cette idée de doubler les voix sur California Dreamin'...

Gros coup de coeur pour cet album ! Décidément, en ce moment, je fais de belles pioches en matière de BD. J'avais du voir un avis mitigé sur celle-ci quelque part pour ne pas m'être précipitée pour la lire encore. Erreur heureusement enfin réparée. En effet, Pénélope Bagieu y délaisse avec bonheur le style girly qui a fait autrefois son charme et sa réputation (Joséphine, Ma vie est tout à fait fascinante,...) pour un style plus proche du roman graphique dans lequel elle exprime un talent indéniable. L'ensemble peut sembler brouillon au premier regard, le trait épais, les bulles presque un peu sales, mais tout sert le récit, et tout n'est que le fait d'une fausse désinvolture. California Dreamin' fouille avec une grande classe la vie de Cass Elliot, explique les tenants et aboutissants de la composition du groupe, les rivalités internes... donne la parole à tout le monde et à chacun, bref j'ai adoré, et voilà qui m'a donné très envie d'écouter de nouveau cette chanson ! 

Editions Gallimard - 24€ - Septembre 2015 - Merci ma bibli !!

Un vrai coup de coeur pour Sabine du Petit carré jaune ! - Un agréable moment avec cette BD pour Saxaoul - Un coup de coeur pour Enna (avec plein d'images) ! - Comme moi, Noukette est plus que ravie de ce changement de style - Beaucoup apprécié par Canel également - Je crois que c'est le billet de Sandrine qui m'a donné envie de l'essayer !  

6 septembre 2015

Tandis que le temps file...

brigittegiraud

Mon dernier billet sur ce blog remonte au 1er septembre. Entre temps, j'ai pourtant lu, notamment La maladroite, un récit sur lequel je m'interroge beaucoup, et essaye de trouver les mots pour exprimer au mieux dans un prochain billet le malaise que j'ai ressenti. Peut-on aimer un livre qui nous met en colère ? Peut-on aimer ce livre malgré son sujet, et le traitement de son sujet ? Et là je suis dans Nous serons des héros, tellement d'actualité... Bref, je lis et m'interroge, laisse décanter l'actualité, le quotidien, un quotidien extrêmement présent (rentrée oblige) qui laisse peu de place à la rêverie, et puis je tricote, parce que le mouvement des aiguilles est relaxant. Hâte d'être moins occupée en somme, et de vous retrouver. Bon dimanche !

25 juin 2017

La Gacilly ~ festival de photographies ~ édition 2017

Tous les étés, le village de La Gacilly, en Bretagne, transforme ses jardins, venelles et murs d'habitations en galeries photographiques... L'édition 2017 met en lumière la photographie africaine subsaharienne et la relation entre l’Homme et l’animal. 
Et tu y étais hier, en famille, pour un rendez-vous qui allie chaque année, beauté du lieu et prise de conscience. En effet, la plupart des photographies sont belles, mais pas seulement, elles cherchent surtout à éveiller... Et tu restes à chaque fois scotchée par la puissance des images, et le courage et la volonté des photographes qui dénoncent, veulent montrer, cherchent à comprendre... Une promenade à faire.

festivallagacilly

Evènement gratuit – ouverture du Festival du lundi au dimanche 24h/24 · 14ÈME ÉDITION · 
DU 3 JUIN AU 30 SEPTEMBRE 2017

http://www.festivalphoto-lagacilly.com/

1 août 2017

Roland est mort, Nicolas Robin

rolandestmort

Et oui, Roland est mort... et qui peut imaginer que ce soit si absurdement drôle. En effet, Roland est le voisin de notre narrateur, qui se voit attribué, après son décès, son caniche Mireille et l'urne funéraire de cet homme, isolé et sans famille. Le jeune homme était pourtant bien tranquille avant, à subir sans broncher les vocalises de Mireille Mathieu, en provenance de l'appartement voisin, à regarder toute la journée des films pornographiques affalé sur son canapé, à comater dans cette vie de chômeur désabusé, qui est son quotidien depuis que celle qu'il aimait est partie. Bref, Roland est mort, et ce n'est pas si facile de se débarrasser des restes de sa vie, de son chien, de ses cendres... Mais le voisin de Roland a-t-il vraiment envie de s'en débarrasser ? Surtout quand la délicieuse Chantal vient toquer à la porte du disparu pour une de ses séances de massage mensuelle, surtout quand il apparaît peu à peu qu'il a été choisi par le défunt, en toute connaissance de cause, pour recevoir ce qu'il reste de lui... Difficile de décrire le charme de l'écriture de Nicolas Robin dans ce livre, qui allie avec talent humour caustique, tendresse et finesse. Car en effet, malgré la somme de situations rocambolesques contées, malgré les portraits désopilants imaginés par l'auteur, il est surtout question de solitude dans ce roman. Tu l'as lu, ou plutôt dévoré, en une journée. Et tu as aimé la dose d'espoir qu'il distille aussi, sur la possibilité des imprévus, sur les rencontres fortuites, et sur tout ce qui permet de changer sa vie à tout moment... Une très chouette lecture de poche !!

Le livre de poche - mai 2017

Séverine du blog Blablablamia l'a lu aussi

11 juin 2017

Plage Sainte-Anne, Joëlle Sancéau

plagestanne

Tes envies d'été et de légèreté commencent à véritablement poindre leur nez... et quoi de mieux alors que de se plonger dans un roman qui t'emmène directement à la mer ? Les petites cabines sur la couverture de ce livre sont une invitation manifeste à fouler le sable de la Plage Sainte-Anne. Et justement, Simon vend des chichis sur cette plage. Le jeune homme est bien loin de ses études d'ingénieur et de son milieu aristocratique. Mais cela lui convient, bien au contraire. Il ne voudrait certainement pas être ailleurs pour l'instant. Affublé d'un T-Shirt à message, méconnaissable, c'est un plaisir pour le jeune étudiant d'observer les habitués, et les us et coutumes de chacun. Il a notamment repéré très vite la famille Le Doyen, et la jeune Louise, plongée dans ses livres, qu'il finit par aborder. Accepter d'être courtisée n'est pas évident pour Louise, qui a vécu il y a peu un accident et vit mal ses séquelles. Elle a du mal à marcher, et une de ses jambes porte des cicatrices qu'elle juge affreuses. Pourtant, les deux jeunes gens s'apprécient très vite, dialoguent avec vivacité... et devront apprendre à lâcher prise pour donner une chance à leur idylle. Autour d'eux gravitent des adultes plus âgés, affublés de leurs enfants et petits enfants, qui eux aussi profiteront de l'été pour affirmer leurs intentions et leurs choix. Et toi tu as passé un délicieux moment en compagnie de tous ces gens qui t'ont semblé vivants, comme si tu venais tout juste de les croiser au marché... Tu as eu plaisir à les retrouver plusieurs soirs de suite. Un bien joli rendez-vous. Et un roman à la fois léger et profond, émouvant, bruissant de bienveillance et d'été, qu'il ne faut pas hésiter à glisser dans son sac de plage... Tu recommandes chaudement.

plagestanne1

Editions du 38 - juin 2017

Saxaoul l'a lu aussi

Et bravo à Albertine/Joëlle qui fréquente régulièrement l'atelier d'écriture de Leiloona !

19 octobre 2016

Karma City Tome 1 - Pierre-Yves Gabrion

karmacity

 "Mouais... Finalement, le destin... le karma... où se trouve le libre arbitre dans tout ça ?! Hein ?"

Karma City est une ville futuriste où le concept de Karma règne sur tout. Emma List, une jeune scientifique dont le Karma toujours positif fait la fierté de ses parents, passe un beau jour les portes de contrôle de la capitale avec un karma légèrement négatif. Elle qui est célibataire raconte une vague histoire de dispute familiale au petit déjeuner pour amadouer ses interlocuteurs puis franchit les portes de la cité, en larmes. Quelques minutes plus tard, un AVC la terrasse au volant de son véhicule. Les agents Cooper, Napoli et Asuki mènent l'enquête. Mais d'autres personnes sont également victimes d'un AVC dans les heures qui suivent. L'enquête prend donc tout à coup une autre envergure. Emma était paléontologue et avait trouvé un mandala gravé, témoignage de sociétés pré-karmiques. Le supérieur des agents, la police locale, de nombreuses personnes semblent impliquées... Il est temps alors pour Cooper, Napoli et Asuki de continuer leurs recherches, mais cette fois-ci dans l'ombre...

Je ne serais pas allée naturellement vers cet album si il n'avait pas circulé dans mon groupe de bibliothèque. Je suis plutôt attirée habituellement par les romans graphiques. Cependant, je ne regrette absolument pas cette lecture, car j'ai été indubitablement prise par le suspens de cette enquête policière pleine d'humour. Et j'ai très hâte de lire à présent le tome 2. Il n'y a pourtant rien d'original dans cette histoire, on y retrouve une société utopique, une jeune chef qui débute, un vieux briscard bourru qui la forme au métier, de la corruption en haut lieu, des secrets, etc... mais tout cela fonctionne très très bien et est très distrayant. De plus, chaque page est assez parfaite (disposition des cases, choix des couleurs, dialogues). Bref, j'ai aimé la vivacité de l'ensemble et en redemande. 

Editions Dupuis - 20.50€ - 9 septembre 2016 - Merci ma bibli !!!

karma1              karma2
Je participe cette année à La BD du mercredi !! Tous les autres liens sont cette semaine chez Stephie [clic ici]. 

13 septembre 2016

Le baiser dans la nuque, Hugo Boris

lebaiserdanslanuque "De ces gens qui ne savent pas faire autrement, ne connaissent pas d'autre chemin pour dire les choses. La gentillesse du pauvre, bonne à prendre, le sentiment compliqué, mieux que rien."

Fanny est sage femme. Louis est ce frère venu remplacer au pied levé le jour d'un accouchement ce père qu'une petite fille ne connaîtra jamais. Drôle d'endroit pour une rencontre. Mais Fanny est aussi une mère qui a perdu à chaque naissance un peu d'audition, et Louis donne des cours de piano. Alors la rencontre se poursuit. Fanny veut jouer, entendre ce qu'elle peut encore entendre, et puis poursuivre quelque chose d'indicible qui la mène au numéro 37 de cette impasse où vit le jeune homme. Elle vient tous les jeudis, apporte à chaque séance un bracelet de naissance récupéré. Ils ont leurs rituels, leurs habitudes, leur intimité, la musique ... 

Je voulais lire un autre titre d'Hugo Boris, après mon coup de coeur pour son Police. J'ai donc ouvert son premier roman, et le moins que je puisse vous dire est que l'écriture d'Hugo Boris irradie dès les premières pages de ce premier opus, très réussi, fortement sensuel et intense. J'aime cette écriture, brève, rythmée, originale et évocatrice, qui arrive directement là où elle le souhaitait, en faisant fi parfois des codes conventionnels de la narration. Mais peu importe, car le résultat est comme je l'aime souvent, à fleur de peau, au plus près de l'émotion. Et puis, outre de nous raconter une approche entre deux êtres que rien ne disposait à se croiser, l'auteur aborde également et crûment ce moment si spécial de l'accouchement, par de multiples récits de naissances très forts et réalistes, et j'ai aimé ça aussi, cet hymne à la vie, et cet hommage si juste au courage des mères. Un roman à découvrir et un auteur à continuer de lire, indubitablement... chic !!

Editions Pocket - 6.95€ - Juillet 2011 - Merci ma bibli !!

Police est dans la sélection #MRL16

8 septembre 2016

Je m'appelle Léon, Kit de Waal ~ Rentrée littéraire 2016

jemappelleleon

 "Au début, Léon croit qu'il se bat contre un dragon en rêve."

A 9 ans, Léon se sentait pourtant capable de s'occuper de son petit frère Jake, mais les services sociaux en ont décidé autrement. Ils retirent brutalement les deux enfants à leur mère Carole, qui bien souvent n'arrivait même plus à se lever le matin et laissait ses enfants livrés à eux mêmes. Chez Maureen, les deux frères se sentent bien. Léon sait expliquer de quoi bébé Jake a besoin. Bien sûr, sa mère lui manque mais ils sont ensemble, tous les deux, mangent à leur faim, sont en sécurité, s'éveillent et tous les espoirs sont encore permis. Un jour, peut-être, Carole pourra les reprendre avec elle. Lorsqu'on lui enlève finalement son petit frère afin de lui donner une chance de vivre dans une vraie famille, Léon comprend que la vie va être dorénavant bien différente. Jake lui manque énormément. Heureusement, grâce à son nouveau vélo, il découvre le règne des jardins partagés, Tufty et d'autres adultes attachants, et se sent capable de partir à la recherche de son petit frère tant aimé...

Ce roman se lit avec beaucoup d'émotion et d'empathie, à hauteur d'enfant. Et j'ai beaucoup aimé rencontrer à l'occasion de cette lecture un personnage tel que Léon, courageux, téméraire, frondeur et sensible, qui aime son frère avec un amour inconditionnel touchant et magnifique. Côtoyer ce petit garçon, et tous les personnages de cette histoire, donne la pêche, le sourire. Il y a beaucoup d'humour, d'amour et de dérision dans ce livre. Pourtant, lire de tels livres sur des enfances sacrifiées me fait toujours un brin chavirer le coeur, et puis je connais un peu le travail des travailleurs sociaux, ce coeur qui tressaute à l'annonce d'une visite qui peut venir chambouler une sérénité difficilement acquise. Heureusement, chez Kit de Waal, les rencontres sont jolies et le réalisme reste la plupart du temps tapi derrière la porte, pas très loin mais suffisamment quand même pour que l'on garde au final l'image d'un monde plus bienveillant qu'il n'y paraissait au tout départ. Une très belle histoire.

Editions Kero - 19.90€ - 24 août 2016

Badge Lecteur professionnelLu sur ma liseuse grâce à NetGalley

Ce titre est dans la Sélection #MRL16 - Voir la lecture de Plume de cajou [ici] - Pour le demander gratuitement en échange d'une chronique c'est par ici ( jusqu'au 12/09)

29 juillet 2016

Finir son tricot...

finirsontricot

Il y a un moment que je le traîne celui-ci !! Il s'agit du Juliet Tee de We Are Knitters [clic ici pour plus de détails]. Tandis que je lis toujours pour la rentrée littéraire, surtout sur ma liseuse. Je râle un peu contre certains formats fantaisistes mais je suis assez heureuse de ce que je lis, et j'ai même des coups de coeur... Hâte de revenir au papier tout de même !! Par ailleurs, je vais continuer à lire pour le challenge Premiers romans des 68, parce que l'aventure est belle. J'ai enfin mis à jour hier mes avis sur Babelio [Mon profil là]. Vous trouverez en suivant ce [lien] les 23 titres du challenge pour 2016, sur une liste particulière, en sachant qu'une autre sélection se rajoutera à la rentrée. Demain soir, mon jeu-concours-anniversaire se termine. Les résultas seront publiés dimanche sur le blog (sans doute en début d'après-midi). Vous avez été nombreux à participer, 41 pour la boîte livres et 11 pour la boîte brico/détente. Merci pour votre enthousiasme mais surtout pour tous ces mots doux mis en commentaires sous mon billet !! Ce jeu était un moyen de vous remercier pour votre présence quasi quotidienne ici... et j'ai été terriblement gâtée par vous au final. Je vous embrasse et vous souhaite un bon week-end !! (Chez moi il pleuviote)

9 avril 2016

Le Grand méchant Renard, Benjamin Renner

legrandmechantremard

"Mais j'ai du faire une fausse manipulation ! Ils me prennent pour leur mère !"

Longtemps que je n'avais autant ri avec une BD qui a eu à raison Le Prix Fauve jeunesse 2016 à Angoulème. Benjamin Renner a en effet dans ce Grand Méchant Renard le talent de surfer sur les codes bien connus de notre enfance, sur ces histoires de loups et de renards, de poules et de lapins, pour en faire une gentille farce alerte et guillerette. Parce que vous l'aurez compris en jetant un oeil rapide à la couverture que rien ne se passe comme prévu dans cette histoire... Le Renard a bien essayé pourtant, lassé de ne faire peur à personne dans la ferme d'à côté, de s'associer au terrible Loup, son ami, afin de pouvoir enfin croquer quelques poules. Quelle bonne idée de chiper des oeufs, de les couver, d'élever quelques semaines les poussins ! Oui, mais les trois petites poules prennent dès la naissance Renard pour leur mère, l'affection s'en mêle, et bref tout part un peu en cacahuète !

Un gros coup de coeur pour ce titre qui à la fois fait fondre de tendresse, et rire. Il est sans conteste à partager allègrement en famille, succès garanti.

Editions Shampooing - 16.95€ - Janvier 2015 - Merci ma bibli !!

Saxaoul a adoré - Un coup de coeur pour Enna - A mourir de rire pour Sophie - Noukette est tombée dingue de ce grand couillon de Renard - C'est LA bonne surprise de 2015 pour Leiloona - Un album génial pour Jerome, ni plus ni moins - Une BD anti-morosité à lire en famille pour Sylire - Stephie avait envie de rire toutes les trois vignettes - Grosse déception pour Sandrine (ah bon ?) - "C'est drôle, c'est intelligent ! Un régal ! Lisez-le !" chez Hélène... bref cet album a été beaucoup lu sur la blogosphère dans un enthousiasme quasi général !! (je n'ai pas trouvé ton billet Keisha ?!)

J'ai lu cet album dans le cadre du Prix Cezam BD 2016 (vous avez peut-être remarqué que je lisais également la sélection de romans grâce à ma bibliothèque). C'est ma troisième lecture. Dans la sélection, j'ai déjà lu Zaï Zaï Zaï de Fabacaro dont j'ai aimé l'absurdité absolue, un peu folle, mais cette lecture m'a finalement un peu laissée de marbre. J'ai lu également Petit de Gatignol et Hubert, une histoire d'ogres, aux dessins époustouflants, mais à l'univers trop gore et grotesque pour vraiment m'accrocher... suite aux prochains épisodes.

prixcezam

28 février 2016

Rien ne s'oppose à la nuit, Delphine De Vigan

riennesopposealanuit

 "Incapable de m'affranchir tout à fait du réel, je produis une fiction involontaire, je cherche l'angle qui me permettra de m'approcher encore, plus près, toujours plus près, je cherche un espace qui ne serait ni la vérité ni la fable, mais les deux à la fois.
Je perçois chaque jour qui passe combien il m'est difficile d'écrire ma mère, de la cerner par les mots, combien sa voix me manque."

Delphine De Vigan tente de retrouver sa mère, via des entretiens qu'elle provoque avec les soeurs et connaissances de Lucile, via les documents qu'elle récolte, via le récit qu'elle entreprend dans son livre. Sa mère était une jolie petite fille, dont l'image a été utilisée autrefois pour des photos publicitaires, un des membres d'une fratrie nombreuse, bruyante et joyeuse. Et puis, les drames se sont enchaînés dans la famille Poirier, avec la mort des frères, ne réduisant pas l'effervescence et le tapage, mais posant sur le tout, sur tous, une couche de tristesse indélébile.

Comment expliquer la vague de suicides dans cette famille ? Comment expliquer la perte de repères, la chute, la maladie mentale que l'on soigne à coups de médicaments ? Comment faire le portrait le plus juste d'une femme fragile qui fut sa mère ? Delphine De Vigan réussit brillamment à explorer la vie de Lucile tout en parlant de ses doutes, de ce que cette écriture remue en elle et dans sa famille. J'ai été bouleversée par ce récit. Je ne m'y attendais pas. Et j'ai aimé également voir le livre en train de s'écrire, les hésitations, les ajouts et les renoncements de l'écrivain, les choix littéraires qui lui permettront de rester fidèle à son projet. Beaucoup de thèmes sont abordés dans ce livre foisonnant et fort qui brosse également quelques époques, différentes par leurs moeurs et leurs exigences. Rien ne s'oppose à la nuit croit avec puissance au pouvoir de la résilience, mais il est avant tout un hommage vibrant, et une très belle déclaration d'amour, sincère, prudente et bienveillante. Un coup de coeur évident et extrêment émouvant.

Lu sur ma liseuse mais disponible en format poche aux Editions du Livre de Poche - 7.60€ - janvier 2013

Prix Renaudot des lycéens 2011 - Prix roman France Télévisions 2011 - Grand prix des lectrices de Elle 2012

Lu également Les Heures souterraines

Ce livre a été très présent sur la blogosphère mais c'est Saxaoul qui a été la dernière tentatrice en relisant ce titre en version audio. [clic ici]

11 octobre 2015

Parce que je ne fais pas que lire des romans

Récemment mis à jour1

[Suite des petits bonheurs minuscules, avec de la couleur et de la curiosité...] D'abord, être largement inspirée par la tendance ambiante en matière de déco, très années 50, et l'intérieur de Jesus Sauvage [clic ici], pour oser craquer la semaine dernière pour deux fauteuils Ikea très colorés et d'allure un peu vintage, qui remplacent un canapé usé d'avoir supporté une famille depuis 14 ans. L'arrivée de nouveaux éléments obligent à repenser l'espace, ce qui n'est jamais désagréable, bien au contraire. Trouver encore dans son jardin des fleurs (étonnant en ce début d'octobre) mais en profiter pour faire encore des bouquets magnifiques. Commencer à observer les oiseaux, des rouges-gorges qui font de nouveau une halte dans notre jardin... et lire au même moment dans cette revue Simple Things que c'est une bonne idée [clic ici]. Cette revue ne vaut pas Flow en qualité mais je voulais l'essayer... C'est Estelle Calim qui m'en avait donné l'idée [clic ici]. Et puis, après quelques péripéties (place perdue), avoir enfin cette place de cinéma gagnée sur Facebook pour le festival du film de La Roche sur Yon. La présence de Vincent Lindon est annoncée en fin de séance... Je vous raconterai. Bon dimanche !

[Oups j'allais oublier... il n'y aura pas de texte pour l'atelier d'écriture de Leiloona demain sur le blog, je fais une petite pause.]

3 octobre 2015

Catharsis, Luz

catharsis

 "Ca va ?
- Oui oui.
- Tu me le dirais si ça n'allait pas ?
- Oui oui.
- Promis ?
- ... Tu sais.
- Quoi ?
- Tu es belle."

Alors qu'il est si difficile pour Luz de dessiner de nouveau et régulièrement à la une de Charlie Hebdo, sans la présence de ceux qu'il aimait autour de lui, sans la légèreté, avec un intérêt perdu pour l'actualité, et alors qu'il cherche avant tout à reprendre la maîtrise de sa vie, du temps, Catharsis est là. Dans cette interview pour Libération qui évoque son départ probable du journal satirique [clic ici], il déclare... "Pour la première fois de ma vie, je n’avais pas peur d’une page blanche. J’étais chez moi, la nuit, je me disais : prends ce blanc, cette plume, tout est possible." Le résultat est là dans cet album à part, qui peut être pris comme le journal d'une résurrection, le moyen de s'en sortir, la bouée qui empêche de couler. Par le dessin, tout est possible effectivement. Tracer des traits empêche l'axphixie. Mais il y a aussi l'amour et la bienveillance de celle qui veille et empêche le rouge de gagner sur le blanc. Un très bel album, touchant et vrai, auquel j'appose un coup de coeur comme une évidence.

Editions Futuropolis - Mai 2015 - 14.50€ - Merci ma bibli !!!

Un album bouleversant et, malgré le granit, plein d’espoir... pour Theoma

catharsis2

19 août 2017

L'ancre des rêves, Gaëlle Nohant ~ objectif pal d'août

lancredesreves

Tandis que tu tricotais une écharpe aux couleurs de la maison Serpentard pour ta fille (Harry Potter)... tu t'es mise à rechercher dans ta vieille Pile A Lire, une idée de lecture pour ce mois d'août (tu es d'ailleurs bien heureuse de constater que ta PAL commence visiblement à diminuer un peu). Mais que choisir ? Et alors que l'on parle déjà beaucoup du dernier titre à paraître en cette rentrée de Gaëlle Nohant (Légende d'un dormeur éveillé), toi tu as exhumé son premier roman... Tu sais que tu as acheté cette version France Loisirs en compagnie d'une insatiable lectrice dans une bouquinerie sur Nantes [clic ici], sur ses précieux conseils tentateurs... et que tout cela date un peu. Mais il n'est jamais trop tard pour découvrir un récit, et peut-être est-il tombé à point ? Alors que tu reviens de vacances en Bretagne... Alors, te voilà plongée au sein d'une famille de quatre garçons, tous hantés la nuit par des cauchemars terribles, où il est question de noyades, de naufrages, de marins-pêcheurs, de sang, etc... Chacun garde pour soi ses terreurs nocturnes. Et pourtant, ils sont tous si jeunes, ces quatre garçons, et si aimés par leur mère... Samson, le dernier est encore un bébé. Benoît rêve chaque nuit d'une femme et de sa petite fille, plongeant dans la mer pour s'y noyer. Guinoux de chevaux ensanglantés aux yeux fous. Lunaire se retrouve lui dans chaque cauchemar sur le pont d'un bâteau, face au terrifiant capitaine Yvon Cardec, qui n'a de cesse de le houspiller et de lui montrer des horreurs... Comment se débarrasser de ces nuits terribles ? Lunaire entreprend de mener son enquête, il ne prend pas son bus pour le Lycée et part à la rencontre d'un vieux prêtre, d'Erb et d'Ardélia, tous dépositaires d'une certaine mémoire... une mémoire qui va peu à peu éclairer les nuits des enfants Guérindel et expliquer l'acharnement de leur mère à les éloigner de la mer... Et toi lectrice, tu as aimé cette intrusion dans un univers qui a réveillé quelques lectures enfantines (L'île au trésor de Stevenson par exemple...) et ouvert la porte du fantastique (tu as aussi repensé à quelques scènes un peu glauques du Pirate des caraïbes). Ici, dans ce récit, l'onirisme a la part belle, mais aussi le terrifiant et le merveilleux. Les légendes effleurent le présent et y imprègnent leurs marques. Il n'y a aucune frontière entre le monde des morts et celui des vivants, puisque le passage de l'un à l'autre est poreux... C'est une lecture qui remue et secoue, portée par une belle écriture, assez dans la veine de ma dernière lecture de PAL, La vierge en bleu de Tracy Chevalier... [clic ici] Et je conseille, bien évidemment.

Une belle version Livre de Poche vient de sortir en août 2017... 

lancredesrevesldp                          objectif pal

23 juillet 2017

Vacances

BREHAT
[Bréhat]

De retour de vacances en Bretagne (Finistère) où tu t'en es mis plein les yeux... et où tu as trouvé le moyen de gagner des livres grâce à la tournée estivale du #camionquilivre du Livre de Poche !! (tu en reparles prochainement). Bientôt, de nouveau des billets de lecture sur ce blog, et notamment ta lecture de PAL de juillet !! 

batz

[Batz]

picasso

[Expo Picasso - Landerneau]

lecamionquilivre

[Ploubazlanec - le camion qui livre]

 

2 juillet 2017

La Roche sur yon

expohorscadre

Tu ne te promènes pas souvent dans ta ville comme une touriste... Hier, pourtant, c'était le cas. Et tu as découvert sa richesse toute récente, de quoi s'occuper lorsque le temps est plus maussade sur les plages pendant les vacances (Pensez-y si vous venez en Vendée cet été, et tout cela est gratuit)... Il y a déjà Les animaux de la place, de grosses bestioles, imaginées par François Delarozière (Les machines de Nantes), à manipuler par tous (petits et grands) au milieu des bassins où nagent des poissons colorés... mais aussi les musées (un nouveau lieu impressionnant a été inauguré en janvier Le cyel)on peut admirer des oeuvres de Andy Wahrol ou Sophie Calle... et cette exposition Hors cadres qui parsème la ville de ses images impressionnantes... Bref, ta ville est devenue depuis peu un lieu à visiter. Qui l'aurait cru il y a à peine cinq ans de cela ? Toutes les infos ici [clic].

 

animaux

31 mai 2017

Elle(s), Bastien Vivès

elles

Découvrir un nouveau Bastien Vivès sur les rayons de ta bibliothèque a quelque chose de magique... surtout que tu n'avais pas repéré cette sortie là, mais plutôt celle de Une soeur, que tu espères lire bientôt également. Bastien Vivès a l'art de croquer les détails du quotidien et de la jeunesse, et tu aimes depuis le début ce regard là chez lui, très présent dans ses premiers albums... Ici, nous suivons la jeune Charlotte qui, dès les premières pages, commence à s'agacer de croiser toujours le même garçon, dans le métro, dans la rue, les magasins, souvent penché sur son livre. Elle est persuadée qu'il la suit partout... Et tu as aimé comment Bastien Vivès traite là (à sa manière) du thème du destin amoureux... Parce que à force de croiser Renaud, elle et sa copine Alice finissent par l'inviter à une soirée, puis à un week-end en Bretagne. Charlotte est empêtrée dans des liaisons insatisfaisantes, Alice craque un peu pour le jeune homme, sans succès... Mais il faut croire que le destin avait raison de jouer les entremetteurs. Et même si tu as trouvé parfois ingrats les visages aux traits anguleux et aux bouches pulpeuses de cet album, tu as aimé infiniment ce récit plein de grâce et de finesse, que tu conseilles chaudement... Et puis tu aimes aussi quand Bastien Vivès utilise la couleur. Un délicieux coup de coeur, plein de poésie, qui a le goût parfait de l'inattendu !

Casterman - mai 2017

Ceci est ta BD de la semaine. Tous les autres liens sont chez Stephie aujourd'hui !

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13 mai 2017

La Fille sur la photo, Karine Reysset

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Tu avais envie de revenir un peu à tes fondamentaux en matière de lecture... aux auteurs qui te font vibrer d'habitude. Et Karine Reysset fait partie du lot. D'elle, tu avais déjà beaucoup aimé Les yeux au ciel, Comme une mère et A ta place... tu étais donc très intéressée par son dernier roman. Dans La fille sur la photo, nous suivons Anna, de retour dans cette grande maison de bord de mer qu'elle a quitté il y a un an pour suivre son amant. Dans cette maison elle était alors la compagne d'un réalisateur connu, beaucoup plus âgé quelle, et déjà père de trois enfants. Pendant dix ans, elle avait servi de mère de substitution, jusqu'à ne  plus vraiment savoir qui elle était et où était vraiment sa place. Elle revient pour Garance, quatorze ans, qui est hospitalisée, et qui va très mal depuis son départ, depuis cet abandon. L'occasion pour Anna de se confronter à son passé, aux raisons de son départ (de sa fuite), et à la vacuité affligeante de son présent. Que faut-il donc faire ? Recoller les morceaux ? Fuir encore ? Anna oscille et tente, parmi ceux qui forment autour d'elle un semblant de famille, de savoir qui elle est réellement, ce qu'elle veut, et de retrouver surtout le chemin de l'écriture... son gagne pain et sa planche de salut. Et toi lectrice, tu es rentrée dans ce roman à pas feutrés car il est intime, effectivement vibrant et émouvant. Il parle très bien de la perte de repères que crée le manque de stabilité parentale, de l'amour qui répare, des liens qui n'ont pas besoin du sang pour exister... Tu as aimé la personnalité d'Anna, observatrice, d'apparence si peu actrice de sa vie, d'apparence si fragile, mais en réalité forte d'une volonté farouche de devenir enfin celle qu'elle est réellement, indépendante et vraie. Une lecture que tu posais de temps en temps, comme pour respirer entre chaque chapitre l'air marin de Saint Malo, et puis que tu reprenais comme on ouvre la grille d'une maison que l'on a trop bien connue et dont on perçoit dans tout son corps chaque bruit, chaque odeur. 

Editions Flammarion - janvier 2017

Valérie l'a lu aussi

 

10 mai 2017

La Guerre de Catherine, Julia Billet et Claire Fauvel

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Cet album sort aujourd'hui... et tu dois dire combien tu as été séduite d'emblée (à réception) par le graphisme de Claire Fauvel, par cette douce couverture et le fait de découvrir cette adaptation d'un roman de Julia Billet (que tu n'as pas lu, mais inspiré de faits réels). Dès les premières pages nous plongeons avec Rachel dans un contexte historique fort, la deuxième guerre mondiale. La jeune fille a été confiée par ses parents à La maison de Sèvres pour échapper aux rafles. Là, elle se passionne pour la photographie, et hérite d'un appareil photo qu'elle emportera partout avec elle. Car en effet, Rachel doit très vite fuir, quitter cette maison qu'elle aime tant, prendre la route, avec d'autres enfants, changer de nom, sauver sa vie. Elle sera dorénavant Catherine, et sera prise en charge par un réseau de résistants qui la feront passer de foyers en écoles, jusqu'à la fin de la guerre. C'est pour elle également l'occasion de faire des rencontres enrichissantes, et de prendre de multiples photographies (bien souvent des portraits). Même si Rachel pense à ses parents, a hâte de les revoir, et vit comme un sacrilège le fait de se faire passer pour une catholique (pour sa sécurité). Et tu as aimé les cases agrémentées d'un Clic ! (qui capturent des instants sur la pellicule), la sensibilité des dessins, la bienveillance, qui n'empêchent pas la terreur sous-jacente d'être ainsi traquée, le chagrin d'être séparée des siens. Une délicieuse et touchante BD que tu conseilles vivement, pleine d'espoir en l'être humain, et importante pour ne rien oublier de ce qui devrait ne jamais se reproduire...

laguerredecatherine

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Editions Rue de Sèvres - Mai 2017

Ceci est ta BD de la semaine, tous les autres liens sont chez Noukette aujourd'hui !

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