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Les lectures d'Antigone ...
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Ardoise magique

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Ben oui, à mon tour, j'ai craqué !

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5 juin 2013

En cours de lecture...

garconlecture"Comme Albert l'avait fait, le père Grandet aussi organisait tout dans sa maison, il définissait les contours, le cadre, l'organisation et, soudain, cela ne fit aucun doute pour Gilles : le comportement du père d'Eugénie était une preuve d'amour et de protection. Gilles comprit alors que chaque roman qu'il lirait l'aiderait à comprendre la vie, lui-même, les siens, les autres, le monde, le passé et le présent, une expérience similaire à celle de la peau ; et chaque évènement de sa vie lui permettrait de la même manière d'éclairer chacune de ses lectures. En découvrant cette circulation continue entre la vie et les livres, il trouva la clé qui donnait un sens à la littérature ; mais il eut, dans le même temps, le pressentiment, après la vivacité de la conversation, l'avalanche des reproches, les basculements de situations qu'il n'aurait jamais imaginés quelques minutes auparavant, que la vie, comme les livres, était une source infinie de rebondissements, d'imprévus, de choses secrètes entérrées sous les mots, que rien n'était immuable et que tout se transformait sans cesse."

In En vieillissant les hommes pleurent de Jean-Luc Seigle

Pour l'instant, une merveilleuse lecture... mais patience, je n'en suis qu'à la moitié !

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25 janvier 2012

Hier au soir...

lestrousd'air... j'étais au Théâtre, et quelle chance que d'avoir eu l'occasion de voir ainsi jouer Irène Jacob.

Le spectacle s'intitulait Les trous d'air, d'après des textes de Roland Topor. Musiques, chants, comptines, petits jeux de scène, tel était le programme.
Au départ, lorsque j'ai pris mes billets à la rentrée, il était question que ce soit Bernadette Lafont qui accompagne le musicien François Ripoche mais je n'ai pas regretté le changement qui m'a permis de voir au plus près l'actrice fétiche de Kieslowski (La Double vie de Véronique et Rouge).

Les textes de Roland, Topor - une découverte pour moi - sont véritablement drôles, absurdes et attachants. J'ai aimé cette incursion, délicate et pleine de grâce, dans son univers. Irène Jacob est surprenante de vivacité, d'espièglerie, et de fraîcheur, François Ripoche et l'actrice forment un duo convaincant. C'était un joli moment.

© Lien photo Le Grand R

Prochaines dates à Blois et à Evry, pour plus d'infos, c'est par ici [clic].

23 décembre 2011

Léger, humain, pardonnable de Martin Provost

léger humain pardonnable"Est-ce que c'est obligé d'aimer son père est-ce que c'est à moi de l'aimer en premier est-ce que c'est possible de ne pas aimer son père de ne pas tout aimer de chercher son père dans tous les hommes tous les hommes alors qu'il y en a un à la maison qui n'est pas pire que les autres après tout il suffit de le regarder sous un autre angle un autre angle c'est cela mais lequel j'en reviens toujours au manque"

Bruno a un frère et une soeur, une mère qu'il aime par dessus tout, et puis aussi un père (parti à la guerre alors qu'il avait trois semaines puis revenu plus tard comme un étranger). Bruno revient sur son enfance via les évènements qui ont marqué sa vie, la découverte de son homosexualité, le décès de son frère aîné, l'avortement de sa soeur.
En fait, c'est le portrait d'une famille à l'aube des années 70 qui nous est dressé dont quelques traits nous rappellent quelquefois un peu aussi la nôtre, avec ses chaos, ses moments de bonheur et ses drames...

Ce livre ressemble au regard qu'un adulte poserait sur ceux qui lui sont chers, alors que la famille est réunie, à l'occasion d'un incident ou (comme dans quelques jours pour nous) pour les fêtes. Et tout ce qui oppose et rapproche peut très bien s'avérer finalement léger, humain ou pardonnable... Il y a Brest, déjà des désirs de cinéma pour Bruno, de l'émancipation et de l'enfermement, de la joie et de la tristesse, des sentiments. Rien n'est figé à jamais, et la vie est à sans cesse aimer et reconstruire.

J'ai aimé ce texte dans lequel se produit constamment un va et vient entre aujourd'hui et hier, l'écriture en est agréable et simple, le propos sincère, mais ma lecture a été parfois laborieuse et hachée, et j'ai perdu de temps en temps de l'intérêt pour les personnages du récit, sans doute influencée par mon quotidien fatigant des jours derniers...
Une impression en demi-teinte, donc.

Editions Points - 6.50€ - Mai 2011

Merci Cathulu !!

Pour Clara c'est un coup de coeur !

Jour J-1 avant Noël !!
Joyeuses fêtes à ceux qui passeront par ici d'ici demain ! J'espère avoir enfin le temps de bloguer un peu...

22 novembre 2011

Book Club by Luli Bunny

Luli Bunny, originaire d'Argentine, a créé six poupées, passionnées de littérature, pour Momiji... et l'on m'en a offert une tout à l'heure pour mes 39 ans. Quelle bonne idée !!
Rien de mieux pour ne pas sentir trop durement ce fameux temps qui passe, et retrouver son âme de petite fille.

2011-11-22

La mienne se prénomme Danielle, elle me permet également de porter fièrement en badge sur mon sac mes préférences. Pour en savoir plus sur ses copines, c'est par ici [lien]. Ne sont-elles pas mignonnes ?

momiji2

Chez Momiji, on trouve tout un tas d'autres poupées telles que celles-ci, à message. A l'intérieur d'elles, on peut glisser une minuscule petite carte, ou un rêve, un espoir.
Je les avais reperé pour ma part dans un magasin de BD parmi d'autres figurines. J'adore !

http://lovemomiji.com/shop/EUROWEB/dolls

28 août 2011

Tirage au sort - Le résultat !

Suite à ma proposition de recevoir chez vous La Chartreuse de Parme, vous avez été quelques unes à tenter votre chance. Grande fille s'est proposée de jouer la main innocente. Petit dernier a mélangé les pseudos. Le moment était solennel. Ci-dessous donc, le résultat en images...

tirage_au_sort

Bravo Tristale !! Bientôt le livre arrivera chez toi. Je te contacte pour avoir confirmation de ton adresse postale. Merci à toutes les autres !

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10 août 2011

Les trois derniers titres notés sur ma Liste A Lire (LAL)

Je suis ainsi une très bonne idée de Vilvirt qu'elle même intitule Coup d'Oeil sur vos lectures... Je pioche pour ma part mes envies un peu partout... vous allez voir.  

tout_passe"Tout passe" de Bernard Comment
Prix Goncourt de la nouvelle 2011

Christian Bourgois éditeur - 13€ - Avril 2011

Un titre noté suite à un billet très intrigant de Nicole Volle sur Enfin livre !

Présentation de l'éditeur...
"Une vieille dame qui s'apprête à partir avec ses secrets, dans le calme d'une piscine. Un lecteur dans une bibliothèque numérique, par temps de panne électrique. Un homme dans une chambre d'hôtel, au bord de la plage, sous la pluie, qui n'attend qu'un d'improbable fantôme. Un veuf qui enterre méthodiquement sa richesse. Un fils qui s'interroge sur un père qu'il n'a pas connu ou presque. Un écrivain soucieux de ses brouillons. Les retrouvailles d'un couple qui n'a jamais vraiment existé. Les conséquences tragiques d'une fausse annonce. Un entraîneur qui abandonne son équipe en plein match. À chaque fois, des bribes de passé se dévoilent, et une interrogation se pose, sur le futur et ce qu'il convient de lui transmettre ou non. Que retient-on d'une vie ? De sa propre vie ? Qu'est-ce qui en restera ? Quelles traces laisser ? Comment infléchir le destin ? Dans un monde qui change, où les codes sont parfois vidés de leur sens, où la continuité est peut-être une illusion qui fait naufrage, les personnages inventés par l'auteur de cette toile d'araignée essaient de faire le point (comme on dit aussi d'une caméra). Pas forcément pour y voir clair. Mais pour garder les yeux ouverts, avant la nuit, et dans la nuit."

l_incertain"L'incertain" de Virginie Ollagnier
Editions Points -8€ - Juin 2011

En furetant par hasard sur le site éditeur de Points, je suis tombée sur cette couverture...
J'avais tellement aimé Toutes ces vies qu'on abandonne, hors de question de ne pas tenter celui-ci, qui m'était jusque là étrangement complètement passé inaperçu.

Présentation de l'éditeur...
"Toute sa vie, Zoltán Soloviev a dû affronter l'incertitude. En 1920, il a onze ans quand la révolution bolchévique lui fait perdre tout repère en le privant de son domaine familial à Yalta et d'un avenir tout tracé. Cinquante ans plus tard, à la demande de la jeune Ieva, il revient sur son existence qui, des Balkans de l'entre-deux-guerres au New York des années folles, fut marquée par des exils douloureux, des morts tragiques et des amours inattendus."

pol"Un renard à mains nues" d'Emmanuelle Pagano
Prévu pour 2012

En librairie je suis tombée sur la version poche "d'Absence d'oiseaux d'eau", et un petit tour sur le nouveau site de l'auteure plus tard, j'apprends la sortie pour 2012 d'un recueil de nouvelles (les 3/4 seront inédites, chouette !).

http://emmanuellepagano.wordpress.com/

22 mai 2011

Mon petit bunker, Marine Bramly

Voilà comment les souvenirs d'une enfance trop flamboyante peuvent empoisonner le présent et réduire les chances du bonheur.

mon_petit_bunker"Les pierres ne deviennent pas de petits fantômes. Rien ne peut pénétrer un roc, tout se brise contre les pierres.
Loin de moi le monde, comprenait-elle ce soir, sur son tapis rond, le dos calé à son canapé, comme vingt ans plus tôt contre le mur de pisé craquelé."

Noah a tout pour être heureuse. Un mécène vient de lui faire confiance en lui commandant trois énormes sculptures pour sa collection, et elle s'est créé en plein Paris un atelier dans lequel elle se sent bien. Cependant, lorsque son mari pénètre dans ce lieu un soir, elle comprend alors combien elle souffre et se sent à l'étroit dans une vie construite en tous points contre le souvenir.
Noah a en effet passé son enfance sur l'île de Gorée, au Sénégal , elle jouait avec les enfants des rues, était heureuse bien sûr, mais le jouet évident et fragile de parents jeunes en quête d'une vie hors normes.

Voici un joli roman, sympathique et vif, qui conte avec un fourmillement de détails intéressants l'enfance d'une petite fille, seule blanche au milieu d'un peuple bardé de codes silencieux, intégrée mais différente.
J'en ai aimé l'ambiance, les questionnements, l'esprit. J'ai cependant trouvé l'écriture assez simple (même si j'ai bien compris que c'était la voix d'une enfant qui s'exprimait souvent). Le tout m'a bien semblé également parfois manquer un peu de densité, friser le conventionnel, surtout lorsqu'il s'agissait de dresser le portrait d'une Noah adulte en rupture. Pourtant, le sentiment de lecture que l'on retient au terme des dernières pages, au final, est plutôt agréable. Les cheveux, blonds et bouclés, du personnage principal volent d'ailleurs encore dans ma mémoire... J'avoue, j'ai aimé cette petite fille maigrichonne qui porte aux nues l'art de la débrouillardise.
Je ne regrette donc pas mon choix, ce titre étant un des ouvrages que j'ai sélectionné pour la dernière opération Masse Critique de Babélio, et celui que j'ai reçu.
Une lecture sur ce que l'âge adulte reçoit en héritage de son enfance.

bouton3  Editions JC Lattès - 18€ - Avril 2011 
Grand merci à Babélio et à l'éditeur !

Marine Bramly était présente lors du Printemps du Livre de Montaigu, en avril dernier. Je n'avais pas choisi son roman alors, mais j'avais retenu son visage sympathique - elle était assise à côté de Fanny Brucker (éditée également chez Lattès) - forte de cette première expérience de lecture plutôt réussie, peut-être découvrirais-je donc un jour Festin de miettes (2008)...

Critiques et infos sur Babelio.com

Attention, sur Babélio, demain, un Masse critique spécial BD !! A vos claviers.

20 avril 2011

Become Someone Else

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Vu sur Fubiz, une campagne pour une chaîne de librairies...
surfant sur l'idée tout bête qu'un lecteur devient un peu le personnage principal du roman qu'il lit.
C'est original, pas mal, assez vrai dans le fond, mais ça fait un brin un peu peur, non ?
Personnellement, l'empathie me suffit amplement...

16 avril 2011

Déjà l'automne, Astrid Eliard

Un week-end d'été, à l'orée des feuilles mortes

d_j_l_automne

"Eva se demandait souvent ce qu'elle avait fait de sa vie jusqu'à ses quarante ans. Selon elle, ils lui étaient tombés dessus avant qu'elle atteigne réellement cet âge. Ils avaient sauté une, deux années, ils étaient peut-être mauvais en calcul. [...] Eva n'avait pas toujours été cette femme aux hanches creuses, aux épaules tombantes, au dos très légèrement tassé qui signifiait à ceux qui la regardaient : Vous n'aurez rien, vous ne verrez rien. Pas le début du commencement de ma poitrine, pas plus qu'un morceau de la voûte de mon ventre.
A vingt ans, elle était, disons pulpeuse."

Michel est chirurgien esthétique. Il reçoit ainsi régulièrement dans son cabinet des célébrités en quête de jeunesse et de perfection. Un jour, c'est Edgar Homme qui franchit son seuil, pour une simple opération nasale. L'acteur, séduisant, imposant, affable, enrobe très vite le quadragénaire de son charisme. Alors qu'il remarque une photo d'Eva sur le bureau du médecin, il les invite tous les deux spontanément pour un week-end à la campagne. Nous sommes début Août, Eva a acheté une nouvelle robe pour l'occasion, son mari cherche à faire bonne impression, mais la jeune femme a affreusement froid, et l'atmosphère de la demeure de leur hôte se révèle oppressante...

Et bien, ce petit roman acheté dimanche dernier sur un coup de tête est plutôt une bonne surprise. Même si je ne suis personnellement pas vraiment adepte des maisons cachées au fond des bois, de l'humidité et des ambiances à la Hitchcock, il n'y a rien à redire à la qualité de ce texte. J'ai même ressenti de l'affection pour le personnage d'Eva, cette femme qui semble s'enfoncer en elle, victime dont on ne sait trop quel traumatisme ancien, elle qui était si fière de ses rondeurs avant, si belle sur scène avec sa chevelure rousse lui tombant en cascade sur le dos. On aimerait peut-être quelques clés supplémentaires, une autre fin, mais ce roman, loin d'être aussi terrible que l'auteure me l'avait signalé est d'un romantisme sombre plutôt intéressant. Une auteure à suivre, donc...

Ce titre est en fait le premier roman d'Astrid Eliard, publié en second. Nuit de noces, son recueil de nouvellesest sorti en poche en janvier 2011.

bouton3 Editions du Mercure de France - 15.80€ - Mars 2011

Je vous signale à l'occasion que ce livre est dans la prochaine sélection de l'opération Masse Critique, qui démarre lundi matin à 8h30, qu'on se le dise...
Toutes les infos en cliquant sur ce [ lien ].

24 avril 2011

Comment t'expliquer ?

Tout çaoeufp_ques
Ca m'émeut et ça me blesse à la fois
Tu vois, je ne sais pas faire
Etre dans le mouvement, le monde
J'ai peur

Tu comprends ?

Alors quand tu me dis viens, c'est facile
Il suffit de ne plus se taire, justement
Si si
Tu verras, ça viendra

Un jour, tu seras grande

Et bien, tu vois, ça m'émeut drôlement
Et j'ai le coeur qui cogne, très fort
Et j'ai envie, je crois
D'être ce que je pourrais être
D'être comme tu le penses

En plein phare

Mais ça m'émeut et ça me blesse à la fois
Tu vois, ce dilemme
Toujours
Cette timidité qui me bloque

Fermer doucement la porte de ma maison
M'adosser aux murs dans la pénombre de l'entrée
Les bras chargés de culpabilité
Je sais faire

Comment t'expliquer ?

Tout cela m'émeut
Et me blesse à la fois
Ta confiance, ma fuite, la porte de ma maison
Et la lumière de cet écran virtuel dans lequel je me noie.

© Les écrits d'Antigone - 2011

13 avril 2011

Au micro !

Lorsqu'une copine de blog passe à la radio (et quelle radio !), on en profite pour entendre sa voix, applaudir des deux mains la performance et l'encourager à continuer !!

Tout_20feu_20tout_20flamme_20podcastVéro, l'encreuse, a participé vendredi 8 avril au matin à l'émission Tout feu, tout flamme sur France Culture, en direct de la Réunion, quelques minutes et hop l'antenne était revenue sur Paris...

Pour écouter le podcast, c'est par là (ça ne dure que 6 minutes, c'est court mais c'est long quand on parle). Après la chronique musicale, c'est elle. Véro nous parle du lauréat du Prix Réunion des livres Géotropiques par Johary Ravaloson.

Site de l'émission

29 mars 2011

Ce n'est pas de la littérature...

...mais ce fut tout un poème ! Aujourd'hui, petit intermède à l'intérieur de ma maison.
Vous pouvez contempler depuis quelques jours un lapin farceur en haut à droite de ma page... Il faut dire qu'il y a quelques temps j'ai eu la chance de gagner un sticker géant sur le site de Mumisgeek qui propose régulièrement ses Free Giveaway. Je suis parfois joueuse mais bien rarement gagneuse. Alors, lorsque mon commentaire a été tiré au sort et que Les Contemplatives  (souvent plébiscité par D&Co) m'ont contacté, ouah, j'ai sauté au plafond car j'adore ce qu'ils font !! Ma fille a choisi pour sa chambre une petite pyramide de lapins cachés que nous avons assemblé à notre façon, petite difficulté supplémentaire le support était en relief. Après quelques angoisses, des fous rires et de l'huile de coude, nous étions assez contentes du résultat. Une collègue m'ayant donné dernièrement toute une pile d'anciens bibliothèque rose et verte - dont pas mal de Alice, Club des cinq et Six compagnons - la décoration est complète. Armée également de sa nouvelle boîte de poèmes, la voilà toute heureuse ma fille avec sa nouvelle chambre !
Merci merci !

D'autres collages par ici.

lescontemplatives

28 mars 2011

Le passage se crée, Alain Rohand

le_passage_se_cr_e"Tu aurais pu ne pas t'acharner, régresser plus rapidement, m'éviter des complications qui me conduiront au bord du grand passage, parce que tu cherches à investir mes poumons. Après tout, tu étais plus vieux que moi, puisque tu sévissais déjà 3400 ans avant Jésus-Christ... Ton grand âge et ton expérience me laissaient espérer une meilleure manière de s'y prendre. Moi, je n'étais encore qu'un jeune enfant qui parcourait des chemins hasardeux en s'imaginant y trouver plus d'affection.

Affection: ce mot à double sens, ce mot signifiant autant traumatisme qu'attachement. Comme un deux-en-un en quelque sorte..."

Alain a douze ans en 1959 lorsque la Polio s'invite dans son corps, paralysie, destruction de terminaisons nerveuses. C'est une maladie qui avance disséminant - comme l'auteur le dit si bien - un peu au hasard des séquelles irréversibles. Avant, il y avait ce temps où l'on pouvait courir, ce temps d'enfance pas si rose où l'école était anxiogène et la famille lointaine, oui mais chaque geste était simple. Après, vient le temps de l'effort, de la rééducation, de la maturité, de l'avenir...

Au travers de magnifiques lettres (à un album à colorier, à un ours, à un professeur, à une amie, à un frère, à un père, à une solitude retrouvée...), Alain parle d'une vie arrêtée dans son premier mouvement, mais qui se crée un autre passage moins évident lourd d'une maladie invalidante.

Moi qui n'est pas tant que cela attirée par les récits de vie, j'ai été séduite par ce texte, fort d'une grande pudeur et d'une juste retenue. Et puis, Alain Rohand a de l'écriture, il ne parle pas que de maladie, il ne cherche pas à apitoyer, son témoignage se lit aussi comme un roman. L'empathie a fonctionné pour moi, j'ai partagé ce vécu personnel et ne m'y suis jamais sentie étrangère.

Grand merci donc à Coumarine(pour la proposition) ! On sent sa douce influence sur ce récit, elle laisse d'ailleurs en préface une trace de sa lecture et je suis bien d'accord avec elle ce livre nous rend étrangement meilleure. De plus, j'ai regardé mes propres faiblesses physiques avec un peu plus de solicitude que d'ordinaire, merci donc aussi à l'auteur !

bouton3 The Book Edition - 12€ - La fiche du livre

Retrouvez l'auteur sur son site [lien]- La lecture d'Aifelle

30 janvier 2011

En cours de lecture...

conteneur"Ils rangent chaque soir leurs outils dans un conteneur en fer dont ils ferment la porte à clé. Pour plus de sûreté une masse de béton est déposée devant. Et c'est leur rituel désormais, chaque matin, la première opération : retirer le bloc qui condamne la porte du conteneur.
Un chantier a besoin de rituels.
Celui-ci commence la journée et il rassure. Le chantier ne se met à vivre qu'à ce moment-là, quand le crochet de la grue soulève la tare et libère la porte à outils.
J'y suis familier désormais. Je m'y accorde chaque matin : radio et café debout devant la baie vitrée, je suis déja douché, rasé et habillé. Il faut que je sois là, vif, présent, vivant. J'ignore s'ils m'ont remarqué. Parce que quand même, tous les matins, à la même heure, par tous les vents sur mon balcon, immobile à les attendre."

Extrait de En chantier de Yves Hughes - Stock La Forêt - Janvier 2011

26 janvier 2011

Mensonge

Je ne crois plus en la poésie.dire_non
Cette chimère.

Ah, elle a eu beau jeu
Avec ses grands airs
De longtemps me faire croire
Au doux espoir du vouloir.

Enrobant de ses arceaux de vipère
Les mots, les rimes, les chansons.

Taillant à tout va
Au creux de moi des failles
Ainsi sans cesse remplies
De sucre, de parfum, de miel.

Je ne crois plus en la poésie
En son pouvoir sur la vie
A son étonnante liberté
A ce qui la rend unique.

J'ai changé.

© Les écrits d'Antigone - 2011

11 novembre 2010

Un amour, Dino Buzzati

un_amour"Il s'aperçoit désormais, pour autant qu'il tente de se révolter, qu'elle le persécute en pensée jusque dans les plus minuscules moments de la journée, chaque chose personne situation lecture souvenir le reconduit vers elle de façon foudroyante par de tortueux et méchants détours. Une sorte de feu intérieur, en pleine poitrine, au plexus solaire, une tension immobile et douloureuse de tout son être, comme lorsque d'un moment à l'autre peut arriver une chose épouvantable et que l'on reste courbé par le spasme, l'angoisse, l'humiliation, le besoin impérieux et désespéré, la faiblesse, le désir, la maladie tout cela ensemble mêlé, agglutiné, une souffrance compacte et totale."

Antonio Dorigo est un intellectuel aisé d'une cinquantaine d'années. Par faiblesse ou vice, gêné peut-être aussi par la laideur de son apparence, il fréquente un appartement où on lui propose en toute discrétion des femmes contre de l'argent. C'est là qu'il rencontre une toute jeune fille, Laïde, brune, vulgaire, impertinente, insupportable, dont il tombe contre toutes attentes complètement amoureux. S'ensuit une relation folle et perfide entre cet homme, jaloux et réservé, qui pense en toute impunité posséder une femme et cette demoiselle, fourbe et sensuelle, qui le mène par le bout du nez...

Jusqu'où peut donc transporter l'addiction amoureuse ? Telle est la question que se pose sans cesse Antonio et c'est dans une langue tourmentée et parfois extrêmement belle que tente de nous répondre Dino Buzzati. Nous sommes bien loin apparemment du Désert des Tartares, et pourtant. Dans Un amour, nous retrouvons la même attente, le même désert, la même solitude, le même ennui de ce quelque chose qui ne semble jamais s'arrêter, évoluer, exploser. J'ai failli abandonner ma lecture en cours de route, le propos en est parfois tellement laborieux, et l'impression tenace que rien ne se passe et ne va se passer tellement forte. J'aurais eu tort.
Dino Buzatti m'a cueillie par ces quelques phrases finales auxquelles je ne m'attendais pas (quel talent!)...

"Comment avait-il pu oublier une chose à ce point importante, la plus importante de toutes les choses ? [...] Oui l'amour lui avait fait oublier que la mort existait. Pendant presque deux ans il n'y avait même pas pensé une seule fois, cela lui semblait une légende, lui qui justement en avait toujours ressenti l'obsession dans son sang. Telle était la force de l'amour."

bouton3 Note de lecture : 4/5 - Editions Laffont - 8.90€ - Octobre 2010

La lecture de Clara, conquisebob

Un grand merci aux édtions Laffont et à BoB pour l'envoi et le partenariat... !!

21 novembre 2010

Un tag amical

Hambre m'a gentiment taguée, en me passant il y a quelques jours le relais de l'amitié. Je réponds sans hésiter à ses questions...

1) Quand vous étiez petit(e), que répondiez-vous à la question : "Et toi, que veux-tu faire quand tu seras plus grand(e) ?" Je voulais surtout être institutrice, comme quelqu'un que j'admirais beaucoup à l'époque, et puis ensuite j'ai voulu très vite devenir bibliothécaire, vivre parmi les livres. Je ne le suis pas aujourd'hui mais j'ai eu la chance d'être libraire quelques années.

2) Quels ont été vos BD et dessins animés préférés ?

J'ai toujours eu un faible pour les albums de Bourgeon, mais plus tard. Question dessins animés, comme toutes les petites filles de mon âge, j'étais en adoration devant Albator, et puis sont venues les Cités d'Or qui m'ont fait longtemps terriblement rêver.

3) Quels ont été vos jeux préférés ? Je jouais beaucoup à la poupée, et j'y ai joué longtemps, j'étais très forte pour raconter des histoires absurdes et rocambolesques à ma petite soeur, qui s'en souvient sans doute encore. Sinon, mon mot d'ordre était "toujours sur mon vélo".

4) Quel a été votre meilleur anniversaire et pourquoi ? Sans doute celui dont mes copines m'ont parlé longtemps...il avait été tout simple.

5) Qu'est-ce que vous auriez absolument voulu faire que vous n'avez pas encore fait ?
Tant de choses, tant de choses...

6) Quel était votre premier sport préféré ?
Hi hi, le sport et moi ne sommes pas très amis... j'aurais aimé.

7) Quelle était votre première idole de musique ? C'est à peine racontable mais comme je l'ai déjà raconté, je le redis. J'était très JJ Goldman adolescente. ;o)

8) Quel est le plus beau cadeau de Noël (ou équivalent) que vous avez reçu ? Je crois que les premiers Noël de la vie sont les plus merveilleux... Je crois que ce que j'aimais le plus, finalement, c'était retrouver mes chaussons fatigués garnis de friandises. J'aime beaucoup aussi être aujourd'hui une maman qui gâte à Noël.

CRIM0046

Je passe ce relais de l'amitié au tendre parfum d'enfance à Bel Gazou, Anne (insatiable lectrice), Véro (l'encreuse), Cathulu, Aifelle et Coumarine. Vos réponses m'intéressent ;o).

8 août 2010

Lettre à Delacroix, Tahar Ben Jelloum

lettre_delacroix"Le 5 juillet 1832, vous êtes de retour en France. Vous "êtes" plein du Maroc et de sa lumière. Vous êtes un homme changé, en tous cas un artiste comblé. Vous sentez que vous venez de faire plus qu'un voyage, plus qu'une visite à un pays d'Afrique du Nord. Quelque chose en vous s'impatiente, voudrait se dégager de ce qui l'enferme, sortir et s'étaler sur des toiles. Vous n'êtes même pas fatigué par le voyage."

Tahar Ben Jelloum, après avoir lu les carnets de Delacroix et avoir admiré ses toiles, tente d'imaginer dans cette lettre adressée à l'être admiré, le voyage de cet européen d'autrefois dans un pays qu'il connaît, lui, par coeur. Il s'adresse au jeune-homme d'alors, essaye de se mettre dans sa peau, de comprendre le choc visuel et culturel, l'implication artistique, ce qui a changé depuis au Maroc, ce qu'on a bien voulu à l'époque montrer à une délégation toute diplomatique, l'importance que les rêveries marocaines de Delacroix ont eu dans l'histoire de l'art...

Malheureusement, malgré mon envie sincère de plonger complètement dans ce petit livre illustré, je dois vous dire que j'ai éprouvé un intérêt bien modéré pour l'affectueuse admiration de Tahar Ben Jalloum pour Eugène Delacroix. Quel dommage que de se sentir ainsi tout du long mise de côté... car nous, nous n'avons pas forcément lu les carnets de Delacroix, bien entendu, et nous n'avons pas vraiment tous ses tableaux en tête non plus, surtout au bord d'une piscine rutilante. Et cela manque un peu, toutes ces références évoquées, alors que cela ne devrait pas. J'aime véritablement quand un livre se suffit amplement à lui-même. Les iconographies ne soutiennent ici la lecture que partiellement.
J'ai pris au final ce petit ouvrage comme une mise-en-bouche, une invitation à ouvrir d'autres livres, et à me décider - pourquoi pas - à emmener un jour mes enfants turbulents dans un musée. Hum hum...

bouton3 Note de lecture : 3/5 - Folio - 5.60€ - Juin 2010

Un grand merci à BOB pour le partenariat et aux éditions Folio pour l'envoi.

13 novembre 2010

Nos secrets gourmands

safe_imageMyrtille du site Petits secrets sucrés, vous propose un concours mariant littérature et gourmandise. En voici la teneur ci-dessous...  Toutes les infos sont également sur son site . A vos plumes !!

"Gourmands et bibliovores,

La célèbre madeleine de Proust, les tartelettes amandines de Raguenau, le cuisinier du Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand, les banquets de Vatel racontés par Madame de Sévigné… Même nos auteurs favoris ou les personnages de nos romans préférés ont une histoire avec le sucré !

PetitsSecretsSucrés célèbre aujourd’hui ces liens entre la littérature et la gastronomie en lançant un concours de secrets. Jusqu’au 28 novembre inclus, vous pouvez partager avec nous vos anecdotes sucrées tirées de vos livres favoris, ou réaliser un portrait gourmand du/de la lecteur/lectrice que vous êtes.

A l’issue du concours, les 10 secrets arrivés en tête des votes (les petites étoiles sous la photo !) remporteront le livret de recettes Desserts de chefs, comportant 22 recettes inédites réalisées par des grands chefs étoilés (notamment, Michel Roth, du Ritz).

Pour participer, c’est très simple : il vous suffit de cliquer sur « Je veux contribuer » dans la colonne de droite et de remplir le formulaire pour publier votre secret (n’oubliez pas de sélectionner la catégorie « Concours » !)."

12 novembre 2010

Quinze auteurs ... Quinze

Anne, de Des mots et des notes, m'a gentiment taguée...et comme il s'agit de continuer ce petit jeu qui court sur la blogosphère en ce moment, je m'exécute avec plaisir.

quinze

Voici donc les quinze auteurs qui me viennent à l'esprit, très vite, sans réfléchir (enfin un peu quand même)...tandis que mes enfants regardent en fond sonore Gang de requins ;o).

J'aime...

... Emmanuelle Pagano - Jean Anouilh, bien sûr - Laurence Tardieu, dans ses bons jours - Brigitte Giraud - Christian Bobin, autrefois - Henry Bauchau, pour son Antigone - Virginia Woolf, depuis trop peu - Alice Munro, aussi - Annie Ernaux - Duras - Carver - Claudie Gallay, pour ses déferlantes - Olivia Rosenthal, parce qu'elle cherche - Balzac, parce qu'il a trouvé - et Rilke, parce qu'il n'est rien d'autre qu'essentiel.

Voili voilou. Bon week-end !

3 novembre 2010

Tomates, Nathalie Quintane

tomates"Ce n'est pas parce que nous avons quarante-cinq ans ou cinquante-cinq ans ou soixante-cinq ans que nous ne voulons plus vivre une vie intense ou que nous ne voulons plus écrire des textes intenses. Ou les lire ; j'achetai, en 2008-2009 surtout, un nombre considérable de livres politiques historiques, tentant peut-être de compenser ma minorité numérique en la bardant de ces livres, les livres de littérature n'ayant pas suffi, Princesse de Clèves, épiphénomène ne changeant rien à la nature spectrale, diminuante, disparaissante, de tous les romans et de l'efficace littéraire en général, minorité de tous les côtés, minorité parce que je lis des livres, minorité parce que c'est de la littérature, minorité parce que lisant des livres et en écrivant je suis tout de même née d'employés, eux-mêmes nés d'ouvriers, minorité parce que, bien que mesurant un mètre quatre-vingts, je suis une femme, et que j'ai de grands pieds, minorité parce que j'habite à la campagne, et que la campagne est une chose bizarre, comme l'a bien suggéré Benjamin de Tarnac en décrivant les flics de la police scientifique s'égaillant tout heureux dans les champs et visitant le poulailler et disant que la campagne c'est pas mal et décidant peut-être au retour de planter des tomates."

A Nathalie Quintane, et au vu de son expérience, on suggère d'écrire sur les lectures publiques, sur l'amour ou sur ce qui ce passe en ce moment... Mais le problème du moment, c'est qu'il change tout le temps. Alors, elle choisit d'écrire sur ce qu'elle vit, Nathalie Quintane, elle écrit sur ses soudaines vélléités de faire pousser des tomates, enfin c'est ce que l'on croit en démarrant cette lecture...
En fait, Nathalie Quintane écrit sur aujourd'hui, sur ce qui la révolte, sur le fascisme latent qui se cache, sur la littérature qui se doit d'être "une fête" pour atteindre, sur les groupes de poètes que l'on trimbale comme des trophées. Nathalie Quintane pamphlète poétiquement, elle s'en donne le droit, même si elle se cache derrière ses plants de tomates.

C'est différent de ce à quoi je m'attendais réellement, c'est à lire et à relire - très certainement - pour en comprendre toute la substance. Les notes de bas de page y ont une vie singulière, et en fin d'ouvrage elles prennent le pouvoir... Je découvre ainsi une auteure de caractère. Ca a le mérite d'exister. Ca donne vraiment à réfléchir.

Editions POL - Octobre 2010 - 12.50€
(Les premières pages à lire sur la fiche éditeur)

"En tant qu'enseignante, j'étais satisfaite.
En tant qu'écrivain, je rechignais pour la forme.
En tant que rien de spécial, je pensais pan dans les dents."

Une petite lecture jardinière par l'auteure elle-même...

2 novembre 2010

Etrange dissonnance

rosacandidaentre Rosa Candida et moi.

En effet, malgré toutes les bonnes critiques entrevues un peu partout, je m'ennuie terriblement à lire ce roman, et comme c'est un emprunt de bibliothèque, et bien tant pis...j'abandonne.

Pourtant, la couverture est jolie, elle va très bien avec la déco de mon salon, le personnage est plutôt sympathique, il a une petite fille de sept mois charmante qui n'a pas beaucoup de cheveux (comme la mienne qui en avait peu), la relation qu'il a entretenu avec sa mère et sa famille est plutôt touchante, il se promène avec ses rosiers en pot, il rencontre des filles, il a l'air d'être plutôt un gentil garçon ce jeune-homme qui voyage...mais bon. Un candide, oui, mais celui-ci n'est pas de Voltaire, et ce dernier je l'avais beaucoup aimé.

Je déteste, comme toujours, cette sensation d'être passée à côté. J'ai quand même tenu jusqu'à la moitié.

D'autres sons de cloche...
Un roman adorable pour Cuné - Un gros coup de coeur pour Cathulu - Coup de coeur pour Kathel aussi - Une belle découverte pour Bellesahi - Clara a persévéré et en fait une lecture bonheur - Un roman tout doux pour Keisha ...  j'en oublie sans doute.

Audur Ava Olafsdottir, Zulma, 2010

"Tout ce qu'il faut, c'est du temps et du sommeil", aurait dit maman."

5 novembre 2010

Ce silence

ce_silence(un petit morceau de rien...juste pour écrire...une mini-nouvelle ? A améliorer, certainement. Je vous le livre brut.)

Le moment du réveil me croque toujours le jour. Il empiète sur lui, le tord de sa volonté enrobante et suave. Et ce moment du réveil, je le redoute et je l'aime à la fois, je l’étire. Je n’en peux plus de l’évider tellement il me rassure.
Les cheveux en auréole, je respire l’odeur de l’oreiller, l’odeur de ma peau au creux du coude, l’odeur du matelas juste là où ton corps pesait tout à l’heure. Je voudrais que tu sois là, encore. Mais il y a, partout, tout autour de moi, pesant et dur, que ce silence.
Les paupières semi-fermées, il y a bien-sûr encore derrière elles des limbes de rêverie, de l’amour, des arbres, des bras bronzés qui m’enserrent et m’embrassent. Derrière mes paupières qui luttent contre l’intrusion du jour, il y a encore de l’innocence, la lumière qui joue avec les volets, un regard par-dessus mon épaule, du plaisir d’enfance.
Depuis que je suis dans une voie sans issue, il m’en faut du temps pour décider que la journée commence. Il m’en faut du temps pour trouver une raison de poser pied à terre.
Depuis quelques semaines, je m’englue, je sens que la tentation de plonger est grande. Alors, j’ai trouvé ce truc, qui en vaut un autre, un son, un déclic dans ma tête que je déclenche à volonté. Cela peut ressembler au bruit d’une arme que l’on amorce, à ce geste que je ne ferai pas, que j’imagine seulement. C'est effrayant et pourtant, l'effet est là, positif, il désamorce le drame, m’empêche de sombrer, me retient au bord du gouffre.
Une fois levée, ne me reste plus qu’à accepter l’évidence, que la journée soit là, le vide aussi, l’insignifiance de mes journées. Une journée qui commence à midi, et dont le long tunnel ne se terminera qu’une heure avant ta venue, ce soir. Alors, je serai habillée, la vaisselle sera faite, tout sera rangé, propre, je serai heureuse. En attendant, je ne vis plus, je ne suis plus que rien, il me semble être sans présent, sans avenir, sans but.
Seule Miaou accueille d'un miaulement doux et d'un étirement de patte compréhensif mon réveil tardif. Avec elle, j'ai droit à tout le bataclan, à des égards de reine.
Parfois le téléphone sonne. Il peut-être 14 ou 15h. Ce peut-être une amie, de longue date. Ce peut-être un des membres de ma famille. On fait mon numéro, on veut ma voix, mon oreille. Miaou me regarde. Je regarde le combiné.
« Allo, c’est Martine, tu vas bien ?
-          Oui, enfin…
-          Bon, parce que moi pas du tout, devine…
Elle me raconte ses drames, je l'écoute. Aucune place pour ma voix, mon tour de parler, ma vie. Cela dit, rien à dire.
- Quelle chance tu as d’être avec Eric, quel homme ? Et puis, tu as du temps pour toi, tu devrais en profiter. Ecrire ? Lire. Moi, je n’ai plus le temps, ma pauv’ Estelle quelle vie, et mes parents, tu vois… Enfin bon, tu comprends. Je raccroche, il faut que j’y aille, on m'attend. Quelle chance tu as d’être en province, ici si tu savais, c’est de la folie pure. Je t’envie."
Je suis assise sur le canapé, seconde pièce de l’appartement. Il y a la table de cuisine derrière, la porte qui donne sur le palier, à droite la porte de la chambre à coucher. Je ne m'envie pas. Tout ici est mon univers, mon refuge, ma prison. J’en fais le tour en trois ou quatre pas, c’est selon. Heureusement, en face, par delà le balcon, il y a le ciel, les nuages. Le spectacle est toujours changeant, il évolue. Cela me rassure que le ciel puisse changer, qu’il y ait au moins cela qui change.
Après le coup de fil de Martine, un grondement prends corps en moi, qui me tétanise. J’essaye ce truc du déclic, de l’arme que l’on amorce et qui désarmorce, ce truc qui fonctionne généralement, mais là rien ne se passe. Cela ne suffit pas. N’y de penser à toi. Tu ne sais rien de toutes manières de ce moi que je te cache. Le grondement est là, la solitude encore plus grande, misérable, sans fards. Oh oui, quelle chanceuse je fais entre mes quatre murs, à ne même plus savoir où aller tellement c’est triste d’y aller seule, à ne plus vivre que pour les heures que je vis en couple. Quelle veine j'ai de tellement de honte, d’avoir tant envie d’être normale, intégrée. A l'heure où les enfants des autres rentrent de l'école en criant, je donnerais ma peau pour une vie sociale.
Le grondement sonore s’intensifie, les clics s’affolent, paniquent de ne servir à rien. Puis, je croise le regard de Miaou qui n'a cessé de me suivre, vigilante, juchée sur le sommet du canapé telle une statue egyptienne. Elle cligne des yeux doucement et la pression dans mon crâne se dissipe. Nous comptons à l'unisson dans un sourire et sur nos doigts le résultat, soulagées, il est 17h, une vie de plus un jour de moins.

© Les écrits d'Antigone - 2010

8 octobre 2010

Petite panne de lecture...

...tout me tombe des mains. Et puis, j'ai du mal en ce moment à rester longtemps devant l'ordi, je fatigue bêtement, j'ai des envies de paresse. Donc, en attendant une reprise normale des activités sur ce blog, et comme je n'ai pas de mire sous la main, une image, un dessin de Marie Desbons...c'est mieux.
Je récupère du beau, du futile, de l'énergie et je reviens...

marie desbons Pictures, Images and Photos

20 août 2010

Le Garçon et la mer, Kirsty Gunn

le_gar_on_et_la_mer"Il y a le bruit de la mer, les eaux qui se replient, la marée qui a reflué... Dans le lointain, vers la lumière, vers là où se trouve désormais le soleil, mais où il disparaît lentement de notre vue...

Tu connais ce sentiment. Comme quand tu te tiens seul quelque part, des arbres autour de toi peut-être avec leur ombre pour te protéger, et que tes amis, ta petite bande, te semblent bien loin... C'est l'impression que donne la mer, je crois, quand tu la regardes à cette heure de la journée. Comme si elle était là et en même temps à l'écart, retirée dans son refuge secret, et le lieu d'où elle vient, le lieu où elle va..."

Ward, 15 ans, passe son temps sur la plage, ou dans l'eau, mais aujourd'hui c'est seul qu'il affronte les vagues, ou en compagnie de son ami Alex. Son père, ancienne gloire du surf, ne vient plus se mouiller, il se contente de rester chez lui, de tapoter sur son ordinateur et de titiller gentiment sa mère (une intimité que Ward déteste surprendre).
Le jeune garçon est timide et réservé, il préfère se glisser à l'ombre des pins pour observer le mouvement de la mer plutôt que de répondre à l'invitation de son groupe de se joindre à une fête où l'alcool coule à flot et où les filles déambulent en bikini.
Ward ne se doute pas qu'en cette après-midi de chaleur, la mer lui offrira l'occasion de devenir un homme.

Voici un titre que j'avais noté depuis des lustres sur ma LAL (Liste à Lire). C'est une lecture d'été idéale, à lire en une seule bouchée, elle a la teneur d'une nouvelle, guère plus. Je ne peux pas vous dire que j'ai été subjuguée par cette découverte littéraire mais l'évocation de la mer, des vagues, du surf, de ce que peut ressentir un jeune garçon qui passe soudain de l'enfance à la maturité est assez bien décrit. Le soleil tape, le sel forme des croûtes de sueur sur la peau, les bikinis sont mouillés, les maisons plongées dans le noir pour se préserver de la chaleur, les corps presque offerts, la mer intransigeante, ferme et éducatrice.

Une lecture distrayante, dont les mystères ne sont pas tous résolus, et qui laisse des grains de sable dans la mémoire. A lire pour prolonger ses vacances...

bouton3 Note de lecture : 3.5/5 - Biblioth_que_et_LALEditions Points - 5.50€ - Juin 2008

Lou l'a lu, est restée sceptique, et regrette de ne pas avoir retrouvé la magie de l'autre opus de l'auteur, "Pluie" - Pour Clarabel, c'est une récit à apprécier au rythme de la mer ... (on retrouve d'ailleurs sous son billet mon commentaire de 2007, comme quoi il ne faut jamais désespérer de lire un livre !)

J'avais noté Pluie également, et à la même époque, à suivre donc...

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Les lectures d'Antigone ...
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  • "Tu vois, moi, j'ai des passions, les livres, ça me sauve... J'ai traversé mes temps morts avec des gens qui ont oeuvré pour ça, ceux qui ont écrit... J'ai le livre en main et c'est du carburant pour ma vie à moi..." Jeanne Benameur
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